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- Mathieu Sabot : « Je suis un vrai accro de sport ! » | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Mathieu Sabot : « Je suis un vrai accro de sport ! » 26 novembre 2022 Publié le : Né à Genève il y a 40 ans, Mathieu Sabot est sourd profond. Après 20 ans dans le monde de la sérigraphie, cet amoureux de sport et de grands espaces rêve de se reconvertir dans le coaching sportif. Depuis quand êtes-vous malentendant ? En fait, je suis né sourd. A ma naissance, je suis resté 10 jours à l’hôpital, avec beaucoup de fièvre. Le médecin a annoncé à mes parents que j’allais être soit sourd, soit aveugle… Ensuite j’ai été appareillé à l’âge de 4 ans. Comment s’est déroulée votre scolarité ? A l’âge de 5 ans, j’ai été inscrit à l’Ecole pour enfants sourds de Montbrillant, ici à Genève. Mais comme mes parents ont voulu que j’oralise, après une année je suis allé dans une école pour entendants… Et cela s’est bien passé ? Plus ou moins. J’y suis resté 5 ans, mais à l’âge de 10 ans, comme malgré tous mes efforts je n’arrivais pas à suivre, j’ai demandé à mes parents de pouvoir retourner à Montbrillant. C’est là que j’ai appris la langue des signes et c’était génial, car dès ce moment-là, j’ai pu mieux communiquer, avancer et apprendre. Avec les deux langues j’étais heureux… On ne vous a pas proposé une implantation cochléaire ? Si, mais je n’ai pas souhaité la faire, car avec mon appareil je me débrouille très bien ! Que faites-vous ensuite ? A 17 ans, je me lance dans un apprentissage de carreleur, mais j’ai arrêté au bout d’une année, car c’était un travail que je n’aimais pas beaucoup, trop répétitif et pas assez intéressant pour moi. En plus j’avais un patron autoritaire, qui ne faisait aucun effort pour m’expliquer les choses. Et à ce moment-là ? Après un stage d’une semaine en sérigraphie, le patron m’embauche pour un apprentissage ! Et là tout se passe bien, même si pour obtenir mon diplôme, il m’a fallu une année en plus des 3 ans prévus, car ce n’étais pas facile. Mais j’étais heureux, le patron était sévère mais bienveillant et grâce au soutien d’interprètes en langues des signes trois fois par semaine, j’ai décroché mon CFC en 2004 ! Cela a-t-il été facile de trouver un travail ensuite ? Ça va... J’ai travaillé quelques années, puis avec des amis, nous avons lancé notre propre atelier pour travailler comme indépendants. Finalement, il y a une année j’ai décidé d’arrêter car c’était trop pénible, avec les odeurs permanentes de dissolvants etc… Du coup, quels sont vos projets actuellement ? J’ai 40 ans et désormais j’aimerais bien me lancer comme coach sportif. Depuis l’école, je suis un grand passionné de sport, que je pratique de manière intensive, musculation, fitness, escalade, vélo, course à pied, je suis quasiment accro (rires) ! Je viens d’ailleurs de participer au triathlon de Genève ! Du coup, même si ce ne sera pas facile, je vais chercher du travail et tenter d’entamer une formation en parallèle. J’adorerais développer un concept de coaching sportif pour les sourds ! Finalement, quel rapport entretenez-vous aujourd’hui avec votre surdité ? Au départ c’était évidemment difficile à accepter, j’aurais préféré être entendant bien sûr. Maintenant j’accepte d’être sourd, conscient de la chance que j’ai eue d’avoir le soutien de ma famille et particulièrement de mon frère, dont je suis très proche. En dehors du sport, que faites-vous de votre temps libre ? J’adore voyager et découvrir le monde. J’ai été dans de nombreux pays : Amérique, Espagne, Japon, Australie. D’ailleurs, j’adore ce pays car les gens y sont très ouverts et la communication y est très facile ! Mon rêve finalement, ce serait de devenir coach sportif en Australie ! (rires). SUIVANT PRECEDENT
- Fiona Vullo : « Je me sens bien comme je suis ! » | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Fiona Vullo : « Je me sens bien comme je suis ! » 16 septembre 2010 Publié le : Plus qu’un handicap, la malaudition peut représenter une chance. Entretien avec Fiona Vullo, une jeune Lausannoise coquette et pleine de vie, qui envisage l’avenir avec confiance. Comment êtes-vous devenue malentendante ? On a découvert ça par hasard, à l’âge de trois ans au cours d’un contrôle de routine. J’avais une faible perte de mon acuité auditive, et personne ne s’en était rendu compte ! Vous considérez-vous comme une personne différente des autres ? J’ai une vie différente, oui, car il y a beaucoup d’obstacles à contourner, même si j’ai tout de suite été appareillée. Et puis, ce n’est pas toujours facile d’admettre que l’on ne peut pas faire certaines choses. Chaque fois que je bloque, je me dis : « ce n’est pas juste ! ». Mais c’est vrai qu’il est toujours dans mon caractère de chercher à surmonter les obstacles pour atteindre mon objectif… Auriez-vous aimé être « bien entendante » ? Plus jeune, certainement. Mais aujourd’hui, je me sens bien comme je suis, je n’ai plus envie de cacher mes appareils auditifs. Être différent peut être un atout, une richesse qui permet de forger sa personnalité ! Après votre baccalauréat, vous avez entamé des études à l’université… Quand on est différent, un diplôme représente un socle sur lequel on peut s’appuyer, une sorte de protection dans la vie. Après mon bac, j’ai entamé l’année dernière des études en médecine dentaire. Mais aujourd’hui, même si devenir dentiste était un rêve d’enfant, j’envisage de me reconvertir et de devenir nutritionniste ou diététicienne. Votre handicap est-il en cause dans cette reconversion ? En partie oui, car étudier exige de gros efforts pour un malentendant. Mais il y aussi le fait qu’il s’agissait d’études universitaires et que le niveau était très exigeant ! Cela n’a pas été facile de renoncer, d’admettre qu’il fallait essayer autre chose. Vous êtes la première étudiante à avoir reçu le Prix aux élèves malentendants… Ça a été une grande surprise. J’ai été très touchée que quelqu’un ait pensé à m’encourager, à mettre en valeur ma différence… Pourquoi vous être engagée au sein de la commission « Jeunesse » de forom écoute ? Cela s’est fait par hasard. Michèle Bruttin (la vice-présidente de forom écoute, ndlr) travaillait dans l’école où j’étais. Un jour elle m’a proposé d’entrer dans la commission. Je me suis dit qu’avec mon expérience, je pouvais apporter quelque chose aux autres. Je sens que les choses sont en train de démarrer et j’ai hâte de voir ce que cela va donner dans quelques années ! Propos recueillis par Charaf Abdessemed [zone]Prix aux élèves malentendants Depuis 2004, forom écoute distingue les élèves malentendants romands qui ont atteint avec succès la fin de leur scolarité obligatoire. En six ans, plus d’une centaine d’élèves, originaires de tous les cantons romands ont été déjà primés et récompensés pour les efforts méritoires qu’ils ont consentis au cours de leur scolarité. D’une forte portée symbolique, le prix remis à ces élèves se compose d’un bon d’achat dans une librairie romande et d’un abonnement gratuit au magazine Aux Ecoutes.[/zone] SUIVANT PRECEDENT
- Utile et fondamental | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Utile et fondamental 30 août 2018 Publié le : L’accessibilité à son environnement ne coule pas de source pour les personnes subissant un handicap. AVACAH les soutient depuis plus de vingt-cinq ans. Portrait. Anciennement « Commission des barrières architecturales », formée par des bénévoles, l’Association Vaudoise pour la Construction Adaptée aux personnes Handicapées, AVACAH, promeut l’accessibilité aux bâtiments privés, publics et dans les transports publics. Active depuis 1992, elle compte aujourd’hui une centaine de membres individuels et une trentaine de collectivités, engagées dans le but de défendre les intérêts de personnes souffrant d’un handicap physique ou sensoriel, qu’il soit momentané ou permanent. Jean-Michel Péclard a participé à sa création, lui-même atteint d’un handicap physique. « Le contrôle des dossiers d'enquêtes, la sensibilisation et l’accompagnement pour avoir accès aux infrastructures et à des programmes de formation constituent les piliers de notre travail. On n’imagine pas les situations fâcheuses auxquelles les personnes en situation de handicap, qu’elles soient âgées, familles ou professionnels, sont soumises par manque de rigueur. Des lois existent, malheureusement, il faut insister pour qu’elles soient respectées », s‘exclame-t-il. A ses côtés, Simone Jeannet, malentendante, spécialiste handicaps de l'ouïe, membre du Comité de l’AVACAH, l’accompagne fidèlement dans ses démarches. La loi LATC sur l’aménagement du territoire et les constructions, appliquée depuis 1985, la loi LHand, norme SIA 500 « Constructions sans obstacles » ainsi que la norme VSS 640 075 « trafic piétonnier, espaces de circulation sans obstacles » spécifient les exigences légales en faveur des personnes handicapées. « L’an dernier, après avoir contrôlé 617 enquêtes publiques, nous avons déposé 272 oppositions et remarques, tant dans le cadre de logements, bâtiments publics que dans le domaine de la mobilité et des loisirs », poursuit Jean-Michel Péclard, Au fil des ans, l’équipe d’AVACAH s’est étoffée avec la collaboration d'un deuxième délégué technique ayant une formation d'architecte. Les enquêtes contrôlées concernent principalement les habitations collectives à partir de sept logements, les lieux publics: école, administration, café-restaurant, cinéma, etc, ainsi que les transports publics, de l'accessibilité aux boucles magnétiques et lignes de guidage. L’association effectue également les contrôles de certaines réalisations pour vérifier la bonne prise en compte des aménagements nécessaires. Boucles magnétiques, les indispensables Des visites de contrôles régulières pour l’installation optimale et le bon fonctionnement des boucles magnétiques, en partenariat avec la Fondation forom écoute, permettent un suivi nécessaire, afin que les personnes malentendantes puissent être connectées dans le cadre de l’enseignement, de l’éducation, de conférences ou d’événements culturels. « A cet effet, nous diffusons un clip vidéo sur leur installation et leur utilisation, invitant les personnes concernées à mieux appréhender le processus », précise Anne Grassi, chargée de projet au sein de forom écoute. La prochaine édition « Le Livre sur les Quais », qui se déroulera du 31 août au 2 septembre prochain, bénéficiera de boucles magnétiques durant des conférences. Jean-Michel Péclard évoque avec émotion les réactions positives des personnes malentendantes venues tester les premières boucles magnétiques au Cinéma Rex de Vevey, il y a quinze ans. Sensibiliser pour concerner les individus « Avec l’expérience, nous nous sommes rendu compte que les mises en situations à travers des cours et formations constituent le meilleur moyen pour que les bienportants essayent de se mettre dans la peau de personnes nécessitant une aide. A ce sujet, de grandes enseignes jouent régulièrement le jeu, invitant leurs employés à vivre cette expérience inédite ». L’association encourage également toute personne subissant un handicap à suivre le cours d’introduction « Architecture sans obstacles », d’ores et déjà agendé aux 14 et 15 mars 2019. Comme l’an dernier, il est dédié à la découverte des lois existantes, d’ateliers de constructions ouverts au public, atelier espaces de circulation, débats et échanges sur la perte auditive, mises en situation et parcours. Ceci afin que toute personne souffrant d’un handicap temporaire ou permanent puisse accéder à une formation ou exercer une activité professionnelle de manière autonome. « Il me paraît important de souligner que ces cours ont également pour but de réduire et éradiquer les inégalités entre les personnes », commente Simone Jeannet. Virevolte, une remorque de sensibilisation itinérante L'AVACAH a développé un parcours de sensibilisation aux handicaps physiques et sensoriels à l’aide d’une remorque itinérante, qui se déplace dans le canton de Vaud. Avec l’appui de personnes concernées, les participants ont la possibilité de réaliser des tests auditifs. Coupé du monde des sons, la lecture labiale, la stratégie de communication ou les moyens auxiliaires à disposition les initient au quotidien qu’une personne malentendante subit. Des chaises roulantes, empruntant un parcours de combattant sont également attribuées Se mettre dans la peau d’une personne malvoyante aidée d’une canne blanche ou d’un chien, tester des reconnaissances tactiles et utiliser des objets ou la lecture braille, font également partie intégrante du concept Virevolte mis sur pied depuis 2011 et financé par les fonds propres et l’aide des organisateurs. « C’est une expérience pédagogique, participative et à la fois ludique, à laquelle des groupes régionaux et certaines communes participent volontiers », précise Simone Jeannet. Virevolte peut également être présenté dans d’autres cantons ou associations sur demande. Grâce à la participation de bénévoles, de membres collectifs et individuels, d’employés de l’association, de l’OFAS, de l’Etat de Vaud, de dons et de legs, l’AVACAH poursuit ses activités en faveur des personnes en situation de handicap, trop fréquemment mises à l’écart. Longue vie à l'AVACAH ! Cours d’introduction « Architecture sans obstacles » 14 et 15 mars 2019, Hôtel Aquatis, Lausanne Législation existante, ateliers de constructions, atelier espaces de circulation, débats et échanges. www.avacah.ch [border-around color="blue"]Culture & Boucles magnétiques « Livre sur les Quais », Morges 31.08 au 02.09.2018 La salle du Casino, le Grenier bernois et la tente des Grands débats seront pourvues de boucles magnétiques Programme et informations sur : www.lelivresurlesquais.ch et www.ecoute.ch [/border-around] Installation et utilisation des boucles magnétiques : démo en ligne via un clip vidéo sur : www.ecoute.ch SUIVANT PRECEDENT
- Julien Pasquier : « de l’enfer au paradis » | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Julien Pasquier : « de l’enfer au paradis » 15 mai 2016 Publié le : Âgé de 22 ans, Julien Pasquier, incarne la plénitude du concept de résilience. Car c’est bien celle-ci qui, avec le soutien d’une famille aimante et d’une entreprise exemplaire, a permis à ce jeune Gruyérien de passer en quelques années du statut de souffre-douleur au cycle à celui d’apprenti modèle. Depuis quand êtes vous malentendant ? Depuis la naissance ! En fait, j’entends normalement d’une oreille, et je suis sourd de l’autre. On en ignore la cause, génétique ou autre. Êtes-vous appareillé ? Non ! J’ai des appareils, mais que je n’utilise jamais car ils me dérangent plus qu’autre chose. Venons-en à votre parcours scolaire. Depuis le mois de septembre dernier, vous avez-entamé un deuxième apprentissage de dessinateur, après avoir terminé le premier avec succès ! Pourquoi ce choix ? Depuis longtemps et avant même mon premier apprentissage, je visais un métier en lien avec le dessin, comme géomètre, ou dans le génie civil… Le problème, c’est que mes demandes d’apprentissage se heurtaient toujours à des refus. Alors, le jour où j’ai vu une annonce pour la construction métallique, j’ai foncé. Comme je suis quelqu’un d’assez manuel, cela me convenait encore assez bien. Mais dès le début, je leur ai annoncé que tôt ou tard je voulais m’orienter vers le dessin (rires)! C’est donc l’entreprise Morand SA (Voir notre article en page 6) qui vous a pris comme apprenti en construction métallique ? Exactement. Avant même de me faire passer le test obligatoire, mon contrat était signé ! Leur philosophie est celle d’une entreprise familiale et ils ont dû voir que j’étais très motivé. La personne qui m’a embauché a même dit : « ta malentendance, ce n’est rien d’autre qu’un petit problème technique » ! Comment s’est déroulé ce premier apprentissage ? Très bien ! J’ai la chance d’avoir une mémoire exceptionnelle et j’ai beaucoup appris, qui plus est dans un environnement très positif. Je dois dire que cet apprentissage a changé ma vie. Entre le cycle d’orientation et l’apprentissage, je suis passé de l’enfer au paradis. De l’enfer au paradis ? Comment cela ? Au cycle, j’ai vraiment vécu l’enfer. Discriminations, moqueries incessantes, insultes, critiques et maltraitance, tabassage, j’ai tout vécu durant des années, et l’institution n’a rien fait pour m’aider. Heureusement, mes parents qui m’ont toujours beaucoup soutenu, ont pris contact avec l’Institut Saint-Joseph (Centre scolaire et éducatif pour sourds et malentendants à Villars-sur-Glâne (Fribourg), ndlr), qui a adressé des lettres salées aux professeurs et au directeur du cycle. Malheureusement, le mal était fait, mon moral et ma confiance en moi en avaient pris un sacré coup, et mes notes s’en sont ressenties… C’était vraiment catastrophique ! Donc pour résumer, mauvaises notes au cycle, et très bonnes notes en apprentissage… Exactement ! Il a juste suffi que l’on me fasse confiance et que l’on me donne la chance de montrer ce que je savais faire… En apprentissage, tout s’est parfaitement passé. Je m’entendais très bien avec mes collègues de Morand SA et avec mes enseignants. L’entreprise m’a accepté et soutenu dès le départ sans le moindre problème, et cela a fait une énorme différence ! Au point donc de continuer chez eux votre deuxième apprentissage ! Mais oui ! Comme je bénéficie des acquis du premier, ce deuxième apprentissage ne va durer au total que deux ans. Je devrais donc terminer en 2017 et il y a encore beaucoup de travail à faire d’ici là ! Et qu’envisagez-vous de faire ensuite ? D’abord travailler dans les bureaux de mon entreprise. Mais comme je vois que je m’en sors bien, cela me donne envie d’aller plus loin, d’autant que ma famille est très fière de moi. Mon rêve, ce serait de devenir professeur dans les écoles professionnelles pour enseigner les disciplines de la construction métallique, et pourquoi pas le dessin ! Ah bon, vous vous sentez une vocation d’enseignant ? Oui, parce que je me suis rendu compte qu’en entreprise, les autres apprentis viennent d’abord me demander des explications à moi, avant d’aller voir le chef. Comme je suis très attentif aux autres, j’aime prendre le temps d’expliquer, de transmettre… Désormais, j’ai acquis une vraie confiance en moi, au point que j’en oublie même ma surdité (rires)! Et comment devient-on professeur en école professionnelle ? Je ne sais pas encore exactement. Mais je pense qu’il faudra passer par un brevet. Une chose est sûre : dans ce domaine d’enseignement, les besoins sont importants ! Mouton noir à l’école, apprenti brillant et épanoui aujourd’hui, futur professeur demain… Quelle revanche ! Oui, c’est vrai, d’autant que je suis vraiment passé à côté de la catastrophe. Il suffisait juste que l’on me donne ma chance et je suis tellement reconnaissant à tous ceux qui m’on fait confiance. J’espère que cela montrera aux autres malentendants que même au fond du trou, il y a toujours une lueur d’espoir ! Propos recueillis par Charaf Abdessemed SUIVANT PRECEDENT
- Egalité pour tous ! | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Egalité pour tous ! 10 janvier 2019 Publié le : Un projet de loi sur l’égalité et l’inclusion pour les personnes en situation de handicap et à mobilité réduite dans le canton de Neuchâtel est en cours. Explications. La plateforme d’échanges Forum Handicap Neuchâtel (FHN), association qui regroupe 24 organisations et institutions dans le domaine du social, défend depuis 2004, les intérêts des personnes souffrant d’un handicap. Elle participe activement au projet de loi sur l’égalité et l’inclusion pour les personnes en situation de handicap et à mobilité réduite. « Ce processus inédit nous permet de pouvoir compter sur une large représentativité du handicap et de faire front uni pour défendre l’égalité et l’inclusion des personnes souffrant d’un handicap. Et cela va même au-delà du cercle des membres de notre association », souligne la présidente FHN, Florence Nater. La fondation romande des malentendants, forom écoute, se joint au projet ; la responsable Michèle Bruttin nous explique. « Afin de pouvoir défendre la cause des malentendants et être visible dans le canton de Neuchâtel, j’ai contacté le comité de l’Amicale de la Chaux-de-Fonds qui, par leur membre Denis Wisard, nous représentera et je les en remercie ». Historique L’intention de faire évoluer les droits des défavorisés découle d’une succession d’actions concrètes. Pour commencer, la Suisse est signataire de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), entrée en vigueur en 2014. En décembre de la même année, la motion populaire « Pour une véritable politique cantonale en matière d’égalité pour les personnes en situation de handicap et à mobilité réduite », est déposée au Grand Conseil neuchâtelois. Elle est acceptée par cette autorité en avril 2015 et vise à pouvoir disposer d’une loi garantissant une égalité de traitement entre tous les résidents du canton, y compris les personnes en situation de handicap (PSH). En avril 2018, le Conseil d’Etat a publié un rapport d’information qu’il souhaitait faire valider par le Grand Conseil. Ce plan d’action prévu durant la législature aboutira dans un second temps à la création de la loi évoquée dans la motion. « Le Grand Conseil a souhaité que lui soit d’emblée soumis la loi, nous invitant à mener les démarches. J’ai ainsi lancé des réflexions nécessaires à cette loi, conviant les représentants des organismes de soutien des PSH, menés par Forum Handicap NE », annonçait le Conseiller d’Etat, Alain Ribaux. Le 27 juin dernier, une rencontre a eu lieu avec tous les protagonistes. Un groupe de travail représenté par sept délégués a permis de déterminer leur mission. « Nous allons nous initier à tout ce qui existe déjà en Suisse et étudier de près la loi en vigueur dans le canton de Fribourg et le projet de loi de Bâle-Ville, dont les contenus nous seront utiles », explique un des membres de l’Amicale de la Chaux-de-Fonds, Denis Wisard, impliqué dans ce projet. Le Conseil d’Etat a invité les représentants et organisations membres ou non de Forum Handicap Neuchâtel pour désigner la délégation du Groupe de Travail Motion Handicap, en août dernier. Parmi eux, Victoria Würtz de la Fédération suisse des sourd /Handicap auditif. « Notre service juridique a repris les choses en main en participant à ces séances. Les différentes associations présentes s’y sont mises d'accord sur des bases importantes, comme la notion d’inclusion plutôt qu’intégration et une définition du handicap non pas basée sur la déficience mais plus dans l’esprit de celle de la CDPH ». Lors des prochaines séances de travail, la Fédération Suisse des Sourds (FSS) a à cœur d’intégrer des éléments concernant plus précisément les personnes sourdes et malentendantes, comme le manque d’interprètes, les difficultés rencontrées par les enfants sourds dans le cadre scolaire, le manque d’un accueil spécialisé dans les hôpitaux, etc. Et de poursuivre : « le travail est encore long mais nous sommes ravis que le canton de Neuchâtel ait pensé à consulter le monde associatif afin de mettre sur pied une loi reflétant véritablement les besoins réels des personnes handicapées ». Législation dans le canton de Fribourg La loi en vigueur promeut l'autonomie et l'autodétermination de la personne en situation de handicap, ainsi que sa participation à la société. Elle vise aussi à la reconnaissance des compétences et des besoins de la personne en situation de handicap au sein de la société et règle l'action de l'Etat en complément des législations fédérales et cantonales existantes. L'Etat collabore avec les personnes en situation de handicap, ainsi qu'avec les partenaires privés et publics à la réalisation d'une politique coordonnée sur les plans fédéral et cantonal. Il assure également le suivi de la mise en œuvre dans le canton des législations internationale et fédérale, relatives aux droits et à l'égalité des personnes en situation de handicap. Enfin, l’Etat veille à coordonner l'offre de prestations en faveur des personnes en situation de handicap. Au menu, la formation et le développement personnel régis par la législation spéciale. A cet effet, l'Etat peut mandater des organismes privés en vue d'offrir des activités de formation continue et de développement personnel. Il soutient les entreprises dans leurs démarches visant à favoriser la participation de la personne en situation de handicap au monde du travail et institue un fonds. Pour la mobilité, l’habitat et les infrastructures, l'Etat peut mandater des organismes privés en vue de développer l'offre de transport pour les personnes qui, en raison de leur handicap, ont besoin de telles prestations. A titre subsidiaire, il peut accorder des aides financières pour soutenir des projets favorisant l'adaptation de logements et d'infrastructures aux besoins des personnes en situation de handicap. L'Etat peut également accorder des aides financières pour soutenir des initiatives favorisant la participation de la personne en situation de handicap aux activités associatives et communautaires. (Extrait de loi). Quoi de neuf dans les autres cantons ? Le Canton de Bâle s’est doté d’un service spécialisé employant une personne en charge de l’égalité pour les PSH pour son projet de loi en cours ; la Ville de Berne dispose elle aussi d’un service spécialisé et Zurich, d’une instance chargée de projets dans le domaine. Quelques cantons ont nommé des personnes responsables de l’égalité avec les PSH ou mandaté un service en tant que référant des organisations de soutien. D’autres possèdent des commissions ou des organes de coordination en charge des mesures à mettre en place en faveur de l’égalité. Zurich et Genève mentionnent une stratégie coordonnée en la matière, alors que plusieurs autres ont constitué des groupes permanents de travail dédiés à cette thématique, répondant aux exigences de la CDPH. La Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales (CDAS) a pour sa part adopté, en 2013, des principes relatifs à une politique en faveur des PSH 12. Toutefois, de manière générale, l’évaluation de la loi sur l'égalité pour les handicapés (LHand) par la Communauté de travail BASS/ZHAW parvient à la conclusion que le droit à l’égalité des PSH est trop peu connu, même de la part des intéressés. Gageons que le canton de Neuchâtel, les organismes et les représentants de PSH poursuivent de main de maître leur projet et leur engagement pour faire évoluer très rapidement les conditions d’égalité pour tous. Affaire à suivre… www.forum-handicap-ne.ch [border-around color="blue"] Droit à l’égalité des PSH suisses, mesures concrètes à évaluer Rédiger une loi en faveur d'une politique d'inclusion des PSH. Définir les contours d’une coordination de la mise en œuvre de dite politique, en partenariat avec les organismes de soutien des PSH. Soutenir lesdits organismes. Mettre en place un observatoire des bonnes pratiques en matière d’égalité des PSH et des discriminations. L’autonomie. L’inclusion à l’école obligatoire, voire avant, dans le cadre de l’offre préscolaire et d’activités que les enfants dans cette situation devraient pouvoir fréquenter avec un minimum de contraintes. Les PSH adultes doivent avoir la liberté de vivre où elles le souhaitent, de se déplacer librement et d’habiter dans le milieu qu'elles choisissent. La législation prescrit que les installations ouvertes au public (routes, chemins, places, jardins publics, etc., en fait l’ensemble de l’espace public) doivent être construites de façon à ce que les PSH puissent y accéder de manière autonome.[/border-around] SUIVANT PRECEDENT
- Relations OFAS-forom écoute : « Des subventions, mais de lourdes contraintes !» | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Relations OFAS-forom écoute : « Des subventions, mais de lourdes contraintes !» 15 mai 2015 Publié le : Forom écoute vient de renouveler le contrat de prestations qui la lie à l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) jusqu’en 2018. Présidente de la fondation romande des malentendants, Michèle Bruttin revient sur les conséquences d’un contrat qui, en échange d’une subvention publique, impose de nombreuses obligations. Le 19 février dernier, la fondation romande des malentendants signait son nouveau contrat de prestations avec l’OFAS, valable pour les années 2015-2018. Quel est l’objectif d’un tel contrat? Depuis de longues années, forom est liée à l’OFAS via un contrat de prestations redéfini tous les 4 ans. Celui de 2011-2014 étant arrivé à échéance, nous étions en négociations depuis plusieurs mois pour mettre au point celui de la période 2015-2018. D’une manière générale, ce contrat définit les prestations que doit fournir forom écoute et son sous-contractant la fondation A Capella, en échange d’une subvention annuelle versée par l’OFAS. Comment s’est déroulée cette négociation ? Les échanges avec l’OFAS se sont déroulés dans une bonne atmosphère. Mais l’Office a, au fil des années, considérablement renforcé ses exigences, devenues beaucoup plus rigides. Il a, par ailleurs, revu ses tarifs horaires dont certains ont été baissés, ceux de la lecture labiale, par exemple. Du coup, la négociation nous a demandé un énorme travail, à la fois intellectuel et administratif. Quelles sont les nouveautés du contrat 2015-2018 ? Comme je l’indiquais, l’OFAS se montre beaucoup plus restrictif que par le passé. La subvention qui nous est allouée est la même, mais le contrôle de son utilisation et de sa répartition est très renforcé, forom devant rendre compte chaque année des prestations qu’elle assure, en particulier celles qu’elle accorde directement et exclusivement aux malentendants, « les personnes cibles » selon la terminologie de l’OFAS. Quelles sont les conséquences pour forom écoute ? Elles sont multiples. La première et la plus évidente est l’énorme charge administrative qui retombe sur la fondation et en particulier sur le personnel. Nous devons suivre les activités que nous finançons de manière beaucoup plus rigoureuse, et même chronométrée, que par le passé. C’est un gros travail supplémentaire, d’autant qu’il faut répondre à des critères très précis. Ainsi, pour être financé et reconnu comme prestation, notre congrès perçu comme trop « international » dans sa dénomination ancienne, doit désormais être baptisé « Journée à thème », histoire de montrer que cette prestation est clairement destinée aux malentendants suisses. Idem pour l’apéritif annuel des bénévoles, requalifié en « Rencontre »… Et puis, une mesure est particulièrement symbolique du changement que l’on doit gérer : depuis le début de cette année, l’OFAS ne verse plus à forom écoute la subvention qu’il accordait pour financer un poste de travail destiné à l’emploi d’une personne souffrant d’un handicap ! Forom écoute a tout de même pu obtenir une répartition différente du financement des boucles magnétiques… Oui, et de haute lutte, alors que depuis des années, l’OFAS ne finance plus aucune nouvelle prestation. Nous nous sommes battus pour démontrer que si une prestation s’appliquait directement aux malentendants, c’était bien les boucles magnétiques et que celles-ci devaient se trouver dans le même tableau de répartition que les conseils et cours destinés principalement au malentendants et non pas noyés dans la masse de nos autres prestations qui ont moins de valeur aux yeux de l’OFAS ! Mais il a tout de même fallu qu’une commission de l’OFAS se réunisse pour validation ! Quels autres changements sont entrés en vigueur ? En fait, l’autre grande conséquence est financière avec un grand impact sur notre fonctionnement à l’interne et avec nos partenaires. Ainsi, si une prestation assurée par forom est évaluée selon des montants qui sont supérieurs à la moyenne statistique suisse, l’OFAS intervient aussitôt. A l’inverse, si pour une raison ou une autre, forom écoute ne parvient pas à assurer une prestation pour laquelle elle a reçu une subvention, il n’y a plus de possibilité d’effectuer des provisions : la subvention est aussitôt supprimée, ou révisée à la baisse par l’OFAS si la prestation n’a été assurée que partiellement. C’est d’ailleurs pour cela que pour cette année, et afin que les malentendants ne perdent pas la subvention correspondante, forom écoute, en tant que faîtière, a pu décider de rétrocéder 50'000 francs à son sous-contractant, la fondation A Capella. L’OFAS a d’ailleurs validé cette démarche. Finalement, forom écoute va-t-elle pouvoir remplir ses missions pour les quatre années à venir ? On fera tout pour cela ! Mais au rythme où vont les choses, il nous faudra peut-être mettre en balance l’intérêt des subventions accordées par l’OFAS et l’énorme charge de travail administratif qu’elles génèrent désormais, tant la pression est grande. L’autre grande question, c’est que forom écoute assure de nombreuses autres prestations qui elles, ne sont financées que partiellement ou pas du tout par l’OFAS et par les pouvoirs publics. De fait et contrairement à notre pratique du passé, il n’est plus possible à la fondation de financer des prestations à perte. En outre, nous devons mener un inlassable travail de recherche de fonds auprès des donateurs privés qui, lorsqu’ils entrent en matière, ne financent que des projets précis et pas forcément dans son intégralité. Une chose est sûre : nous ne pouvons pas tout faire avec le budget dont nous disposons, et nous devons régulièrement faire des choix ! [zone]563'188 francs annuels Au titre du contrat de prestations 2015-2018, l’OFAS accorde chaque année une subvention de 563'188 francs, répartie entre forom écoute en tant qu’organisation faîtière à hauteur de 363'188 francs, et la fondation A Capella pour un montant de 200'000 francs, en tant que sous-contractant. Afin de justifier de l’usage des sommes allouées, forom écoute et A Capella doivent fournir chaque année à l’OFAS des données chiffrées et détaillées (activités effectuées, nombre d’heures allouées, reporting etc.) relatives aux prestations assurées par la fondation. Enfin, c’est à forom écoute que revient la responsabilité d’envoyer les données consolidées avec celles d’A Capella au 30 juin de l’année suivante.[/zone] SUIVANT PRECEDENT
- Le Covid-19 plombe les ventes d’appareils auditifs | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Le Covid-19 plombe les ventes d’appareils auditifs 15 juillet 2020 Publié le : En raison de la pandémie et du confinement décidé par les autorités, l'ensemble de l'industrie européenne de l’appareillage auditif a connu une baisse importante de la demande entre mars et juin 2020. Cette baisse ne devrait être que passagère. Le 1er juillet 2020, l’EHIMA (Association européenne des fabricants d'appareils auditifs) qui regroupe les 6 plus grands fabricants d’appareils du continent, soit plus de 90% du marché, a dévoilé les chiffres de ventes d’aides auditives pour l’année 2019. Ainsi l’année dernière un peu plus de 17 millions d’appareils ont été vendus en Europe, des chiffres qui ne tiennent pas compte des implants, et qui surtout, objectivent une augmentation de 6,4% par rapport à l’année précédente. Les chiffres de 2020 s’annoncent nettement moins réjouissants et l'ensemble de l'industrie a connu une baisse importante de la demande, en raison de la pandémie du Covid-19 et des restrictions de circulations et de contacts sociaux. Nombre de malentendants, dont certains font partie des populations à risque en raison de leur âge, ont ainsi reculé leurs rendez-vous chez l’audioprothésiste pour limiter les risques de contamination. Baisse dramatique « Depuis le début du confinement et jusqu’à la fin du mois de juin, nous avons enregistré une baisse dramatique du marché global » , explique le président de l’EHIMA, Soeren Nielsen, dans un communiqué publié au début du mois. « C’est tout l’écosystème autour du soin auditif qui souffre sévèrement ». L’association estime en revanche que ces baisses sont passagères et que la demande d'appareils auditifs restera élevée dans les années à venir, comme le prouvent de nombreuses enquêtes sur la perte auditive et l'utilisation des aides auditives, réalisées dans 15 pays. Par exemple, entre 2009 et 2018, environ 13% de la population adulte en Allemagne, en France et au Royaume-Uni a affirmé souffrir d’une déficience auditive. Au cours de la même période, l'utilisation des aides auditives dans ces pays est passée de 33% à 42%, un taux qui permet d’entrevoir une hausse des ventes au cours des années à venir, d’autant que selon l’association, près de 23 millions de personnes en Europe vivent avec un handicap auditif non traité. Évidemment à court terme, ces projections restent subordonnées à la survenue d’une deuxième vague épidémique qui pourrait, tout autant que la première, impacter les ventes d’appareils auditifs. SUIVANT PRECEDENT
- Embauche et malentendance | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Embauche et malentendance 17 janvier 2018 Publié le : L’Oréal Suisse s’implique pour engager des personnes sourdes ou malentendantes ; témoignage de la jeune Lucie Froidevaux, « makeup artist » pour Urban Decay depuis plus d’un an. Lucie Froidevaux, employée de commerce et secrétaire médicale de formation, s’est réorientée et travaille pour Urban Decay, marque sélective du groupe L'Oréal. Après avoir achevé deux ans de réinsertion professionnelle comme employée de commerce avec l’aide de l'AI, la jeune femme a découvert une annonce de L'Oréal, postée par la Fédération suisse des sourds, qui engage des personnes sourdes ou malentendantes comme makeup artist. « En recherche d'emploi, j’ai postulé et ai été engagée pour un contrat à durée déterminée d’un an après un premier entretien », se réjouit Lucie, diagnostiquée sourde à trois ans et demi et appareillée avec des contours d'oreille pour une surdité sévère. Vers l’âge de cinq ans, Lucie commence l'apprentissage du langage parlé complété. « Une codeuse LPC m'a accompagnée durant ma scolarité, mon apprentissage d'employée de commerce et ma formation de secrétaire médicale ». Sa surdité s’est péjorée alors qu’elle a vingt ans. Tous les examens confirmeront qu’elle est une bonne candidate à l'implantation. Les deux opérations ont été une réussite, confortant la jeune femme dans ses objectifs professionnels. « Depuis que je suis bi-implantée, je me sens plus à l'aise dans mon travail. Mon nouveau métier de makeup artist est enrichissant sur le plan des relations humaines ». Lucie évolue dans le domaine de la beauté ; les séances de maquillage sont aussi rythmées de discussions, d’écoute et d’échanges ; un défi au quotidien. « Certaines clientes bougonnent si je ne les comprends pas, malgré le fait de leur expliquer ma surdité. Elles demandent parfois d’être maquillées par une autre employée. D’autres croient même que je ne parle pas français. Mais ce que je retiens de positif, ce sont les clientes qui font attention lorsqu'elles s'adressent à moi ou qui miment leur dialogue pour faciliter ma compréhension. Certaines prennent régulièrement de mes nouvelles ». L’Oréal Suisse engagée A ce jour, cinq personnes au bénéfice de l'AI travaillent pour L'Oréal Suisse. Au printemps 2016, la société a recruté trois makeup artist sourdes ou malentendantes pour sa marque sélective Urban Decay. Les jeunes femmes ont été formées et sont actives à temps partiel sur les stands de la marque à Bâle/Zurich, Lausanne et Vevey. « L'expérience a démontré que leur inclusion, c'est-à-dire l'intégration à l'équipe et la formation sur leur métier, varie d'une personne à l'autre, en fonction de sa situation personnelle. L'accompagnement par une association agissant de façon experte et ciblée, en soutien des porteurs d'un handicap spécifique, peut se révéler décisif pour une inclusion réussie. D'autant plus, comme c'est le cas ici, lorsque des personnes sourdes ou malentendantes travaillent sur des métiers de contact, ce qui relève du défi. Notre objectif est de recruter davantage de personnes souffrant d’un handicap, dans le domaine de la beauté, pour atteindre 2% de nos effectifs, soit environ neuf personnes, à l’horizon 2020 », détaille Deborah Egloff, en charge de la Diversité au sein de L’Oréal Suisse. L’Oréal Suisse vient de renouveler le contrat de Lucie, pour une durée déterminée d'un an. « J'en suis ravie. L'aventure continue même si ce n'est pas facile tous les jours. A force de persévérance, la motivation et l'envie me font avancer ! », confie Lucie. copyright LDD SUIVANT PRECEDENT
- Bénévolat et adrénaline | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Bénévolat et adrénaline 22 janvier 2020 Publié le : Une pilote malentendante participe au Raid Aventure « Bretz’elles des Sables » dans le désert tunisien. Bénévolat et adrénaline assurés ! Dans le cadre de la Fête de la roue à Mulhouse fin 2018, l’initiatrice du projet « Surdigaz’Elles », Laure Francesconi, a été approchée par les organisateurs afin de participer au Raid Aventure alsacien dans le désert tunisien. La course Bretz’elles des sables 100% femmes et attachée à des associations d’entraide s’est déroulée durant douze jours sur 2’000 kilomètres en novembre dernier. Valérie Adatte, elle-même malentendante, a pris le volant en alternance avec la pilote Isabelle Ehret, dans le but de promouvoir le monde de la malentendance et la fondation forom écoute, alors que Laure Francesconi était retenue pas ses obligations professionnelles, notamment d’enseignante en lecture labiale. « Si le projet de participer au Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc pour promouvoir la malentendance et la surdité n’a pas encore abouti faute d’avoir réuni la somme nécessaire (environ 40’000.-), nous restons confiantes et poursuivons notre recherche de fonds pour y participer prochainement. Dans l’intervalle, Valérie a participé à Bretz’elles des Sables sous l’effigie de notre association Surdigaz’Elles », explique Laure Francesconi. (lire ou relire l’article « Une course pour faire parler de la malentendance », paru dans le magazine en ligne www.ecoute.ch le 19.09.18). Une malentendante au volant Valérie Adatte travaille dans le domaine social depuis de nombreuses années. Assistante socio-éducative, elle collabore avec la Fondation les Castors, au Foyer de Porrentruy et dans un hôtel-restaurant où une partie du personnel est en situation de handicap. Ancien membre du conseil de fondation de forom écoute, elle est atteinte de déficience auditive. Après une implantation en 2018 à l’oreille gauche lui permettant de recouvrer l’ouïe à 86%, elle reçoit un coup en mars dernier, lequel disloque l’implant ; elle doit à nouveau se faire opérer. « Je n’ai malheureusement récupéré que 55% de mon ouïe et depuis, je subis des acouphènes au quotidien. Je devrais recevoir le second implant pour mon oreille droite, mais j’ai peur d’avoir des acouphènes dans les deux », détaille Valérie. Femme de front, cela ne l’empêche pas de se lancer dans sa toute première course. « Depuis Mulhouse, nous avons parcouru 3'000 kilomètres au total. Dès l’arrivée au port de Tunis, nous nous sommes retrouvées dans les embouteillages ; là-bas, le code de la route est une option et la seule loi en vigueur est que le plus gros véhicule passe en premier ! Cela nous a vite mises dans le bain », poursuit-elle. La course en soi se constituait de différentes étapes et la solidarité entre les dix-huit femmes étaient omniprésente. « La cohésion de groupe était optimale et chaque fois qu’une de nous s’enlisait, les autres étaient là pour aider. D’autre part, nous avons passé de merveilleux moments dans le désert. Trois nuits et quatre jours sans internet, soirées au coin du feu en compagnie des Berbères, ciel étoilé sans pollution lumineuse et chants partagés. Un souvenir inoubliable. Par ailleurs, les filles étaient très attentives à moi et me demandaient sans arrêt si je comprenais bien la discussion ; j’étais la seule malentendante », ajoute la pilote. Le plus difficile était le bruit et le brouhaha à l’hôtel où elle devait s’isoler au calme, voire écourter ses soirées en groupe à cause de maux de tête. « A contrario, j’étais la première debout le matin à savourer le lever du soleil, seule au calme devant l’immensité des dunes à perte de vue, à me ressourcer ». Si la course en elle-même était très physique, Valérie a dû porter ses appareils auditifs en plus de l’implant. Sans port de casque, elle se protégeait du vent et du sable avec sa casquette bien vissée sur la tête. Le bruit du moteur amenuisait ses acouphènes, mais il lui était difficile de communiquer avec Isabelle, qui devait lui taper sur l’épaule pour lui transmettre les informations. « Je ne percevais toutefois pas le bruit du moteur m’indiquant que je devais changer de vitesse ». Surdigaz’Elles L’autocollant de la fondation romande des malentendants, forom écoute, était visible à l’arrière du 4x4 durant le trajet et la course, une manière de faire parler de la malentendance. Laure et Valérie récupèrent également des appareils auditifs usagés, les transmettent à une audioprothésiste bénévole qui les répare, inclus leurs logiciels, et les recycle. « Notre but est de les offrir. Nous n’avons pas encore trouvé le bon vecteur pour créer un réseau solide et fiable, afin que les appareils soient distribués gratuitement à qui de droit. Nous sommes en contact avec le Ministère de la santé et un médecin suisso-marocain et nous allons créer un blog, afin que lors de la prochaine course au Maroc ou en Tunisie, nous évitions le marché noir et les arnaques », détaille encore Laure. Des associations d’entraide au starting-block Pour sa deuxième édition, qui démarrera en octobre 2020, Bretz’elles des Sables poursuivra ses actions solidaires dans le désert tunisien. Il s’agira de financer et installer une pompe à eau dans le désert ; par ailleurs, un don de matériel pour des associations à Douz et l’accompagnement de projets pour les femmes tunisiennes seront menés à bien, ainsi que le don de fournitures et denrées pour les populations nomades du désert. « Nous avons pu rencontrer une association de personnes en situation de handicap, aidée notamment avec l’apport de matériel auxiliaire pour lui permettre l’avancée des travaux d’un centre de rééducation. A travers cette course, je voulais montrer qu’on peut être malentendant et piloter ; j’espère avoir apporté un autre regard sur ce handicap et pouvoir faire plus en faveur des malentendants lors de prochaines courses auxquelles je rêve de participer », s’enthousiasme Valérie. Une soirée de clôture réunira les sponsors des Bretz’elles des Sables à Wattwiller en Alsace le 31 janvier. Les frais pour la course Raid Aventure se sont élevés à 5'500 Euros pour l’équipage et le véhicule, comprenant trajets, hébergements, assistance et partagés entre Isabelle et Surdigaz’Elles. Le véhicule 4x4 a pu être loué pour 2600 Euros inclus l’assurance ; celui-ci avait appartenu à l’ancienne championne Isabelle Patissier et a été racheté par le garagiste Hoffer à Sausheim en Alsace. Les frais d’essence et autres sur place ont été payés par les deux pilotes. Forom écoute a participé à hauteur de 1500 CH, à la réalisation et au coût de l’autocollant portant son nom, collé sur le 4x4. La recherche de fonds se poursuit pour continuer à faire parler de la malentendance lors des rallyes. Surdigaz’Elles, Sous la Roche Bourquin 24, 2952 Cornol laure.francesconi@arell.ch Compte Poste Délémont : IBAN CH 0900 0000 1507 9250 9 En équivalent : matériel, accessoires, fournitures… Liens utiles http://lesbretzelles.trophee-roses-des-sables.org/ https://www.rallyeaichadesgazelles.com Copyright Steeve Constanty SUIVANT PRECEDENT
- Le cinéma à portée | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Le cinéma à portée 11 juin 2020 Publié le : Un projet qui dure et rend le septième art accessible à tout un chacun. Avec un travail conséquent sur le sous-titrage, l’audiodescription et la production, l’équipe de Regards Neufs fête ses 10 ans, fière de ce qu’elle accomplit. Pour que le cinéma s’invite à la maison. Sur le site de Regards Neufs, c’est à la une : «Cette année, Regards Neufs fête ses 10 ans, une décennie d'approche sensible du cinéma. Pour l'occasion, les réalisatrices Ursula Meier et Bettina Oberli prennent la parole et se réjouissent de savoir leur film accessible au public malvoyant et malentendant tout en rendant hommage au travail accompli par Regards Neufs.» Bruno Quiblier, directeur de l’association, est heureux de compter sur une équipe qui perdure. «Nous déplorions la non-accessibilité des films en Suisse pour le public malvoyant et malentendant. Nous avons commencé avec la programmation de films en audiodescription et au fil du temps, nous avons pu concrétiser le projet qui est devenu un événement. Nous faisons de la production et du sous-titrage, nous animons des ateliers pour enfants pour ce qui est de l’audiodescription et élaborons des programmes pour les festivals …», énumère Bruno Quiblier. Dix ans, ça se fête À l’occasion de la décennie de Regards Neufs, l’équipe a décidé de se donner plus de travail. «Nous voulions rendre des classiques du cinéma suisse accessibles au public handicapé, et lors des journées de Soleure, nous avons découvert le projet filmo qui veut numériser et rendre accessible en streaming les meilleurs films suisses.» Dès lors, ils ont décidé d’instaurer un partenariat pour compléter leur catalogue et produire les audiodescriptions et sous-titrages de films et ils se sont rapprochés des télévisions suisses pour récupérer le matériel. Les chaînes de la SSR participent volontiers au projet et les seize films disponibles en streaming seront accessibles par le biais d’Apple TV avec un compte et une connexion. Le Covid-19 a dégagé du temps «Le temps du confinement a mis en avant les offres de streaming et cela faisait un an que nous accumulions les films pour pouvoir les annoncer. C’est un tournant numérique qui marque un beau progrès pour nous. Cela nous permet de faire connaître ce service de films en sous-titrage sur Apple TV en français et en allemand», continue Bruno Quiblier. Regard Neufs est encore le seul à proposer ce service global dans les salles de cinéma et depuis quatre ans, ils utilisent une application qui s’appelle GRETA. Cette dernière permet à chacun d’être autonome pour aller dans les salles de cinéma avec un catalogue de films accessibles ou de voir un film en streaming. Il suffit de connecter le micro du téléphone qui se synchronise avec la bande-son du film, même hors wi-fi. Innovation GRETA en Allemagne doit finaliser une paire de lunettes connectées pour lire le sous-titrage de manière autonome, comme Epson qui dispose de ce système pour le théâtre en Angleterre. «Même si c’est compliqué techniquement et long à mettre en place, il ne faut pas oublier que ça va grandement aider les malentendants», rappelle celui qui a réalisé son projet unique en Suisse. Joyeux anniversaire Regards Neufs ! SUIVANT PRECEDENT
- Ma vie de Courgette en audiodescription ce week-end | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Ma vie de Courgette en audiodescription ce week-end 2 décembre 2016 Publié le : Le Groupe sportif des handicapés de la vue et l'association Regards Neufs sont heureux de vous inviter à la projection du film "Ma vie de Courgette" en audiodescription en salle. La séance aura lieu ce samedi 3 décembre 2016 à 10 heures au cinéma Pathé Les Galeries de Lausanne. Pour rappel, "Ma vie de Courgette" est un film d'animation en volume franco-suisse de 66 minutes, réalisé par Claude Barras, et coproduit par la RTS. Il s'agit d'une libre adaptation du roman "Autobiographie d'une courgette" de Gilles Paris. Icare, un enfant que tout le monde appelle «Courgette», est élevé par sa mère, alcoolique. Quand celle-ci meurt accidentellement, il est placé dans un foyer pour enfants. Dans l'établissement, le petit garçon apprend à se faire des amis, qui ont tous connu comme lui une enfance difficile. Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice sympathisent avec Courgette, mais Simon, le rebelle du groupe, tente d'imposer sa loi au garçon. L'arrivée de Camille chamboule une fois de plus la vie du foyer. La petite fille, malicieuse, ne laisse pas Courgette indifférent, même s'il n'ose pas tout de suite l'avoue L'entrée est libre sur inscription à l'adresse p.kehrer@bluewin.ch ou par téléphone au 021 617 56 76. SUIVANT PRECEDENT
- La migraine augmente le risque de surdité soudaine | FoRom Ecoute
Retour au Magazine La migraine augmente le risque de surdité soudaine 9 avril 2020 Publié le : Une étude coréenne révèle que les personnes qui souffrent de migraines courent un plus grand risque de surdité de perception soudaine. Une étude coréenne a révélé que les personnes qui souffrent de migraines ont un risque accru de surdité de perception soudaine (SSNHL). Le risque est augmenté de 34% si vous souffrez de migraines. Plus d'hommes que de femmes Les hommes qui souffrent de migraines présentaient un risque accru de surdité de perception soudaine (SSNHL). Dans l'étude, les hommes avaient un risque plus important que les femmes. Les hommes avaient un risque accru de 49%, tandis que les femmes avaient un risque accru de 30%. Plus de femmes que d'hommes ont participé à l'étude. Il n'y avait pas de réelle différence entre les groupes d'âge dans l'étude. Les personnes âgées de 20 à 59 ans qui souffrent de migraines avaient un risque accru de 32% de surdité de perception soudaine, tandis que dans le groupe des 60 ans et plus, les personnes souffrant de migraines avaient un risque accru de 35%. À propos de l'étude L'étude a été réalisée sur base d'un échantillon de plus de 225.000 personnes du service national coréen d'assurance maladie de 2002 à 2013. 45.114 participants qui souffrent de migraine ont été appariés selon l'âge, le sexe, le revenu, la région de résidence, l'hypertension, le diabète et la dyslipidémie contre 180.456 personnes dans le groupe témoin. L'étude, «La migraine augmente la proportion de la surdité de perception soudaine : une étude de suivi longitudinal», a été publiée dans la revue Auris Nasus Larynx en 2018. Sources : www.ncbi.nlm.nih.gov et Auris Nasus Larynx SUIVANT PRECEDENT
- Jordan Fuchs : « On ne comprenait pas que je ne comprenne pas ! » | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Jordan Fuchs : « On ne comprenait pas que je ne comprenne pas ! » 16 mars 2015 Publié le : Né à Fribourg, Jordan Fuchs a passé toute son enfance à Domdidier, où il vit encore avec ses parents et sa jeune sœur. Âgé de 16 ans, ce jeune homme très volontaire est actuellement en apprentissage d’employé de commerce. Et consacre le reste de sont temps au football, sa grande passion. En juin de l’année dernière, vous avez reçu le Prix aux élèves malentendants décerné par forom écoute… Oui, et je ne m’y attendais pas ! Je vous laisse imaginer ma surprise lorsque mon prof m’a appelé pour me remettre mon diplôme de fin d’études obligatoire et m’a informé que forom écoute me décernait son prix ! J’ai été très agréablement surpris. Depuis quand êtes-vous malentendant ? C’est un peu compliqué (rires). En fait, ma déficience auditive n’a été diagnostiquée que quand j’avais sept ans. Mais en réalité, mes parents avaient déjà remarqué, - j’avais trois ans -, que j’articulais et parlais mal. J’avais donc été suivi par une logopédiste qui m’a ensuite envoyé chez un ORL pour un contrôle de mon audition. Et qu’a dit ce médecin ? Que tout était normal ! Mais la logopédiste a continué à douter et un an plus tard, je me suis retrouvé au CHUV pour des tests ! Et aussi incroyable que cela puisse paraître, là encore, tout était normal. Ce n’est qu’à la troisième tentative que le CHUV m’a endormi pour procéder à des examens très approfondis, à l’aide d’électrodes, etc. Et là, le diagnostic a-t-il enfin été posé ? Oui, enfin ! J’avais une perte auditive bilatérale de plus de 70% à chaque oreille ! Dans la foulée bien sûr, j’ai été appareillé ! Avez-vous remarqué un changement ? Evidemment, j’entendais l’eau couler, les oiseaux chanter ! Et au niveau de votre scolarité ? Je l’ai faite entièrement dans une école normale à Domdidier. Mais dès que mon problème d’audition a été diagnostiqué, j’ai reçu le soutien d’une enseignante spécialisée de l’Institut Saint-Joseph (Centre scolaire et éducatif pour sourds et malentendants, à Fribourg, ndlr) qui venait une ou deux fois par semaine. Les choses se sont un peu compliquées après l’école primaire, en cycle d’orientation, car il a fallu déployer beaucoup d’efforts pour expliquer aux enseignants ce qu’est un malentendant ! Je me souviens d’un prof qui me disait : « je ne comprends pas que tu ne comprennes pas ! » D’ailleurs, on a même dû fournir un certificat médical pour que je sois dispensé de l’évaluation en chant ! Cela ne vous a pas empêché de décrocher votre certificat de fin d’études obligatoires, comme tous les autres jeunes ! Oui, j’ai été très fier et j’ai fait la fête juste après, car quand on est malentendant, il faut quand même travailler plus que les autres ! Heureusement, j’ai eu le soutien de ma famille. Et avec les autres élèves ? Bah, ils ont appris à faire avec ma déficience auditive, et il n’y a pas eu de problème ! Et aujourd’hui, que faites-vous ? Depuis septembre dernier, j’ai commencé un apprentissage d’employé de commerce dans une grande entreprise internationale, dans mon village à Domdidier. J’ai eu beaucoup de chance, j’avais déjà fait trois jours de stage chez eux, et quand j’ai postulé, ils m’ont pris ! Et ça vous plait ? Oui, tout se passe très bien. Je n’ai même pas eu à parler de mon handicap, car je n’ai aucun problème avec le téléphone. Quant aux cours théoriques, j’ai juste informé ma professeur responsable de classe au cas où… Pour l’instant tout va bien et mes premières notes sont correctes. Et une fois votre apprentissage terminé, dans trois ans, que pensez-vous faire ? C’est encore tellement loin ! Mais peut-être m’engagerais-je dans une maturité pour viser une fonction supérieure dans le domaine du commerce. Et si je rêvais encore, je ferais même des études d’architecture, une passion chez moi. Dans ce cas-là bien sûr, il me faudrait énormément travailler, car c’est vraiment très exigeant ! Et en dehors de vos études, à quoi consacrez-vous votre temps libre ? Au sport, et particulièrement au foot que je pratique depuis une dizaine d’années. Autant dire qu’entre les entraînements en semaine et les matchs en week-end, il ne me reste pas énormément de temps (rires) ! Propos recueillis par Charaf Abdessemed SUIVANT PRECEDENT
- Journée des Amicales à Morges | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Journée des Amicales à Morges 15 novembre 2013 Publié le : Vaud - Le 28 septembre dernier, plus de 120 amicaliens en provenance de toute la Suisse romande se sont retrouvés à Morges pour la traditionnelle Journée des Amicales. L’occasion de belles retrouvailles, et de partager ensemble, une superbe croisière sur le lac Léman à bord de la galère La Liberté. Rarement Journée des Amicales n’avait connu une telle affluence ! Organisée cette année à Morges par l’Association des Malentendants de la Côte (AMALCO), cette traditionnelle journée de rencontres et de retrouvailles a connu un large succès, avec… près de 120 amicaliens qui ont fait le déplacement de toute la Romandie et même de France voisine, grâce au renfort de l’Association des Sourds et Malentendants de Pontarlier. Cerise sur le gâteau: la présence de journalistes locaux, plus exactement du Journal de Morges et du quotidien La Côte, venus couvrir l’événement et découvrir de plus près la problématique de la malaudition. « Ensemble on va plus loin » L’autre présence notable a également été celle, au nom de la Ville de Morges, de la Municipale Sylvie Podio, en charge de la Jeunesse, de la Sécurité sociale et du Logement et qui, dans son allocution a su illustrer l’ambiance de la journée avec un superbe proverbe africain: « Seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin ». Il faut dire, que l’édile, qui se distingue par un parcours professionnel d’éducatrice spécialisée, s’est montrée très attentive à la question du handicap en général, et de la malaudition en particulier. « En tant que malentendants, a-t-elle ainsi lancé, vous nous rappelez sans cesse ce besoin de chaque être humain d’être en relation ». Comme d’habitude, la journée a commencé dès 9 heures 30 par un café-croissants d’accueil partagé dans la joie et la bonne humeur dans le superbe décor du Caveau communal de Couvaloup. Pour nombre de convives, c’est d’abord l’occasion de chaleureuses retrouvailles, certains ne s’étant pas vus depuis une bonne année. Après le mot de bienvenue de Simone Jeannet, qui vient de fêter ses… seize ans à la tête de l’AMALCO, c’est ensuite Michèle Bruttin, présidente de forom écoute qui a pris la parole, à la fois pour saluer le nombre record de participants à cette journée, mais aussi, et surtout, pour exhorter les malentendants à davantage s’investir pour réclamer et obtenir leurs droits. « Il s’agit d’un combat long, mais l’union fait toujours la force », a-t-elle ainsi conclu son allocution. Magnifique croisière Dès 11 heures, les participants se sont ensuite déplacés à travers les rues de Morges en direction du débarcadère pour ce qui, assurément, fut le clou de cette superbe journée: une croisière d’une heure sur le lac Léman à bord de la magnifique et très typique galère La Liberté (lire notre encadré), avec, s’il vous plaît, apéritif à bord (!). Si l’on ajoute un soleil radieux (en dépit d’un retour un peu brumeux), on comprendra que tout un chacun a pu rentrer satisfait et heureux de cette superbe balade lacustre. Après un repas au restaurant Le Casino, l’après-midi a été consacrée à des sorties en ville de Morges, les invités s’étant scindés en plusieurs groupes afin, soit de profiter des magnifiques quais fleuris de la ville, soit de visiter les musées de la Cité, soit enfin de déambuler au sein du Grand marché d’automne de la ville, qui heureux hasard, se tenait le même jour que la rencontre. ChA [zone]Vous avez dit Galère ? L’histoire de la galère La Liberté est si belle qu’elle mérite d’être contée. Contrairement à ce que laisse penser son apparence, ce navire est… très jeune, puisqu’il a été construit… dans les années 90. A l’origine de ce bateau hors du commun, la crise économique qui sévissait à ce moment-là, appelant à un projet de réinsertion de nombreux chômeurs arrivés en fin de droit. Grâce à l’entregent d’un responsable du syndicat du bâtiment de Vevey, Jean-Pierre Hirth, une association fut fondée et qui parvint à réunir suffisamment de fonds pour lancer la construction du bateau, baptisé La Liberté. Grâce au projet, près de 650 chômeurs retrouvèrent ainsi un droit à leurs indemnités. Aujourd’hui, forte de ses 55 mètres de long et 9 mètres de large, La Liberté survit sans subventions grâce aux croisières qu’elle organise régulièrement sur le lac. Autant dire que les sponsors sont les bienvenus et que… la galère continue encore. Rens. www.galere.ch [/zone] SUIVANT PRECEDENT
- Boulevard Santé, des soins pour les sourds et malentendants | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Boulevard Santé, des soins pour les sourds et malentendants 1 janvier 1970 Publié le : C’est une expérience inédite en Suisse romande. Il y a une année, ouvrait à Lausanne Boulevard Santé, une structure de soins destinée à réunir dans un seul et même lieu des professionnels de la santé sensibilisés spécifiquement aux questions de surdité et de malentendance. L’équipe pluridisciplinaire qui anime Boulevard Santé, et dont la plupart des membres sont capables de communiquer en langue des signes LSF et/ou en langue parlée et complétée LPC, offre ainsi une très large palette de soins orientée en direction des personnes en situation de handicap auditif: psychologie et psychiatrie, logopédie, nutrition, sexologie, hypnothérapie, réflexologie, art-thérapie, massage, phytothérapie, etc. Bilan positif Une année après l’ouverture de Boulevard Santé, sa fondatrice, la psychologue Corinne Béran qui anime également des groupes de parole en collaboration avec forom écoute, en tire un premier bilan plutôt positif. « Malgré le fait que 2020 a été une année très particulière avec l’épidémie de Covid, nous avons au total reçu ces 12 derniers mois une septantaine de patients différents, se réjouit-elle. En général, je représente en tant que spécialiste de la santé mentale, la porte d’entrée à Boulevard Santé. Mais ensuite, une personne sur cinq fait appel à une des autres thérapies proposées, ce qui montre que les patients se rendent bien compte de l’intérêt d’une approche globale de la santé ». Autre indicateur de l’intérêt suscité par cette offre de soins particulière : le succès rencontré par la permanence organisée par visioconférence durant la période de confinement décidée en mars dernier par les autorités en raison de l’épidémie de Covid. « En proportion, nous avons reçu plus d’appels que pour une centrale normale, relève Corinne Béran. Il s’agissait d’offrir aux sourds et malentendants un soutien psychologique mais aussi de l’information fiable sur le coronavirus, grâce à la prestation, deux fois par semaine d’une assistante médicale. Une traduction en langue des signes était d’ailleurs également à disposition si nécessaire. » 2021 déjà en chantier Après une année d’activité, l’équipe de Boulevard Santé se rend bien compte que « tout reste à faire ». En particulier en matière d’accessibilité financière des prestations proposées, la grande majorité relevant des assurances complémentaires et donc non prises en charge par la LaMal. « Notre public est souvent constitué d’une population plus âgée que la moyenne, donc souvent en difficulté financière, déplore Corinne Béran. C’est la raison pour laquelle un de nos objectifs prioritaires pour 2021 est de trouver des fonds pour financer les thérapies qui ne sont pas prises en charge ». 2021 sera également une année où Boulevard Santé entend organiser chaque mois des conférences sur le thème de la santé, ouvertes à tous mais accessibles aux sourds et aux malentendants. « Une bonne information de cette population est très importante, souligne Corinne Béran. Une des grandes surprises de cette année a été de découvrir le peu de connaissances qu’avaient les personnes déficiente auditives des questions autour de la santé et du système de santé ». Boulevard Santé. Boulevard de Grancy 1, 1006 Lausanne. 0792216979. www.boulevardsante.ch SUIVANT PRECEDENT
- Jura bernois : Stage de lecture labiale à Tramelan | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Jura bernois : Stage de lecture labiale à Tramelan 18 juillet 2013 Publié le : C’est un petit huis clos qui dure une semaine. Huit participants se réunissent avec leur enseignante pour un apprentissage intensif de la lecture labiale, ce complément indispensable à la communication de bien des malentendants. En ce 29 mai, comme partout en Suisse, le temps est morose et pluvieux. Mais l’ambiance est bon enfant, et les participants sont manifestement ravis de leur présence… et de leurs progrès. « Ceux qui n’y ont jamais participé ne peuvent pas imaginer ce que ça nous apporte ». « Bien sûr, je ne peux que conseiller ces stages, car l’apprentissage de la lecture labiale est indispensable pour un malentendant ». « Pour moi, quand je suis ici, c’est comme un bain de jouvence, car j’y trouve autre chose que ce que j’ai dans ma vie quotidienne: il y a l’apprentissage de la lecture sur les lèvres, mais aussi ce qu’il y a tout autour, la convivialité, la gentillesse, l’ambiance, c’est irremplaçable ». Nous sommes au Centre Interrégional de Perfectionnement (CIP) de Tramelan, dans le Jura bernois. En ce 29 mai, le temps est largement pluvieux, avec le printemps qui n’en finit pas de se faire attendre, mais les esprits sont aussi joyeux que studieux. Approfondir les compétences Pourtant, les 8 participants à cette session intensive d’apprentissage de la lecture labiale, qui dure tout de même une semaine, n’en sont pas à leur premier stage. Mais tous ont choisi de revenir approfondir leurs compétences, et certains ont même dû prendre des vacances professionnelles pour pouvoir être présents. D’autres sont venus de Paris. Les retraités quant à eux, ont eu bien sûr plus de facilité à s’organiser. «Pour conserver et améliorer nos compétences, il nous est indispensable de nous entraîner, observe ainsi une participante. Il y va de notre autonomie et de notre aptitude à nous débrouiller dans la vie courante, car la lecture labiale demande une adaptation permanente ». « Chez nous, il y a très peu de cours pour les devenus malentendants, ajoute un des Parisiens de l’équipe. Ce que l’on trouve ici, c’est non seulement la possibilité de nous perfectionner, mais aussi une gentillesse, une ambiance propices à l’apprentissage ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que malgré, ou plutôt grâce à l’atmosphère bon enfant et conviviale, nos « élèves » ne chôment pas. Sous la direction de Marie-Thé Sangsue, l’enseignante, les exercices se suivent et ne se ressemblent pas. Chaque jour, les objectifs pédagogiques sont affichés au tableau, et les apprenants s’y attèlent avec sérieux et assiduité. Pour éviter la fatigue et l’effet de monotonie, des thématiques précises sont choisies, ce qui permet de contextualiser et de faciliter l’apprentissage. Fous rires mémorables Un apprentissage à l’origine de bien des quiproquos, sources des fous-rires mémorables. Soudé, le groupe se taquine volontiers, et chacun rit de l’incompréhension de l’autre. Ici, on se brocarde, on se lance des vannes, mais on se soutient surtout: « la malaudition n’est pas un handicap facile à vivre, constate une participante. L’apprentissage nécessite beaucoup de concentration et on se fatigue beaucoup. Parfois, on est même pris d’un petit coup de découragement. Alors l’humour aide à surmonter et à relativiser les choses. Et heureusement, avoir autour de soi des personnes qui connaissent les mêmes difficultés aide à se rassurer et à passer le mauvais cap ». Malgré la fatigue, Marie-Thé Sangsue, qui enseigne depuis de longues années, ne cache pas sa satisfaction. « Cette fois, tous les participants ont déjà des bases en lecture labiale. Ce qui donne un groupe dont le niveau et plutôt homogène, et ce qui permet à tous de progresser de manière très harmonieuse». ChA SUIVANT PRECEDENT
- Une équipe de malentendants à la Patrouille de la Maya ! | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Une équipe de malentendants à la Patrouille de la Maya ! 30 mars 2022 Publié le : Le 6 mars dernier, Jocelyn, Bastien et Olivier, tous trois sourds ou malentendants se sont alignés au départ de la Patrouille de la Maya, une course de ski-alpinisme réputée pour son exigence. Le nom de leur équipe ? « Les oreilles cassées » ! Décidément, rien n’arrête ce trio d’intrépides sportifs. Après avoir participé le 27 août dernier à la célèbre course à pied Sierre-Zinal au cœur du Valais , voici que Bastien Perruchoud et Jocelyn Héritier, auxquels s’est joint cette fois-ci Olivier Merz, se sont lancés dans une nouvelle compétition. Le 6 mars dernier en effet, toujours en Valais, à Saint Martin, nos trois compères se sont alignés au départ de la Patrouille de la Maya . Cette course de ski-alpinisme en équipes de trois, se déroule tous les deux ans sur un parcours de 21 kilomètres avec… 1850 mètres de dénivelé. Autant dire qu’il faut une sacrée endurance pour s’y frotter, ce qui n’a pas empêché nos trois jeunes malentendants, férus de défis, de s’y inscrire sans la moindre hésitation. Aller plus loin La Patrouille de la Maya, Jocelyn l’avait déjà faite avec ses frères, et c’est lui qui a proposé à Bastien et Olivier de s’y essayer. « Je trouvais sympa de la faire entre malentendants et sourds explique-t-il. Le but comme toujours, c’est de montrer que le handicap ne nous arrête pas et que l’on peut toujours faire des efforts pour aller plus loin ». Le résultat, c’est une équipe estampillée « malentendants et sourds » et qui s’est donné pour très joli nom « Les oreilles cassées » proposé par Olivier Merz, toujours créatif. Des efforts, il a en tout cas fallu en faire en ce matin du dimanche 6 mars à 8 heures lorsque nos trois amis, déjà sous un magnifique soleil de montagne, s’alignent au départ de la Maya, au milieu de… 1200 autres patrouilleurs, répartis en 400 équipes. « C’est une course qui demande du matériel spécifique, explique Bastien qui est quasiment né sur des skis. Il faut des pelles, des sondes et de la peau de phoque sous les skis pour pouvoir s’accrocher à la neige et grimper quand il le faut». Près de 6 heures… Durant près de 6 heures, les trois jeunes hommes partis à 8 heures et arrivés à 13 heures 45, crapahuteront donc sur le parcours sinueux et exigeant de la Maya. Avec bien sûr des pauses régulières pour récupérer et se ravitailler. Et contrairement à ce que l’on peut penser, en ski-alpinisme, les descentes peuvent être aussi ardues que les montées. « Pour moi et Olivier le début a été assez rude même si une fois arrivés au sommet cela a été mieux, sourit Jocelyn avec sa bonne humeur habituelle. Ceci dit, c’est vrai que même ensuite, cela a été difficile de descendre. Il y avait beaucoup de bosses, la neige était molle et on avait déjà dans les jambes 1850 mètres ! » « En équipe, le plus difficile c’est de garder le même rythme tous les trois, ajoute Bastien. Mais on a eu le plaisir de réussir à terminer la course ensemble et d’arriver tous les trois en même temps sans que personne ne soit blessé ». Avec à la clé un résultat plus que méritoire, puisque les trois compères figurent à la 700e place sur les 1200 patrouilleurs inscrits. Un très beau succès qui les encourage à continuer, mais séparément pour un temps. Le 8 mai prochain, Bastien sera au départ des 20 kilomètres de Lausanne, tandis que Jocelyn, « pas très motivé pour le marathon » pense de son côté s’inscrire au trail de running Ultraks-Villars, prévu le 8 juillet. SUIVANT PRECEDENT
- « 15 jours après mon intervention, je retrouvais 100% de mon audition!» | FoRom Ecoute
Retour au Magazine « 15 jours après mon intervention, je retrouvais 100% de mon audition!» 7 octobre 2020 Publié le : Âgée de 16 ans, née à Delémont et habitant Develier dans le canton du Jura, Eloïse Renaud a une particularité : malentendante pendant 15 ans, elle a retrouvé la plénitude de ses capacités auditives il y a un an, grâce à une intervention chirurgicale. Témoignage. A quel âge êtes-vous devenue malentendante ? Depuis ma naissance ! Et comment votre problème auditif a-t-il été découvert ? En fait, mes parents se sont rendu compte que j’avais du souci à entendre, parce que par exemple, il fallait monter le son de la télévision très fort. Du coup, le pédiatre m’a envoyée chez l’ORL qui m’a fait passer des tests de l’ouïe. Et le verdict ? Oreille droite intacte et perte auditive de 30% à l’oreille gauche. Quelle était la cause de cette perte ? Le diagnostic n'a pas été formellement identifié soit c'était une malformation soit j'ai pu avoir un choc accidentel. (Avec à la clé une probable une perte auditive de type conductive, ndlr) Avez-vous été appareillée ? Non ! On ne me l'a pas proposé car, n’ayant pas de souci à l'école, cela n’avait pas semblé nécessaire. Comment s’est déroulée votre vie d’enfant avec la déficience auditive ? Mes parents ont toujours demandé à ce que je sois bien positionnée en classe afin que je puisse entendre avec l'oreille droite, ce qui n'a d’ailleurs pas toujours été compris par les enseignants. En revanche, hors de la classe avec mes amis, c'était parfois difficile de toujours bien les comprendre car quand il y avait, par exemple du bruit dans les couloirs, je ne comprenais pas tout ce qu'ils me disaient et je leur demandais plusieurs fois de répéter. D’ailleurs, parfois quand je n'entendais pas, je répondais à ce qu'ils me disaient plus par intuition que par compréhension. Et vos résultats scolaires ? J'avais de la facilité à l'école, alors les choses se sont plutôt bien déroulées. Et dans votre famille ? Ah, dans la famille, mes parents faisaient toujours attention afin de bien parler fort et distinctement. Ils avaient aussi toujours la patience de me répéter les choses ! Il y a un peu plus d’une année, vous aviez 15 ans, vos parents décident de consulter un autre ORL… Oui, ils voulaient un deuxième avis. Et contrairement à mon premier médecin, celle-ci a souhaité agir en me proposant soit un appareillage, soit une intervention chirurgicale. Qu’avez-vous choisi ? L’intervention, même si le résultat était incertain. L’idée de porter un appareil me dérangeait et j'étais plutôt contente d'avoir une chance de bien entendre de manière définitive. Et finalement, en juin 2019, vous êtes donc opérée à Bâle… Oui, le chirurgien a remplacé un de mes osselets, et ça a marché ! Je suis sortie le lendemain de l'opération et 15 jours après, lorsque l’on m’a enlevé le pansement que j’avais à l’oreille, j’entendais : j’ai retrouvé une audition à 100% ! Cela faisait tout drôle d’entendre, tous les sons me paraissaient plus forts, et surtout ma famille a dû s'adapter à parler moins fort (rires) ! Actuellement, où en êtes-vous de vos études? Je suis au lycée de Porrentruy et je passe les examens de maturité dans 2 ans, en juin 2022 ! Et ensuite, vous aimeriez faire quoi? Je ne sais pas encore (rires). J'ai déjà pensé à vétérinaire ou diététicienne, mais l’idée de faire de longues études me fait hésiter ! Vous connaissez désormais les deux mondes, celui des entendants et celui des malentendants. Quel conseil donneriez-vous à un malentendant aujourd’hui ? En fait, je ne me suis jamais vraiment considérée comme malentendante et c'est difficile de me mettre à la place d'une personne qui, contrairement à moi, a des vraies difficultés. J’ai eu la chance de pouvoir faire cette opération, mais si je ne l'avais pas eue, la vie aurait continué et je me serais adaptée. J’ai surtout eu la chance de compter sur le soutien de mes parents, mes amis, et de mon environnement scolaire. SUIVANT PRECEDENT
- Madeleine Nicolier : d’Alexandrie à Blonay, une vie entre humour et résilience | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Madeleine Nicolier : d’Alexandrie à Blonay, une vie entre humour et résilience 15 septembre 2016 Publié le : Malentendante et implantée vers l’âge de 60 ans, Madeleine Nicolier a un parcours à son image : riche, plein d’imprévus, ouvert sur le monde et ô combien passionnant. Actrice de théâtre amateur, cette septuagénaire établie à Blonay écrit désormais des pièces de théâtre. De Miss Marple, la célèbre héroïne de romans policiers d’Agatha Christie, elle a le regard facétieux, le sens de l’humour, et surtout, un subtil regard porté sur le monde qui l’entoure. Malentendante, Madeleine Nicolier est une septuagénaire d’une jeunesse éclatante. Son élixir de Jouvence ? Une joie de vivre incontestable, une soif d’apprendre sans limites. Et son parcours, hors normes, est à l’image de son caractère. Car cette Suissesse, née d’un père Suisse-allemand et d’une mère Slovène, est d’abord une « Egyptienne de cœur », puisqu’elle est née il y a un peu plus de septante ans à Alexandrie. Alexandrie, il y a plusieurs décennies, c’était un melting-pot unique où toutes les religions et toutes les nationalités se rencontraient et cohabitaient en toute harmonie. La preuve ? Son père, envoyé là-bas en 1939 par son entreprise basée à Winterthur, y rencontre sa maman, une jeune Slovène débarquée en Egypte pour y travailler comme fille au pair chez une riche famille juive. La jeune Madeleine y est conçue et nait là-bas quelques années plus tard. Elle y passera les 12 premières années de sa vie, dans une ambiance cosmopolite unique au monde, des années où elle y apprendra « la tolérance ». Avec son père, elle parle le Suisse-allemand, avec sa maman, l’italien, tandis que le couple échange en… français. Riche de cette éducation, des années plus tard, Madeleine suivra de fait une formation de secrétaire multilingue, puisqu’elle parle l’allemand, le suisse-allemand, le français, l’italien, l’anglais… et même quelques mots d’arabe. Quitter Alexandrie… A 12 ans, Madeleine quitte parents et Alexandrie pour arriver dans la région de Zurich : nous somme en 1957, et après la crise de Suez, nombre d’Européens quittent l’Egypte. Résultat : les écoles se vident et l’enseignement doit se poursuivre ailleurs. « C’était un déchirement de quitter Alexandrie, se souvient cette Européenne cosmopolite et ouverte sur le monde. Une ville internationale où l’on parlait le français, avec le soleil, la mer et des rapports humains d’une chaleur exceptionnelle. Je sais que j’ai vécu quelque chose d’extraordinaire là-bas ! » Après Zurich, Madeleine Nicolier suit sa formation professionnelle de secrétaire à Neuchâtel, puis s’installe avec son mari dans la Riviera vaudoise. Ses deux enfants y naîtront et elle mène une vie plus ordinaire de mère au foyer. Sauf qu’en elle, sommeille l’esprit d’une pionnière. Rester inactive n’est pas dans l’esprit de cette femme pragmatique et progressiste, décidée à agir lorsque la situation l’exige. Elle œuvre comme bénévole dans un grand nombre d’associations, et elle est même à l’origine de la fondation du premier service d’accueil pour écoliers de Montreux. « A l’époque, il n’y avait rien pour les enfants. Mais cela n’a pas été évident pour autant. Beaucoup de gens mettaient le pied au mur et on m’a même dit que j’allais favoriser les divorces ! » sourit-elle encore aujourd’hui. Madeleine vit donc sa vie de maman active, lorsqu’à l’âge de 48 ans, alors que rien ne les laissait présager, surviennent les premiers signes de déficience auditive. Et puis peu à peu, par paliers progressifs, la surdité, vraisemblablement d’origine génétique, s’aggrave. « Au départ, comme toute personne qui a un handicap, on est un peu largué. Et puis, à un moment, je me suis dit que je n’avais que deux options : soit me laisser couler, soit m’en sortir. C’est là que j’ai passé l’étape la plus importante : accepter mon handicap pour avancer ». Hélas, ce n’est pas fini. Un soir, alors qu’elle reçoit des amis à dîner, son ouïe disparaît d’un coup, comme si « l’on appuyait sur un bouton pour éteindre ». « Heureusement que j’avais déjà suivi des cours de lecture labiale, raconte Madeleine Nicolier. J’ai même pu continuer la soirée sans que mes amis ne se rendent compte de rien » . Seulement voilà : désormais, à près de 55 ans, Madeleine est totalement sourde, malgré ses appareils auditifs. Comme à l’accoutumée, elle s’adapte, recourt systématiquement à la lecture labiale et surtout aux avantages des nouvelles technologies, sms et internet, qui lui permettent de ne pas sombrer dans le repli et l’isolement. Mieux encore, elle éprouve une sorte de soulagement : « le jour où je suis devenue sourde, j’ai poussé un grand ouf : je n’avais plus besoin de faire semblant d’entendre, ma peur de ne pas comprendre les autres avait complètement disparu et je me suis plongée dans cet océan de tranquillité ! » Implant cochléaire Et puis, il y a une douzaine d’années, sur recommandation de son ORL, elle consulte au CURIC, le Centre universitaire romand d’implants cochléaires, et se fait implanter dans la foulée. « C’est formidable, se réjouit-elle encore : désormais, je considère que je ne suis plus sourde. Grâce à l’implant, j’ai pu de nouveau mener des conversations, passer des téléphones sans souci, reprendre une vie normale, en quelque sorte. Cela m’a sauvée la vie ! » Décidément pleine d’imprévus, la vie de Madeleine a pris en outre un autre cours : non seulement elle travaille à temps partiel dans un kiosque, histoire d’assouvir sa soif de contacts humains et de mettre à profit ses talents linguistiques, mais elle déménage à Blonay. Dans ce petit bourg, pour elle, tout est à refaire en matière de contacts humains. Alors un jour, lorsqu’elle découvre dans sa boîte aux lettres un flyer d’un groupe de théâtre amateur cherchant des acteurs, elle n’hésite pas un instant, y voyant là le meilleur moyen de s’intégrer dans son nouveau village. « J’avais un peu peur que mes problèmes auditifs me posent des soucis, raconte-t-elle. Mais cela s’est très bien passé, j’ai été bien acceptée et j’y ai rencontré des gens formidables, ce qui m’a permis de me ressourcer, y compris auprès des plus jeunes ». Seulement voilà : la vie est faite de deuils successifs, et Madeleine doit peu à peu renoncer au plaisir de monter sur les planches. En raison de la surdité ou de l’âge, elle a de plus en plus de mal à mémoriser ses textes. Alors, qu’à cela ne tienne, elle fait ce qu’elle a toujours fait : elle s’adapte. Au lieu de jouer, elle va… écrire des pièces de théâtre. « On parlait beaucoup à l’époque des personnes âgées qui se faisaient gruger par des soi-disant neveux. Cela m’avait beaucoup interpellée, et en étudiant la question, j’ai eu l’idée d’écrire une pièce pour sensibiliser les personnes. C’est comme cela que ma pièce intitulée « Le neveu d’Australie » est née !» Quelques temps plus tard, décidément inspirée, Madeleine Nicolier dont l’imagination fertile ne faiblit pas, écrit sa deuxième pièce intitulée « Paprika Canelle » une pièce « aigre-douce » en forme de message d’espoir et consacrée à la vie en EMS, également jouée à Blonay. Et ce n’est pas fini : notre écrivaine en herbe, toujours à l’écoute de ce qui l’entoure et des changements de la société contemporaine, est actuellement en train de rédiger une troisième pièce intitulée « seniorsamor.com », consacrée… aux sites de rencontres pour personnes du 3ème âge. Et cette septuagénaire pétillante de conclure avec son inimitable sens de l’humour : « J’ai la grande chance d’être quelqu’un d’optimiste et je n’ai pas peur de mourir. Quelqu’un n’a-t-il pas dit que quand on est sourd, on n’entend pas la mort venir ? » SUIVANT PRECEDENT
- Vaud : Bâtir pour les personnes handicapées | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Vaud : Bâtir pour les personnes handicapées 15 juillet 2011 Publié le : Intervenant sur l’ensemble du canton de Vaud pour promouvoir et contrôler l’accessibilité des bâtiments publics et privés, l’Association Vaudoise pour la Construction Adaptée aux Handicapés (AVACAH) affiche un bilan impressionnant, avec d’innombrables oppositions et contrôles de mises à l’enquête. Principal enjeu pour les malentendants: l’installation de boucles magnétiques dans les édifices destinés au grand public. Fondée en 1991 par la volonté de diverses associations cantonales (Clubs en fauteuil roulant, Pro Infirmis, Pro Senectute, etc.), l’AVACAH s’était d’emblée fixé pour objectif ambitieux de suppléer aux défaillances de la défunte Commission des barrières architecturales, qui ne parvenait pas à imposer la mise en place des normes prévues par la loi en faveur des personnes handicapées. L’objectif de l’AVACAH est donc de permettre aux personnes atteintes de handicaps physiques ou sensoriels d’accéder aux lieux publics, de fréquenter les espaces de vie sociale et culturelle, d’utiliser librement les transports en commun, voire même d’accéder au marché du travail. Conformité « L’idée était de mieux peser sur les pouvoirs publics, en engageant un professionnel capable de contrôler les mises à l’enquête et de vérifier la conformité des installations avec la loi », explique Jean-Michel Péclard, délégué technique à l’AVACAH. Vingt ans après sa création, l’association compte désormais quatre salariés à temps partiel, l’équivalent d’un poste de travail et demi, et affiche un bilan impressionnant: près de 10'000 enquêtes de constructions contrôlées, 5000 oppositions, plus d’un million et demi de kilomètre parcourus, ainsi que d’innombrables heures de conseils techniques assurés par téléphone. « Au début, se souvient Jean-Michel Péclard, les architectes eux-mêmes élaboraient des projets sans tenir compte des normes légales. Il a fallu frapper fort et introduire une trentaine de recours au tribunal administratif ». Avec une limite: l’AVACAH ne disposant pas du droit de recours, elle ne peut, encore aujourd’hui, les intenter que par le biais du Centre suisse pour la construction adaptée aux handicapés, seule instance reconnue sur le plan fédéral. Boucles magnétiques « C’est d’autant plus paradoxal, relève avec humour l’architecte Emmanuel de Tscharner, qui préside l’AVACAH depuis une dizaine d’années, que l’on doit recourir contre des décisions qui ne respectent pas la loi, alors que la norme serait tout de même l’inverse ! En fait, le vrai défi serait que l’on n’ait plus à se battre pour faire respecter des normes fixées par la loi ! » Deuxième paradoxe: les institutions publiques tendent elles-mêmes à ne pas respecter la loi. « Depuis 1975, illustre Jean-Michel Péclard, il existe une loi sur les constructions scolaires qui leur impose une adaptation pour les personnes à mobilité réduite. Pourtant, beaucoup de parents viennent vers nous pour nous dire: mon enfant handicapé doit être scolarisé, mais la commune peine à financer les aménagements, jugés trop coûteux ! Il faut néanmoins admettre qu’aujourd’hui, les choses évoluent de mieux en mieux ! » Pour les personnes souffrant de déficience auditive, l’enjeu se situe évidemment au niveau de l’installation des boucles magnétiques dans les lieux publics. « La législation est claire, explique Simone Jeannet, membre du comité de l’AVACAH et présidente de l’Association des malentendants de la Côte (AMALCO). Toute construction à destination du grand public dont la surface excède les 80 m2 doit être pourvue de boucles magnétiques. C’est ainsi qu’au cours de leurs inspections, les délégués de l’AVACAH vérifient que les boucles sont bien prévues dans les nouvelles constructions. Pour ma part, il m’arrive parfois de me déplacer sur un chantier avec une boucle magnétique portable pour vérifier que tout fonctionne ! » Financement Essentiellement subventionnée par l’Office fédéral des Assurances sociales (OFAS) via le Centre suisse pour la construction adaptée aux handicapés, l’AVACAH, forte d’une centaine de membres individuels et d’une trentaine de membres collectifs, dont forom écoute, souffre d’un problème chronique de financement. « Notre budget est aujourd’hui déficitaire et nous sommes obligés de puiser dans les réserves, annonce son président Emmanuel de Tscharner. Pourtant, il est clair que nous assumons une action d’utilité publique, dont l’ensemble de la collectivité bénéficie. Ceci d’autant qu’au rythme du vieillissement de la société, les personnes âgées vont représenter la majorité de notre société et le nombre d’handicapés physiques ou sensoriels va se multiplier ! » Rens. www.avacah.ch ChA SUIVANT PRECEDENT


















