top of page

2853 résultats

  • Forom Ecoute | fondation romande des malentendants | Av. Général-Guisan 117, 1009 Pully, Switzerland

    Forom Ecoute est une fondation romande des malentendants. Conseils, soutien et ressources pour mieux gérer la perte auditive. La fondation des malentendants Lire le Magazine HOTLINE GRATUITE 0800 614 614 Inscrivez-vous à notre newsletter 25e édition de notre congrès annuel sur le thème de l’inclusion des personnes malentendantes dans la société au Lausanne Palace le 30 mai Informations et inscription ici NOS PROCHAINS ÉVÉNEMENTS Diffusion offerte par Forom Ecoute de "ELLE ENTEND PAS LA MOTO" - de Dominique FISCHBACH au cinéma de Bellevaux à Lausanne le 25 Avril Informations et inscription ici IBAN : CH08 0900 0000 2000 5658 5 CCP 20-5658-5 DERNIÈRES NOUVELLES TOUS LES ARTICLES MAGAZINE Prix FoRom écoute 2026: plus de trente jeunes à l’honneur Chaque année, le Prix FoRom écoute vient saluer le parcours d’élèves et d’étudiant·e·s malentendant·e·s ayant mené à bien leur formation. L’édition 2026 ne déroge pas à la règle, récompensant 32 jeunes dont la détermination force l’admiration. Au-delà de la distinction, c’est un message d’encouragement et un accès à un réseau de soutien qui sont offerts à cette nouvelle promotion. Depuis sa création en 2004, cette initiative a déjà distingué plus de 400 jeunes à travers les cantons de Vaud, de Genève, du Valais, de Fribourg, de Neuchâtel et du Jura. Concrétisé par un bon cadeau de 100 francs pour l’achat de livres ou d’articles de loisirs, ce prix incarne avant tout une reconnaissance pour les efforts fournis pour surmonter les obstacles liés à la malaudition ou à la surdité. Un éventail de parcours récompensés La parité est au rendez-vous, avec une répartition quasi égale entre jeunes femmes et jeunes hommes. Quant aux cursus achevés, leur diversité montre que la réussite est possible dans de nombreuses voies. Douze récipiendaires viennent ainsi de franchir le cap de leur scolarité obligatoire, dont trois au sein de cycles d’orientation adaptés. Dans la filière générale, onze jeunes sont à l’honneur pour l’obtention de leur maturité gymnasiale ou de leur diplôme de l’école de culture générale. La voie professionnelle brille tout autant, avec six apprentissages validés et des réussites en maturité professionnelle, en certificat préprofessionnel et dans le domaine socio-éducatif. A travers ce prix, la fondation tient à exprimer son admiration pour le courage et la ténacité dont ces jeunes ont fait preuve pour atteindre leurs objectifs, tout en les incitant à poursuivre leur chemin avec la même assiduité. Des liens qui se construisent La remise de ces distinctions est aussi l’occasion de leur rappeler qu’ils ne sont pas isolés. Nous avons fait parvenir à chaque lauréat·e un courrier personnalisé présentant nos services gratuits de conseil et de soutien, pour eux-mêmes et leurs proches. L’objectif est qu’ils et elles sachent pouvoir compter sur nous en cas de besoin. Nous insistons également sur le lien social, en proposant de faciliter la connexion avec d’autres jeunes malentendant·e·s et sourd·e·s, qui se retrouvent notamment via des groupes de discussion dédiés. Ces espaces d’échange et de partage d’expériences, ainsi que les activités communes qu’ils génèrent, sont des atouts précieux pour la construction de leur avenir. Alors que le prix 2027 sera renommé pour refléter notre nouvelle identité – FoRom écoute étant devenue la Fondation Audition Suisse – l’esprit de la démarche restera intact: féliciter, encourager et soutenir celles et ceux qui, malgré le handicap auditif, écrivent leur propre réussite. 💡 Pour ne rien manquer de nos articles: abonnez-vous à la newsletter ! Photo de Felipe Santana sur Unsplash Point fort 14 juillet 2026 Publié le : Lire l'article Auracast: une technologie prometteuse Auracast est une technologie de diffusion audio Bluetooth qui pourrait être intégrée aux prochaines évolutions de la norme SIA 500 en matière d’accessibilité auditive. Plus ouverte et polyvalente que les systèmes traditionnels, elle permet de transmettre un son de qualité directement vers des aides auditives ou des écouteurs compatibles. Notre fondation s’est saisie de cette innovation en acquérant du matériel dès 2025 et en réalisant un premier test d’utilisation lors de son congrès annuel. Pendant des décennies, la boucle magnétique a constitué la principale solution de transmission audio dans les lieux publics pour les personnes malentendantes. Si ce système a rendu d’immenses services, ses coûts d’installation et d’entretien ont parfois freiné son déploiement. A présent, une nouvelle approche se développe avec Auracast, une technologie de diffusion audio par Bluetooth qui ouvre de nouvelles perspectives en matière d’accessibilité, tant pour les personnes malentendantes que pour le grand public. Le principe est à la fois simple et visionnaire: un émetteur diffuse un flux audio Bluetooth que n’importe quel récepteur compatible peut capter instantanément, sans appairage complexe. Ainsi, un nombre illimité de personnes peut recevoir un son clair et direct dans son propre dispositif, qu’il s’agisse d’aides auditives ou de simples écouteurs du commerce. Une technologie à la disposition de toutes et tous C’est ici que réside la force d’Auracast. Contrairement aux systèmes réservés aux seuls porteurs d’appareils auditifs spécifiques, cette technologie fonctionne également avec les casques et écouteurs grand public. Cette ouverture change la donne pour les gestionnaires de musées, gares, salles de conférences et autres lieux publics: choisir Auracast, c’est servir à la fois les personnes en situation de handicap auditif et le grand public, que ce soit pour une meilleure écoute ou pour accéder à des services tels que les audioguides ou la traduction simultanée. L’investissement devient ainsi transversal. De plus, pour les personnes malentendantes légères qui ne portent pas encore d’appareillage, Auracast offre une première marche vers l’accessibilité sans stigmatisation. En première ligne pour tester et faire tester Notre fondation a acquis en 2025 du matériel d’émission et de réception Auracast. L’objectif est double: éprouver la robustesse de cette technologie et permettre aux personnes malentendantes d’en faire une première expérience pour se forger leur propre opinion. Notre démarche s’inscrit également dans un contexte législatif en cours de mutation, avec la révision de la norme SIA 500 «Constructions sans obstacles». Tout indique qu’Auracast deviendra prochainement une solution admissible, voire recommandée, pour répondre aux exigences d’accessibilité dans les constructions ouvertes au public, là où le texte actuel fait principalement référence aux boucles magnétiques. En anticipant cette évolution, nous voulons permettre aux personnes malentendantes de se familiariser avec les systèmes de transmission audio numériques qui leur seront utiles dans un futur proche. Retour d’expérience: notre congrès annuel comme terrain d’essai Lors de notre dernier congrès annuel, nous avons offert à trois participantes malentendantes l’opportunité de tester le matériel Auracast en situation réelle. L’objectif était d’évaluer la simplicité de connexion, la qualité sonore et le confort d’usage. Le verdict sur la prise en main est encourageant. Si Sandra, la plus jeune, a réussi à se connecter seule instantanément, Marlène et Michèle ont eu besoin d’un bref accompagnement. Cependant, toutes s’accordent à dire que quelques explications ont suffi à surmonter les doutes initiaux. Les retours de Marlène et Sandra concernant la qualité audio sont enthousiastes. Elles ont jugé le son «excellent», le volume «parfaitement adapté», permettant de comprendre «beaucoup mieux» les interventions, sans coupures ni interruptions. Michelle a en revanche trouvé la qualité «moyenne» et le réglage du volume perfectible. L’audioprothésiste responsable de piloter cette expérience précise que ces écarts ne sont pas inhérents à la technologie Auracast, mais s’expliquent par la nature d’un test ponctuel: les réglages fins et le suivi de l’adaptation n’ont pas pu être réalisés avec la même précision que pour un appareillage individuel classique. Malgré ces points de vigilance, le sentiment général reste positif. Marlène recommande «absolument» Auracast et attend «avec impatience de pouvoir activer Auracast dans chaque endroit où il y a de l’écoute». Michelle, malgré une certaine déception, a apprécié la démarche: «je vous encourage à recommencer», a-t-elle conclu. Une invitation que nous relèverons sans aucune hésitation. Les retours de cette expérience confirment en tout cas le potentiel d’Auracast et témoignent de l’ouverture des personnes malentendantes à explorer de nouvelles solutions. 💡 Nous reviendrons régulièrement avec d’autres points de situation sur les innovations numériques qui faciliteront l’accessibilité auditive dans le futur. Pour ne rien manquer de nos articles: abonnez-vous à la newsletter ! Photo: lors du congrès, des participant·e·s ont également testé des casques intégrant la technologie Auracast et pouvant être utilisés aussi bien par des personnes malentendantes qu’entendantes. © Sebastien Monachon Solutions 7 juillet 2026 Publié le : Lire l'article FoRom écoute devient la Fondation Audition Suisse Aujourd'hui, nous franchissons une nouvelle étape de notre histoire. FoRom écoute devient Fondation Audition Suisse. Cette nouvelle identité reflète avec davantage de clarté notre mission, notre champ d'action et notre engagement auprès des personnes concernées par les enjeux de l'audition, dans toute la Suisse. Si notre nom évolue, notre raison d'être demeure inchangée. Depuis notre création, nous œuvrons avec la même conviction pour informer, accompagner, sensibiliser et défendre les intérêts des personnes malentendantes, devenues sourdes, ainsi que de leurs proches. Notre équipe, nos programmes, nos valeurs et nos engagements restent pleinement les mêmes. Cette évolution s'inscrit dans une volonté de renforcer la lisibilité de notre action et de rendre notre mission plus immédiatement identifiable auprès du grand public, de nos partenaires et des personnes malentendantes qui bénéficient de nos prestations. Au cours des prochaines semaines, cette nouvelle identité sera progressivement déployée sur l'ensemble de nos supports de communication. Vous découvrirez ainsi notre nouveau nom sur notre site internet, nos publications, nos réseaux sociaux et nos documents institutionnels. Nous nous réjouissons de poursuivre cette aventure à vos côtés, désormais sous le nom de Fondation Audition Suisse , avec la même exigence, la même proximité et la même détermination à agir en faveur de toutes les personnes concernées par les enjeux de l'audition. Actualités 1 juillet 2026 Publié le : Lire l'article TOUS LES ARTICLES Lecture Labiale En savoir + Foire aux questions En savoir + Demander de l'aide En savoir + Appelez-nous 0800 614 614 Email info@ecoute.ch ENTRER EN CONTACT AVEC FOROM ECOUTE

  • En Australie, un lien entre pauvreté et déficience auditive | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine En Australie, un lien entre pauvreté et déficience auditive 14 juillet 2023 Publié le : Une étude australienne établit une corrélation sans équivoque entre niveau socio-économique et prévalence de la perte auditive. En cause, l’accès aux soins pour les Australiens les plus défavorisés. Et s’il y avait un lien entre pauvreté et déficience auditive ? A en croire les résultats d’une étude longitudinale australienne publiée en mai dernier dans la revue Ear and Hearing, cette hypothèse ne serait pas une simple vue de l’esprit. Menée sur plus de 10'000 personnes en âge de travailler et interrogées entre 2008 et 2018, sur la base de données longitudinales d’une enquête globale intitulée « Household, Income and Labour Dynamics in Australia », cette étude a exploré les associations entre la déficience auditive autodéclarée et l'éducation, le revenu, le statut d'emploi et le niveau socio-économique des personnes ciblées, autant de paramètres qui ont été estimées à l'aide d'un modèle de régression logistique multivariée et d'une régression des risques proportionnels de Cox. Constat sans appel L’étude en tout cas, aboutit à un constat sans appel : la prévalence de la déficience auditive est plus élevée chez les personnes ayant un revenu, un statut professionnel et un désavantage socio-économique inférieurs. Chacun des paramètres étudiés a en effet abouti à un constat de risque plus élevé de développer une déficience auditive. Ainsi, les personnes ayant les revenus plus faibles avaient un risque deux fois plus élevé de déficience auditive que ceux dont le revenu était plus élevé. Sans surprise également, les professions de la classe ouvrière ont présenté un risque 1,9 fois plus élevé. Enfin, la localisation géographique a également été identifiée comme un facteur impactant, avec un risque accru de déficience auditive environ 1,75 plus élevé. Résultats « préoccupants » L’explication d’un tel constat est à rechercher dans les possibilités d’accès aux soins auditifs en Australie. « Ces résultats sont particulièrement préoccupants puisque les Australiens en âge de travailler ne sont pour la plupart pas éligibles aux soins de santé auditifs socialement subventionnés en Australie, expliquent en effet les auteurs de l’étude. Ce manque d'accès à des services auditifs abordables pourrait exacerber les conséquences négatives de la déficience auditive et accroître les inégalités sociales. » SUIVANT PRECEDENT

  • Magazine en ligne gratuit | FoRom Ecoute

    Explorez notre magazine en ligne dédié aux personnes malentendantes et devenues sourdes. Articles, témoignages et conseils pour améliorer le quotidien et favoriser l'inclusion Filtrer par Catégorie Sélectionnez Catégorie Point fort Prix FoRom écoute 2026: plus de trente jeunes à l’honneur Chaque année, le Prix FoRom écoute vient saluer le parcours d’élèves et d’étudiant·e·s malentendant·e·s ayant mené à bien leur formation. L’édition 2026 ne déroge pas à la règle, récompensant 32 jeunes dont la détermination force l’admiration. Au-delà de la distinction, c’est un message d’encouragement et un accès à un réseau de soutien qui sont offerts à cette nouvelle promotion. Depuis sa création en 2004, cette initiative a déjà distingué plus de 400 jeunes à travers les cantons de Vaud, de Genève, du Valais, de Fribourg, de Neuchâtel et du Jura. Concrétisé par un bon cadeau de 100 francs pour l’achat de livres ou d’articles de loisirs, ce prix incarne avant tout une reconnaissance pour les efforts fournis pour surmonter les obstacles liés à la malaudition ou à la surdité. Un éventail de parcours récompensés La parité est au rendez-vous, avec une répartition quasi égale entre jeunes femmes et jeunes hommes. Quant aux cursus achevés, leur diversité montre que la réussite est possible dans de nombreuses voies. Douze récipiendaires viennent ainsi de franchir le cap de leur scolarité obligatoire, dont trois au sein de cycles d’orientation adaptés. Dans la filière générale, onze jeunes sont à l’honneur pour l’obtention de leur maturité gymnasiale ou de leur diplôme de l’école de culture générale. La voie professionnelle brille tout autant, avec six apprentissages validés et des réussites en maturité professionnelle, en certificat préprofessionnel et dans le domaine socio-éducatif. A travers ce prix, la fondation tient à exprimer son admiration pour le courage et la ténacité dont ces jeunes ont fait preuve pour atteindre leurs objectifs, tout en les incitant à poursuivre leur chemin avec la même assiduité. Des liens qui se construisent La remise de ces distinctions est aussi l’occasion de leur rappeler qu’ils ne sont pas isolés. Nous avons fait parvenir à chaque lauréat·e un courrier personnalisé présentant nos services gratuits de conseil et de soutien, pour eux-mêmes et leurs proches. L’objectif est qu’ils et elles sachent pouvoir compter sur nous en cas de besoin. Nous insistons également sur le lien social, en proposant de faciliter la connexion avec d’autres jeunes malentendant·e·s et sourd·e·s, qui se retrouvent notamment via des groupes de discussion dédiés. Ces espaces d’échange et de partage d’expériences, ainsi que les activités communes qu’ils génèrent, sont des atouts précieux pour la construction de leur avenir. Alors que le prix 2027 sera renommé pour refléter notre nouvelle identité – FoRom écoute étant devenue la Fondation Audition Suisse – l’esprit de la démarche restera intact: féliciter, encourager et soutenir celles et ceux qui, malgré le handicap auditif, écrivent leur propre réussite. 💡 Pour ne rien manquer de nos articles: abonnez-vous à la newsletter ! Photo de Felipe Santana sur Unsplash 14 juil. 2026 Publié le : Lire l'article Solutions Auracast: une technologie prometteuse Auracast est une technologie de diffusion audio Bluetooth qui pourrait être intégrée aux prochaines évolutions de la norme SIA 500 en matière d’accessibilité auditive. Plus ouverte et polyvalente que les systèmes traditionnels, elle permet de transmettre un son de qualité directement vers des aides auditives ou des écouteurs compatibles. Notre fondation s’est saisie de cette innovation en acquérant du matériel dès 2025 et en réalisant un premier test d’utilisation lors de son congrès annuel. Pendant des décennies, la boucle magnétique a constitué la principale solution de transmission audio dans les lieux publics pour les personnes malentendantes. Si ce système a rendu d’immenses services, ses coûts d’installation et d’entretien ont parfois freiné son déploiement. A présent, une nouvelle approche se développe avec Auracast, une technologie de diffusion audio par Bluetooth qui ouvre de nouvelles perspectives en matière d’accessibilité, tant pour les personnes malentendantes que pour le grand public. Le principe est à la fois simple et visionnaire: un émetteur diffuse un flux audio Bluetooth que n’importe quel récepteur compatible peut capter instantanément, sans appairage complexe. Ainsi, un nombre illimité de personnes peut recevoir un son clair et direct dans son propre dispositif, qu’il s’agisse d’aides auditives ou de simples écouteurs du commerce. Une technologie à la disposition de toutes et tous C’est ici que réside la force d’Auracast. Contrairement aux systèmes réservés aux seuls porteurs d’appareils auditifs spécifiques, cette technologie fonctionne également avec les casques et écouteurs grand public. Cette ouverture change la donne pour les gestionnaires de musées, gares, salles de conférences et autres lieux publics: choisir Auracast, c’est servir à la fois les personnes en situation de handicap auditif et le grand public, que ce soit pour une meilleure écoute ou pour accéder à des services tels que les audioguides ou la traduction simultanée. L’investissement devient ainsi transversal. De plus, pour les personnes malentendantes légères qui ne portent pas encore d’appareillage, Auracast offre une première marche vers l’accessibilité sans stigmatisation. En première ligne pour tester et faire tester Notre fondation a acquis en 2025 du matériel d’émission et de réception Auracast. L’objectif est double: éprouver la robustesse de cette technologie et permettre aux personnes malentendantes d’en faire une première expérience pour se forger leur propre opinion. Notre démarche s’inscrit également dans un contexte législatif en cours de mutation, avec la révision de la norme SIA 500 «Constructions sans obstacles». Tout indique qu’Auracast deviendra prochainement une solution admissible, voire recommandée, pour répondre aux exigences d’accessibilité dans les constructions ouvertes au public, là où le texte actuel fait principalement référence aux boucles magnétiques. En anticipant cette évolution, nous voulons permettre aux personnes malentendantes de se familiariser avec les systèmes de transmission audio numériques qui leur seront utiles dans un futur proche. Retour d’expérience: notre congrès annuel comme terrain d’essai Lors de notre dernier congrès annuel, nous avons offert à trois participantes malentendantes l’opportunité de tester le matériel Auracast en situation réelle. L’objectif était d’évaluer la simplicité de connexion, la qualité sonore et le confort d’usage. Le verdict sur la prise en main est encourageant. Si Sandra, la plus jeune, a réussi à se connecter seule instantanément, Marlène et Michèle ont eu besoin d’un bref accompagnement. Cependant, toutes s’accordent à dire que quelques explications ont suffi à surmonter les doutes initiaux. Les retours de Marlène et Sandra concernant la qualité audio sont enthousiastes. Elles ont jugé le son «excellent», le volume «parfaitement adapté», permettant de comprendre «beaucoup mieux» les interventions, sans coupures ni interruptions. Michelle a en revanche trouvé la qualité «moyenne» et le réglage du volume perfectible. L’audioprothésiste responsable de piloter cette expérience précise que ces écarts ne sont pas inhérents à la technologie Auracast, mais s’expliquent par la nature d’un test ponctuel: les réglages fins et le suivi de l’adaptation n’ont pas pu être réalisés avec la même précision que pour un appareillage individuel classique. Malgré ces points de vigilance, le sentiment général reste positif. Marlène recommande «absolument» Auracast et attend «avec impatience de pouvoir activer Auracast dans chaque endroit où il y a de l’écoute». Michelle, malgré une certaine déception, a apprécié la démarche: «je vous encourage à recommencer», a-t-elle conclu. Une invitation que nous relèverons sans aucune hésitation. Les retours de cette expérience confirment en tout cas le potentiel d’Auracast et témoignent de l’ouverture des personnes malentendantes à explorer de nouvelles solutions. 💡 Nous reviendrons régulièrement avec d’autres points de situation sur les innovations numériques qui faciliteront l’accessibilité auditive dans le futur. Pour ne rien manquer de nos articles: abonnez-vous à la newsletter ! Photo: lors du congrès, des participant·e·s ont également testé des casques intégrant la technologie Auracast et pouvant être utilisés aussi bien par des personnes malentendantes qu’entendantes. © Sebastien Monachon 7 juil. 2026 Publié le : Lire l'article Actualités FoRom écoute devient la Fondation Audition Suisse Aujourd'hui, nous franchissons une nouvelle étape de notre histoire. FoRom écoute devient Fondation Audition Suisse. Cette nouvelle identité reflète avec davantage de clarté notre mission, notre champ d'action et notre engagement auprès des personnes concernées par les enjeux de l'audition, dans toute la Suisse. Si notre nom évolue, notre raison d'être demeure inchangée. Depuis notre création, nous œuvrons avec la même conviction pour informer, accompagner, sensibiliser et défendre les intérêts des personnes malentendantes, devenues sourdes, ainsi que de leurs proches. Notre équipe, nos programmes, nos valeurs et nos engagements restent pleinement les mêmes. Cette évolution s'inscrit dans une volonté de renforcer la lisibilité de notre action et de rendre notre mission plus immédiatement identifiable auprès du grand public, de nos partenaires et des personnes malentendantes qui bénéficient de nos prestations. Au cours des prochaines semaines, cette nouvelle identité sera progressivement déployée sur l'ensemble de nos supports de communication. Vous découvrirez ainsi notre nouveau nom sur notre site internet, nos publications, nos réseaux sociaux et nos documents institutionnels. Nous nous réjouissons de poursuivre cette aventure à vos côtés, désormais sous le nom de Fondation Audition Suisse , avec la même exigence, la même proximité et la même détermination à agir en faveur de toutes les personnes concernées par les enjeux de l'audition. 1 juil. 2026 Publié le : Lire l'article Point fort Comprendre sans tout entendre: la lecture labiale, une compétence qui s’acquiert Dans le brouhaha d’un restaurant, lors de conversations en groupe ou lors de réunions professionnelles, une personne malentendante peut facilement perdre une partie des échanges. Si les appareils auditifs ou les implants cochléaires aident, ils ne restituent pas toujours les sons de manière nette. C’est ici qu’intervient la lecture labiale. Loin d’être une capacité innée, il s’agit d’une compétence précise qui s’acquiert et se perfectionne par la pratique. Bien que l’on dise couramment qu’il s’agit de «lire sur les lèvres», l’exercice consiste en réalité à observer un ensemble de mouvements qui fournissent une multitude d’indices visuels: le dessin formé par les lèvres, bien sûr, mais aussi la position de la langue et le degré d’ouverture de la bouche. Pourtant, cette observation ne suffit pas toujours, car certaines syllabes se ressemblent terriblement, comme «pa», «ba» et «ma», pour ne citer qu’un exemple. Décoder ce qui est visible et invisible Au-delà de la reconnaissance des images produites par la bouche selon les différents sons, l’enjeu de l’apprentissage consiste aussi à apprendre à combler ces ambiguïtés. Pour y parvenir, le cerveau opère un travail formidable de reconstitution, par ce que l’on nomme la «suppléance mentale». Il s’appuie sur le contexte de la phrase, la logique du discours et les résidus auditifs pour assembler les fragments et retrouver le sens global. Ainsi, l'apprentissage consiste à affiner la reconnaissance des indices visuels de la parole et à développer les capacités d’interprétation, afin de rendre la compréhension plus rapide, plus efficace et moins fatigante. Un accompagnement structuré et accessible Acquérir ces compétences demande un guidage. C’est l’une des missions que nous nous sommes donnés à la fondation FoRom écoute. Chaque année, nous finançons et coordonnons environ 600 heures de cours collectifs, dispensés dans une quinzaine de villes romandes par treize enseignantes spécialisées dont notre fondation a financé la formation spécifique en lecture labiale. Ce soutien permet aux participant·e·s d’accéder à cet apprentissage quels que soient leurs moyens financiers, puisque seule une contribution symbolique leur est demandée. Ces cours sont dispensés sous forme de cycles de 10 séances hebdomadaires ou mensuelles de 2 heures, en petits groupes de 5 à 7 personnes. Cette taille réduite permet aux participant·e·s de bénéficier d’un suivi individualisé, tout en profitant de la dynamique de groupe et des échanges entre pairs. Car au-delà de la technique et des méthodes, il s’agit aussi de rompre l’isolement et de prendre sa place dans les conversations. Un participant le confirme: «J’acquiers de nouvelles compétences et je retrouve confiance en moi dans un climat amical». Une pratique à vivre au quotidien Cette offre, destinée aux adultes, est actuellement déployée à Genève, Lausanne, Vevey, St-Maurice, Martigny, Bulle, Bienne, Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Porrentruy, Delémont, Vicques et Moutier *. Entre les séances, les participant·e·s poursuivent leur apprentissage dans leurs interactions courantes. Nous les y encourageons, car l’articulation varie d’une personne à l’autre par de subtiles nuances: multiplier les expériences avec divers interlocuteurs permet donc de progresser plus rapidement. La lecture labiale complète ainsi utilement les prothèses auditives les plus efficaces, comme en témoigne l’une de nos participantes: «En milieu bruyant, j’arrive désormais à suivre la discussion». Une belle victoire! * La liste des villes dans lesquelles des cours sont disponibles peut évoluer. Nous vous recommandons de consulter la page « Cours de lecture labiale » pour plus de détails sur les cours actuels, ainsi que pour trouver les contacts utiles selon votre région. 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! Photo © Sébastien Monachon 30 juin 2026 Publié le : Lire l'article Santé Et si le bonheur tenait au chant des oiseaux? Des études récentes le confirment: écouter les oiseaux apaise et remonte le moral. Pour profiter de ce bienfait, encore faut-il pouvoir entendre ces mélodies aiguës et subtiles. Or, souvent, avec une perte auditive qui s’installe progressivement, notre monde sonore s’appauvrit sans que nous n’en ayons conscience, nous privant de ces petites choses qui nous font du bien. Selon un communiqué de la Station ornithologique suisse de Sempach, relayé par RTS info la semaine dernière, plusieurs recherches scientifiques confirment le lien entre la présence d’oiseaux et notre santé mentale. Une étude révèle par exemple que se promener durant 30 minutes dans un parc urbain en écoutant le chant des oiseaux suffit à réduire le taux de cortisol (hormone du stress) de près de 40%, tout en augmentant les émotions positives et en faisant baisser la tension artérielle. D’autres travaux montrent que vivre dans un environnement riche en diversité d'oiseaux augmente significativement la satisfaction de vie, procurant un bonheur dont l'intensité équivaudrait à celle d'une augmentation de salaire. Quand le chant s'efface progressivement Il n’est pourtant pas donné à tous de percevoir ces mélodies. La presbyacousie, perte auditive liée à l'âge, touche prioritairement les fréquences aiguës, précisément là où se niche l'essentiel du répertoire des oiseaux. En plus de la hauteur du son, c'est aussi la capacité à discerner la complexité des trilles et la rapidité des modulations qui s'érode, rendant le chant indistinct. Le piège réside dans la progressivité de cette baisse: on s’y habitue sans prêter attention au fait que nos balades semblent de plus en plus calmes et les oiseaux toujours plus rares. Cela touche aussi les personnes déjà appareillées dont l'audition a évolué sans qu'elles ne réalisent la nécessité de réajuster leur dispositif, les privant peu à peu de cette connexion à la nature. Des témoignages qui parlent d’eux-mêmes Au-delà des données scientifiques, le plaisir que procure le chant des oiseaux relève d'une certaine évidence. Deux intervenantes du récent congrès annuel organisé par notre fondation FoRom écoute ont en effet spontanément mentionné leurs expériences à ce sujet. La première, malentendante de naissance, a décrit la surprise et le bonheur intense ressentis lorsque, appareillée pour la première fois passé la quarantaine, elle a découvert ces sons pour la première fois. Elle accédait alors à un monde qu’elle ignorait jusqu’alors. La seconde, dont la perte auditive s’est installée progressivement, a partagé l'émotion de retrouver ces mélodies oubliées. Prendre soin de son audition pour préserver son paysage sonore Ces récits rappellent à quel point les capacités auditives sont précieuses. Le dépistage et le port d’aides correctement ajustées ne sont pas de simples actes médicaux et techniques, mais les clés qui redonnent sa couleur et sa richesse à la vie quotidienne. L’une des intervenantes a également rappelé l’importance de protéger son ouïe en portant des bouchons d’oreille ou autres protections auditives, soulignant que cela concerne aussi bien les personnes malentendantes que celles dont le capital auditif est intact. Veiller à son audition, c'est finalement se donner les moyens de ne rien perdre de ces petites joies du quotidien, pour une vie plus douce et plus connectée. C’est une attention qui en vaut vraiment la peine. 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! Photo: James Wainscoat sur Unsplash 23 juin 2026 Publié le : Lire l'article Actualités Les gilets haute visibilité pour mieux évoluer dans l’espace public Produits l’année dernière à la demande directe des personnes malentendantes, nos gilets haute visibilité répondent à un double enjeu: plus de sécurité et plus d’harmonie dans l’espace public. Sursauter lorsqu’une trottinette nous double soudainement ou subir l’agacement des cyclistes qui ne comprennent pas notre absence de réaction malgré l’alerte insistante de la sonnette: ces scénarios sont familiers à de nombreuses personnes malentendantes. La multiplication des trottinettes et des vélos a accru ces problématiques lorsque les voies de circulation sont partagées avec les piétons. Pour contrer ces difficultés, FoRom écoute offre gratuitement des gilets haute visibilité conçus pour la communauté malentendante. Un principe simple et efficace Notre gilet, jaune fluo, arbore un pictogramme signalant la malaudition. Il permet d’être vu·e de loin, compensant l’impossibilité d’entendre l’approche d’un véhicule par derrière. Les retours des utilisatrices et utilisateurs sont clairs: l’accessoire rassure, renforce la sécurité et évite les incompréhensions, ainsi que les potentiels conflits. Ces gilets sont disponibles gratuitement pour toute personne malentendante intéressée en nous écrivant à info@ecoute.ch . De la sécurité à l’inclusion La question de la visibilité dépasse le seul cadre de la sécurité sur les trottoirs, routes et chemins. Elle touche à l’inclusion sociale et à la qualité de vie de manière plus large. Comme discuté lors du congrès annuel de FoRom écoute le 30 mai dernier, se rendre visible facilite grandement les échanges au quotidien. Porter un signe distinctif – qu’il s’agisse d’un gilet, d’un badge, d’une prothèse auditive assumée ou encore d’un cordon tournesol – évite d’avoir à «raconter sa vie à chaque nouvelle interaction», comme en a témoigné l’une des intervenantes. D’autres témoins ont relevé que l’attitude des interlocuteurs change immédiatement, passant parfois de l’incompréhension, voire du jugement ou de l’agacement, à plus de bienveillance et de patience. Visibilité et prudence: trouver le juste équilibre Si le consensus au sein de la communauté est que la visibilité est essentielle, une nuance importante a été soulevée lors des débats du congrès. Une participante a relaté s’être fait voler des affaires dans son sac dans les transports, soupçonnant que le badge «malentendant» apposé sur celui-ci ait pu rassurer les voleurs sur son incapacité à percevoir leurs gestes. Ce témoignage invite à une prudence élémentaire, valable d’ailleurs pour tout un chacun dans les lieux bondés: se rendre visible ne doit pas signifier se rendre vulnérable. Il s’agit de garder un œil vigilant sur ses objets de valeur, tout en profitant des avantages sociaux et sécuritaires que procure le fait d’être identifié. ➡️ Pour aller plus loin sur le sujet de la visibilité du handicap auditif, nous vous invitons à consulter d’autres articles parus récemment dans notre magazine en ligne: Cordon tournesol: désormais disponible à tous les guichets CFF (publié le 09.04.2026) Malaudition: et si arrêter de se cacher était le premier pas vers l’inclusion? (publié le 12.05.2026) 💡 Pour ne rien manquer de nos articles: abonnez-vous à la newsletter ! 16 juin 2026 Publié le : Lire l'article Actualités Congrès 2026: inclusion, action et joie de vivre Pour cette 25e édition, FoRom écoute a fait le choix de placer la parole des personnes concernées au cœur des échanges. Le traditionnel congrès s’est mué en un laboratoire d’idées vivant, où les vécus individuels sont devenus une ressource collective, insufflant une énergie palpable. Retour sur une journée où l’inclusion s’est vécue, partagée et célébrée. Une centaine de personnes malentendantes se sont réunies le 30 mai dernier pour le congrès annuel de FoRom écoute. Le mot d’ordre? Une inclusion réelle, concrète, qui doit se vivre partout: dans la vie sociale, familiale, professionnelle, culturelle, sportive et citoyenne. Plus de témoignages, plus de pouvoir d’agir Comme l’a souligné Laurent Huguenin dans son mot de bienvenue: «Notre rôle n’est pas de faire à votre place, mais de vous donner des outils, des repères, et surtout la possibilité de reprendre la main sur votre parcours.» Pour traduire cette vision en actes, le format 2026 a accordé une place importante aux témoignages de personnes malentendantes. Loin d’être des récits centrés sur les difficultés, ces interventions ont été conçues comme des leviers d’action. D’Anne et Sylviane , qui ont partagé leur chemin vers l’acceptation et la «suradaptation» transformée en force, à Jean-Bernard , pionnier de l’engagement associatif et professionnel, en passant par les révélations tardives mais lumineuses de Marlène et Caroline : chaque histoire a résonné comme une preuve qu’il est possible de «prendre le pouvoir» sur sa vie. Les interviews croisées ont permis de confronter les générations et les parcours, faisant émerger des conseils pratiques: oser demander des adaptations, choisir le bon audioprothésiste, utiliser la technologie (comme Auracast, expérimentée en direct lors du congrès sous la supervision de notre consultante audioprothésiste) ou encore simplement porter son handicap de manière visible, accessoires à l’appui. Une alchimie unique pour parler de philosophie L’inclusion ne se limite bien sûr pas aux outils. Elle passe aussi par le regard des autres et par le travail sur soi. Pour aborder cette dimension, le philosophe et écrivain Alexandre Jollien nous a fait la surprise de partager la scène avec Bernard Campan , l’acteur et ami avec lequel il a tourné le film Presque . Les deux complices ont livré un dialogue à la fois profond et vivant, ponctué d’anecdotes et d’humour, pour illustrer comment «devenir soi-même» et transformer sa différence en une force de lien. Ce duo inattendu a cristallisé l’esprit de la journée: une inclusion joyeuse et partagée. Une énergie qui porte vers l’avenir Les premiers retours ont été unanimes: l’objectif est atteint. Les participantes et participants ont emporté avec eux une inspiration nouvelle. «Un grand merci pour cette journée, riche en expériences!» s’est exclamée l’une des participantes ayant pris la parole lors des panels. Une autre participante abonde: «Les expériences et les partages étaient riches et pertinents. J’ai eu beaucoup de plaisir à y assister.» L’émotion était également au rendez-vous: «J’ai ressenti beaucoup d’émotions diverses et variées en entendant ces témoignages poignants et la parole précieuse de notre philosophe national. Encore merci pour l’organisation de cette belle rencontre.» Pour aller plus loin et se revoir l’an prochain Pour celles et ceux qui souhaitent revivre ces moments ou partager les interventions avec leur entourage, les vidéos du congrès seront prochainement mises en ligne sur la chaîne YouTube de FoRom écoute. Enfin, notez déjà dans vos agendas la date de notre prochain grand rendez-vous: le 26e congrès annuel de FoRom écoute se tiendra le samedi 29 mai 2027 à Lausanne. 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et recevoir un email dès que les vidéos du Congrès 2026 seront en ligne: abonnez-vous à la newsletter ! Photo: Sebastien Monachon 9 juin 2026 Publié le : Lire l'article Point fort Rapport d’activités 2025: une année d’actions pour l’accessibilité et l’inclusion Le rapport d’activités 2025 de FoRom écoute est désormais disponible. Ce document retrace une année marquée par une activité soutenue au service des personnes malentendantes. Entre renforcement de l’accessibilité auditive, soutien au développement de l’autonomie et consolidation des liens sociaux, nous avons une nouvelle fois confirmé notre rôle de centre de compétences et d’organisation de référence pour la communauté des malentendants. Accessibilité auditive et technologies de pointe Nous avons maintenu une priorité forte sur l’accès aux aides auditives. Grâce à un réseau incluant donateurs et audioprothésistes bénévoles, notre programme d’appareils reconditionnés a permis à de nombreuses personnes en situation de précarité de s’équiper gratuitement. Face à l’importance de la demande, nous avons également mobilisé notre fonds d’aide financière pour l’achat d’appareils neufs. Côté innovation, nous nous sommes positionnés sur les technologies d’avenir en acquérant du matériel de démonstration Auracast, un système de diffusion audio basé sur le Bluetooth nouvelle génération. Plusieurs organisations nous ont rapidement sollicités pour réaliser des essais concrets. En parallèle, nous avons poursuivi le déploiement des boucles magnétiques, garantissant une meilleure réception sonore dans les lieux publics et culturels. Culture, formation et liens sociaux Nous avons largement facilité l’accès à la culture grâce à nos partenariats, notamment avec le Menuhin Festival Gstaad, le Septembre Musical Montreux-Vevey, l’Opéra de Lausanne et le Théâtre de Vidy. Sur le plan de l’autonomie, nous avons financé 600 heures de cours de lecture labiale dans une quinzaine de villes romandes. Cette thématique centrale a d’ailleurs été mise à l’honneur lors de notre congrès annuel, qui a réuni plus d’une centaine de participantes et participants. Parallèlement, nous avons innové en créant l’application SmartLip, un outil qui centralise désormais la gestion des cours de lecture labiale, simplifiant les inscriptions et le suivi administratif de ces formations, pour les participant·e·s comme pour les enseignantes. Nos activités de gymnastique adaptée et les rencontres au sein des amicales ont continué de rompre l’isolement. De plus, la création et distribution de gilets haute visibilité, ainsi que le partenariat avec les CFF pour promouvoir les cordons tournesol, ont participé à améliorer la sécurité et le confort des personnes malentendantes dans l’espace public. Un modèle économique solidaire et un réseau étendu Dans un contexte financier exigeant, marqué par l’absence de subventions fédérales, nous avons réalisé des efforts soutenus pour la recherche de fonds, rendant possibles le maintien et le développement de nos prestations. Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude envers tous nos donateurs, dont la générosité constitue le socle indispensable de l’existence de notre fondation. Cette dynamique s’appuie également sur un réseau de collaborations élargi et stratégique. En 2025, FoRom écoute a tissé ou consolidé des liens avec des acteurs variés: chambres de commerce, organisations faîtières et entreprises; institutions de santé et organisations actives dans le domaine du handicap; acteurs culturels; organisations nationales et internationales. Ces partenariats multiples permettent d’amplifier l’impact de nos actions en faveur des personnes malentendantes. Pour découvrir plus en détail les actions menées tout au long de l’année 2025, étayées par des témoignages de personnes malentendantes, nous vous invitons à consulter le rapport complet: Télécharger le Rapport d’activités 2025 (PDF) 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! 26 mai 2026 Publié le : Lire l'article Point fort Concerts et spectacles vivants: des expériences à vivre et à partager La musique est un langage universel, une source d’émotion capable de transcender les barrières. Pourtant, pour les personnes malentendantes, l’accès aux salles de concert et aux spectacles vivants reste souvent semé d’embûches. Pour briser ces obstacles, des dynamiques vertueuses existent grâce à des partenariats entre acteurs engagés. Au-delà du concert: le droit à la culture Participer à une sortie culturelle ne se résume pas à occuper un siège dans un auditorium. Pour une personne malentendante, c’est l’occasion de partager un moment de complicité, de ressentir les vibrations d’un orchestre et de s’immerger dans une atmosphère unique. Trop souvent, la difficulté à suivre les conversations ou à percevoir les sons subtils conduit à un retrait social involontaire. Les spectacles accessibles constituent dès lors une opportunité précieuse pour rompre cette solitude et recréer du lien. Un partenariat exemplaire avec le Menuhin Festival Gstaad Pour la quatrième fois, nous renouvelons cette année notre collaboration avec le Menuhin Festival Gstaad. Ce rendez-vous incontournable anime les Alpes bernoises de mi-juillet à début septembre avec plus de 60 concerts classiques et des artistes de renommée internationale. Grâce au soutien généreux d’une fondation donatrice souhaitant garder l’anonymat, nous organisons deux sorties pour les personnes malentendantes, les 15 et 16 août prochains, avec un total de plus de 100 billets offerts. La force de cette initiative réside dans sa prise en charge globale. En offrant non seulement la gratuité des billets, mais aussi le transport en car depuis Lausanne et l’apéritif dînatoire sur place, nous éliminons les contraintes logistiques pour que les participant·e·s se concentrent sur le plaisir du spectacle et la richesse des échanges. Les retours des éditions précédentes sont unanimes: bien plus qu’une simple sortie, ces soirées deviennent des souvenirs qui restent gravés dans la mémoire. La technologie au service de l’inclusion L’accessibilité auditive nécessite des équipements technologiques adéquats. Dans le cadre de ce partenariat, FoRom écoute prend en charge l’installation d’une boucle magnétique dans la Tente du Festival. Ce dispositif permet aux personnes utilisant des appareils auditifs équipés de la position «T» de recevoir le son directement, avec une clarté exceptionnelle et sans les interférences des bruits ambiants. La présence de telles installations dans les salles n’est pas un luxe, mais une nécessité. Elle garantit une qualité d’écoute fine, permettant de percevoir les nuances des œuvres, du pianissimo d’un solo à la puissance d’un tutti orchestral. Un réseau de partenaires engagés Cette opération à Gstaad illustre parfaitement le type d’action que nous menons. Elle n’en constitue cependant qu’une facette. Tout au long de l’année, nous promouvons l’accessibilité culturelle en relayant des offres spéciales et en collaborant avec des institutions majeures telles que le Théâtre de Vidy, le Septembre Musical Montreux-Vevey, ainsi que de nombreuses salles de cinéma et théâtres en Suisse romande. Grâce à ces partenaires, la culture devient un véritable terrain de rencontre et de partage, même pour les événements les plus prestigieux. 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! 🎟️ Envie de vous joindre à nous pour le Menuhin Festival Gstaad? Rendez-vous sur la billetterie en ligne pour vérifier si des places sont encore disponibles. La réservation est soumise au dépôt d’une caution. Photo du chef d’orchestre Alexander Shelley avec le Gstaad Festival Orchestra (GFO), qui se produiront le 15 août 2026, l’une des deux soirées auxquelles auront le plaisir de participer les personnes accompagnées par FoRom écoute. Photo mise à disposition par le Menuhin Festival Gstaad. 19 mai 2026 Publié le : Lire l'article Point fort Malaudition: et si arrêter de se cacher était le premier pas vers l’inclusion? Avant même de pouvoir agir et revendiquer ses droits, encore faut-il reconnaître sa propre réalité. Pour de nombreuses personnes malentendantes, le premier obstacle à l’inclusion n’est pas l’absence d’aménagements, mais le poids du secret, de la honte ou, plus insidieusement, l’ignorance de son propre état. Une problématique souvent ignorée ou niée Parce que la malentendance est parfois déjà présente à la naissance, ou s’installe progressivement, beaucoup de personnes ne réalisent pas qu’elles en souffrent. D’après les témoignages que nous avons récoltés, elles peuvent vivre des années avec une fatigue chronique ou une difficulté à s’intégrer dans un groupe, croyant qu’il s’agit de leur façon d’être. Sans diagnostic, la vie s’organise par défaut autour de limites incomprises et ce n’est souvent que tardivement, lors d’un déclic familial ou professionnel, que le voile se lève: ce n’était pas un trait de caractère, mais une perte auditive non identifiée. La puissance, et le poids, de la «suppléance mentale» A l’inverse, pour celles et ceux qui ont conscience de leur handicap, la dissimulation devient parfois une stratégie de défense consciente. Par peur du jugement, de la stigmatisation ou de la perte de leur emploi, ils et elles choisissent de faire «comme si». On sourit quand on n’a pas compris, on acquiesce pour ne pas ralentir le groupe, on devine la suite de la phrase. Les experts appellent cela la «suppléance mentale»: un effort cognitif épuisant pour combler les trous auditifs en temps réels. Si cette technique permet de survivre socialement à court terme, elle isole progressivement. A force de vouloir paraître «comme les autres», on finit par s’exclure soi-même, par épuisement ou en fuyant les situations sociales, appauvrissant ainsi son réseau et ses opportunités. Le courage de la transparence Pourtant, l’expérience montre que le tournant décisif se produit souvent lorsque le mot est posé. Dire «je suis malentendant» ou «je suis malentendante», ce n’est pas avouer une faiblesse, mais offrir une clé de compréhension à son entourage. Bein sûr, le chemin n’est pas toujours bordé de roses: certaines personnes rencontrent des incompréhensions, voire des discriminations. Le risque est réel. Mais le silence, lui, mène inévitablement à une impasse. La transparence, au contraire, invite l’autre à adapter son comportement – par exemple parler face à face, s’exprimer à tour de rôle – ce que l’on fait souvent volontiers une fois informé. Des outils pour sensibiliser l’entourage Pour faciliter les échanges, des ressources existent. La plateforme www.voirpourcomprendre.ch , soutenue par FoRom écoute, met gratuitement à disposition affiches, marque-pages et articles didactiques. Ces outils aident à sensibiliser l’entourage aux réalités de la malentendance et proposent des bonnes pratiques simples pour fluidifier la communication au quotidien. La force du collectif Au-delà des outils, ce sont les rencontres qui débloquent les situations. Rejoindre des pairs, confronter son vécu à d’autres témoignages et échanger avec des professionnel·le·s permet de réaliser qu’on n’est pas seul·e. C’est précisément pour favoriser ces liens et accompagner cette sortie de l’ombre que nous promouvons ou organisons une variété d’événements tout au long de l’année: sorties culturelles adaptées, cours de lecture labiale, congrès annuel et rencontres diverses. Cette dynamique se poursuit également dans les pages de notre magazine en ligne , où nous publions témoignages, dossiers de fond et informations pratiques. Votre expérience compte aussi! N’hésitez pas à nous la partager à info@ecoute.ch . 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! Photo: Andrew Neel sur Unsplash 12 mai 2026 Publié le : Lire l'article Point fort Inclusion dans la société: quand l’attente laisse place à l’action Trop souvent, l’inclusion des personnes malentendantes, comme celle des personnes en situation de handicap de manière plus générale, est attendue comme une concession de la société, pilotée par les organisations de défense et les acteurs politiques. Pourtant, la clé d’une véritable inclusion réside ailleurs: dans la capacité des personnes concernées elles-mêmes à sortir de leur réserve pour devenir actrices de leur environnement. Concrètement, cette dynamique invite à dépasser la posture passive – celle où l’on espère que les institutions combleront les besoins – pour embrasser une approche volontariste. C’est tout l’enjeu de l’«empowerment»: passer du «je subis» au «j’agis». Pour les organisations de défense de la cause, l’enjeu est alors de ne pas faire à la place des personnes, ni de les cantonner à un rôle de bénéficiaires, mais de les encourager et leur fournir les outils pour qu’elles prennent elles-mêmes en main leur destin. L’objectif est de créer une alliance où la personne entreprend et l’organisation facilite. Cet «empowerment» ou, autrement dit, cette prise de pouvoir sur sa propre vie, devient le moteur de l’inclusion. Il ne s’agit plus de considérer le handicap comme une raison d’attendre une solution externe, mais comme un point de départ pour changer. Transformer son expérience vécue en force d’action: voilà comment les avancées les plus significatives ont souvent vu le jour, portées par celles et ceux qui ont choisi de devenir architectes de leur environnement plutôt que simples occupants. Etre proactif, c’est précisément cela: identifier un obstacle et porter le projet qui le lèvera. Imaginez une collaboratrice malentendante responsable d’équiper son lieu de travail en systèmes d’aide auditive: en menant ce projet à bien, elle devient un catalyseur de changement pour ses collègues et ses clients. Pensez à cet entrepreneur malentendant qui, fort de son parcours, crée un fonds d’aide pour la génération suivante, en partenariat avec notre fondation: avec cette initiative, il apporte concrètement son soutien à l’intégration des jeunes dans la société. Ce sont des témoignages comme ceux-ci qui redéfinissent le paysage de la malentendance. Ils nous rappellent que l’inclusion n’est pas un don fait par la société, mais une construction commune où chacune et chacun a un rôle à jouer. Etre proactif, c’est donc aussi s’engager pour la communauté. C’est comprendre que sa propre expérience vécue constitue une expertise unique, indispensable pour concevoir des solutions pertinentes. C’est aussi prendre la parole, non pas pour raconter sa souffrance, mais pour partager ses réussites, brisant ainsi les préjugés et inspirant l’entourage, entendant ou malentendant. C’est autour de ces réflexions et de parcours inspirants que FoRom écoute vous invite à échanger lors de son prochain congrès annuel. Comment passer de la résignation à l’action? Comment trouver les ressources en soi pour aller de l’avant? Ces questions et bien d’autres seront au cœur de nos discussions le samedi 30 mai 2026. Nous y accueillerons des interventions diverses mettant en lumière cette dynamique d’action: du monde professionnel à l’engagement citoyen, en passant par la culture et le soutien par les pairs. Si ce sujet résonne en vous, rejoignez-nous pour cette journée d’échange et d’inspiration. Rendez-vous le samedi 30 mai 2026, de 9h15 à 16h, à Lausanne: cliquez ici pour en savoir plus et vous inscrire 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! Photo: Sierra Koder sur Unsplash 5 mai 2026 Publié le : Lire l'article Actualités La malaudition est un handicap: rejoignez le mouvement pour l’inclusion le 2 mai à Zurich Quand le mot «handicap» est prononcé, ce sont immédiatement les limitations visibles qui viennent à l’esprit. Pourtant, la malaudition est un handicap bien réel, qui impacte quotidiennement des milliers de personnes. FoRom écoute, qui s’engage pour la reconnaissance des besoins des personnes malentendantes, soutient la grande manifestation nationale pour l’égalité et l’inclusion. Une marche historique Le 2 mai 2026, le centre-ville de Zurich accueillera une forte mobilisation. Une manifestation nationale réunira personnes en situation de handicap, familles, alliés et organisations pour réclamer l’égalité des droits et une participation pleine et entière dans la société, la politique, la culture, l’éducation, le sport et toutes les sphères de la vie. L’objectif est clair: briser les barrières – visibles et invisibles – dans tous les domaines. Il ne s’agit pas seulement de demander des aménagements, mais d’exiger une inclusion systémique qui permette à chacune et chacun de vivre sa citoyenneté sans entrave. FoRom écoute est solidaire d’inclusion360 et d’Agile Cet événement est organisé par inclusion360, en collaboration avec un collectif de personnes en situation de handicap. Le mouvement bénéficie du soutien d’une trentaine d’associations, dont Agile, la faîtière suisse des organisations d’entraide et d’autoreprésentation de personnes avec un handicap. En tant que membre solidaire d’Agile, notre fondation tient à réaffirmer son engagement à ses côtés. Cette contribution traduit notre ferme volonté de porter la voix des personnes malentendantes au cœur du débat public. Comment agir, à Zurich ou depuis chez soi? Bien que nous n’organisions pas de délégation officielle pour Zurich, nous encourageons vivement toutes les personnes sensibles à cette cause à rejoindre la manifestation si leur situation le permet. Vous trouverez plus d’informations sur le site web d’Agile . Si vous n’êtes pas en mesure de vous déplacer, votre soutien reste précieux et indispensable: Parlez-en autour de vous : la sensibilisation commence dans les cercles privés et professionnels Mobilisez les réseaux sociaux : partagez l’information pour donner de la visibilité à ce combat. Chaque publication contribue à normaliser la présence du handicap dans l’espace public L’objectif est d’envoyer un signal fort: l’inclusion n’est pas une option, c’est une nécessité pour une société plus juste. Vos histoires donnent de la force à nos actions La malaudition se vit de mille façons. C’est pourquoi nous lançons une nouvelle fois un appel à témoignages afin de recueillir vos histoires de vie et vos expériences concrètes en tant que personnes malentendantes. Ces récits sont essentiels pour nourrir nos futures campagnes de communication avec des situations réelles et illustrer la diversité des trajectoires au sein de notre communauté. Pour partager votre témoignage, écrivez-nous simplement à info@ecoute.ch . Prolongez la réflexion lors de notre congrès annuel Il reste des places pour notre Congrès annuel qui se tiendra à Lausanne le 30 mai 2026 . Cette édition sera entièrement dédiée aux différentes facettes de l’inclusion des personnes malentendantes: cliquez ici pour découvrir le programme du Congrès et vous inscrire . 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! Image de couverture: source www.inclusion360.ch 28 avr. 2026 Publié le : Lire l'article Point fort Handicap et vie en société: le regard éclairant d’Alexandre Jollien pour FoRom écoute Après nous avoir honorés de sa présence lors du Gala de charité en début d’année, le philosophe et écrivain Alexandre Jollien sera à nouveau parmi nous le 30 mai 2026, à l'occasion de notre Congrès annuel. Retour sur une intervention inspirante et aperçu d’une rencontre à ne pas manquer. Un Gala sous le signe de la solidarité et de la joie En ce début d’année 2026, la Table Ronde de Lausanne a organisé un Gala de charité en faveur de notre fondation. Au-delà de la collecte de fonds, cette soirée nous a permis de partager un moment de grande qualité avec la nonantaine de personnes présentes, autour d’une intervention marquante d’Alexandre Jollien. S’appuyant sur l’enseignement du maître du bouddhisme tibétain Trungpa, le philosophe romand a décrit la voie spirituelle comme un double chantier. Le premier est collectif: bâtir une société solidaire et éveillée qui ne laisse personne sur la touche. Une mission qui résonne parfaitement avec l’action quotidienne de FoRom écoute, car nous croyons fermement que l’inclusion se construit à plusieurs voix: le travail des institutions, des acteurs politiques et des organisations telles que la nôtre, mais aussi l’engagement direct des personnes malentendantes elles-mêmes – dont plusieurs viendront d’ailleurs témoigner lors de notre prochain Congrès. Le second chantier évoqué par Alexandre Jollien est intérieur: il s’agit de se libérer par le détachement. Il invite à pratiquer la «non-fixation», c’est-à-dire à laisser passer les émotions sans s'y accrocher, car il n’y a «rien de pire», explique-t-il, que de «s'enliser dans l'immobilisme» face à la souffrance. Il a également souligné notre dimension politique inhérente: «L'être humain ne saurait être heureux seul dans son coin». Dans une société où tout va très vite, il nous a lancé un défi joyeux: «Ralentir, tendre l'oreille, écouter, suivre la boussole de notre cœur […] pour cesser de vivre, comme dirait Kafka, dans une espèce de carnaval social». Congrès 2026: vivre avec ses singularités et s’épanouir dans la société Nous aurons la chance de recevoir à nouveau Alexandre Jollien le 30 mai 2026, cette fois-ci dans le cadre de notre Congrès annuel, dont l’édition 2026 est dédiée aux différentes facettes de l’inclusion des personnes malentendantes. Son intervention, intitulée «Devenir soi-même, trouver sa place en société, s'épanouir», promet d’être un temps fort de réflexion. Il explorera la tension entre la singularité de chacun·e et notre besoin vital de lien. Comment assumer sa différence dans une société de performance où la comparaison fait des ravages? Comment, à l’instar de Spinoza, «bien faire et se tenir en joie» malgré les épreuves? Nous comprendrons alors comment, malgré la réalité du handicap, on peut vivre de manière épanouie, «créer des ponts» et apporter sa contribution à la société. Porté par cet esprit d’émancipation et d’engagement collectif, ce message saura interpeller chaque participant·e, personne malentendante ou alliée. Participez à une journée d’échanges et d’inspiration Le Congrès de FoRom écoute est bien plus qu’une conférence. C’est une journée complète articulée autour de témoignages et de dialogues. Aux côtés d’Alexandre Jollien, nous aurons le privilège d’accueillir: Monsieur Pierre-André Page, Président du Conseil national Dre Hélène Cao Van, Médecin adjointe au Service ORL des HUG Plusieurs personnes malentendantes qui partageront leur engagement et leur parcours de vie Ces rencontres sont des occasions uniques d’enrichir sa compréhension du handicap et de tisser des liens. Venez échanger, vous inspirer et contribuer à faire avancer l’inclusion! Date: 30 mai 2026, de 9h15 à 16h Lieu: Lausanne Informations et inscriptions: cliquez ici pour en savoir plus et vous inscrire 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! Photo: Aurélie Felli 21 avr. 2026 Publié le : Lire l'article Dans les cantons «Elle entend pas la moto»: un documentaire intime à découvrir Le 25 avril 2026, FoRom écoute invite son public à une projection gratuite et sous-titrée du documentaire de Dominique Fischbach au cinéma Bellevaux à Lausanne. Un après-midi pour partager un regard sensible sur les défis liés aux handicaps auditifs, la résilience et les liens familiaux. Pendant plus de vingt-cinq ans, la réalisatrice Dominique Fischbach a suivi le parcours de Manon, une jeune femme sourde, et de sa famille. Le résultat est un documentaire bouleversant de justesse, tissé d’images d’archives et de scènes de vie quotidienne. Loin des clichés, «Elle entend pas la moto» nous plonge dans l’intimité d’un parcours marqué par la résilience, interrogeant notre propre regard sur la différence et l’inclusion. Un moment de culture partagé et accessible Cette séance crée un espace dans lequel vivre une expérience cinématographique commune et un temps d’échange pour mieux comprendre les réalités vécues par les personnes sourdes et malentendantes. La projection s’inscrit dans la dynamique des nombreuses initiatives de FoRom écoute, en Suisse romande et au-delà, pensées pour favoriser l’accessibilité culturelle pour toutes et tous: de la gratuité des billets aux solutions techniques, comme le sous-titrage pour cette séance. Les détails pratiques: Quand? Le samedi 25 avril 2026 à 14 heures Où? Cinéma Bellevaux, Lausanne Pour qui? Entrée offerte par FoRom écoute pour une personne malentendante et un·e accompagnant·e Réservez vite votre place Les places étant limitées, nous vous encourageons à réserver rapidement: cliquez ici pour accéder à la page d'inscription . 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: inscrivez-vous à la newsletter ! 14 avr. 2026 Publié le : Lire l'article Actualités Cordon tournesol: désormais disponible à tous les guichets CFF C’est une bonne nouvelle qui est arrivée avec le printemps: après une phase de lancement depuis l’été dernier, le cordon tournesol est maintenant offert dans l’ensemble des centres de voyage CFF de Suisse. Partenaire engagé du projet, FoRom écoute se réjouit de cette extension et vous invite à découvrir comment cet accessoire peut faciliter vos déplacements. L’été dernier, nous annoncions que les CFF devenaient la première entreprise de transport suisse à introduire le cordon «Sunflower Hidden Disabilities», avec le soutien de notre fondation et de quatorze autres organisations. Après avoir testé le dispositif dans seize guichets pilotes, une étape décisive a été franchie: depuis le 25 mars 2026, plus besoin de chercher le bon guichet, puisque le cordon est disponible gratuitement dans toute la Suisse. Un accessoire simple pour des voyages plus sereins Ce cordon au motif de tournesol est un signal reconnu à l’international pour indiquer la présence d’un handicap invisible, tel qu’une perte auditive. Le porter n’est pas une obligation, mais une option: vous pouvez le porter en permanence ou le présenter ponctuellement en cas de besoin, par exemple lors d’un contrôle de billets. L’initiative porte ses fruits. Une enquête menée par les CFF fin 2025 révèle que 71% des personnes qui l’utilisent en sont satisfaites ou très satisfaites. Pourquoi un tel succès? Parce que cet accessoire change la dynamique: il invite le personnel et les autres voyageurs à faire preuve d’attention, de patience et de compréhension. Notre engagement: le faire connaître pour qu’il soit utile Le cordon tournesol ne fonctionne efficacement que si tout le monde en connaît la signification. C’est pourquoi, en tant que partenaires, nous sommes engagés sur deux fronts: encourager toutes les personnes malentendantes à s’emparer de cet outil pour faciliter leurs déplacements, ainsi que sensibiliser le grand public sur les gestes qui font la différence. Comment se procurer un cordon tournesol? Rendez-vous simplement à la gare la plus proche et demandez-y un cordon tournesol. Aucune attestation médicale n’est requise et il vous sera remis gratuitement. Quel comportement adopter avec une personne malentendante? Si vous apercevez une personne portant ce cordon et constatez qu’elle est malentendante, vous vous demandez peut-être comment réagir. Les besoins sont propres à chacun·e, mais de petites attentions suffisent souvent, par exemple: Capter son attention avant de lui adresser la parole Parler distinctement et bien en face de la personne Faire preuve de patience et répéter si nécessaire Utiliser des gestes et des supports visuels (texte écrit, plan, etc.) Porter ce cordon ne signifie pas systématiquement avoir besoin d’assistance, mais une proposition attentionnée et un esprit de solidarité transforment souvent le voyage en un moment plus agréable pour toutes et tous. Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: inscrivez-vous à la newsletter ! 9 avr. 2026 Publié le : Lire l'article Santé «C’est au physiothérapeute de s’adapter au patient malentendant» Physiothérapeute à Lausanne, Joëlle Jaunin est spécialisée dans la prise en charge des patients sourds et malentendants. Retour sur un exercice complexe qui impose de prendre en compte les spécificités de cette patientèle particulière. La perte auditive représente-t-elle une difficulté supplémentaire pour le physiothérapeute qui prend en charge un patient malentendant ou sourd ? C’est certain. Le physiothérapeute utilise ses mains pour travailler or, s'il doit par exemple avoir recours à celles-ci pour utiliser la langue des signes afin de communiquer avec son patient, cela devient compliqué. Et la difficulté est similaire pour le patient qui n’a pas besoin de la langue des signes, mais qui lit sur les lèvres. Couché sur la table de physiothérapie, il ne pourra pas entendre ce que lui dit le soignant… C’est d’ailleurs un préjugé courant que de penser que la prise en charge des patients qui oralisent est plus simple, alors qu’ils ont autant besoin d'adaptation à la communication que les sourds qui signent. Comment vous adaptez-vous à ces difficultés ? En premier lieu, en s’entendant au préalable avec le patient sur la manière de communiquer. Ensuite, en agençant son cabinet pour ne pas être à contre-jour afin qu’il puisse lire sur les lèvres, en veillant à ce que l'ordinateur ne cache pas mon visage, en ne regardant pas mon clavier pendant que je parle, en ne pas mettant pas de musique de fond quand les patients sont appareillés ne pas parler etc. Il y a ainsi de nombreuses petites mesures à prendre pour que la séance soit la plus confortable possible pour le patient. Et puis, en amont pour la prise de rendez-vous, il faut bien sûr veiller à être joignable en ligne par visioconférence ou par WhatsApp… Le téléphone seul ne suffit pas ! Avez-vous recours à des outils particuliers pour communiquer ? Oui, j'utilise beaucoup les images et les schémas, je dessine volontiers et j'utilise mon livre d'anatomie plus que pour les patients entendants, puisqu’il s'agit d'un public très visuel. Montrer les éléments sur un dessin, un graphique ou un schéma est beaucoup plus simple et efficace d’autant que qu’il s’agit d’une patientèle dont le niveau en connaissances de base en santé est souvent plus bas que la moyenne. En plus de la communication, à quoi êtes-vous également très attentive ? D’une manière générale, la physiothérapie concerne le corps et donc on touche-là à l'intime et encore plus en ce qui me concerne, puisque je pratique aussi la physiothérapie périnéale. De fait, et plus que pour toute autre spécialité, obtenir le consentement explicite du patient est encore plus important. Et ce n’est pas toujours aisé, car souvent des patients sourds ou malentendants déclarent avoir compris les propos du soignant, alors que ce n’est pas le cas. En tant que physiothérapeute, je suis donc très attentive à cette dimension, et même si je connais assez bien la LSF et le monde de la malentendance, je n’hésite pas à prévoir si nécessaire un interprète LSF ou LPC. Quelles sont les conséquences de toutes ces particularités ? Le temps consacré aux séances de physiothérapie et à l’éducation du patient, qui est très nettement rallongé! Sur le plan tarifaire et pour les assurances, le physiothérapeute doit donc souvent utiliser une position particulière qui correspond aux situations dites « complexes », avec le critère « difficulté à la communication ». Ce qui n’empêche pas d’ailleurs, de devoir régulièrement argumenter avec les assurances… Enfin, est-il plus difficile d'obtenir des résultats probants avec les patients malentendants ou sourds? À partir du moment où on a pris soin de bien d'éduquer le patient et de veiller à ce que la communication soit optimale en lui consacrant le temps qu'il faut pendant les séances, on obtient évidemment des résultats identiques. En revanche, il arrive que l’on mette beaucoup plus de temps à obtenir des résultats, parce que ces patients viennent souvent consulter beaucoup plus tard que les autres, en raison des difficultés d’accès aux soins qu’ils rencontrent. 27 mars 2026 Publié le : Lire l'article Dans les cantons Les séances du Grand Conseil genevois sont accessibles au public malentendant Depuis des années, les débats parlementaires du Grand Conseil genevois sont sous-titrés et traduits en langue des signes en direct. Une prouesse technique assurée par la société Swiss TXT. Voici une démarche d’inclusion politique et citoyenne qui mérite d’être saluée. Depuis 2020, en effet, les malentendants et sourds genevois peuvent suivre en direct les séances et débats – parfois animés - de leur Grand conseil, grâce à une retranscription en langue des signes et à un sous titrage en temps réel. « Le projet de retranscription en langue des signes ainsi que le sous-titrage des séances a démarré par un projet de loi datant de 2017 et qui visait à donner une base légale au soutien financier accordé à la chaine locale Léman bleu, explique Laurent Koelliker, sautier du Canton de Genève. C’est lors des débats qu’un député a souhaité élargir le projet de loi à la mise en place de mesures d’accessibilité pour les personnes sourdes et malentendantes ». Appel d’offres Adopté en mars 2017 par 52 voix contre 36, le projet de loi de financement général de la chaîne Léman Bleu est ainsi entré en vigueur deux mois après, et avec lui les mesures prévues pour les personnes ayant une perte auditive. « Le secrétariat du Grand conseil est aussitôt entré en contact avec les associations représentatives pour évaluer ce qu’il était possible de faire, se souvient Laurent Koelliker. Au départ, c’était l’option d’avoir sur place une personne qui gèrerait la traduction en langue des signes qui avait été retenue. Elle a ensuite été abandonnée en raison de sa complexité, au profit d’une traduction LSF et d’un sous-titrage en direct à distance». Aussitôt, un appel d’offres est opéré, remporté par la société Swiss TXT, filiale de la SSR et qui assure ainsi depuis le début, l’importante logistique imposée par ce mandat un peu particulier. Au total, une vingtaine de personnes entre Zurich et Genève, comprenant des techniciens, des interprètes LSF, ainsi que sous-titreurs professionnels, gèrent et organisent l’accessibilité pour les sourds et malentendants, lors des 10 sessions annuelles du Grand conseil genevois, chacune d’elle durant… 2 jours entiers. Un défi : le direct ! « Pour moi, le principal défi est la transmission en direct et c’est vraiment une grande responsabilité, car tout doit fonctionner parfaitement, explique Liliane Martignetti-Blanco, responsable Retranscription et nouveaux projets chez Swiss TXT, qui ajoute : et si tout cela fonctionne, c’est vraiment grâce à l’excellent collaboration et implication des différents services chez nous, mais aussi au niveau du Grand conseil». A chaque session, un signal depuis la salle du Grand conseil envoie images et sons, qui sont ensuite traduits par des interprètes en langue des signes eux-mêmes filmés en studio. Les images obtenues sont ensuite renvoyées en temps réel sur le site internet du Grand conseil, via une solution intitulée Accessible Player qui permet également de renvoyer le sous-titrage. « Au moins une dizaine de personnes assurent le tournus pour assurer le sous-titrage en direct, via la technique du re-speaking. C’est une activité qui demande d’excellents réflexes ainsi que de vraies qualités techniques, en raison des procédures propres liées au Grand conseil, et qu’il faut connaître, ajoute Liliane Martignetti-Blanco, qui complète : « Et à ce stade, le travail n’est pas terminé, car une fois le direct assuré, c’est la post-production qu’il faut garantir, de sorte que la traduction LSF et le sous-titrage puissent continuer à être accessibles par la suite en replay ». 300'000 francs Chaque année, le Grand conseil consent la coquette somme de 300'000 francs pour garantir l’accessibilité des débats au public sourd et malentendant. « Malheureusement, nous ne disposons pas de statistiques permettant d'évaluer le nombre de personnes qui profitent de ce service, déplore le sautier Laurent Koelliker. Mais il est clair que le choix du Grand conseil de garantir ces retranscriptions était une décision de principe et non fondée sur des considérations pécuniaires. Il s’agit avant tout d’une démarche de service public et d’intégration du plus grand nombre, indépendamment de quelconques critères d’audience » https://ge.ch/grandconseil/sessions/live/ Le sous-titrage des sessions est également accessible via la chaîne de télévision Léman Bleu. 17 mars 2026 Publié le : Lire l'article Portrait «La première erreur pour un soignant, c’est de penser savoir!» La prise en charge de patients sourds ou malentendants est un défi pour tout soignant. Les explications de Corinne Béran, psychothérapeute et fondatrice de Boulevard Santé, un lieu unique qui, à Lausanne, réunit des thérapeutes indépendants spécialisés dans la surdité. A quoi doit être attentif un soignant, lorsqu’il interagit avec un patient sourd ou malentendant ? Déjà en premier lieu à être accessible ! C’est une dimension cruciale, puisque ces patients doivent commencer par réussir à entrer en contact avec le soignant, à l’atteindre autrement que par un simple appel téléphonique, ce qui n’est pas toujours évident. Cela implique que le soignant puisse recevoir des vidéos en langue des signes, ou être capable d’organiser des appels vidéo qui facilitent la lecture labiale etc. L’enjeu se situe donc au niveau de la communication ! Évidemment ! Il est impératif que le soignant adapte sa communication aux besoins de ces patients particuliers, et il est même de sa responsabilité de faire en sorte que sa communication soit optimale. Ainsi, j’ai dû non seulement développer mes compétences, en me formant à la langue des signes, en connaissant les spécificités du LPC ou de la lecture labiale etc., mais aussi m’équiper de moyens auxiliaires, comme une ardoise, une boucle magnétique, une application de retranscription sur mon smartphone etc… Il y a aussi la question de la gestion de l'espace pour que le patient soit confortable, en particulier au niveau de l’éclairage, sans oublier, et c’est important en psychothérapie, l’organisation de pauses pour certains, car les séances durent une heure en principe. Il y autant de profils que de patients sourds et malentendants et qui ont chacun leur spécificité. Comment un soignant peut-il gérer cette diversité ? Ce que l'on appelle l'anamnèse (ndlr, l’interrogatoire du patient) est très importante, car elle permet de clarifier les choses dès la prise de rendez-vous et d’affiner: savoir si le patient oralise, s’il utilise la langue des signes, se renseigner sur les conditions de survenue de sa perte auditive. Et en réalité, il s’agit d’un processus d’adaptation réciproque entre le patient et son soignant. Selon vous, quelles sont les erreurs à ne pas faire lorsqu’on prend en charge un patient sourd ou malentendant ? La première erreur, c'est de penser savoir, parce que la prise en charge d’une personne sourde profonde qui oralise est très différente de celle d'une personne avec une surdité moyenne mais acquise tardivement… En outre, pour les personnes qui oralisent, il faut éviter d’articuler de manière exagérée, de parler très fort ou de cacher sa bouche, ce qui interfère avec la lecture labiale. Enfin, une erreur courante est de croire que dès lors qu’un patient est accompagné par un interprète LSF ou un codeur LPC le message est forcément compris. Justement, beaucoup de patients sourds ou malentendants n’osent pas avouer qu’ils n’ont pas compris… Il y a des techniques pour vérifier que le message est bien passé, comme d’utiliser des supports visuels ou demander au patient de réexpliquer ce qu’on lui a dit. Il faut toujours partir du principe que ce qui nous paraît évident ne l'est pas forcément pour la personne en face, d'autant que comprendre les mots qu’un soignant prononce n’implique pas forcément d’avoir intégré le sens profond de son message. D’une manière générale, le personnel médical et soignant est-il suffisamment formé ou sensibilisé à la question de la perte auditive ? Quelques heures de formation-sensibilisation aux spécificités du handicap auditif sont dispensées en médecine, et au CHUV, cette dimension est abordée via une sensibilisation dispensée par Unisanté aux soignants et au personnel administratif. Mais tout cela reste des interventions ponctuelles. C'est un début, c'est mieux que rien, mais il reste clairement beaucoup à faire ! Venons-en aux spécificités de la psychothérapie. En quoi le travail d'un psychothérapeute spécialisé avec les personnes sourdes ou malentendantes est-il plus complexe ? Il faut être conscient que lorsqu'on traite des traumatismes, le corps fait partie de la prise en charge et suivant l'émotion qu’il ressent, le patient aura tendance à se replier sur lui-même, à détourner le regard, ou à se cacher le visage, etc. L'enjeu est donc de rester en lien avec la personne qui est débordée émotionnellement, alors que la communication visuelle est également coupée, ce qui représente une vraie difficulté… En plus de cela, le psychothérapeute doit être conscient de ce qu’implique la surdité dans un monde d’entendants, de la fatigue et de la frustration que cela peut représenter au quotidien pour ses patients qui d’ailleurs tendent parfois à la banaliser. Et quand on échange durant une heure avec un patient, cette dimension est vraiment importante. Y a-t-il d’autres dimensions à prendre en compte ? Bien sûr ! Il est important de connaître l'histoire de la surdité en Suisse mais aussi de connaître le contexte socioculturel et familial dans lequel s'inscrit le patient pour mieux pouvoir comprendre ce qu'il ressent. Enfin, il faut bien connaître le réseau de la surdité pour pouvoir l’orienter si besoin vers des professionnels qui connaissent les spécificités de la surdité et puissent le prendre en charge en toute sécurité. 9 mars 2026 Publié le : Lire l'article Actualités La surdité cachée, un mal peu connu et difficile à diagnostiquer Il est tout à fait possible de souffrir de surdité alors que les examens audiométriques sont parfaitement normaux. Explications sur ce qui n’est un paradoxe qu’en apparence. Les professionnels de l’audition la connaissent bien, mais le grand public bien moins. Saviez-vous que vous pouvez souffrir de surdité cachée ? En clair, présenter une perte auditive, alors que votre audiogramme – examen de référence s’il en est –, est tout à fait normal. « Ce type de surdité ne peut pas être détecté par les examens auditifs usuels, ce qui pour les médecins représente un véritable défi clinique et diagnostique, explique un ORL genevois. En général, les patients consultent parce qu’ils éprouvent des difficultés à entendre en milieu bruyant, avec parfois, mais pas toujours des acouphènes, de l’hyperacousie ou même une vraie fatigabilité auditive. Et jusqu’à il n’a pas très longtemps, on les renvoyait chez eux dès lors que leur audiogramme était tout à fait normal ». Découverte récente De découverte récente, la surdité cachée est une pathologie qui n’est pas liée à une atteinte de l’oreille interne – les cellules ciliées sont tout à fait intactes – mais du nerf auditif, plus particulièrement au niveau des connexions synaptiques avec l’oreille interne. Il s’agit donc plus d’une atteinte neurologique que d’une atteinte de l’appareil auditif proprement dit. De fait, la seule manière de la diagnostiquer est d’avoir recours à des examens très spécialisés dont l’objectif est de détecter des anomalies qui seraient passées inaperçues avec les examens standards : potentiels évoqués auditifs, électro-cochléographie, audiométries tonale et vocale etc. « Il faut avoir recours à ces examens lorsqu’un patient se plaint de manière prolongée de difficultés à entendre dans le bruit, alors que les examens usuels n’ont rien objectivé, explicite l’expert. Et c’est d’autant plus recommandé qu’il a dans son histoire médicale des antécédents d’exposition excessive au bruit. » Causes inconnues Si les causes de la surdité cachée ne sont pour l’heure pas clairement établies, on sait en revanche en effet que les traumatismes sonores répétés peuvent la favoriser, en fragilisant les fibres nerveuses. Sont d’ailleurs ainsi plus fréquemment atteintes, un certain nombre de professions à haut risque sonore, comme les musiciens, les travailleurs dans le bâtiment ou l’industrie. D’autres facteurs favorisant l’apparition d’une surdité cachée ont également été identifiés : le vieillissement qui provoquerait une dégénérescence des fibres nerveuses, la concomitance avec des maladies inflammatoires chroniques, mais aussi avec du diabète, ou un taux élevé de cholestérol, ou encore le recours à certains médicaments oto-toxiques etc. La prise en charge et le traitement de la surdité cachée constituent enfin un véritable défi pour les médecins, confrontés à des alternatives thérapeutiques limitées. Des recherches sont toutefois en cours, alors que la principale difficulté réside dans la régénération des fibres nerveuses et/ou des connexions synaptiques altérées. Appareils auditifs « Chez certains patients, mais ce n’est pas la majorité des cas, on a cependant constaté que le port d’appareils auditifs pouvait améliorer la situation, note notre ORL. Mais d’une manière générale, nous sommes pour l’instant démunis et le seul levier sur lequel nous pouvons actuellement efficacement agir est celui de la prévention. Il est très important surtout pour les jeunes, de bien veiller à contrôler et surtout limiter leur exposition à des niveaux sonores trop élevés ». 2 mars 2026 Publié le : Lire l'article Point fort « L’intelligence artificielle nous permet de faire plus » Depuis des années, la SSR offre un sous-titrage ciblé et spécifique de ses programmes pour les sourds et les malentendants, financé par la redevance. L’avènement de l’intelligence artificielle améliore considérablement le travail des sous-titreurs et devrait permettre d’atteindre l’objectif de 100% des programmes sous-titrés à l’horizon 2027. Rencontre avec Fabienne Wieser, responsable du sous-titrage pour la Suisse romande. A la RTS, combien de personnes se consacrent-elles au sous-titrage pour sourds et malentendants ? Actuellement nous sommes 32. Jusqu’à fin décembre, nous travaillions dans le cadre de la société Swiss TXT, rattachée, à la SSR. Dès lors que Swiss TXT va être dissoute, nous serons pleinement intégrés à la SSR. Quelle proportion de programmes arrivez-vous à sous-titrer actuellement ? Actuellement, nous sous-titrons 85% de la totalité de nos diffusions. Pour donner un ordre d’idées, quand j’ai commencé dans mes fonctions il y a 10 ans, nous en étions à environ 50%. Comment expliquez-vous cette performance ? C'est clairement l'avènement du re-speaking qui a permis d’atteindre ce taux. Il s’agit d’une technologie de sous-titrage qui fait appel à la reconnaissance vocale. Le transcripteur entend dans un casque les mots prononcés par le locuteur, il les répète dans un microphone, et la reconnaissance vocale affiche le texte dans le logiciel ad hoc. Ensuite, il corrige les éventuelles erreurs et surtout reformule et synthétise le texte sans dénaturer le propos… Ce que les sourds et malentendants voient à l’écran n’est donc pas une retranscription mot à mot… Non, notre mission est de proposer un sous-titrage spécifique et ciblé pour les malentendants. La restitution d’un simple verbatim conduirait à un texte plus difficilement compréhensible. Venons-en à l'arrivée de l'intelligence artificielle. Celle-ci permet-elle de faire plus vite, moins cher, et mieux ? Plus vite c’est sûr, moins cher, sans doute. Mais mieux, cela dépend surtout du type de programme que l’on veut sous-titrer… Comment utilisez-vous l'IA aujourd'hui ? Pour le sous-titrage d'une émission pré-produite, c'est-à-dire enregistrée en avance, comme les documentaires, les entretiens, etc., l'intelligence artificielle convient bien et donne un rendu de qualité, même s’il nous revient ensuite de faire des corrections et de calibrer le texte pour qu’il réponde aux besoins des personnes sourdes et malentendantes : il manque en effet les couleurs, les tirets qui indiquent le changement de personnes qui parlent etc… En revanche, les émissions plus complexes mais aussi le direct, requièrent une intervention humaine plus importante. Le recours à l’intelligence artificielle est donc une aide précieuse ? Sans aucun doute. Il s’agit en fait d’une béquille qui nous permet d'aller plus vite dans le travail de sous-titrage de certaines émissions, ce qui nous permet de libérer du temps pour nous impliquer dans de nouvelles tâches, comme par exemple l'audiodescription en direct pour les personnes aveugles, qui est en pleine croissance. Finalement, la vivez-vous comme une concurrente ? A l’époque, quand le re-speaking est arrivé, on a entendu les mêmes craintes chez Swiss TXT. Finalement, on s'est rendu compte que grâce à cette technologie, on pouvait faire plus. C’est la même chose pour l'intelligence artificielle, qui est une occasion de produire davantage de contenus sous-titrés, l’objectif légal étant de parvenir à 100 % des programmes à l’horizon 2027. Vous n’allez donc pas disparaître ? Tout dépend de la qualité de sous-titrage que l'on attend. Si l'on veut quelque chose de spécifique et de qualitatif pour les sourds et les malentendants, une intervention humaine sera à mon avis toujours nécessaire. Les interprètes au sens large font d’ailleurs face à la même problématique. 16 févr. 2026 Publié le : Lire l'article Portrait Michèle Lovis, de la langue des signes belge au… Repuis de Grandson Après 15 années passées en tant que « Répondante Surdité » au centre de formation professionnelle spécialisée Le Repuis (VD), Michèle Lovis partira à la retraite le 1er mars prochain. Retour sur un parcours très riche en enseignements. « Ce qui m’a le plus marquée dans ce métier et que je trouve vraiment très important, c’est la capacité de résilience de tous ces jeunes qui arrivent à faire de superbes parcours, qu’ils soient implantés et oralisent, qu’ils soient appareillés, qu’ils maîtrisent bien ou peu le LPC ou enfin qu’ils communiquent en langue des signes. Cela montre que les efforts et la motivation finissent toujours par payer, et pour moi en tant qu’éducatrice spécialisée, c’est très gratifiant ». Ce constat, réjouissant et très encourageant, Michèle Lovis le dresse, à la veille de prendre une retraite bien méritée le 1er mars prochain, après avoir officié en tant que « Répondante surdité » durant 15 années d’intense activité au Repuis (Grandson-VD), un centre de formation professionnelle spécialisée pour des apprentis ne pouvant acquérir celle-ci selon le processus traditionnel. Conséquences de la surdité 15 années passées à suivre, encadrer, accompagner et orienter des dizaines de jeunes sourds ou malentendants durant tout leur parcours professionnel : traduire en langue des signes en cas de besoin, faciliter le lien entre l’apprenti et son maître d’apprentissage, accompagner certaines jeunes à sortir du déni et apprivoiser leur surdité, renseigner les familles, la tâche est multiple, prenante et passionnante, avec toujours le même constat : « Durant toutes ces années, j’ai pu constater l’importance des conséquences invisibles de la surdité, observe-t-elle. Un réservoir lexical appauvri - que le jeune oralise ou utilise la langue des signes -, et qui rend compliquée la gestion des émotions, une culture générale également souvent appauvrie, ainsi que des difficultés d’abstraction. Cette méconnaissance de ces conséquences, tant de la part des jeunes eux-mêmes que de leurs proches, a été un des éléments les plus complexes à gérer durant mes fonctions, tant il est difficile de réussir un parcours de formation lorsqu’on a un champ lexical restreint et que l’on croit qu’un implant ou qu’un appareil règle tout ». Autre constat riche en enseignements : « J’ai également appris que l’on ne peut avancer qu’au rythme de ces jeunes et de leurs familles. Ainsi, ce qui compte c’est que leurs compétences professionnelles et scolaires correspondent à leur niveau de formation – pratique, AFP, CFC – et qu’ils soient bien à l’aise, aussi bien dans la formation qu’ils suivent, qu’avec leur surdité. D’ailleurs, en fonction de leurs compétences acquises et développées et de leur potentiel d’employabilité, certains poursuivront leur formation au niveau supérieur. Et puis enfin, dans le monde de la surdité, je me suis beaucoup enrichie des pratiques et des ressources du réseau de professionnels de la surdité en Romandie». Apprentissage de la langue des signes… belge Rien ne prédestinait Michèle Lovis à consacrer sa carrière au monde de la surdité, ni dans son entourage personnel ou familial, ni dans sa formation initiale. Très jeune, c’est en effet un apprentissage d’employée de commerce qu’elle commence à Yverdon. Seulement voilà : le commerce et les bureaux ont rapidement représenté un monde « trop fermé » pour la jeune femme qui rêve d’autres horizons. Ce sera donc l’éducation spécialisée à l’EESP de Lausanne ( aujourd’hui Haute école de travail social et de la santé, ndlr) dont elle sortira diplômé en 1985, il y a donc exactement quarante ans. Après de nombreux stages et trois années de travail en Suisse, elle décide de s’expatrier en Belgique. Et c’est là, à la faveur de rencontres dans le milieu associatif, qu’elle découvre, pour la première fois, la langue des signes. Une langue qu’elle trouve d’emblée « fascinante » et qui la conduit à l’apprendre « par curiosité » durant 5 années, à la faveur de cours du soir. A l’issue de ceux-ci, elle est prête à se présenter à l’examen d’entrée de l’école d’interprètes de Bruxelles, mais doit y renoncer, car elle doit rentrer en Suisse. Avec au final un bagage professionnel plutôt inutile, la langue des signes belge francophone étant très différente de notre langue des signes romande. « J’ai alors dû reprendre quasiment à zéro mon apprentissage de la langue des signes durant six ans, tout en travaillant en parallèle dans une structure d’accueil à Yverdon », raconte-elle. « Plaisir et sérénité » Un apprentissage et un effort qui ne seront pas vains, car lorsqu’elle envoie sa candidature au centre de formation professionnelle le Repuis, qui était à la recherche d’une éducatrice spécialisée pour accompagner les sourds et les malentendants dans le cadre de leur formation, elle est évidemment immédiatement engagée, tant son profil est parfaitement adéquat pour le poste à pourvoir. Après 15 années d’engagement au Repuis, dans un univers qu’elle a trouvé « passionnant », la voici donc qui s’apprête à prendre une retraite bien méritée. Une perspective qui ne l’effraie guère : « Je ne me suis jamais ennuyée en dehors de ma vie professionnelle, j’aborde donc cette étape avec beaucoup de plaisir et de sérénité et me laisserai conduire là où la vie me mènera ». 9 févr. 2026 Publié le : Lire l'article EN VOIR + EN VOIR + Magazine

  • Comprendre sans tout entendre: la lecture labiale, une compétence qui s’acquiert | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine Comprendre sans tout entendre: la lecture labiale, une compétence qui s’acquiert 30 juin 2026 Publié le : Dans le brouhaha d’un restaurant, lors de conversations en groupe ou lors de réunions professionnelles, une personne malentendante peut facilement perdre une partie des échanges. Si les appareils auditifs ou les implants cochléaires aident, ils ne restituent pas toujours les sons de manière nette. C’est ici qu’intervient la lecture labiale. Loin d’être une capacité innée, il s’agit d’une compétence précise qui s’acquiert et se perfectionne par la pratique. Bien que l’on dise couramment qu’il s’agit de «lire sur les lèvres», l’exercice consiste en réalité à observer un ensemble de mouvements qui fournissent une multitude d’indices visuels: le dessin formé par les lèvres, bien sûr, mais aussi la position de la langue et le degré d’ouverture de la bouche. Pourtant, cette observation ne suffit pas toujours, car certaines syllabes se ressemblent terriblement, comme «pa», «ba» et «ma», pour ne citer qu’un exemple. Décoder ce qui est visible et invisible Au-delà de la reconnaissance des images produites par la bouche selon les différents sons, l’enjeu de l’apprentissage consiste aussi à apprendre à combler ces ambiguïtés. Pour y parvenir, le cerveau opère un travail formidable de reconstitution, par ce que l’on nomme la «suppléance mentale». Il s’appuie sur le contexte de la phrase, la logique du discours et les résidus auditifs pour assembler les fragments et retrouver le sens global. Ainsi, l'apprentissage consiste à affiner la reconnaissance des indices visuels de la parole et à développer les capacités d’interprétation, afin de rendre la compréhension plus rapide, plus efficace et moins fatigante. Un accompagnement structuré et accessible Acquérir ces compétences demande un guidage. C’est l’une des missions que nous nous sommes donnés à la fondation FoRom écoute. Chaque année, nous finançons et coordonnons environ 600 heures de cours collectifs, dispensés dans une quinzaine de villes romandes par treize enseignantes spécialisées dont notre fondation a financé la formation spécifique en lecture labiale. Ce soutien permet aux participant·e·s d’accéder à cet apprentissage quels que soient leurs moyens financiers, puisque seule une contribution symbolique leur est demandée. Ces cours sont dispensés sous forme de cycles de 10 séances hebdomadaires ou mensuelles de 2 heures, en petits groupes de 5 à 7 personnes. Cette taille réduite permet aux participant·e·s de bénéficier d’un suivi individualisé, tout en profitant de la dynamique de groupe et des échanges entre pairs. Car au-delà de la technique et des méthodes, il s’agit aussi de rompre l’isolement et de prendre sa place dans les conversations. Un participant le confirme: «J’acquiers de nouvelles compétences et je retrouve confiance en moi dans un climat amical». Une pratique à vivre au quotidien Cette offre, destinée aux adultes, est actuellement déployée à Genève, Lausanne, Vevey, St-Maurice, Martigny, Bulle, Bienne, Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Porrentruy, Delémont, Vicques et Moutier *. Entre les séances, les participant·e·s poursuivent leur apprentissage dans leurs interactions courantes. Nous les y encourageons, car l’articulation varie d’une personne à l’autre par de subtiles nuances: multiplier les expériences avec divers interlocuteurs permet donc de progresser plus rapidement. La lecture labiale complète ainsi utilement les prothèses auditives les plus efficaces, comme en témoigne l’une de nos participantes: «En milieu bruyant, j’arrive désormais à suivre la discussion». Une belle victoire! * La liste des villes dans lesquelles des cours sont disponibles peut évoluer. Nous vous recommandons de consulter la page « Cours de lecture labiale » pour plus de détails sur les cours actuels, ainsi que pour trouver les contacts utiles selon votre région. 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! Photo © Sébastien Monachon SUIVANT PRECEDENT

  • La Suisse n’applique pas correctement la Convention de l'ONU relative aux droits des personnes handicapées | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine La Suisse n’applique pas correctement la Convention de l'ONU relative aux droits des personnes handicapées 17 mai 2024 Publié le : Ce mercredi 15 mai, la Suisse a fêté le dixième anniversaire de l'entrée en vigueur de la Convention de l'ONU relative aux droits des personnes handicapées. En la ratifiant, la Confédération s'est engagée à mettre pleinement en œuvre les droits des personnes handicapées. Cet objectif est encore loin d’être réalisé. En mars 2022, le Comité compétent de l'ONU a réalisé sa première évaluation des progrès de la Suisse dans la mise en œuvre de la Convention de l'ONU relative aux droits des personnes handicapées ratifié par la Suisse au printemps 2014. Le rapport émis par ce Comité critique la Suisse à la fois sur le plan national et international. Sur le plan national, l’inclusion exigée par la CDPH n’est pas encore une réalité avec une large palette d’obstacles : manque d’accès à la formation, barrières architecturales, discriminations au travail ou dans l’accès aux services fournis au public, retrait des droits politiques. « Il n’existe pas de plan d’action global au niveau fédéral et cantonal visant à éliminer ces obstacles expliquait alors Maya Graf, coprésidente de l’association Inclusion Handicap. Aujourd’hui, les lois existantes ne sont ni systématiquement examinées à la lumière de la CDPH, ni édictées ou révisées avec la participation des personnes handicapées en tenant compte de leurs revendications et besoins ». En ce qui concerne spécifiquement la coopération internationale de la Suisse, le Comité a formulé à l'attention de la Confédération plusieurs recommandations, suggérant notamment d’élaborer des plans d’action, d’impliquer activement les personnes handicapées et leurs organisations représentatives dans l'élaboration de ses stratégies et de ses programmes de coopération internationale et d’adopter des directives pour s'assurer que tous ses projets garantissent les droits des personnes handicapées tout en étant conformes à la CDPH de l'ONU. 190 Etats Depuis la publication de ce rapport, la Direction du développement et de la coopération (DDC) dépendant du Département fédéral des affaires étrangères, n'a que partiellement mis en œuvre une des recommandations, en évaluant désormais tous ses projets en fonction du handicap. Cependant, malgré cette mesure, la qualité des données doit être encore améliorée et les résultats demeurent décevants : selon les données de la DDC, seuls 3 % de ses projets sont spécifiquement axés sur les personnes handicapées. 190 Etats ont désormais ratifié la Convention de l'ONU relative aux droits des personnes handicapées, dont la Suisse au printemps 2014. Ces Etats s'engagent à garantir les droits fondamentaux des personnes handicapées. Par ailleurs, deux articles de la CDPH traitent spécifiquement de la coopération internationale et visent à ce que les acteurs de l'aide humanitaire (article 11) ou de la coopération au développement (article 32) intègrent activement les personnes handicapées dans tous leurs projets et programmes. SUIVANT PRECEDENT

  • Sonia Schwerdtel: «La plus belle chose que j’aie entendue: tu n’es pas seule!» | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine Sonia Schwerdtel: «La plus belle chose que j’aie entendue: tu n’es pas seule!» 17 août 2023 Publié le : Née malentendante, âgée de 26 ans, cette Française dont le papa est allemand et la maman indienne prépare actuellement un CFC en Valais pour compléter sa formation initiale d’architecte d’intérieur. Rencontre avec une jeune femme déterminée, passionnée de volley et de beach volley, et à qui l’effort ne fait jamais peur… Depuis quand êtes-vous malentendante ? En fait, je suis née malentendante en raison d'une probable cause héréditaire, car j'ai un grand-père malentendant et une cousine éloignée qui a également une perte auditive. Du reste, selon mon audioprothésiste, mon audiogramme évoque clairement une surdité de type héréditaire… Comment a été découvert votre handicap auditif ? Très jeune, j'entendais un peu, mais mes parents ont remarqué que je ratais certaines choses. Ils m'ont emmenée voir un médecin qui a décrété que je n'avais rien, et que mon problème venait du fait que mon papa parlait l'allemand et que ma maman parlait l'anglais. Pour lui, il suffisait de me parler dans une seule langue et tout rentrerait dans l’ordre (rires). Et cela a-t-il réglé le problème ? Pas du tout ! Ma mère a vite constaté que ça n'allait toujours pas, et à l’âge de 2 ans, mes parents m’ont emmenée consulter un ORL qui leur a annoncé : « votre fille est malentendante ! ». A l'époque, ma perte auditive était de 65% pour les 2 oreilles. Aujourd’hui, j’en suis à 90%, mais au moins c’est stabilisé… Vous avez donc dû être appareillée… Oui, mais finalement assez tard, puisque je ne l’ai été qu’à l'âge de 2 ans et demi. Cela dit, grâce aux appareils, j'ai appris à parler, j'ai pu communiquer… Et depuis le mois de janvier dernier, j'ai de nouveaux appareils beaucoup plus performants : je peux désormais aller au restaurant ou évoluer dans des environnements bruyants sans trop de difficultés. Où avez-vous suivi votre scolarité obligatoire ? Dans une école normale, en France, à Prévessin, près de Genève, où j'ai grandi. L'école primaire s'est très bien déroulée car j'ai été suivie par une assistante de vie scolaire et une enseignante spécialisée qui m'expliquait les cours en dehors de la classe. Et ensuite ? J'ai été au lycée, où j’ai également été soutenue avec quelqu'un qui prenait les notes pour moi, ce qui me permettait de me concentrer sur ce qui se disait en classe et de décrocher en 2015, mon baccalauréat scientifique ! Je crois que sans tous les soutiens que j’ai eus, j’aurai certainement également réussi, mais au prix d'un burn-out ! Que faites-vous après votre baccalauréat ? J'étais vraiment très fatiguée, j'ai donc pris une année sabbatique durant laquelle j'ai voyagé, en particulier au Japon. Ensuite, j’ai pris des cours de japonais et de piano, j'ai fait beaucoup de sport, beaucoup cuisiné et j'ai même passé mon permis de conduire. En fait, je n'aime pas perdre mon temps ! (rires) Quelles études décidez-vous de suivre ensuite ? Après une année de passerelle au Centre de formation professionnelle art de Genève, j’ai fait un bachelor à la HEAD, la Haute École d’Art et de Design, toujours à Genève, en architecture d'intérieur. Très jeune, j’ai été sensible à l'importance de créer un espace capable de faire ressentir les choses aux gens… Ces études ont-elles été faciles ? Non pas vraiment ! A la HEAD, je n’ai eu aucune aide, alors que ces études impliquaient beaucoup de travail d’équipe et de communication ! J'ai tellement souffert que j'ai même pensé arrêter et puis heureusement un jour, ma mère m'a poussée à contacter la fondation a capella pour essayer de trouver du soutien. Et cela vous a aidée ? Oui, car la chose la plus extraordinaire que j'ai pu y entendre a été : « tu n'es pas seule ». Dès lors, j'ai pu découvrir le monde de la surdité, apprendre à mieux maîtriser le code, évoluer avec des gens qui comprenaient ce handicap. Aujourd’hui, travaillez-vous comme architecte d'intérieur ? Non, en Suisse contrairement à la France, cette profession n'est pas très reconnue et il est difficile de trouver un travail. Je suis donc actuellement une formation accélérée de 2 ans à Morges pour avoir un CFC de dessinatrice en bâtiment dans le but d’apprendre la technique de construction et de compléter mon métier d’architecte d’intérieur, ce qui m’aidera à trouver plus facilement du travail ou même pourquoi pas devenir indépendante. Et je me suis établie le temps de mes études près de Martigny, car mon entreprise formatrice est juste à côté. Quels sont vos projets pour la suite ? Normalement, je termine mon CFC l'année prochaine. Pour la suite, j'ai beaucoup d'idées mais je ne suis pas encore décidée : peut-être faire un master en design de produits car il y a un côté artistique qui me plaît beaucoup, mais aussi peut-être faire de la bande dessinée… SUIVANT PRECEDENT

  • Un bébé britannique a retrouvé l’audition grâce à une thérapie génique | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine Un bébé britannique a retrouvé l’audition grâce à une thérapie génique 24 mai 2024 Publié le : Née sourde, la petite Opal Sandy a retrouvé l'ouïe grâce à une thérapie génique reçue à l’âge de 11 mois. Très prometteur, ce type de traitement doit être administré le plus tôt possible. La thérapie génique avance à très grands pas. Il y a six mois, FoRom écoute vous expliquait comment 4 enfants chinois avaient, grâce à cette technique, retrouvé leur audition . Cette fois, c’est en Grande Bretagne que cette prouesse a de nouveau eu lieu. Née sourde, la petite Opal Sandy entend aujourd’hui de nouveau sans appareils auditifs, après avoir fait l’objet d’une thérapie génique alors qu’elle n’était âgée que de 11 mois. Sa surdité, Opal la devait à une neuropathie auditive, une maladie liée à la variation d’un seul gène intitulé OTOF, qui « code » pour une protéine appelée otoferline et qui est indispensable aux cellules ciliées internes de l’oreille dont le rôle est de transmettre le signal sonore au nerf auditif. En septembre dernier à l'hôpital Addenbrook (GB), la fillette a reçu sous anesthésie générale dans le cadre d’un essai clinique mené par le professeur Manohar Bance du Département des neurosciences cliniques de l’Université de Cambridge, et au cours d’une intervention qui a duré à peine une vingtaine de minutes, une injection contenant un nouveau gène actif dans la cochlée de son oreille droite. Résultats « spectaculaires » Quelques semaines plus tard, la petite Opal réagissait déjà aux sons, pour revenir à une audition quasi normale six mois après. «Ces résultats sont spectaculaires et meilleurs que je ne l’espérais» , a déclaré le professeur Manohar Bance dans un communiqué publié par le NHS, le système public de santé britannique. «C’est, nous l’espérons, le début d’une nouvelle ère pour les thérapies géniques pour l’oreille interne et beaucoup de types de pertes d’audition» . Pour obtenir les résultats les plus probants possibles, cette thérapie génique doit intervenir le plus précocement possible, alors que le dépistage de cette anomalie génétique est complexe, la plupart des bébés porteurs passant entre les mailles du dépistage néonatal et n’étant diagnostiqués que vers 2 ou 3 ans. « Nous avons un laps de temps court pour intervenir en raison du développement rapide du cerveau à cet âge, explique le Pr Manohar Bance. Les retards dans le diagnostic peuvent également causer de la confusion pour les familles car les nombreuses raisons d’un retard de parole et une intervention tardive peuvent avoir un impact sur le développement des enfants ». SUIVANT PRECEDENT

  • Congrès 2026: inclusion, action et joie de vivre | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine Congrès 2026: inclusion, action et joie de vivre 9 juin 2026 Publié le : Pour cette 25e édition, FoRom écoute a fait le choix de placer la parole des personnes concernées au cœur des échanges. Le traditionnel congrès s’est mué en un laboratoire d’idées vivant, où les vécus individuels sont devenus une ressource collective, insufflant une énergie palpable. Retour sur une journée où l’inclusion s’est vécue, partagée et célébrée. Une centaine de personnes malentendantes se sont réunies le 30 mai dernier pour le congrès annuel de FoRom écoute. Le mot d’ordre? Une inclusion réelle, concrète, qui doit se vivre partout: dans la vie sociale, familiale, professionnelle, culturelle, sportive et citoyenne. Plus de témoignages, plus de pouvoir d’agir Comme l’a souligné Laurent Huguenin dans son mot de bienvenue: «Notre rôle n’est pas de faire à votre place, mais de vous donner des outils, des repères, et surtout la possibilité de reprendre la main sur votre parcours.» Pour traduire cette vision en actes, le format 2026 a accordé une place importante aux témoignages de personnes malentendantes. Loin d’être des récits centrés sur les difficultés, ces interventions ont été conçues comme des leviers d’action. D’Anne et Sylviane , qui ont partagé leur chemin vers l’acceptation et la «suradaptation» transformée en force, à Jean-Bernard , pionnier de l’engagement associatif et professionnel, en passant par les révélations tardives mais lumineuses de Marlène et Caroline : chaque histoire a résonné comme une preuve qu’il est possible de «prendre le pouvoir» sur sa vie. Les interviews croisées ont permis de confronter les générations et les parcours, faisant émerger des conseils pratiques: oser demander des adaptations, choisir le bon audioprothésiste, utiliser la technologie (comme Auracast, expérimentée en direct lors du congrès sous la supervision de notre consultante audioprothésiste) ou encore simplement porter son handicap de manière visible, accessoires à l’appui. Une alchimie unique pour parler de philosophie L’inclusion ne se limite bien sûr pas aux outils. Elle passe aussi par le regard des autres et par le travail sur soi. Pour aborder cette dimension, le philosophe et écrivain Alexandre Jollien nous a fait la surprise de partager la scène avec Bernard Campan , l’acteur et ami avec lequel il a tourné le film Presque . Les deux complices ont livré un dialogue à la fois profond et vivant, ponctué d’anecdotes et d’humour, pour illustrer comment «devenir soi-même» et transformer sa différence en une force de lien. Ce duo inattendu a cristallisé l’esprit de la journée: une inclusion joyeuse et partagée. Une énergie qui porte vers l’avenir Les premiers retours ont été unanimes: l’objectif est atteint. Les participantes et participants ont emporté avec eux une inspiration nouvelle. «Un grand merci pour cette journée, riche en expériences!» s’est exclamée l’une des participantes ayant pris la parole lors des panels. Une autre participante abonde: «Les expériences et les partages étaient riches et pertinents. J’ai eu beaucoup de plaisir à y assister.» L’émotion était également au rendez-vous: «J’ai ressenti beaucoup d’émotions diverses et variées en entendant ces témoignages poignants et la parole précieuse de notre philosophe national. Encore merci pour l’organisation de cette belle rencontre.» Pour aller plus loin et se revoir l’an prochain Pour celles et ceux qui souhaitent revivre ces moments ou partager les interventions avec leur entourage, les vidéos du congrès seront prochainement mises en ligne sur la chaîne YouTube de FoRom écoute. Enfin, notez déjà dans vos agendas la date de notre prochain grand rendez-vous: le 26e congrès annuel de FoRom écoute se tiendra le samedi 29 mai 2027 à Lausanne. 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et recevoir un email dès que les vidéos du Congrès 2026 seront en ligne: abonnez-vous à la newsletter ! Photo: Sebastien Monachon SUIVANT PRECEDENT

  • Reeflect, une «oreille artificielle» à domicile | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine Reeflect, une «oreille artificielle» à domicile 19 janvier 2025 Publié le : Reeflect est un système de domotique de sécurité fondé sur l’intelligence artificielle qui informe les sourds et malentendants, via des alertes lumineuses spécifiques, de chaque évènement qui survient dans leur domicile. Après la France en juin 2025, le dispositif devrait être commercialisé en Suisse. « Mes deux parents sont sourds de naissance, je suis donc bien placé pour savoir à quel point il est préjudiciable de ne pas savoir ce qu’il se passe dans son environnement et se sentir en sécurité dans son domicile quand on présente une perte auditive. Le projet Reeflect est donc un projet à 100% né d’une expérience personnelle. » Créée à Montpellier en France, par le jeune ingénieur Anthony Denux, Reeflect ne cache pas son ambition de révolutionner et le mot n’est pas faible, la vie des sourds et malentendants lorsqu’ils sont chez eux. Mais de quoi s’agit-il exactement ? « Il s’agit d’un dispositif intelligent, une véritable oreille connectée à domicile qui vise à détecter les bruits pour alerter les personnes en cas de besoin, afin de leur garantir une autonomie complète », lance Anthony Denux. Notifications et alertes lumineuses Concrètement, grâce à une intelligence artificielle développée exclusivement à cet effet, des micros disposés dans chaque pièce sont capables de détecter les bruits importants de la vie quotidienne, qu’il s’agisse des pleurs d’un enfant, d’un robinet qui fuit, d’une porte qui claque ou de quelqu’un qui sonne à la porte, etc… Connectés à une application mobile, ces micros spécifiquement paramétrés, envoient immédiatement une notification au smartphone ou à la montre connectée du détenteur, tandis que simultanément des LED ou autres alertes visuelles peuvent être enclenchées. L’avantage du dispositif est qu’il permet à son utilisateur de définir toute une série de paramètres qui lui permettent d’identifier immédiatement la nature de l’alerte, et exactement dans quel lieu de la maison elle a été déclenchée. Par exemple, une couleur bleue lorsqu’un bébé pleure, verte quand la porte sonne, ou alors l’ensemble des lumières de la maison qui s’allument simultanément en cas d’alerte incendie etc. « Les alertes visuelles pour personnes déficientes auditives n’ont jamais vraiment évolué depuis des années, constate Anthony Denux qui a déjà plus de 1500 clients sur sa liste d’attente, sans compter de nombreuses demandes en provenance de Suisse. Notre souhait a vraiment été de disrupter le secteur en imaginant une solution qui réponde complètement aux besoins spécifiques de chacun, sous la forme d’un véritable assistant de vie à domicil e». Et d’ajouter : « Les sourds et malentendants ont été une communauté trop longtemps oubliée et je suis bien placé pour le savoir. C’est aussi pour cette raison que nous souhaitons proposer des prix abordables, 1000 euros pour équiper un appartement, 1500 pour une maison ». Nombreuses distinctions Aujourd’hui en voie de finalisation, la solution Reeflect qui a déjà raflé de nombreuses distinctions lors de concours réservés aux start-up, devrait entrer dès le début de cette année 2025 en phase de tests en conditions réelles, pour une commercialisation à destination du grand public prévue en juin 2025. La Suisse devrait suivre rapidement, « tant les demandes de renseignement en provenance de ce pays sont importantes » . Et ce n’est pas tout : au-delà des particuliers, Reeflect mise également sur le marché des entreprises, via un système non pas de ventes, mais d’abonnements, les besoins en termes d’aménagement de postes pour les sourds et malentendants étant très importants. www.reeflect.fr SUIVANT PRECEDENT

  • L’initiative pour l’inclusion sera déposée à Berne le 5 septembre prochain | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine L’initiative pour l’inclusion sera déposée à Berne le 5 septembre prochain 1 septembre 2024 Publié le : Au début du mois de juillet, ce texte réunissait déjà plus de 105'000 signatures. Les Suisses devront donc très probablement se prononcer pour une meilleure intégration sociale et professionnelle des personnes handicapées, y compris les malentendants. Le 5 septembre prochain dès 14 heures, les signatures de « l'initiative pour l'inclusion » seront déposées à la Chancellerie fédérale, à Berne. Plus de 1000 personnes sont attendues pour la grande manifestation en faveur en faveur de l'inclusion et de l'égalité des personnes avec et sans handicap qui sera organisée en parallèle de la remise de signatures. Pour rappel, depuis deux décennies, la Constitution suisse garantit un certain niveau de protection contre les discriminations fondées sur un handicap physique, cognitif ou psychique. La Suisse dispose ainsi d’une loi sur l’égalité des personnes handicapées (LHand) et a ratifié la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées (CDPH). Reste que ces droits humains fondamentaux sont mis en œuvre de façon extrêmement hésitante, voire pas du tout, notamment sur le plan cantonal où de nombreuses insuffisances subsistent. Réseau interpartis Face à ce constat, un large réseau interpartis regroupant des personnes handicapées, la société civile, des organisations spécialisées et des associations, dont FoRom écoute, soit plus de 1000 soutiens, ont lancé une récolte de signatures pour exiger l’égalité en droit et dans les faits des personnes handicapées. « La Suisse dispose d’une loi sur l’égalité des personnes handicapées mais celle-ci demeure largement incomplète pour permettre une pleine intégration sociale et professionnelle, constate Laurent Huguenin, président de FoRom écoute, la fondation romande des malentendants. Pour les malentendants par exemple, les mesures de soutien, que ce soit sous forme d’assistance, de moyens auxiliaires ou d’autres mesures d’adaptation sont insuffisantes. C’est la raison pour laquelle FoRom écoute soutient pleinement cette initiative » . L’initiative, intitulée «Pour l’égalité des personnes handicapées (initiative pour l’inclusion)» demande ainsi une modification de la constitution fédérale afin qu’y soient ajoutés les articles suivants : ¹ La loi pourvoit à l’égalité de droit et de fait entre les personnes handicapées et les personnes non handicapées dans tous les domaines de la vie. Les personnes handicapées ont droit, dans le cadre de la proportionnalité, aux mesures de soutien et d’adaptation nécessaires à cet effet, notamment à une assistance personnelle et technique. ² Les personnes handicapées ont le droit de choisir librement leur forme de logement et l’endroit où elles habitent et ont droit, dans le cadre de la proportionnalité, aux mesures de soutien et d’adaptation nécessaires à cet effet. « Cette initiative vise à améliorer l’accessibilité dans tous les domaines de la vie, comme par exemple l’accès à la culture (que les acteurs des milieux culturels étoffent leur offre et prennent mieux en compte les besoins des personnes déficientes auditives, avec le sous-titrage, l’interprétation en LPC et/ou en LSF), ou encore dans le monde du travail (moins de discrimination à l’embauche, meilleure ouverture sur le marché de l’emploi, meilleure connaissance de notre handicap par les services publics, employeurs, instituts de formation et écoles, mise en place simplifiée d’adaptations sur la place de travail, etc.) explique Hadja Fatim a Marca-Kaba déficiente auditive et membre du comité d’initiative. Par ailleurs, elle entend corriger le tir, suite au rapport de la CDPH qui a relevé un très important retard et de nombreuses lacunes dans la mise en place par la Suisse des engagements qu’elle a pris en signant cette Convention. Enfin, que notre expertise soit reconnue et que nos décisions ne soient pas prises par autrui, mais par nous ou alors avec notre pleine collaboration. SUIVANT PRECEDENT

  • A la découverte de la base lausannoise de la Rega | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine A la découverte de la base lausannoise de la Rega 2 décembre 2023 Publié le : Le 25 novembre dernier, une trentaine de malentendants en provenance de toute la Romandie se sont donné rendez-vous à la base lausannoise de la Rega, non loin de l’aéroport de la Blécherette. L’occasion de se retrouver entre sourds et malentendants bien sûr, mais aussi d’en apprendre beaucoup sur les spécificités et l’organisation du sauvetage aérien. De longue date, les sorties organisées par la Commission jeunesse de FoRom écoute sont connues et appréciées pour leur convivialité, avec cette ambiance si particulière qui prévaut lorsque l’on se retrouve entre malentendants et sourds. Bien sûr, celle qui a été organisée le 25 novembre dernier n’y dérogeait pas. Mais elle a eu le mérite d’y ajouter un côté utile qui en a renforcé l’attrait pour la trentaine de jeunes qui avait fait le déplacement, depuis un peu partout dans la Romandie. C’est en effet à la base lausannoise de la Rega que tout ce petit monde – y compris une famille avec deux petits enfants en bas âge ! – s’est retrouvé en ce début d’après-midi du 25 novembre. « Organiser cette sortie, c’était mon idée, explique Rachel Millo co-organisatrice de l’événement, avec Bastien Perruchoud. Mais il faut dire qu’en réalité nous n’avons fait que répondre à une demande exprimée depuis longtemps par de nombreux jeunes ». Nombreuses questions La Rega c’est, comme la plupart des Suisses le savent, une fondation de droit privé de service public qui assure le sauvetage aérien dans tout le pays, grâce à sa flotte d’hélicoptères performants et ses avions médicalisés, dispersés dans 14 bases un peu partout sur le territoire helvétique, y compris à Lausanne, juste à côté de l’aéroport de la Blécherette. « J’avais déjà par le passé visité cette base, se souvient Delphine Quach visiblement très heureuse d’être là. C’était tellement intéressant que j’ai décidé d’y revenir, mais cette fois avec mon mari et mes enfants ! ». Accueillie par Nathalie Marti, responsable des visites à la base de Lausanne, toute l’assistance a pu bénéficier d’un passionnant exposé, relatant la structure, les missions, l’organisation et le mode de fonctionnement de la Rega. Grâce à une traduction en langue des signes et en langage parlé complété, tout le monde a ainsi pu avoir accès aux importantes informations développées une bonne heure durant. Mieux encore, des questions ont fusé tant, passionnés par le sujet, les nombreux jeunes présents ont joué le jeu. Parmi les interrogations récurrentes, la question de l’accessibilité des services de la Rega aux personnes sourdes et malentendantes, souvent exclues de ce type de prestations. « Dans ce cas, le meilleur moyen est de télécharger l'application gratuite de la Rega qui est très utile pour soi-même, pour les proches ou même lorsque l’on est témoin d’un accident, a expliqué Nathalie Marti. Elle permet aux personnes sourdes et malentendantes de prendre directement contact avec la centrale. Il ne faut juste pas oublier d’ajouter à côté de son nom de famille la mention : « (SOURD, VIA SMS) ». Nos collaborateurs sauront donc immédiatement qu’il faut vous joindre par ce biais ». L’hélicoptère arrive… Soudain, l’oratrice s’interrompt. Elle vient d’être avertie que l’hélicoptère qui vient de terminer une mission de sauvetage entre Gstaad et le CHUV, va se poser sur l’héliport de la base. Ni une ni deux, tout le monde s’engouffre dans l’immense hangar, quand quelques minutes plus tard à peine, se pose le majestueux appareil rouge. A son bord, comme de coutume, une médecin urgentiste, un pilote et un ambulancier. Après avoir réglé rapidement les questions procédurales, tous trois ont d’ailleurs aimablement accepté de se prêter au jeu des questions-réponses, là également très nombreuses, avec à la clé des démonstrations de prise en charge de blessés. Après cette visite fort instructive et qui a suscité l’unanimité, l’après-midi s’est terminée comme à l’accoutumée par un sympathique apéritif non loin de là, au G Bar du Stade de la Tuilière. Une manière de clore en beauté cette dernière sortie de l’année, brillamment organisée par la Commission Jeunesse de FoRom écoute, avant que tout le monde ne se donne rendez-vous en 2024 pour de nouvelles aventures. SUIVANT PRECEDENT

  • Corinne Béran : « BoulevardSanté répond à un besoin » | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine Corinne Béran : « BoulevardSanté répond à un besoin » 23 août 2024 Publié le : Actif à Lausanne depuis 2019, BoulevardSanté lieu d’accueil qui réunit des professionnels de la santé formés ou sensibilisés à la surdité et à la malentendance vient de se doter d’une association éponyme destinée à promouvoir et à sensibiliser à la santé auditive. Rencontre avec sa fondatrice, Corinne Béran. BoulevardSanté existe depuis 5 ans. Quel bilan en tirez-vous ? Le premier constat évident est que BoulevardSanté répond vraiment à un besoin: partout, de tous les cantons romands, et même de Berne ou de France voisine, des personnes viennent nous voir parfois au prix de plus d’une heure de trajet. Quel est le profil de ces personnes ? Il s'agit majoritairement de personnes sourdes, mais un tiers sont des personnes qui oralisent en français, de tous âges, puisque nous avons aussi des enfants et des personnes âgées. Au total en 5 ans, ce sont plus de 150 personnes sourdes ou malentendantes qui sont venues chez nous, soit l’équivalent de plusieurs milliers de consultations, ce qui est loin d’être négligeable. Ce qui est intéressant, c’est qu’environ 20% des personnes qui font appel une première fois, reviennent pour consulter un deuxième, voire un troisième professionnel de soins. Comment expliquez-vous ce succès ? A BoulevardSanté, les patients n’ont pas besoin d’expliquer ce que c’est que d’être sourd ou malentendant. Ils sont accueillis par des professionnels qui sont sensibilisés et tiennent compte de leurs besoins spécifiques. Une boucle magnétique est disponible, on est attentif à leurs besoins particuliers de communication, à la sensation de fatigue qu’ils peuvent éprouver, etc. C’est tout l’intérêt de proposer un centre spécifique qui les accueille en abordant les problématiques de santé dans leur globalité. Pourquoi en plus de BoulevardSanté Sàrl qui propose des prestations de soin, avez-vous décidé de fonder BoulevardSanté Association ? BoulevardSanté Sàrl est une structure identifiée comme un lieu de ressources pour les personnes sourdes et malentendantes: les thérapeutes y ont un statut d'indépendant et ils sont sensibilisés à la surdité et à la malentendance pour exercer leur métier de soin. L'association vient en plus, avec l’objectif d’effectuer un travail de sensibilisation, de prévention et de formation des patients et dans le futur de formation des professionnels de santé aux spécificités de la prise en charge des patients sourds et malentendants. Elle organise aussi bien des conférences que des cours, des conseils et des lieux d'accueil et d'échanges, avec un message clair: se soigner c'est bien, devenir acteur de sa santé c'est mieux ! Comment est financée cette association ? Nous avons obtenu un sous-contrat de prestations OFAS, via la Fédération Suisse des Sourds, pour organiser des conférences, des cours etc... Mais nous sommes aujourd'hui à la recherche de fonds pour, par exemple, former des professionnels de santé à la problématique de la surdité, avec l’idée qu’un jour, nous pourrons mettre en place un véritable centre de soins communautaires consacré à la surdité. Comment expliquez-vous que ce type de démarche relève de l’initiative privée ? En France, où ils ont un peu plus de 30 ans d'avance sur nous, ce type de prestations est parti de l’initiative individuelle d’un médecin. En Suisse, et plus spécifiquement dans le canton de Vaud, cette thématique a été proposée au Service de la Santé Publique par la Fédération Suisse des Sourds et moi-même en 2015. Depuis, Unisanté et le CHUV se sont lancés dans un processus de réflexion et de recherche, dans une démarche académique. Mon rythme à moi étant celui d’une professionnelle de terrain, je n'ai pas souhaité attendre plus longtemps et j'ai mis en place BoulevardSanté. Cela dit, nous collaborons très bien avec Unisanté avec des approches complémentaires et à terme, nous pourrions bien aboutir à des initiatives communes. En 2019, ouvrait à Lausanne BoulevardSanté, une structure de soins fondée par Corinne Béra, psychothérapeute FSP spécialisée en surdité, destinée à réunir dans un seul et même lieu des professionnels de la santé sensibilisés spécifiquement aux questions de surdité et de malentendance. L’équipe pluridisciplinaire qui anime BoulevardSanté, et dont la plupart des membres sont capables de communiquer en langue des signes LSF et/ou en langue parlée et complétée LPC, offre ainsi une très large palette de soins orientée en direction des personnes en situation de handicap auditif: psychothérapie, physiothérapie, sexologue, thérapeute d'apprentissage, etc. Sans but lucratif, l’Association BoulevardSanté, a été créée le 20 mars 2023, et oeuvre dans le domaine de la santé (physique, mentale, sexuelle, et psycho-sociale) pour les personnes sourdes et malentendantes. Elle développe ses actions d’une part auprès du public cible, du réseau surdité et malentendance et d’autre part auprès des professionnels de santé. Un lieu de soin et une association SUIVANT PRECEDENT

  • A Lausanne, une Journée à thème particulièrement réussie | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine A Lausanne, une Journée à thème particulièrement réussie 7 juin 2024 Publié le : Consacrée à l’épineuse question du remboursement des appareils auditifs, la 23ème Journée à thème de FoRom écoute a eu lieu le 1er juin dernier à l’Hôtel Royal Savoy de Lausanne, en présence d’une soixantaine de convives. Pédagogie, dialogue, échanges et attention. La 23ème Journée à thème de FoRom écoute s’est déroulée ce samedi 1er juin, comme toujours dans une ambiance studieuse et concentrée, en présence d’une soixantaine de convives venus de toute la Suisse romande. Technique et parfois même complexe, la thématique retenue cette année «Appareils auditifs, comment se faire rembourser ?» impliquait en effet une attention soutenue pour saisir les nuances et les subtilités des propos développés tout au cours des six interventions présentées. Comme à l’accoutumée, c’est par un convivial café-croissant d’accueil offert que la journée a commencé, suivi par e mot de bienvenue de Laurent Huguenin, le président de FoRom écoute, qui a succinctement rappelé l’action et les projets mené par la fondation en faveur des malentendants. C’est ensuite Laurence Calcagno, responsable du Service des moyens auxiliaires de l’Office AI-Vaud qui a largement détaillé le processus de remboursement des appareils auditifs ainsi que le cadre légal dans lequel il s’inscrit. Sa collège Anne-Claude Diserens a dans la foulée expliqué à l’assistance le nouveau processus numérique de demande de remboursement mis en place sur la plateforme web de l’office AI, et qui a permis de raccourcir notablement la durée des procédures. Aides disponibles Cette plateforme numérique, l’intervenante suivante, l’audioprothésiste Letizia Doganieri l’utilise d’ailleurs au quotidien pour aider ses patients à enregistrer leurs demandes. L’acousticienne a également précisé le rôle des audioprothésistes dans la procédure de remboursement des appareils. «L'aspect financier en matière de remboursement est sûrement important, mais cela ne doit pas être la seule dimension à prendre en compte par les liens humains sont importants, a-t-elle lancé. J'estime en outre que malheureusement, des critères en termes de choix du centre auditif de la part d’autres organes compétents qui participent à l’achat des appareils auditifs peuvent nous échapper». Au cours du débat qui a suivi en fin de matinée, Laurence Calcagno a tenu à préciser avec quelle rigueur son office AI traite les dossiers qui lui sont soumis en respectant scrupuleusement le cadre fixé par le législateur, ses collaborateurs demeurant en outre systématiquement disponibles pour les assurés en cas de besoin ou de questions. Que faire en revanche lorsqu’un ou une malentendante a besoin d’aide pour venir à bout de procédures qui demeurent somme toutes ardues? Outre les fonctionnaires des offices AI et les audioprothésistes, de nombreuses associations sont à la disposition des malentendants qu’il s’agisse de les soutenir dans le processus de demande, particulièrement rébarbatif lorsqu’il s’agit de cas de rigueur, mais également pour d’éventuelles aides financières. C’est ainsi que Vanessa Fouquet et Françoise Fragnière assistantes sociales de pro-infirmis ont pu exposer, via des exemples très concrets la manière dont leur organisation accompagnait les malentendants dans leurs démarches. Projet de recyclage FoRom écoute également n’est pas en reste, puisque la fondation a mis en place en collaboration avec Smita Gogniat de l’association RecupAudioSolidarité, un original et novateur projet de recyclage d’appareils auditifs, reconditionnés puis mis à la disposition, après expertise d’un audioprothésiste partenaire, des malentendants qui n’en auraient pas les moyens. «Le concept n’est pas fermé ou exclusif. Nous menons des négociations pour établir des partenariats avec d'autres audioprothésistes qui pourraient faire la même activité afin de pouvoir toucher toute la Suisse romande, a déclaré Laurent Huguenin. Le projet est en chemin et est encore en cours d'amélioration. C'est notre contribution pour améliorer la situation en matière d'accès financier aux appareils auditifs.» Quant à ceux qui n’ont pas pu accéder à un appareil reconditionné faute de disponibilité ou d’adéquation audiométrique, FoRom écoute a mis en place un fonds de soutien, alimenté par des dons privés et destiné à leur venir en aide. Bénévole à FoRom écoute et membre de son conseil de fondation, Jérome Equey a ainsi au cours de la dernière intervention de la journée explicité les critères d’éligibilité et la procédure à suivre par les personnes concernées. L’ensemble des conférences et débats sont disponibles sur notre chaîne youtube . SUIVANT PRECEDENT

  • On sait enfin ce qui a rendu Beethoven sourd ! | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine On sait enfin ce qui a rendu Beethoven sourd ! 23 mars 2025 Publié le : Le plomb contenu dans les vins de qualité médiocre que le célèbre compositeur consommait de manière immodérée en serait en cause la plus vraisemblable. Il y a près de 2 ans, aux écoutes s’était fait écho d’une recherche génétique qui n’avait pas réussi à identifier la cause de la surdité du célèbre compositeur Ludwig van Beethoven . On en sait désormais un peu plus sur les origines de la surdité de ce mythe de la musique classique devenu totalement sourd à l’âge de 45 ans, après que son audition a commencé à diminuer progressivement 20 ans plus tôt. Multiples causes invoquées Après que de multiples maladies aient été tour à tour invoquées, syphilis, colites chroniques, tuberculose et de nombreuses autres pathologies, de nouvelles analyses d'échantillons de cheveux vérifiés de l’Allemand avancent l’hypothèse que Beethoven serait devenu sourd suite à une intoxication prolongée par le plomb, les taux enregistrés dans sa chevelure dépassant plus de 100 fois les valeurs usuellement admises. Fréquente au cours des siècles passées, l’intoxication par le plomb, appelée saturnisme, était principalement due aux canalisations fabriquées à partir de ce métal, mais surtout en raison de l’usage généralisé de poudre destinées au perruques portées par les hommes de la bonne société. Ces causes ne sont pourtant pas incriminées dans la saturation capillaire en plomb de l'auteur de la Neuvième Symphonie et de L'Hymne à la joie. Selon une étude menée par le pathologiste Nader Rifai, chercheur de la Harvard Medical School, et publiée dans la revue «Clinical Chemistry», c’est sa consommation de vin qui serait plus vraisemblablement en cause, l’illustre compositeur étant connu pour son goût immodéré d’alcool, la légende affirmant même que sur son lit de mort, il buvait encore du vin à la cuillère. Pratique illégale mais fréquente Il se trouve qu’à l’époque, l’ajout du plomb aux vins de qualité médiocre était une pratique très fréquente, remontant même à l’Empire romain. La pratique, illégale, permettait d’en améliorer à moindre frais la saveur, en estompant les tanins et en rendant le vin considérablement plus doux. SUIVANT PRECEDENT

  • Isabelle Aeschlimann : « Mon roman vise à sensibiliser sur la malentendance » | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine Isabelle Aeschlimann : « Mon roman vise à sensibiliser sur la malentendance » 21 juillet 2023 Publié le : Publié le 29 juin dernier, coup de cœur du Jury du Prix Femme Actuelle 2023, le roman Les secrets de nos cœurs silencieux de la Jurassienne Isabelle Aeschlimann met en scène une héroïne malentendante. Rencontre avec une autrice passionnée par la différence. Vous venez de publier votre deuxième livre, Les secrets de nos cœurs silencieux ? D’où vous vient ce goût pour l’écriture ? Très jeune, j'ai fait du théâtre et de la peinture. Ensuite, je me suis tournée vers l'écriture qui a été pour moi un moyen différent de m'exprimer. Du reste, j'ai beaucoup écrit dans des journaux intimes, car cela m'aidait à mettre mes idées au clair. Et puis un jour, est venue l’envie d'écrire des fictions, plus précisément le genre de livres que j'aimerais lire moi-même. Écrire est fascinant car c'est un merveilleux moyen d'être dans d’autres mondes, de se mettre dans la tête des gens et de les comprendre… Comment vous est venue l’idée d’écrire ce roman ? Je m’intéresse depuis toujours à la notion de différence car j’y ai été confrontée dans mon milieu familial. C’est pour cela que j’ai souhaité qu’au moins un de mes personnages présente disons, une particularité. Et puis, j'ai grandi dans un petit village qui est très solidaire, très soutenant avec ceux qui ont un enfant différent, mais avec quand même le risque d'être enfermé dans une étiquette… Pour moi, il était important d’explorer ce thème de la différence, de la difficulté de trouver sa place et d'être soi malgré le regard des autres… Pourquoi vous êtes-vous intéressée plus particulièrement au handicap auditif ? Dans mon entourage et c’est d’ailleurs le cas pour un grand nombre de personnes en Suisse, il y a des personnes malentendantes. Et ce qui m'a toujours intéressée, c'est qu’il s’agit d’un handicap invisible et très particulier, car si la personne ne dit pas qu'elle est malentendante personne ne peut le deviner. Travaillant moi-même dans le monde de la communication, cela m’a particulièrement touchée. Comment avez-vous fait pour appréhender et comprendre l’univers de la malentendance ? J’ai beaucoup lu et je me suis rapprochée de forom écoute en participant à des journées à thème pour comprendre cette problématique si spéciale. D’ailleurs, je me souviens toujours que lors d’une de ces journées à thème, un malentendant a lancé : « ce n’est pas nous, mais ce sont nos proches qui devraient être là pour comprendre ce que nous vivons ». J’ai trouvé cela très juste et c’est l’un des buts de ce roman qui a une dimension de sensibilisation, en permettant aux lecteurs qui ne la connaissaient pas de mieux appréhender cette problématique. Au final, il vous a fallu 8 ans pour écrire ce roman, c’est long… (rires) Pas tant que cela si on considère que j'ai une vie à côté, un travail et des enfants à élever. Il a fallu trouver du temps pour écrire, organiser sa vie, chercher de la documentation et lire beaucoup… Sans compter le temps pour trouver un éditeur… Vous avez obtenu le Grand prix du roman décerné par le magazine « femme actuelle ». Vous y attendiez-vous ? Pas du tout et cela a été une immense surprise, surtout pour un livre qui parle de la Suisse ! Comme tous ceux qui cherchent un éditeur, j'ai envoyé mon manuscrit un peu partout et participé à de nombreux concours… Le jour où l’on m’a appelé pour me dire que mon manuscrit avait été retenu, je ne me rappelais même plus y avoir participé ! En tout cas, cela a signé le coup d’envoi du lancement de votre livre… Oui, car ce prix est un des rares dont le but est de lancer des livres de nouveaux auteurs. Avec à la clé une vraie promotion, ce qui est franchement génial ! Allez-vous continuer à écrire ? Bien sûr ! Je suis déjà sur mon prochain roman dans lequel je reprends les héroïnes des Secrets de nos cœurs silencieux car beaucoup de lecteurs avaient envie de savoir ce qu'elles allaient devenir et d'ailleurs moi aussi ! Écrire me régénère, même si ça implique d'organiser sa vie et que c'est très chronophage… Les secrets de nos cœurs silencieux, un roman palpitant et enlevé Élise se sent à l'étroit dans son petit village. Alors que son meilleur ami lui propose de partir avec lui, un événement brutal va les séparer. Vingt-six ans plus tard, Christa, superbe femme malentendante que la vie n'épargne pas, se bat pour s'intégrer dans notre société en manque de tolérance. Sa petite sœur Julie, adolescente tourmentée, découvre un secret de famille qui va briser ses repères. Elle va alors tirer sur le fil emmêlé de l'histoire de leur famille... Les secrets de nos cœurs silencieux, Isabelle Aeschlimann, Editions Nouveaux Auteurs, juin 2023. SUIVANT PRECEDENT

  • Familles concernées par la surdité, le Surdibus vient vous soutenir à votre domicile! | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine Familles concernées par la surdité, le Surdibus vient vous soutenir à votre domicile! 12 janvier 2026 Publié le : A bord d’un sympathique bus au look vintage et aménagé en centre de documentation consacré à la surdité, l’équipe de l’association Surdibus sillonne la Suisse romande et offre un accompagnement personnalisé aux familles concernées par la surdité. Retour sur une prestation originale et très appréciée. Peut-être le verrez-vous sillonner les routes de Suisse romande. Et avec son look vintage si caractéristique, vous ne risquerez pas de l’oublier. Depuis deux ans en effet, ce petit bus joliment appelé « Surdibus » est une structure mobile associative qui offre ses prestations d’accompagnement « aux familles concernées par la surdité ». « Au départ, nous avions mis sur pied ce projet pour accompagner les parents des enfants sourds ou malentendants au moment où ils apprennent la surdité de leur enfant, explique Christel Molleyres qui avec son collègue Philippe Wieland, a fondé l’association éponyme Surdibus. Ce moment est une période cruciale où les parents, dans 95% des cas entendants, sont en contact avec le milieu médical et les professionnels de la surdité et se trouvent ainsi confrontés à une multitude d’informations, parfois contradictoires. D’où l’idée de leur offrir un espace d’écoute, de conseil et d’échange dans un lieu neutre, leur domicile ». « Sur mesure » Après un premier entretien téléphonique, les 2 professionnels se déplacent ainsi au domicile des familles, pour assurer une prestation personnalisée, professionnelle et… gratuite : « Nos interventions sont sur mesure, détaille Christel Molleyeres. Nous commençons par écouter, puis échanger pour cerner les besoins spécifiques de chaque famille, et construire avec elle des objectifs afin que chaque membre puisse aussi y trouver sa place, dans une approche qui tient compte de la pluralité des surdités. Nous assurons également à ce moment-là un travail d’information et d’orientation vers l’ensemble de l’offre du réseau d’accompagnement en surdité ». Car le Surdibus n’est pas un simple moyen de locomotion. Il est également un véritable centre de documentation en surdité, convoyant une très complète bibliothèque spécialisée mise à la disposition des personnes concernées. Très vite après les premières consultations en 2023, l’équipe de Surdibus a élargi l’éventail de ses prestations à un public plus large que celui des parents au moment du diagnostic de surdité de leur enfant. « Les familles nous ont réservé immédiatement un très bel accueil ce qui montre que le Surdibus répond vraiment à un besoin. Mais elles ont aussi très rapidement demandé que d’autres moments charnières de leur vie soient abordés, comme l’entrée à l’école des enfants ou la délicate période de l’adolescence. Et en parallèle, différents professionnels nous ont approchés pour nous demander de prendre en charge les familles d’enfants entendants dont les parents sont sourds. C’est pour cette raison que désormais, nous nous adressons de manière plus complète à l’ensemble des familles concernées par la surdité». Soutien de fondations Élaborer et mettre en route un projet tel que le Surdibus n’a pas été chose aisée. Christel Molleyres et Philippe Wieland, pourtant actifs chacun dans le monde de la surdité depuis deux décennies, comme éducateur spécialisé et comme interprète en langue des signes, n’ont en effet pas ménagé leurs efforts pour lancer leur association, et surtout, réunir les fonds nécessaires à l’acquisition et l’aménagement du bus, sans parler du fonds documentaire pour constituer leur bibliothèque spécialisée. « C’est grâce au soutien de nombreuses fondations que le projet a pu démarrer, et aussi à celui de l’ASPEDA et de l’association Boulevard Santé sur laquelle on a pu adosser nos activités depuis Lausanne ce qui nous permet de rayonner vers toute la Suisse romande, se réjouit Christel Molleyres. Aujourd’hu, nous travaillons en moyenne deux jours par semaine et sommes à la recherche de fonds supplémentaires pour pouvoir poursuivre notre action et répondre à l’importante demande que nous rencontrons, à la fois des familles mais aussi des professionnels qui nous sollicitent de plus en plus souvent pour notre expertise ». SUIVANT PRECEDENT

  • A Saint-Imier, une exposition relate le quotidien des malentendants | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine A Saint-Imier, une exposition relate le quotidien des malentendants 13 juin 2023 Publié le : Découvrez l'exposition « Ear Me! » jusqu'au 30 juin prochain à Saint-Imier, Jura bernois. Photos, textes et témoignages relatent le quotidien des personnes qui souffrent d'un handicap auditif. Si vous habitez Saint-Imier, vous avez jusqu’au 30 juin pour aller découvrir l’exposition « Ear me ! » proposée par pro infirmis. Constituée de panneaux réunissant textes, témoignages ainsi que des photographies réalisées par Fabrice Nobs, l’exposition «Ear me!» relate le quotidien des personnes qui souffrent d’un handicap auditif. 14 personnes y partagent ainsi des tranches de leur vie. La richesse de la langue des signes, le travail des interprètes, l’ingéniosité des différents appareils auditifs y sont – entre autres - mis en avant. « Avec »… Le projet « EarMe ! » est une exposition de photos, de textes et de témoignages sur la surdité et le handicap en allemand et en français et qui a déjà été présenté l’année dernière à Bienne. Son objectif est de sensibiliser et d'informer le public sur les thèmes en question. L'accent a été mis sur les reportages photographiques et les textes de personnes concernées consacrés à divers aspects de la vie avec un handicap auditif : la problématique des enfants de parents sourds, la lecture labiale et la langue des signes, la terminologie de la surdité, les "faux sourds" et bien d'autres thèmesw encore. Enfin, A Saint-Imier, « Ear me ! » s’inscrit dans le cadre d’une programmation thématique intitulée « Avec » proposée durant tout le mois de juin et centrée sur l’accès à la culture et tout particulièrement sur la notion de «culture inclusive». Fabrice Nobs Né en 1974, Fabrice Nobs vit et travaille à Bienne. Diplômé de l’Ecole des Arts Appliqués de Vevey en 2005 et en Sciences Sociales (2001), il se consacre principalement à son métier de photographe. En dehors de cette activité, il enseigne régulièrement la photographie à l’Espace Art-vif, un lieu de créativité pour adolescents et jeunes adultes. En 2005, il reçoit un prix de soutien de l’office de la culture du canton de Berne pour son projet « Les métamorphoses urbaines ». En dehors de ses recherches personnelles, il pratique le plus souvent la photographie de théâtre et de portrait, le reportage et la photographie industrielle. « Ear Me ! », jusqu’au 30 juin au Centre de Culture & de Loisirs, rue d’la Zouc 6, Saint-Imier. me-ve, 14h-18h. Entrée libre www.ccl-sti.ch SUIVANT PRECEDENT

  • Une quarantaine de malentendants se sont retrouvés à Yverdon pour apprendre la lecture labiale | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine Une quarantaine de malentendants se sont retrouvés à Yverdon pour apprendre la lecture labiale 20 octobre 2023 Publié le : Les week-ends d’apprentissage intensif de la lecture labiales organisés par FoRom écoute affichent systématiquement complet. Et pour cause, ils permettent d’avancer plus vite grâce à l’apprentissage en groupe. L’événement fait partie des rendez-vous incontournables que FoRom écoute organise année après année, pour la plus grande satisfaction des participants. Les 14 et 15 octobre dernier, une quarantaine de malentendants de tous âges et en provenance de tous les cantons romands se sont retrouvés au Grand Hôtel des Bains d’Yverdon (VD) pour un week-end entier consacré à l’apprentissage de la lecture labiale. Organisé de main de maître, une navette a même été prévue pour garantir le transfert des participants qui le souhaitaient, ce week-end avait pour objectif de permettre un approfondissement des compétences en lecture labiale, via un apprentissage en groupe, toujours plus agréable et plus efficient. « Un bien fou » « Je retrouve les gens que je connais et aussi les enseignants et cela fait un bien fou », lance un participant. « J’avais déjà suivi un cours il y a une dizaine d’années, ajoute une autre et j’avais vraiment besoin de mettre à jour mes compétences. Ce week-end a vraiment été très utile. Car la lecture labiale est un complément indispensable qui m’aide énormément, soit quand je dois débrancher mon implant cochléaire, soit durant les fêtes et les rencontres à plusieurs où il y a toujours beaucoup de bruit ». Répartis en plusieurs groupes, les malentendants-apprenants, dont un grand nombre participait pour la première fois à ce type de formation, ont ainsi consacré de nombreuses heures à l’apprentissage de la lecture labiale, sous la supervision attentive et bienveillante d’enseignantes entièrement dévouées à leur tâche. Un apprentissage long et exigeant tant la lecture labiale se fonde sur la suppléance mentale et exige d’importantes facultés de concentration. Exigeant « Ce sont des séminaires vraiment très utiles mais quand même bien exigeants, même si nous sommes dans un décor de rêve , conclut un septuagénaire participant manifestement enchanté par l’expérience. Ce matin par exemple, ce n’était pas facile. Il faut donc beaucoup de patience pour avancer et progresser, et surtout multiplier ce type d’événements pour consolider ce que l’on apprend ». Bonne nouvelles, 2 nouveaux week-ends sont d’ores et déjà prévus, les 2-3 et les 16-17 décembre prochains. SUIVANT PRECEDENT

  • « Les enfants malentendants ou sourds sont à la fois uniques et semblables aux autres » | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine « Les enfants malentendants ou sourds sont à la fois uniques et semblables aux autres » 6 avril 2025 Publié le : Auteure de nombreux supports pédagogiques destinés à faciliter et à encourager l’ouverture à l’autre, très engagée pour soutenir les droits des personnes en situation d’exclusion, la Fribourgeoise Mary Wenker vient de publier en collaboration avec l’illustratrice Amélie Buri, un superbe album consacré à la surdité et intitulé « Juma écoute avec les yeux ». A qui est destiné cet album ? D’abord aux entendants ! En fait, cet album s’inscrit dans la logique de la collection dans laquelle il a été publié et qui traite de la thématique de la différence. L'idée est de donner à ceux qui le lisent des clés pour mieux communiquer avec des personnes qui ne fonctionnent pas comme eux. Depuis quand remonte votre intérêt pour les questions de surdité ? Depuis longtemps. Il y a 30 ans, à l’université, j'avais rencontré une jeune fille malgache Mirana, qui dirigeait une troupe de danseurs sourds à Madagascar et qui m’a marquée. Suite à cette rencontre, une fondation, qui existe toujours, a été créée pour soutenir les sourds dans ce pays. C’est aussi parce que je l’ai connue que j’ai écrit ce livre… Quelles ont été vos autres motivations à écrire « Juma écoute avec les yeux » ? Plus récemment, je suis allée présenter un de mes précédents livres consacré à la migration à l’institut Saint-Joseph de Fribourg (école spécialisée dans la surdité, ndlr). C'est à cette occasion que m’est aussi venue l'idée de consacrer un ouvrage à la thématique de la surdité… Le deuxième élément déclencheur, c'est lorsqu’un jour, j’ai écouté un jeune chercheur en neurosciences implanté cochléaire, Fadhel El May, qui racontait dans l’émissions Signes de la RTS à quel point c'était pratique pour lui d'éteindre ses implants pour « se déconnecter »… Cela m’avait alors permis de mesurer l’importance du rapport au silence… A-t-il été facile de convaincre une maison d’édition de publier Juma ? De longue date, je travaille avec les éditions Loisirs et Pédagogie pour lesquelles je rédige des dossiers pédagogiques. Je les ai approchées pour un premier projet, « Camille aux papillons », l’éditrice a tout de suite été séduite. « Juma » est mon troisième album pour enfants. C’est un vrai plaisir pour moi et pour l’illustratrice Amélie Burri de travailler avec elle tant l’interaction est féconde ! Justement, comment Amélie Burri a-t-elle adhéré à ce projet ? Elle a tout de suite dit oui ! Notre collaboration est excellente, elle connaissait déjà le monde de la surdité et a considéré que c'était chouette de repartir sur un nouvel album ! Juma raconte l’histoire d’un enfant sourd qui décide de monter un spectacle… Pourquoi cette histoire ? Pour moi, ce livre n’est pas un livre sur la surdité mais un livre qui met en scène un enfant sourd, avec pour objectif de montrer qu’il est à la fois différent et semblable à tous les autres enfants. L'idée est donc de ne surtout pas stigmatiser mais de montrer à quel point malgré les différences, nous sommes tous pareils ! C'est d’ailleurs la démarche que j'ai adoptée pour tous mes albums en impliquant et en interpelant le lecteur en cours de lecture afin qu’il se sente concerné et qu’il porte ensuite un regard différent sur la problématique abordée. Pour rédiger Juma, vous avez collaboré avec des professionnels de la surdité… J’ai pour habitude quand je rédige un ouvrage qui n'est pas dans ma spécialité de toujours m'associer à des spécialistes. Je l'avais fait par exemple pour l’identité de genre, de même que pour la migration, même si j'avais déjà une expertise dans cette dernière problématique. C'est important car cela donne de la crédibilité à ce que l’on écrit, d’autant que dès que je me suis lancée, on m'a très vite mise en garde sur le risque d’écrire sur les sourds et les malentendants sans vraiment les connaître… Cet album évoque également avec délicatesse les deux dimensions, médicale et aussi socio-culturelle et identitaire, qui ont longtemps agité le monde de la surdité… Oui c’est important car à mes yeux, aucune des deux n’est meilleure que l’autre. Et il était judicieux pour moi de les concilier afin que les tenants de l’une s’abstiennent de juger et apprennent à respecter l’autre. C’est l'essence même de tout le travail que je mène depuis 30 ans par rapport à l'altérité et au respect de la différence… Un bel album, une belle histoire… Aussi délicat dans son texte que dans sa « patte graphique » douce et tendre, « Juma écoute avec les yeux » raconte l’histoire de Juma, un enfant comme les autres qui va en classe et partage de jolis moments en famille et avec ses amis tout en étant… différent : Juma est sourd, depuis toujours. C’est avec son corps, avec ses mains surtout qu’il s’exprime. C’est avec ses yeux qu’il appréhende le monde. Ce n’est pas toujours simple pour lui de communiquer avec les autres. Et cela demande beaucoup d’attention et ça fatigue. Au point que parfois, il a besoin de s’isoler pour se reposer… Lorsque sa troupe de danse décide de monter un spectacle, il propose de raconter l’histoire de son grand-père Ismaghil. « Juma écoute avec les yeux » écrit par Mary Wenker pédagogue curative et illustré par Amélie Buri. Editions Loisirs et Pédagogie. www.editionslep.ch SUIVANT PRECEDENT

  • « L’intelligence artificielle nous permet de faire plus » | FoRom Ecoute

    Retour au Magazine « L’intelligence artificielle nous permet de faire plus » 16 février 2026 Publié le : Depuis des années, la SSR offre un sous-titrage ciblé et spécifique de ses programmes pour les sourds et les malentendants, financé par la redevance. L’avènement de l’intelligence artificielle améliore considérablement le travail des sous-titreurs et devrait permettre d’atteindre l’objectif de 100% des programmes sous-titrés à l’horizon 2027. Rencontre avec Fabienne Wieser, responsable du sous-titrage pour la Suisse romande. A la RTS, combien de personnes se consacrent-elles au sous-titrage pour sourds et malentendants ? Actuellement nous sommes 32. Jusqu’à fin décembre, nous travaillions dans le cadre de la société Swiss TXT, rattachée, à la SSR. Dès lors que Swiss TXT va être dissoute, nous serons pleinement intégrés à la SSR. Quelle proportion de programmes arrivez-vous à sous-titrer actuellement ? Actuellement, nous sous-titrons 85% de la totalité de nos diffusions. Pour donner un ordre d’idées, quand j’ai commencé dans mes fonctions il y a 10 ans, nous en étions à environ 50%. Comment expliquez-vous cette performance ? C'est clairement l'avènement du re-speaking qui a permis d’atteindre ce taux. Il s’agit d’une technologie de sous-titrage qui fait appel à la reconnaissance vocale. Le transcripteur entend dans un casque les mots prononcés par le locuteur, il les répète dans un microphone, et la reconnaissance vocale affiche le texte dans le logiciel ad hoc. Ensuite, il corrige les éventuelles erreurs et surtout reformule et synthétise le texte sans dénaturer le propos… Ce que les sourds et malentendants voient à l’écran n’est donc pas une retranscription mot à mot… Non, notre mission est de proposer un sous-titrage spécifique et ciblé pour les malentendants. La restitution d’un simple verbatim conduirait à un texte plus difficilement compréhensible. Venons-en à l'arrivée de l'intelligence artificielle. Celle-ci permet-elle de faire plus vite, moins cher, et mieux ? Plus vite c’est sûr, moins cher, sans doute. Mais mieux, cela dépend surtout du type de programme que l’on veut sous-titrer… Comment utilisez-vous l'IA aujourd'hui ? Pour le sous-titrage d'une émission pré-produite, c'est-à-dire enregistrée en avance, comme les documentaires, les entretiens, etc., l'intelligence artificielle convient bien et donne un rendu de qualité, même s’il nous revient ensuite de faire des corrections et de calibrer le texte pour qu’il réponde aux besoins des personnes sourdes et malentendantes : il manque en effet les couleurs, les tirets qui indiquent le changement de personnes qui parlent etc… En revanche, les émissions plus complexes mais aussi le direct, requièrent une intervention humaine plus importante. Le recours à l’intelligence artificielle est donc une aide précieuse ? Sans aucun doute. Il s’agit en fait d’une béquille qui nous permet d'aller plus vite dans le travail de sous-titrage de certaines émissions, ce qui nous permet de libérer du temps pour nous impliquer dans de nouvelles tâches, comme par exemple l'audiodescription en direct pour les personnes aveugles, qui est en pleine croissance. Finalement, la vivez-vous comme une concurrente ? A l’époque, quand le re-speaking est arrivé, on a entendu les mêmes craintes chez Swiss TXT. Finalement, on s'est rendu compte que grâce à cette technologie, on pouvait faire plus. C’est la même chose pour l'intelligence artificielle, qui est une occasion de produire davantage de contenus sous-titrés, l’objectif légal étant de parvenir à 100 % des programmes à l’horizon 2027. Vous n’allez donc pas disparaître ? Tout dépend de la qualité de sous-titrage que l'on attend. Si l'on veut quelque chose de spécifique et de qualitatif pour les sourds et les malentendants, une intervention humaine sera à mon avis toujours nécessaire. Les interprètes au sens large font d’ailleurs face à la même problématique. SUIVANT PRECEDENT

bottom of page