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Explorez notre magazine en ligne dédié aux personnes malentendantes et devenues sourdes. Articles, témoignages et conseils pour améliorer le quotidien et favoriser l'inclusion Filtrer par Catégorie Sélectionnez Catégorie Actualités FoRom écoute devient la Fondation Audition Suisse Aujourd'hui, nous franchissons une nouvelle étape de notre histoire. FoRom écoute devient Fondation Audition Suisse. Cette nouvelle identité reflète avec davantage de clarté notre mission, notre champ d'action et notre engagement auprès des personnes concernées par les enjeux de l'audition, dans toute la Suisse. Si notre nom évolue, notre raison d'être demeure inchangée. Depuis notre création, nous œuvrons avec la même conviction pour informer, accompagner, sensibiliser et défendre les intérêts des personnes malentendantes, devenues sourdes, ainsi que de leurs proches. Notre équipe, nos programmes, nos valeurs et nos engagements restent pleinement les mêmes. Cette évolution s'inscrit dans une volonté de renforcer la lisibilité de notre action et de rendre notre mission plus immédiatement identifiable auprès du grand public, de nos partenaires et des personnes malentendantes qui bénéficient de nos prestations. Au cours des prochaines semaines, cette nouvelle identité sera progressivement déployée sur l'ensemble de nos supports de communication. Vous découvrirez ainsi notre nouveau nom sur notre site internet, nos publications, nos réseaux sociaux et nos documents institutionnels. Nous nous réjouissons de poursuivre cette aventure à vos côtés, désormais sous le nom de Fondation Audition Suisse , avec la même exigence, la même proximité et la même détermination à agir en faveur de toutes les personnes concernées par les enjeux de l'audition. 9 juillet 2026 Publié le : Lire l'article Solutions Auracast: une technologie prometteuse Auracast est une technologie de diffusion audio Bluetooth qui pourrait être intégrée aux prochaines évolutions de la norme SIA 500 en matière d’accessibilité auditive. Plus ouverte et polyvalente que les systèmes traditionnels, elle permet de transmettre un son de qualité directement vers des aides auditives ou des écouteurs compatibles. Notre fondation s’est saisie de cette innovation en acquérant du matériel dès 2025 et en réalisant un premier test d’utilisation lors de son congrès annuel. Pendant des décennies, la boucle magnétique a constitué la principale solution de transmission audio dans les lieux publics pour les personnes malentendantes. Si ce système a rendu d’immenses services, ses coûts d’installation et d’entretien ont parfois freiné son déploiement. A présent, une nouvelle approche se développe avec Auracast, une technologie de diffusion audio par Bluetooth qui ouvre de nouvelles perspectives en matière d’accessibilité, tant pour les personnes malentendantes que pour le grand public. Le principe est à la fois simple et visionnaire: un émetteur diffuse un flux audio Bluetooth que n’importe quel récepteur compatible peut capter instantanément, sans appairage complexe. Ainsi, un nombre illimité de personnes peut recevoir un son clair et direct dans son propre dispositif, qu’il s’agisse d’aides auditives ou de simples écouteurs du commerce. Une technologie à la disposition de toutes et tous C’est ici que réside la force d’Auracast. Contrairement aux systèmes réservés aux seuls porteurs d’appareils auditifs spécifiques, cette technologie fonctionne également avec les casques et écouteurs grand public. Cette ouverture change la donne pour les gestionnaires de musées, gares, salles de conférences et autres lieux publics: choisir Auracast, c’est servir à la fois les personnes en situation de handicap auditif et le grand public, que ce soit pour une meilleure écoute ou pour accéder à des services tels que les audioguides ou la traduction simultanée. L’investissement devient ainsi transversal. De plus, pour les personnes malentendantes légères qui ne portent pas encore d’appareillage, Auracast offre une première marche vers l’accessibilité sans stigmatisation. En première ligne pour tester et faire tester Notre fondation a acquis en 2025 du matériel d’émission et de réception Auracast. L’objectif est double: éprouver la robustesse de cette technologie et permettre aux personnes malentendantes d’en faire une première expérience pour se forger leur propre opinion. Notre démarche s’inscrit également dans un contexte législatif en cours de mutation, avec la révision de la norme SIA 500 «Constructions sans obstacles». Tout indique qu’Auracast deviendra prochainement une solution admissible, voire recommandée, pour répondre aux exigences d’accessibilité dans les constructions ouvertes au public, là où le texte actuel fait principalement référence aux boucles magnétiques. En anticipant cette évolution, nous voulons permettre aux personnes malentendantes de se familiariser avec les systèmes de transmission audio numériques qui leur seront utiles dans un futur proche. Retour d’expérience: notre congrès annuel comme terrain d’essai Lors de notre dernier congrès annuel, nous avons offert à trois participantes malentendantes l’opportunité de tester le matériel Auracast en situation réelle. L’objectif était d’évaluer la simplicité de connexion, la qualité sonore et le confort d’usage. Le verdict sur la prise en main est encourageant. Si Sandra, la plus jeune, a réussi à se connecter seule instantanément, Marlène et Michèle ont eu besoin d’un bref accompagnement. Cependant, toutes s’accordent à dire que quelques explications ont suffi à surmonter les doutes initiaux. Les retours de Marlène et Sandra concernant la qualité audio sont enthousiastes. Elles ont jugé le son «excellent», le volume «parfaitement adapté», permettant de comprendre «beaucoup mieux» les interventions, sans coupures ni interruptions. Michelle a en revanche trouvé la qualité «moyenne» et le réglage du volume perfectible. L’audioprothésiste responsable de piloter cette expérience précise que ces écarts ne sont pas inhérents à la technologie Auracast, mais s’expliquent par la nature d’un test ponctuel: les réglages fins et le suivi de l’adaptation n’ont pas pu être réalisés avec la même précision que pour un appareillage individuel classique. Malgré ces points de vigilance, le sentiment général reste positif. Marlène recommande «absolument» Auracast et attend «avec impatience de pouvoir activer Auracast dans chaque endroit où il y a de l’écoute». Michelle, malgré une certaine déception, a apprécié la démarche: «je vous encourage à recommencer», a-t-elle conclu. Une invitation que nous relèverons sans aucune hésitation. Les retours de cette expérience confirment en tout cas le potentiel d’Auracast et témoignent de l’ouverture des personnes malentendantes à explorer de nouvelles solutions. 💡 Nous reviendrons régulièrement avec d’autres points de situation sur les innovations numériques qui faciliteront l’accessibilité auditive dans le futur. Pour ne rien manquer de nos articles: abonnez-vous à la newsletter ! Photo: lors du congrès, des participant·e·s ont également testé des casques intégrant la technologie Auracast et pouvant être utilisés aussi bien par des personnes malentendantes qu’entendantes. © Sebastien Monachon 7 juillet 2026 Publié le : Lire l'article Point fort Comprendre sans tout entendre: la lecture labiale, une compétence qui s’acquiert Dans le brouhaha d’un restaurant, lors de conversations en groupe ou lors de réunions professionnelles, une personne malentendante peut facilement perdre une partie des échanges. Si les appareils auditifs ou les implants cochléaires aident, ils ne restituent pas toujours les sons de manière nette. C’est ici qu’intervient la lecture labiale. Loin d’être une capacité innée, il s’agit d’une compétence précise qui s’acquiert et se perfectionne par la pratique. Bien que l’on dise couramment qu’il s’agit de «lire sur les lèvres», l’exercice consiste en réalité à observer un ensemble de mouvements qui fournissent une multitude d’indices visuels: le dessin formé par les lèvres, bien sûr, mais aussi la position de la langue et le degré d’ouverture de la bouche. Pourtant, cette observation ne suffit pas toujours, car certaines syllabes se ressemblent terriblement, comme «pa», «ba» et «ma», pour ne citer qu’un exemple. Décoder ce qui est visible et invisible Au-delà de la reconnaissance des images produites par la bouche selon les différents sons, l’enjeu de l’apprentissage consiste aussi à apprendre à combler ces ambiguïtés. Pour y parvenir, le cerveau opère un travail formidable de reconstitution, par ce que l’on nomme la «suppléance mentale». Il s’appuie sur le contexte de la phrase, la logique du discours et les résidus auditifs pour assembler les fragments et retrouver le sens global. Ainsi, l'apprentissage consiste à affiner la reconnaissance des indices visuels de la parole et à développer les capacités d’interprétation, afin de rendre la compréhension plus rapide, plus efficace et moins fatigante. Un accompagnement structuré et accessible Acquérir ces compétences demande un guidage. C’est l’une des missions que nous nous sommes donnés à la fondation FoRom écoute. Chaque année, nous finançons et coordonnons environ 600 heures de cours collectifs, dispensés dans une quinzaine de villes romandes par treize enseignantes spécialisées dont notre fondation a financé la formation spécifique en lecture labiale. Ce soutien permet aux participant·e·s d’accéder à cet apprentissage quels que soient leurs moyens financiers, puisque seule une contribution symbolique leur est demandée. Ces cours sont dispensés sous forme de cycles de 10 séances hebdomadaires ou mensuelles de 2 heures, en petits groupes de 5 à 7 personnes. Cette taille réduite permet aux participant·e·s de bénéficier d’un suivi individualisé, tout en profitant de la dynamique de groupe et des échanges entre pairs. Car au-delà de la technique et des méthodes, il s’agit aussi de rompre l’isolement et de prendre sa place dans les conversations. Un participant le confirme: «J’acquiers de nouvelles compétences et je retrouve confiance en moi dans un climat amical». Une pratique à vivre au quotidien Cette offre, destinée aux adultes, est actuellement déployée à Genève, Lausanne, Vevey, St-Maurice, Martigny, Bulle, Bienne, Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Porrentruy, Delémont, Vicques et Moutier *. Entre les séances, les participant·e·s poursuivent leur apprentissage dans leurs interactions courantes. Nous les y encourageons, car l’articulation varie d’une personne à l’autre par de subtiles nuances: multiplier les expériences avec divers interlocuteurs permet donc de progresser plus rapidement. La lecture labiale complète ainsi utilement les prothèses auditives les plus efficaces, comme en témoigne l’une de nos participantes: «En milieu bruyant, j’arrive désormais à suivre la discussion». Une belle victoire! * La liste des villes dans lesquelles des cours sont disponibles peut évoluer. Nous vous recommandons de consulter la page « Cours de lecture labiale » pour plus de détails sur les cours actuels, ainsi que pour trouver les contacts utiles selon votre région. 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! Photo © Sébastien Monachon 30 juin 2026 Publié le : Lire l'article Santé Et si le bonheur tenait au chant des oiseaux? Des études récentes le confirment: écouter les oiseaux apaise et remonte le moral. Pour profiter de ce bienfait, encore faut-il pouvoir entendre ces mélodies aiguës et subtiles. Or, souvent, avec une perte auditive qui s’installe progressivement, notre monde sonore s’appauvrit sans que nous n’en ayons conscience, nous privant de ces petites choses qui nous font du bien. Selon un communiqué de la Station ornithologique suisse de Sempach, relayé par RTS info la semaine dernière, plusieurs recherches scientifiques confirment le lien entre la présence d’oiseaux et notre santé mentale. Une étude révèle par exemple que se promener durant 30 minutes dans un parc urbain en écoutant le chant des oiseaux suffit à réduire le taux de cortisol (hormone du stress) de près de 40%, tout en augmentant les émotions positives et en faisant baisser la tension artérielle. D’autres travaux montrent que vivre dans un environnement riche en diversité d'oiseaux augmente significativement la satisfaction de vie, procurant un bonheur dont l'intensité équivaudrait à celle d'une augmentation de salaire. Quand le chant s'efface progressivement Il n’est pourtant pas donné à tous de percevoir ces mélodies. La presbyacousie, perte auditive liée à l'âge, touche prioritairement les fréquences aiguës, précisément là où se niche l'essentiel du répertoire des oiseaux. En plus de la hauteur du son, c'est aussi la capacité à discerner la complexité des trilles et la rapidité des modulations qui s'érode, rendant le chant indistinct. Le piège réside dans la progressivité de cette baisse: on s’y habitue sans prêter attention au fait que nos balades semblent de plus en plus calmes et les oiseaux toujours plus rares. Cela touche aussi les personnes déjà appareillées dont l'audition a évolué sans qu'elles ne réalisent la nécessité de réajuster leur dispositif, les privant peu à peu de cette connexion à la nature. Des témoignages qui parlent d’eux-mêmes Au-delà des données scientifiques, le plaisir que procure le chant des oiseaux relève d'une certaine évidence. Deux intervenantes du récent congrès annuel organisé par notre fondation FoRom écoute ont en effet spontanément mentionné leurs expériences à ce sujet. La première, malentendante de naissance, a décrit la surprise et le bonheur intense ressentis lorsque, appareillée pour la première fois passé la quarantaine, elle a découvert ces sons pour la première fois. Elle accédait alors à un monde qu’elle ignorait jusqu’alors. La seconde, dont la perte auditive s’est installée progressivement, a partagé l'émotion de retrouver ces mélodies oubliées. Prendre soin de son audition pour préserver son paysage sonore Ces récits rappellent à quel point les capacités auditives sont précieuses. Le dépistage et le port d’aides correctement ajustées ne sont pas de simples actes médicaux et techniques, mais les clés qui redonnent sa couleur et sa richesse à la vie quotidienne. L’une des intervenantes a également rappelé l’importance de protéger son ouïe en portant des bouchons d’oreille ou autres protections auditives, soulignant que cela concerne aussi bien les personnes malentendantes que celles dont le capital auditif est intact. Veiller à son audition, c'est finalement se donner les moyens de ne rien perdre de ces petites joies du quotidien, pour une vie plus douce et plus connectée. C’est une attention qui en vaut vraiment la peine. 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! Photo: James Wainscoat sur Unsplash 23 juin 2026 Publié le : Lire l'article Actualités Les gilets haute visibilité pour mieux évoluer dans l’espace public Produits l’année dernière à la demande directe des personnes malentendantes, nos gilets haute visibilité répondent à un double enjeu: plus de sécurité et plus d’harmonie dans l’espace public. Sursauter lorsqu’une trottinette nous double soudainement ou subir l’agacement des cyclistes qui ne comprennent pas notre absence de réaction malgré l’alerte insistante de la sonnette: ces scénarios sont familiers à de nombreuses personnes malentendantes. La multiplication des trottinettes et des vélos a accru ces problématiques lorsque les voies de circulation sont partagées avec les piétons. Pour contrer ces difficultés, FoRom écoute offre gratuitement des gilets haute visibilité conçus pour la communauté malentendante. Un principe simple et efficace Notre gilet, jaune fluo, arbore un pictogramme signalant la malaudition. Il permet d’être vu·e de loin, compensant l’impossibilité d’entendre l’approche d’un véhicule par derrière. Les retours des utilisatrices et utilisateurs sont clairs: l’accessoire rassure, renforce la sécurité et évite les incompréhensions, ainsi que les potentiels conflits. Ces gilets sont disponibles gratuitement pour toute personne malentendante intéressée en nous écrivant à info@ecoute.ch . De la sécurité à l’inclusion La question de la visibilité dépasse le seul cadre de la sécurité sur les trottoirs, routes et chemins. Elle touche à l’inclusion sociale et à la qualité de vie de manière plus large. Comme discuté lors du congrès annuel de FoRom écoute le 30 mai dernier, se rendre visible facilite grandement les échanges au quotidien. Porter un signe distinctif – qu’il s’agisse d’un gilet, d’un badge, d’une prothèse auditive assumée ou encore d’un cordon tournesol – évite d’avoir à «raconter sa vie à chaque nouvelle interaction», comme en a témoigné l’une des intervenantes. D’autres témoins ont relevé que l’attitude des interlocuteurs change immédiatement, passant parfois de l’incompréhension, voire du jugement ou de l’agacement, à plus de bienveillance et de patience. Visibilité et prudence: trouver le juste équilibre Si le consensus au sein de la communauté est que la visibilité est essentielle, une nuance importante a été soulevée lors des débats du congrès. Une participante a relaté s’être fait voler des affaires dans son sac dans les transports, soupçonnant que le badge «malentendant» apposé sur celui-ci ait pu rassurer les voleurs sur son incapacité à percevoir leurs gestes. Ce témoignage invite à une prudence élémentaire, valable d’ailleurs pour tout un chacun dans les lieux bondés: se rendre visible ne doit pas signifier se rendre vulnérable. Il s’agit de garder un œil vigilant sur ses objets de valeur, tout en profitant des avantages sociaux et sécuritaires que procure le fait d’être identifié. ➡️ Pour aller plus loin sur le sujet de la visibilité du handicap auditif, nous vous invitons à consulter d’autres articles parus récemment dans notre magazine en ligne: Cordon tournesol: désormais disponible à tous les guichets CFF (publié le 09.04.2026) Malaudition: et si arrêter de se cacher était le premier pas vers l’inclusion? (publié le 12.05.2026) 💡 Pour ne rien manquer de nos articles: abonnez-vous à la newsletter ! 16 juin 2026 Publié le : Lire l'article Actualités Congrès 2026: inclusion, action et joie de vivre Pour cette 25e édition, FoRom écoute a fait le choix de placer la parole des personnes concernées au cœur des échanges. Le traditionnel congrès s’est mué en un laboratoire d’idées vivant, où les vécus individuels sont devenus une ressource collective, insufflant une énergie palpable. Retour sur une journée où l’inclusion s’est vécue, partagée et célébrée. Une centaine de personnes malentendantes se sont réunies le 30 mai dernier pour le congrès annuel de FoRom écoute. Le mot d’ordre? Une inclusion réelle, concrète, qui doit se vivre partout: dans la vie sociale, familiale, professionnelle, culturelle, sportive et citoyenne. Plus de témoignages, plus de pouvoir d’agir Comme l’a souligné Laurent Huguenin dans son mot de bienvenue: «Notre rôle n’est pas de faire à votre place, mais de vous donner des outils, des repères, et surtout la possibilité de reprendre la main sur votre parcours.» Pour traduire cette vision en actes, le format 2026 a accordé une place importante aux témoignages de personnes malentendantes. Loin d’être des récits centrés sur les difficultés, ces interventions ont été conçues comme des leviers d’action. D’Anne et Sylviane , qui ont partagé leur chemin vers l’acceptation et la «suradaptation» transformée en force, à Jean-Bernard , pionnier de l’engagement associatif et professionnel, en passant par les révélations tardives mais lumineuses de Marlène et Caroline : chaque histoire a résonné comme une preuve qu’il est possible de «prendre le pouvoir» sur sa vie. Les interviews croisées ont permis de confronter les générations et les parcours, faisant émerger des conseils pratiques: oser demander des adaptations, choisir le bon audioprothésiste, utiliser la technologie (comme Auracast, expérimentée en direct lors du congrès sous la supervision de notre consultante audioprothésiste) ou encore simplement porter son handicap de manière visible, accessoires à l’appui. Une alchimie unique pour parler de philosophie L’inclusion ne se limite bien sûr pas aux outils. Elle passe aussi par le regard des autres et par le travail sur soi. Pour aborder cette dimension, le philosophe et écrivain Alexandre Jollien nous a fait la surprise de partager la scène avec Bernard Campan , l’acteur et ami avec lequel il a tourné le film Presque . Les deux complices ont livré un dialogue à la fois profond et vivant, ponctué d’anecdotes et d’humour, pour illustrer comment «devenir soi-même» et transformer sa différence en une force de lien. Ce duo inattendu a cristallisé l’esprit de la journée: une inclusion joyeuse et partagée. Une énergie qui porte vers l’avenir Les premiers retours ont été unanimes: l’objectif est atteint. Les participantes et participants ont emporté avec eux une inspiration nouvelle. «Un grand merci pour cette journée, riche en expériences!» s’est exclamée l’une des participantes ayant pris la parole lors des panels. Une autre participante abonde: «Les expériences et les partages étaient riches et pertinents. J’ai eu beaucoup de plaisir à y assister.» L’émotion était également au rendez-vous: «J’ai ressenti beaucoup d’émotions diverses et variées en entendant ces témoignages poignants et la parole précieuse de notre philosophe national. Encore merci pour l’organisation de cette belle rencontre.» Pour aller plus loin et se revoir l’an prochain Pour celles et ceux qui souhaitent revivre ces moments ou partager les interventions avec leur entourage, les vidéos du congrès seront prochainement mises en ligne sur la chaîne YouTube de FoRom écoute. Enfin, notez déjà dans vos agendas la date de notre prochain grand rendez-vous: le 26e congrès annuel de FoRom écoute se tiendra le samedi 29 mai 2027 à Lausanne. 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et recevoir un email dès que les vidéos du Congrès 2026 seront en ligne: abonnez-vous à la newsletter ! Photo: Sebastien Monachon 9 juin 2026 Publié le : Lire l'article Point fort Rapport d’activités 2025: une année d’actions pour l’accessibilité et l’inclusion Le rapport d’activités 2025 de FoRom écoute est désormais disponible. Ce document retrace une année marquée par une activité soutenue au service des personnes malentendantes. Entre renforcement de l’accessibilité auditive, soutien au développement de l’autonomie et consolidation des liens sociaux, nous avons une nouvelle fois confirmé notre rôle de centre de compétences et d’organisation de référence pour la communauté des malentendants. Accessibilité auditive et technologies de pointe Nous avons maintenu une priorité forte sur l’accès aux aides auditives. Grâce à un réseau incluant donateurs et audioprothésistes bénévoles, notre programme d’appareils reconditionnés a permis à de nombreuses personnes en situation de précarité de s’équiper gratuitement. Face à l’importance de la demande, nous avons également mobilisé notre fonds d’aide financière pour l’achat d’appareils neufs. Côté innovation, nous nous sommes positionnés sur les technologies d’avenir en acquérant du matériel de démonstration Auracast, un système de diffusion audio basé sur le Bluetooth nouvelle génération. Plusieurs organisations nous ont rapidement sollicités pour réaliser des essais concrets. En parallèle, nous avons poursuivi le déploiement des boucles magnétiques, garantissant une meilleure réception sonore dans les lieux publics et culturels. Culture, formation et liens sociaux Nous avons largement facilité l’accès à la culture grâce à nos partenariats, notamment avec le Menuhin Festival Gstaad, le Septembre Musical Montreux-Vevey, l’Opéra de Lausanne et le Théâtre de Vidy. Sur le plan de l’autonomie, nous avons financé 600 heures de cours de lecture labiale dans une quinzaine de villes romandes. Cette thématique centrale a d’ailleurs été mise à l’honneur lors de notre congrès annuel, qui a réuni plus d’une centaine de participantes et participants. Parallèlement, nous avons innové en créant l’application SmartLip, un outil qui centralise désormais la gestion des cours de lecture labiale, simplifiant les inscriptions et le suivi administratif de ces formations, pour les participant·e·s comme pour les enseignantes. Nos activités de gymnastique adaptée et les rencontres au sein des amicales ont continué de rompre l’isolement. De plus, la création et distribution de gilets haute visibilité, ainsi que le partenariat avec les CFF pour promouvoir les cordons tournesol, ont participé à améliorer la sécurité et le confort des personnes malentendantes dans l’espace public. Un modèle économique solidaire et un réseau étendu Dans un contexte financier exigeant, marqué par l’absence de subventions fédérales, nous avons réalisé des efforts soutenus pour la recherche de fonds, rendant possibles le maintien et le développement de nos prestations. Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude envers tous nos donateurs, dont la générosité constitue le socle indispensable de l’existence de notre fondation. Cette dynamique s’appuie également sur un réseau de collaborations élargi et stratégique. En 2025, FoRom écoute a tissé ou consolidé des liens avec des acteurs variés: chambres de commerce, organisations faîtières et entreprises; institutions de santé et organisations actives dans le domaine du handicap; acteurs culturels; organisations nationales et internationales. Ces partenariats multiples permettent d’amplifier l’impact de nos actions en faveur des personnes malentendantes. Pour découvrir plus en détail les actions menées tout au long de l’année 2025, étayées par des témoignages de personnes malentendantes, nous vous invitons à consulter le rapport complet: Télécharger le Rapport d’activités 2025 (PDF) 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! 26 mai 2026 Publié le : Lire l'article Point fort Concerts et spectacles vivants: des expériences à vivre et à partager La musique est un langage universel, une source d’émotion capable de transcender les barrières. Pourtant, pour les personnes malentendantes, l’accès aux salles de concert et aux spectacles vivants reste souvent semé d’embûches. Pour briser ces obstacles, des dynamiques vertueuses existent grâce à des partenariats entre acteurs engagés. Au-delà du concert: le droit à la culture Participer à une sortie culturelle ne se résume pas à occuper un siège dans un auditorium. Pour une personne malentendante, c’est l’occasion de partager un moment de complicité, de ressentir les vibrations d’un orchestre et de s’immerger dans une atmosphère unique. Trop souvent, la difficulté à suivre les conversations ou à percevoir les sons subtils conduit à un retrait social involontaire. Les spectacles accessibles constituent dès lors une opportunité précieuse pour rompre cette solitude et recréer du lien. Un partenariat exemplaire avec le Menuhin Festival Gstaad Pour la quatrième fois, nous renouvelons cette année notre collaboration avec le Menuhin Festival Gstaad. Ce rendez-vous incontournable anime les Alpes bernoises de mi-juillet à début septembre avec plus de 60 concerts classiques et des artistes de renommée internationale. Grâce au soutien généreux d’une fondation donatrice souhaitant garder l’anonymat, nous organisons deux sorties pour les personnes malentendantes, les 15 et 16 août prochains, avec un total de plus de 100 billets offerts. La force de cette initiative réside dans sa prise en charge globale. En offrant non seulement la gratuité des billets, mais aussi le transport en car depuis Lausanne et l’apéritif dînatoire sur place, nous éliminons les contraintes logistiques pour que les participant·e·s se concentrent sur le plaisir du spectacle et la richesse des échanges. Les retours des éditions précédentes sont unanimes: bien plus qu’une simple sortie, ces soirées deviennent des souvenirs qui restent gravés dans la mémoire. La technologie au service de l’inclusion L’accessibilité auditive nécessite des équipements technologiques adéquats. Dans le cadre de ce partenariat, FoRom écoute prend en charge l’installation d’une boucle magnétique dans la Tente du Festival. Ce dispositif permet aux personnes utilisant des appareils auditifs équipés de la position «T» de recevoir le son directement, avec une clarté exceptionnelle et sans les interférences des bruits ambiants. La présence de telles installations dans les salles n’est pas un luxe, mais une nécessité. Elle garantit une qualité d’écoute fine, permettant de percevoir les nuances des œuvres, du pianissimo d’un solo à la puissance d’un tutti orchestral. Un réseau de partenaires engagés Cette opération à Gstaad illustre parfaitement le type d’action que nous menons. Elle n’en constitue cependant qu’une facette. Tout au long de l’année, nous promouvons l’accessibilité culturelle en relayant des offres spéciales et en collaborant avec des institutions majeures telles que le Théâtre de Vidy, le Septembre Musical Montreux-Vevey, ainsi que de nombreuses salles de cinéma et théâtres en Suisse romande. Grâce à ces partenaires, la culture devient un véritable terrain de rencontre et de partage, même pour les événements les plus prestigieux. 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! 🎟️ Envie de vous joindre à nous pour le Menuhin Festival Gstaad? Rendez-vous sur la billetterie en ligne pour vérifier si des places sont encore disponibles. La réservation est soumise au dépôt d’une caution. Photo du chef d’orchestre Alexander Shelley avec le Gstaad Festival Orchestra (GFO), qui se produiront le 15 août 2026, l’une des deux soirées auxquelles auront le plaisir de participer les personnes accompagnées par FoRom écoute. Photo mise à disposition par le Menuhin Festival Gstaad. 19 mai 2026 Publié le : Lire l'article Point fort Malaudition: et si arrêter de se cacher était le premier pas vers l’inclusion? Avant même de pouvoir agir et revendiquer ses droits, encore faut-il reconnaître sa propre réalité. Pour de nombreuses personnes malentendantes, le premier obstacle à l’inclusion n’est pas l’absence d’aménagements, mais le poids du secret, de la honte ou, plus insidieusement, l’ignorance de son propre état. Une problématique souvent ignorée ou niée Parce que la malentendance est parfois déjà présente à la naissance, ou s’installe progressivement, beaucoup de personnes ne réalisent pas qu’elles en souffrent. D’après les témoignages que nous avons récoltés, elles peuvent vivre des années avec une fatigue chronique ou une difficulté à s’intégrer dans un groupe, croyant qu’il s’agit de leur façon d’être. Sans diagnostic, la vie s’organise par défaut autour de limites incomprises et ce n’est souvent que tardivement, lors d’un déclic familial ou professionnel, que le voile se lève: ce n’était pas un trait de caractère, mais une perte auditive non identifiée. La puissance, et le poids, de la «suppléance mentale» A l’inverse, pour celles et ceux qui ont conscience de leur handicap, la dissimulation devient parfois une stratégie de défense consciente. Par peur du jugement, de la stigmatisation ou de la perte de leur emploi, ils et elles choisissent de faire «comme si». On sourit quand on n’a pas compris, on acquiesce pour ne pas ralentir le groupe, on devine la suite de la phrase. Les experts appellent cela la «suppléance mentale»: un effort cognitif épuisant pour combler les trous auditifs en temps réels. Si cette technique permet de survivre socialement à court terme, elle isole progressivement. A force de vouloir paraître «comme les autres», on finit par s’exclure soi-même, par épuisement ou en fuyant les situations sociales, appauvrissant ainsi son réseau et ses opportunités. Le courage de la transparence Pourtant, l’expérience montre que le tournant décisif se produit souvent lorsque le mot est posé. Dire «je suis malentendant» ou «je suis malentendante», ce n’est pas avouer une faiblesse, mais offrir une clé de compréhension à son entourage. Bein sûr, le chemin n’est pas toujours bordé de roses: certaines personnes rencontrent des incompréhensions, voire des discriminations. Le risque est réel. Mais le silence, lui, mène inévitablement à une impasse. La transparence, au contraire, invite l’autre à adapter son comportement – par exemple parler face à face, s’exprimer à tour de rôle – ce que l’on fait souvent volontiers une fois informé. Des outils pour sensibiliser l’entourage Pour faciliter les échanges, des ressources existent. La plateforme www.voirpourcomprendre.ch , soutenue par FoRom écoute, met gratuitement à disposition affiches, marque-pages et articles didactiques. Ces outils aident à sensibiliser l’entourage aux réalités de la malentendance et proposent des bonnes pratiques simples pour fluidifier la communication au quotidien. La force du collectif Au-delà des outils, ce sont les rencontres qui débloquent les situations. Rejoindre des pairs, confronter son vécu à d’autres témoignages et échanger avec des professionnel·le·s permet de réaliser qu’on n’est pas seul·e. C’est précisément pour favoriser ces liens et accompagner cette sortie de l’ombre que nous promouvons ou organisons une variété d’événements tout au long de l’année: sorties culturelles adaptées, cours de lecture labiale, congrès annuel et rencontres diverses. Cette dynamique se poursuit également dans les pages de notre magazine en ligne , où nous publions témoignages, dossiers de fond et informations pratiques. Votre expérience compte aussi! N’hésitez pas à nous la partager à info@ecoute.ch . 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! Photo: Andrew Neel sur Unsplash 12 mai 2026 Publié le : Lire l'article Point fort Inclusion dans la société: quand l’attente laisse place à l’action Trop souvent, l’inclusion des personnes malentendantes, comme celle des personnes en situation de handicap de manière plus générale, est attendue comme une concession de la société, pilotée par les organisations de défense et les acteurs politiques. Pourtant, la clé d’une véritable inclusion réside ailleurs: dans la capacité des personnes concernées elles-mêmes à sortir de leur réserve pour devenir actrices de leur environnement. Concrètement, cette dynamique invite à dépasser la posture passive – celle où l’on espère que les institutions combleront les besoins – pour embrasser une approche volontariste. C’est tout l’enjeu de l’«empowerment»: passer du «je subis» au «j’agis». Pour les organisations de défense de la cause, l’enjeu est alors de ne pas faire à la place des personnes, ni de les cantonner à un rôle de bénéficiaires, mais de les encourager et leur fournir les outils pour qu’elles prennent elles-mêmes en main leur destin. L’objectif est de créer une alliance où la personne entreprend et l’organisation facilite. Cet «empowerment» ou, autrement dit, cette prise de pouvoir sur sa propre vie, devient le moteur de l’inclusion. Il ne s’agit plus de considérer le handicap comme une raison d’attendre une solution externe, mais comme un point de départ pour changer. Transformer son expérience vécue en force d’action: voilà comment les avancées les plus significatives ont souvent vu le jour, portées par celles et ceux qui ont choisi de devenir architectes de leur environnement plutôt que simples occupants. Etre proactif, c’est précisément cela: identifier un obstacle et porter le projet qui le lèvera. Imaginez une collaboratrice malentendante responsable d’équiper son lieu de travail en systèmes d’aide auditive: en menant ce projet à bien, elle devient un catalyseur de changement pour ses collègues et ses clients. Pensez à cet entrepreneur malentendant qui, fort de son parcours, crée un fonds d’aide pour la génération suivante, en partenariat avec notre fondation: avec cette initiative, il apporte concrètement son soutien à l’intégration des jeunes dans la société. Ce sont des témoignages comme ceux-ci qui redéfinissent le paysage de la malentendance. Ils nous rappellent que l’inclusion n’est pas un don fait par la société, mais une construction commune où chacune et chacun a un rôle à jouer. Etre proactif, c’est donc aussi s’engager pour la communauté. C’est comprendre que sa propre expérience vécue constitue une expertise unique, indispensable pour concevoir des solutions pertinentes. C’est aussi prendre la parole, non pas pour raconter sa souffrance, mais pour partager ses réussites, brisant ainsi les préjugés et inspirant l’entourage, entendant ou malentendant. C’est autour de ces réflexions et de parcours inspirants que FoRom écoute vous invite à échanger lors de son prochain congrès annuel. Comment passer de la résignation à l’action? Comment trouver les ressources en soi pour aller de l’avant? Ces questions et bien d’autres seront au cœur de nos discussions le samedi 30 mai 2026. Nous y accueillerons des interventions diverses mettant en lumière cette dynamique d’action: du monde professionnel à l’engagement citoyen, en passant par la culture et le soutien par les pairs. Si ce sujet résonne en vous, rejoignez-nous pour cette journée d’échange et d’inspiration. Rendez-vous le samedi 30 mai 2026, de 9h15 à 16h, à Lausanne: cliquez ici pour en savoir plus et vous inscrire 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! Photo: Sierra Koder sur Unsplash 5 mai 2026 Publié le : Lire l'article Actualités La malaudition est un handicap: rejoignez le mouvement pour l’inclusion le 2 mai à Zurich Quand le mot «handicap» est prononcé, ce sont immédiatement les limitations visibles qui viennent à l’esprit. Pourtant, la malaudition est un handicap bien réel, qui impacte quotidiennement des milliers de personnes. FoRom écoute, qui s’engage pour la reconnaissance des besoins des personnes malentendantes, soutient la grande manifestation nationale pour l’égalité et l’inclusion. Une marche historique Le 2 mai 2026, le centre-ville de Zurich accueillera une forte mobilisation. Une manifestation nationale réunira personnes en situation de handicap, familles, alliés et organisations pour réclamer l’égalité des droits et une participation pleine et entière dans la société, la politique, la culture, l’éducation, le sport et toutes les sphères de la vie. L’objectif est clair: briser les barrières – visibles et invisibles – dans tous les domaines. Il ne s’agit pas seulement de demander des aménagements, mais d’exiger une inclusion systémique qui permette à chacune et chacun de vivre sa citoyenneté sans entrave. FoRom écoute est solidaire d’inclusion360 et d’Agile Cet événement est organisé par inclusion360, en collaboration avec un collectif de personnes en situation de handicap. Le mouvement bénéficie du soutien d’une trentaine d’associations, dont Agile, la faîtière suisse des organisations d’entraide et d’autoreprésentation de personnes avec un handicap. En tant que membre solidaire d’Agile, notre fondation tient à réaffirmer son engagement à ses côtés. Cette contribution traduit notre ferme volonté de porter la voix des personnes malentendantes au cœur du débat public. Comment agir, à Zurich ou depuis chez soi? Bien que nous n’organisions pas de délégation officielle pour Zurich, nous encourageons vivement toutes les personnes sensibles à cette cause à rejoindre la manifestation si leur situation le permet. Vous trouverez plus d’informations sur le site web d’Agile . Si vous n’êtes pas en mesure de vous déplacer, votre soutien reste précieux et indispensable: Parlez-en autour de vous : la sensibilisation commence dans les cercles privés et professionnels Mobilisez les réseaux sociaux : partagez l’information pour donner de la visibilité à ce combat. Chaque publication contribue à normaliser la présence du handicap dans l’espace public L’objectif est d’envoyer un signal fort: l’inclusion n’est pas une option, c’est une nécessité pour une société plus juste. Vos histoires donnent de la force à nos actions La malaudition se vit de mille façons. C’est pourquoi nous lançons une nouvelle fois un appel à témoignages afin de recueillir vos histoires de vie et vos expériences concrètes en tant que personnes malentendantes. Ces récits sont essentiels pour nourrir nos futures campagnes de communication avec des situations réelles et illustrer la diversité des trajectoires au sein de notre communauté. Pour partager votre témoignage, écrivez-nous simplement à info@ecoute.ch . Prolongez la réflexion lors de notre congrès annuel Il reste des places pour notre Congrès annuel qui se tiendra à Lausanne le 30 mai 2026 . Cette édition sera entièrement dédiée aux différentes facettes de l’inclusion des personnes malentendantes: cliquez ici pour découvrir le programme du Congrès et vous inscrire . 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! Image de couverture: source www.inclusion360.ch 28 avril 2026 Publié le : Lire l'article Point fort Handicap et vie en société: le regard éclairant d’Alexandre Jollien pour FoRom écoute Après nous avoir honorés de sa présence lors du Gala de charité en début d’année, le philosophe et écrivain Alexandre Jollien sera à nouveau parmi nous le 30 mai 2026, à l'occasion de notre Congrès annuel. Retour sur une intervention inspirante et aperçu d’une rencontre à ne pas manquer. Un Gala sous le signe de la solidarité et de la joie En ce début d’année 2026, la Table Ronde de Lausanne a organisé un Gala de charité en faveur de notre fondation. Au-delà de la collecte de fonds, cette soirée nous a permis de partager un moment de grande qualité avec la nonantaine de personnes présentes, autour d’une intervention marquante d’Alexandre Jollien. S’appuyant sur l’enseignement du maître du bouddhisme tibétain Trungpa, le philosophe romand a décrit la voie spirituelle comme un double chantier. Le premier est collectif: bâtir une société solidaire et éveillée qui ne laisse personne sur la touche. Une mission qui résonne parfaitement avec l’action quotidienne de FoRom écoute, car nous croyons fermement que l’inclusion se construit à plusieurs voix: le travail des institutions, des acteurs politiques et des organisations telles que la nôtre, mais aussi l’engagement direct des personnes malentendantes elles-mêmes – dont plusieurs viendront d’ailleurs témoigner lors de notre prochain Congrès. Le second chantier évoqué par Alexandre Jollien est intérieur: il s’agit de se libérer par le détachement. Il invite à pratiquer la «non-fixation», c’est-à-dire à laisser passer les émotions sans s'y accrocher, car il n’y a «rien de pire», explique-t-il, que de «s'enliser dans l'immobilisme» face à la souffrance. Il a également souligné notre dimension politique inhérente: «L'être humain ne saurait être heureux seul dans son coin». Dans une société où tout va très vite, il nous a lancé un défi joyeux: «Ralentir, tendre l'oreille, écouter, suivre la boussole de notre cœur […] pour cesser de vivre, comme dirait Kafka, dans une espèce de carnaval social». Congrès 2026: vivre avec ses singularités et s’épanouir dans la société Nous aurons la chance de recevoir à nouveau Alexandre Jollien le 30 mai 2026, cette fois-ci dans le cadre de notre Congrès annuel, dont l’édition 2026 est dédiée aux différentes facettes de l’inclusion des personnes malentendantes. Son intervention, intitulée «Devenir soi-même, trouver sa place en société, s'épanouir», promet d’être un temps fort de réflexion. Il explorera la tension entre la singularité de chacun·e et notre besoin vital de lien. Comment assumer sa différence dans une société de performance où la comparaison fait des ravages? Comment, à l’instar de Spinoza, «bien faire et se tenir en joie» malgré les épreuves? Nous comprendrons alors comment, malgré la réalité du handicap, on peut vivre de manière épanouie, «créer des ponts» et apporter sa contribution à la société. Porté par cet esprit d’émancipation et d’engagement collectif, ce message saura interpeller chaque participant·e, personne malentendante ou alliée. Participez à une journée d’échanges et d’inspiration Le Congrès de FoRom écoute est bien plus qu’une conférence. C’est une journée complète articulée autour de témoignages et de dialogues. Aux côtés d’Alexandre Jollien, nous aurons le privilège d’accueillir: Monsieur Pierre-André Page, Président du Conseil national Dre Hélène Cao Van, Médecin adjointe au Service ORL des HUG Plusieurs personnes malentendantes qui partageront leur engagement et leur parcours de vie Ces rencontres sont des occasions uniques d’enrichir sa compréhension du handicap et de tisser des liens. Venez échanger, vous inspirer et contribuer à faire avancer l’inclusion! Date: 30 mai 2026, de 9h15 à 16h Lieu: Lausanne Informations et inscriptions: cliquez ici pour en savoir plus et vous inscrire 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! Photo: Aurélie Felli 21 avril 2026 Publié le : Lire l'article Dans les cantons «Elle entend pas la moto»: un documentaire intime à découvrir Le 25 avril 2026, FoRom écoute invite son public à une projection gratuite et sous-titrée du documentaire de Dominique Fischbach au cinéma Bellevaux à Lausanne. Un après-midi pour partager un regard sensible sur les défis liés aux handicaps auditifs, la résilience et les liens familiaux. Pendant plus de vingt-cinq ans, la réalisatrice Dominique Fischbach a suivi le parcours de Manon, une jeune femme sourde, et de sa famille. Le résultat est un documentaire bouleversant de justesse, tissé d’images d’archives et de scènes de vie quotidienne. Loin des clichés, «Elle entend pas la moto» nous plonge dans l’intimité d’un parcours marqué par la résilience, interrogeant notre propre regard sur la différence et l’inclusion. Un moment de culture partagé et accessible Cette séance crée un espace dans lequel vivre une expérience cinématographique commune et un temps d’échange pour mieux comprendre les réalités vécues par les personnes sourdes et malentendantes. La projection s’inscrit dans la dynamique des nombreuses initiatives de FoRom écoute, en Suisse romande et au-delà, pensées pour favoriser l’accessibilité culturelle pour toutes et tous: de la gratuité des billets aux solutions techniques, comme le sous-titrage pour cette séance. Les détails pratiques: Quand? Le samedi 25 avril 2026 à 14 heures Où? Cinéma Bellevaux, Lausanne Pour qui? Entrée offerte par FoRom écoute pour une personne malentendante et un·e accompagnant·e Réservez vite votre place Les places étant limitées, nous vous encourageons à réserver rapidement: cliquez ici pour accéder à la page d'inscription . 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: inscrivez-vous à la newsletter ! 14 avril 2026 Publié le : Lire l'article Actualités, Dans les cantons Cordon tournesol: désormais disponible à tous les guichets CFF C’est une bonne nouvelle qui est arrivée avec le printemps: après une phase de lancement depuis l’été dernier, le cordon tournesol est maintenant offert dans l’ensemble des centres de voyage CFF de Suisse. Partenaire engagé du projet, FoRom écoute se réjouit de cette extension et vous invite à découvrir comment cet accessoire peut faciliter vos déplacements. L’été dernier, nous annoncions que les CFF devenaient la première entreprise de transport suisse à introduire le cordon «Sunflower Hidden Disabilities», avec le soutien de notre fondation et de quatorze autres organisations. Après avoir testé le dispositif dans seize guichets pilotes, une étape décisive a été franchie: depuis le 25 mars 2026, plus besoin de chercher le bon guichet, puisque le cordon est disponible gratuitement dans toute la Suisse. Un accessoire simple pour des voyages plus sereins Ce cordon au motif de tournesol est un signal reconnu à l’international pour indiquer la présence d’un handicap invisible, tel qu’une perte auditive. Le porter n’est pas une obligation, mais une option: vous pouvez le porter en permanence ou le présenter ponctuellement en cas de besoin, par exemple lors d’un contrôle de billets. L’initiative porte ses fruits. Une enquête menée par les CFF fin 2025 révèle que 71% des personnes qui l’utilisent en sont satisfaites ou très satisfaites. Pourquoi un tel succès? Parce que cet accessoire change la dynamique: il invite le personnel et les autres voyageurs à faire preuve d’attention, de patience et de compréhension. Notre engagement: le faire connaître pour qu’il soit utile Le cordon tournesol ne fonctionne efficacement que si tout le monde en connaît la signification. C’est pourquoi, en tant que partenaires, nous sommes engagés sur deux fronts: encourager toutes les personnes malentendantes à s’emparer de cet outil pour faciliter leurs déplacements, ainsi que sensibiliser le grand public sur les gestes qui font la différence. Comment se procurer un cordon tournesol? Rendez-vous simplement à la gare la plus proche et demandez-y un cordon tournesol. Aucune attestation médicale n’est requise et il vous sera remis gratuitement. Quel comportement adopter avec une personne malentendante? Si vous apercevez une personne portant ce cordon et constatez qu’elle est malentendante, vous vous demandez peut-être comment réagir. Les besoins sont propres à chacun·e, mais de petites attentions suffisent souvent, par exemple: Capter son attention avant de lui adresser la parole Parler distinctement et bien en face de la personne Faire preuve de patience et répéter si nécessaire Utiliser des gestes et des supports visuels (texte écrit, plan, etc.) Porter ce cordon ne signifie pas systématiquement avoir besoin d’assistance, mais une proposition attentionnée et un esprit de solidarité transforment souvent le voyage en un moment plus agréable pour toutes et tous. Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: inscrivez-vous à la newsletter ! 9 avril 2026 Publié le : Lire l'article Santé «C’est au physiothérapeute de s’adapter au patient malentendant» Physiothérapeute à Lausanne, Joëlle Jaunin est spécialisée dans la prise en charge des patients sourds et malentendants. Retour sur un exercice complexe qui impose de prendre en compte les spécificités de cette patientèle particulière. La perte auditive représente-t-elle une difficulté supplémentaire pour le physiothérapeute qui prend en charge un patient malentendant ou sourd ? C’est certain. Le physiothérapeute utilise ses mains pour travailler or, s'il doit par exemple avoir recours à celles-ci pour utiliser la langue des signes afin de communiquer avec son patient, cela devient compliqué. Et la difficulté est similaire pour le patient qui n’a pas besoin de la langue des signes, mais qui lit sur les lèvres. Couché sur la table de physiothérapie, il ne pourra pas entendre ce que lui dit le soignant… C’est d’ailleurs un préjugé courant que de penser que la prise en charge des patients qui oralisent est plus simple, alors qu’ils ont autant besoin d'adaptation à la communication que les sourds qui signent. Comment vous adaptez-vous à ces difficultés ? En premier lieu, en s’entendant au préalable avec le patient sur la manière de communiquer. Ensuite, en agençant son cabinet pour ne pas être à contre-jour afin qu’il puisse lire sur les lèvres, en veillant à ce que l'ordinateur ne cache pas mon visage, en ne regardant pas mon clavier pendant que je parle, en ne pas mettant pas de musique de fond quand les patients sont appareillés ne pas parler etc. Il y a ainsi de nombreuses petites mesures à prendre pour que la séance soit la plus confortable possible pour le patient. Et puis, en amont pour la prise de rendez-vous, il faut bien sûr veiller à être joignable en ligne par visioconférence ou par WhatsApp… Le téléphone seul ne suffit pas ! Avez-vous recours à des outils particuliers pour communiquer ? Oui, j'utilise beaucoup les images et les schémas, je dessine volontiers et j'utilise mon livre d'anatomie plus que pour les patients entendants, puisqu’il s'agit d'un public très visuel. Montrer les éléments sur un dessin, un graphique ou un schéma est beaucoup plus simple et efficace d’autant que qu’il s’agit d’une patientèle dont le niveau en connaissances de base en santé est souvent plus bas que la moyenne. En plus de la communication, à quoi êtes-vous également très attentive ? D’une manière générale, la physiothérapie concerne le corps et donc on touche-là à l'intime et encore plus en ce qui me concerne, puisque je pratique aussi la physiothérapie périnéale. De fait, et plus que pour toute autre spécialité, obtenir le consentement explicite du patient est encore plus important. Et ce n’est pas toujours aisé, car souvent des patients sourds ou malentendants déclarent avoir compris les propos du soignant, alors que ce n’est pas le cas. En tant que physiothérapeute, je suis donc très attentive à cette dimension, et même si je connais assez bien la LSF et le monde de la malentendance, je n’hésite pas à prévoir si nécessaire un interprète LSF ou LPC. Quelles sont les conséquences de toutes ces particularités ? Le temps consacré aux séances de physiothérapie et à l’éducation du patient, qui est très nettement rallongé! Sur le plan tarifaire et pour les assurances, le physiothérapeute doit donc souvent utiliser une position particulière qui correspond aux situations dites « complexes », avec le critère « difficulté à la communication ». Ce qui n’empêche pas d’ailleurs, de devoir régulièrement argumenter avec les assurances… Enfin, est-il plus difficile d'obtenir des résultats probants avec les patients malentendants ou sourds? À partir du moment où on a pris soin de bien d'éduquer le patient et de veiller à ce que la communication soit optimale en lui consacrant le temps qu'il faut pendant les séances, on obtient évidemment des résultats identiques. En revanche, il arrive que l’on mette beaucoup plus de temps à obtenir des résultats, parce que ces patients viennent souvent consulter beaucoup plus tard que les autres, en raison des difficultés d’accès aux soins qu’ils rencontrent. 27 mars 2026 Publié le : Lire l'article Dans les cantons Les séances du Grand Conseil genevois sont accessibles au public malentendant Depuis des années, les débats parlementaires du Grand Conseil genevois sont sous-titrés et traduits en langue des signes en direct. Une prouesse technique assurée par la société Swiss TXT. Voici une démarche d’inclusion politique et citoyenne qui mérite d’être saluée. Depuis 2020, en effet, les malentendants et sourds genevois peuvent suivre en direct les séances et débats – parfois animés - de leur Grand conseil, grâce à une retranscription en langue des signes et à un sous titrage en temps réel. « Le projet de retranscription en langue des signes ainsi que le sous-titrage des séances a démarré par un projet de loi datant de 2017 et qui visait à donner une base légale au soutien financier accordé à la chaine locale Léman bleu, explique Laurent Koelliker, sautier du Canton de Genève. C’est lors des débats qu’un député a souhaité élargir le projet de loi à la mise en place de mesures d’accessibilité pour les personnes sourdes et malentendantes ». Appel d’offres Adopté en mars 2017 par 52 voix contre 36, le projet de loi de financement général de la chaîne Léman Bleu est ainsi entré en vigueur deux mois après, et avec lui les mesures prévues pour les personnes ayant une perte auditive. « Le secrétariat du Grand conseil est aussitôt entré en contact avec les associations représentatives pour évaluer ce qu’il était possible de faire, se souvient Laurent Koelliker. Au départ, c’était l’option d’avoir sur place une personne qui gèrerait la traduction en langue des signes qui avait été retenue. Elle a ensuite été abandonnée en raison de sa complexité, au profit d’une traduction LSF et d’un sous-titrage en direct à distance». Aussitôt, un appel d’offres est opéré, remporté par la société Swiss TXT, filiale de la SSR et qui assure ainsi depuis le début, l’importante logistique imposée par ce mandat un peu particulier. Au total, une vingtaine de personnes entre Zurich et Genève, comprenant des techniciens, des interprètes LSF, ainsi que sous-titreurs professionnels, gèrent et organisent l’accessibilité pour les sourds et malentendants, lors des 10 sessions annuelles du Grand conseil genevois, chacune d’elle durant… 2 jours entiers. Un défi : le direct ! « Pour moi, le principal défi est la transmission en direct et c’est vraiment une grande responsabilité, car tout doit fonctionner parfaitement, explique Liliane Martignetti-Blanco, responsable Retranscription et nouveaux projets chez Swiss TXT, qui ajoute : et si tout cela fonctionne, c’est vraiment grâce à l’excellent collaboration et implication des différents services chez nous, mais aussi au niveau du Grand conseil». A chaque session, un signal depuis la salle du Grand conseil envoie images et sons, qui sont ensuite traduits par des interprètes en langue des signes eux-mêmes filmés en studio. Les images obtenues sont ensuite renvoyées en temps réel sur le site internet du Grand conseil, via une solution intitulée Accessible Player qui permet également de renvoyer le sous-titrage. « Au moins une dizaine de personnes assurent le tournus pour assurer le sous-titrage en direct, via la technique du re-speaking. C’est une activité qui demande d’excellents réflexes ainsi que de vraies qualités techniques, en raison des procédures propres liées au Grand conseil, et qu’il faut connaître, ajoute Liliane Martignetti-Blanco, qui complète : « Et à ce stade, le travail n’est pas terminé, car une fois le direct assuré, c’est la post-production qu’il faut garantir, de sorte que la traduction LSF et le sous-titrage puissent continuer à être accessibles par la suite en replay ». 300'000 francs Chaque année, le Grand conseil consent la coquette somme de 300'000 francs pour garantir l’accessibilité des débats au public sourd et malentendant. « Malheureusement, nous ne disposons pas de statistiques permettant d'évaluer le nombre de personnes qui profitent de ce service, déplore le sautier Laurent Koelliker. Mais il est clair que le choix du Grand conseil de garantir ces retranscriptions était une décision de principe et non fondée sur des considérations pécuniaires. Il s’agit avant tout d’une démarche de service public et d’intégration du plus grand nombre, indépendamment de quelconques critères d’audience » https://ge.ch/grandconseil/sessions/live/ Le sous-titrage des sessions est également accessible via la chaîne de télévision Léman Bleu. 17 mars 2026 Publié le : Lire l'article Portrait «La première erreur pour un soignant, c’est de penser savoir!» La prise en charge de patients sourds ou malentendants est un défi pour tout soignant. Les explications de Corinne Béran, psychothérapeute et fondatrice de Boulevard Santé, un lieu unique qui, à Lausanne, réunit des thérapeutes indépendants spécialisés dans la surdité. A quoi doit être attentif un soignant, lorsqu’il interagit avec un patient sourd ou malentendant ? Déjà en premier lieu à être accessible ! C’est une dimension cruciale, puisque ces patients doivent commencer par réussir à entrer en contact avec le soignant, à l’atteindre autrement que par un simple appel téléphonique, ce qui n’est pas toujours évident. Cela implique que le soignant puisse recevoir des vidéos en langue des signes, ou être capable d’organiser des appels vidéo qui facilitent la lecture labiale etc. L’enjeu se situe donc au niveau de la communication ! Évidemment ! Il est impératif que le soignant adapte sa communication aux besoins de ces patients particuliers, et il est même de sa responsabilité de faire en sorte que sa communication soit optimale. Ainsi, j’ai dû non seulement développer mes compétences, en me formant à la langue des signes, en connaissant les spécificités du LPC ou de la lecture labiale etc., mais aussi m’équiper de moyens auxiliaires, comme une ardoise, une boucle magnétique, une application de retranscription sur mon smartphone etc… Il y a aussi la question de la gestion de l'espace pour que le patient soit confortable, en particulier au niveau de l’éclairage, sans oublier, et c’est important en psychothérapie, l’organisation de pauses pour certains, car les séances durent une heure en principe. Il y autant de profils que de patients sourds et malentendants et qui ont chacun leur spécificité. Comment un soignant peut-il gérer cette diversité ? Ce que l'on appelle l'anamnèse (ndlr, l’interrogatoire du patient) est très importante, car elle permet de clarifier les choses dès la prise de rendez-vous et d’affiner: savoir si le patient oralise, s’il utilise la langue des signes, se renseigner sur les conditions de survenue de sa perte auditive. Et en réalité, il s’agit d’un processus d’adaptation réciproque entre le patient et son soignant. Selon vous, quelles sont les erreurs à ne pas faire lorsqu’on prend en charge un patient sourd ou malentendant ? La première erreur, c'est de penser savoir, parce que la prise en charge d’une personne sourde profonde qui oralise est très différente de celle d'une personne avec une surdité moyenne mais acquise tardivement… En outre, pour les personnes qui oralisent, il faut éviter d’articuler de manière exagérée, de parler très fort ou de cacher sa bouche, ce qui interfère avec la lecture labiale. Enfin, une erreur courante est de croire que dès lors qu’un patient est accompagné par un interprète LSF ou un codeur LPC le message est forcément compris. Justement, beaucoup de patients sourds ou malentendants n’osent pas avouer qu’ils n’ont pas compris… Il y a des techniques pour vérifier que le message est bien passé, comme d’utiliser des supports visuels ou demander au patient de réexpliquer ce qu’on lui a dit. Il faut toujours partir du principe que ce qui nous paraît évident ne l'est pas forcément pour la personne en face, d'autant que comprendre les mots qu’un soignant prononce n’implique pas forcément d’avoir intégré le sens profond de son message. D’une manière générale, le personnel médical et soignant est-il suffisamment formé ou sensibilisé à la question de la perte auditive ? Quelques heures de formation-sensibilisation aux spécificités du handicap auditif sont dispensées en médecine, et au CHUV, cette dimension est abordée via une sensibilisation dispensée par Unisanté aux soignants et au personnel administratif. Mais tout cela reste des interventions ponctuelles. C'est un début, c'est mieux que rien, mais il reste clairement beaucoup à faire ! Venons-en aux spécificités de la psychothérapie. En quoi le travail d'un psychothérapeute spécialisé avec les personnes sourdes ou malentendantes est-il plus complexe ? Il faut être conscient que lorsqu'on traite des traumatismes, le corps fait partie de la prise en charge et suivant l'émotion qu’il ressent, le patient aura tendance à se replier sur lui-même, à détourner le regard, ou à se cacher le visage, etc. L'enjeu est donc de rester en lien avec la personne qui est débordée émotionnellement, alors que la communication visuelle est également coupée, ce qui représente une vraie difficulté… En plus de cela, le psychothérapeute doit être conscient de ce qu’implique la surdité dans un monde d’entendants, de la fatigue et de la frustration que cela peut représenter au quotidien pour ses patients qui d’ailleurs tendent parfois à la banaliser. Et quand on échange durant une heure avec un patient, cette dimension est vraiment importante. Y a-t-il d’autres dimensions à prendre en compte ? Bien sûr ! Il est important de connaître l'histoire de la surdité en Suisse mais aussi de connaître le contexte socioculturel et familial dans lequel s'inscrit le patient pour mieux pouvoir comprendre ce qu'il ressent. Enfin, il faut bien connaître le réseau de la surdité pour pouvoir l’orienter si besoin vers des professionnels qui connaissent les spécificités de la surdité et puissent le prendre en charge en toute sécurité. 9 mars 2026 Publié le : Lire l'article Actualités La surdité cachée, un mal peu connu et difficile à diagnostiquer Il est tout à fait possible de souffrir de surdité alors que les examens audiométriques sont parfaitement normaux. Explications sur ce qui n’est un paradoxe qu’en apparence. Les professionnels de l’audition la connaissent bien, mais le grand public bien moins. Saviez-vous que vous pouvez souffrir de surdité cachée ? En clair, présenter une perte auditive, alors que votre audiogramme – examen de référence s’il en est –, est tout à fait normal. « Ce type de surdité ne peut pas être détecté par les examens auditifs usuels, ce qui pour les médecins représente un véritable défi clinique et diagnostique, explique un ORL genevois. En général, les patients consultent parce qu’ils éprouvent des difficultés à entendre en milieu bruyant, avec parfois, mais pas toujours des acouphènes, de l’hyperacousie ou même une vraie fatigabilité auditive. Et jusqu’à il n’a pas très longtemps, on les renvoyait chez eux dès lors que leur audiogramme était tout à fait normal ». Découverte récente De découverte récente, la surdité cachée est une pathologie qui n’est pas liée à une atteinte de l’oreille interne – les cellules ciliées sont tout à fait intactes – mais du nerf auditif, plus particulièrement au niveau des connexions synaptiques avec l’oreille interne. Il s’agit donc plus d’une atteinte neurologique que d’une atteinte de l’appareil auditif proprement dit. De fait, la seule manière de la diagnostiquer est d’avoir recours à des examens très spécialisés dont l’objectif est de détecter des anomalies qui seraient passées inaperçues avec les examens standards : potentiels évoqués auditifs, électro-cochléographie, audiométries tonale et vocale etc. « Il faut avoir recours à ces examens lorsqu’un patient se plaint de manière prolongée de difficultés à entendre dans le bruit, alors que les examens usuels n’ont rien objectivé, explicite l’expert. Et c’est d’autant plus recommandé qu’il a dans son histoire médicale des antécédents d’exposition excessive au bruit. » Causes inconnues Si les causes de la surdité cachée ne sont pour l’heure pas clairement établies, on sait en revanche en effet que les traumatismes sonores répétés peuvent la favoriser, en fragilisant les fibres nerveuses. Sont d’ailleurs ainsi plus fréquemment atteintes, un certain nombre de professions à haut risque sonore, comme les musiciens, les travailleurs dans le bâtiment ou l’industrie. D’autres facteurs favorisant l’apparition d’une surdité cachée ont également été identifiés : le vieillissement qui provoquerait une dégénérescence des fibres nerveuses, la concomitance avec des maladies inflammatoires chroniques, mais aussi avec du diabète, ou un taux élevé de cholestérol, ou encore le recours à certains médicaments oto-toxiques etc. La prise en charge et le traitement de la surdité cachée constituent enfin un véritable défi pour les médecins, confrontés à des alternatives thérapeutiques limitées. Des recherches sont toutefois en cours, alors que la principale difficulté réside dans la régénération des fibres nerveuses et/ou des connexions synaptiques altérées. Appareils auditifs « Chez certains patients, mais ce n’est pas la majorité des cas, on a cependant constaté que le port d’appareils auditifs pouvait améliorer la situation, note notre ORL. Mais d’une manière générale, nous sommes pour l’instant démunis et le seul levier sur lequel nous pouvons actuellement efficacement agir est celui de la prévention. Il est très important surtout pour les jeunes, de bien veiller à contrôler et surtout limiter leur exposition à des niveaux sonores trop élevés ». 2 mars 2026 Publié le : Lire l'article Point fort « L’intelligence artificielle nous permet de faire plus » Depuis des années, la SSR offre un sous-titrage ciblé et spécifique de ses programmes pour les sourds et les malentendants, financé par la redevance. L’avènement de l’intelligence artificielle améliore considérablement le travail des sous-titreurs et devrait permettre d’atteindre l’objectif de 100% des programmes sous-titrés à l’horizon 2027. Rencontre avec Fabienne Wieser, responsable du sous-titrage pour la Suisse romande. A la RTS, combien de personnes se consacrent-elles au sous-titrage pour sourds et malentendants ? Actuellement nous sommes 32. Jusqu’à fin décembre, nous travaillions dans le cadre de la société Swiss TXT, rattachée, à la SSR. Dès lors que Swiss TXT va être dissoute, nous serons pleinement intégrés à la SSR. Quelle proportion de programmes arrivez-vous à sous-titrer actuellement ? Actuellement, nous sous-titrons 85% de la totalité de nos diffusions. Pour donner un ordre d’idées, quand j’ai commencé dans mes fonctions il y a 10 ans, nous en étions à environ 50%. Comment expliquez-vous cette performance ? C'est clairement l'avènement du re-speaking qui a permis d’atteindre ce taux. Il s’agit d’une technologie de sous-titrage qui fait appel à la reconnaissance vocale. Le transcripteur entend dans un casque les mots prononcés par le locuteur, il les répète dans un microphone, et la reconnaissance vocale affiche le texte dans le logiciel ad hoc. Ensuite, il corrige les éventuelles erreurs et surtout reformule et synthétise le texte sans dénaturer le propos… Ce que les sourds et malentendants voient à l’écran n’est donc pas une retranscription mot à mot… Non, notre mission est de proposer un sous-titrage spécifique et ciblé pour les malentendants. La restitution d’un simple verbatim conduirait à un texte plus difficilement compréhensible. Venons-en à l'arrivée de l'intelligence artificielle. Celle-ci permet-elle de faire plus vite, moins cher, et mieux ? Plus vite c’est sûr, moins cher, sans doute. Mais mieux, cela dépend surtout du type de programme que l’on veut sous-titrer… Comment utilisez-vous l'IA aujourd'hui ? Pour le sous-titrage d'une émission pré-produite, c'est-à-dire enregistrée en avance, comme les documentaires, les entretiens, etc., l'intelligence artificielle convient bien et donne un rendu de qualité, même s’il nous revient ensuite de faire des corrections et de calibrer le texte pour qu’il réponde aux besoins des personnes sourdes et malentendantes : il manque en effet les couleurs, les tirets qui indiquent le changement de personnes qui parlent etc… En revanche, les émissions plus complexes mais aussi le direct, requièrent une intervention humaine plus importante. Le recours à l’intelligence artificielle est donc une aide précieuse ? Sans aucun doute. Il s’agit en fait d’une béquille qui nous permet d'aller plus vite dans le travail de sous-titrage de certaines émissions, ce qui nous permet de libérer du temps pour nous impliquer dans de nouvelles tâches, comme par exemple l'audiodescription en direct pour les personnes aveugles, qui est en pleine croissance. Finalement, la vivez-vous comme une concurrente ? A l’époque, quand le re-speaking est arrivé, on a entendu les mêmes craintes chez Swiss TXT. Finalement, on s'est rendu compte que grâce à cette technologie, on pouvait faire plus. C’est la même chose pour l'intelligence artificielle, qui est une occasion de produire davantage de contenus sous-titrés, l’objectif légal étant de parvenir à 100 % des programmes à l’horizon 2027. Vous n’allez donc pas disparaître ? Tout dépend de la qualité de sous-titrage que l'on attend. Si l'on veut quelque chose de spécifique et de qualitatif pour les sourds et les malentendants, une intervention humaine sera à mon avis toujours nécessaire. Les interprètes au sens large font d’ailleurs face à la même problématique. 16 février 2026 Publié le : Lire l'article Portrait Michèle Lovis, de la langue des signes belge au… Repuis de Grandson Après 15 années passées en tant que « Répondante Surdité » au centre de formation professionnelle spécialisée Le Repuis (VD), Michèle Lovis partira à la retraite le 1er mars prochain. Retour sur un parcours très riche en enseignements. « Ce qui m’a le plus marquée dans ce métier et que je trouve vraiment très important, c’est la capacité de résilience de tous ces jeunes qui arrivent à faire de superbes parcours, qu’ils soient implantés et oralisent, qu’ils soient appareillés, qu’ils maîtrisent bien ou peu le LPC ou enfin qu’ils communiquent en langue des signes. Cela montre que les efforts et la motivation finissent toujours par payer, et pour moi en tant qu’éducatrice spécialisée, c’est très gratifiant ». Ce constat, réjouissant et très encourageant, Michèle Lovis le dresse, à la veille de prendre une retraite bien méritée le 1er mars prochain, après avoir officié en tant que « Répondante surdité » durant 15 années d’intense activité au Repuis (Grandson-VD), un centre de formation professionnelle spécialisée pour des apprentis ne pouvant acquérir celle-ci selon le processus traditionnel. Conséquences de la surdité 15 années passées à suivre, encadrer, accompagner et orienter des dizaines de jeunes sourds ou malentendants durant tout leur parcours professionnel : traduire en langue des signes en cas de besoin, faciliter le lien entre l’apprenti et son maître d’apprentissage, accompagner certaines jeunes à sortir du déni et apprivoiser leur surdité, renseigner les familles, la tâche est multiple, prenante et passionnante, avec toujours le même constat : « Durant toutes ces années, j’ai pu constater l’importance des conséquences invisibles de la surdité, observe-t-elle. Un réservoir lexical appauvri - que le jeune oralise ou utilise la langue des signes -, et qui rend compliquée la gestion des émotions, une culture générale également souvent appauvrie, ainsi que des difficultés d’abstraction. Cette méconnaissance de ces conséquences, tant de la part des jeunes eux-mêmes que de leurs proches, a été un des éléments les plus complexes à gérer durant mes fonctions, tant il est difficile de réussir un parcours de formation lorsqu’on a un champ lexical restreint et que l’on croit qu’un implant ou qu’un appareil règle tout ». Autre constat riche en enseignements : « J’ai également appris que l’on ne peut avancer qu’au rythme de ces jeunes et de leurs familles. Ainsi, ce qui compte c’est que leurs compétences professionnelles et scolaires correspondent à leur niveau de formation – pratique, AFP, CFC – et qu’ils soient bien à l’aise, aussi bien dans la formation qu’ils suivent, qu’avec leur surdité. D’ailleurs, en fonction de leurs compétences acquises et développées et de leur potentiel d’employabilité, certains poursuivront leur formation au niveau supérieur. Et puis enfin, dans le monde de la surdité, je me suis beaucoup enrichie des pratiques et des ressources du réseau de professionnels de la surdité en Romandie». Apprentissage de la langue des signes… belge Rien ne prédestinait Michèle Lovis à consacrer sa carrière au monde de la surdité, ni dans son entourage personnel ou familial, ni dans sa formation initiale. Très jeune, c’est en effet un apprentissage d’employée de commerce qu’elle commence à Yverdon. Seulement voilà : le commerce et les bureaux ont rapidement représenté un monde « trop fermé » pour la jeune femme qui rêve d’autres horizons. Ce sera donc l’éducation spécialisée à l’EESP de Lausanne ( aujourd’hui Haute école de travail social et de la santé, ndlr) dont elle sortira diplômé en 1985, il y a donc exactement quarante ans. Après de nombreux stages et trois années de travail en Suisse, elle décide de s’expatrier en Belgique. Et c’est là, à la faveur de rencontres dans le milieu associatif, qu’elle découvre, pour la première fois, la langue des signes. Une langue qu’elle trouve d’emblée « fascinante » et qui la conduit à l’apprendre « par curiosité » durant 5 années, à la faveur de cours du soir. A l’issue de ceux-ci, elle est prête à se présenter à l’examen d’entrée de l’école d’interprètes de Bruxelles, mais doit y renoncer, car elle doit rentrer en Suisse. Avec au final un bagage professionnel plutôt inutile, la langue des signes belge francophone étant très différente de notre langue des signes romande. « J’ai alors dû reprendre quasiment à zéro mon apprentissage de la langue des signes durant six ans, tout en travaillant en parallèle dans une structure d’accueil à Yverdon », raconte-elle. « Plaisir et sérénité » Un apprentissage et un effort qui ne seront pas vains, car lorsqu’elle envoie sa candidature au centre de formation professionnelle le Repuis, qui était à la recherche d’une éducatrice spécialisée pour accompagner les sourds et les malentendants dans le cadre de leur formation, elle est évidemment immédiatement engagée, tant son profil est parfaitement adéquat pour le poste à pourvoir. Après 15 années d’engagement au Repuis, dans un univers qu’elle a trouvé « passionnant », la voici donc qui s’apprête à prendre une retraite bien méritée. Une perspective qui ne l’effraie guère : « Je ne me suis jamais ennuyée en dehors de ma vie professionnelle, j’aborde donc cette étape avec beaucoup de plaisir et de sérénité et me laisserai conduire là où la vie me mènera ». 9 février 2026 Publié le : Lire l'article Actualités Le diabète peut aussi attaquer vos oreilles Si vous souffrez de diabète de type 2, vous avez 4 fois plus de risque de développer une perte auditive. Tel est le résultat d’une récente étude, qui pointe ainsi l’importance du contrôle de la glycémie et d’un suivi audiologique pour cette maladie de plus en plus fréquente. Dans la longue panoplie des complications dues au diabète – oculaires, rénales, cardio-vasculaires -, elle ne figurait jusqu’à présent pas. Et pourtant : l’oreille, à l’instar d’autres organes, peut également être significativement impactée par le diabète de type 2. Une étude complète publiée à la fin de l’année dans Otolaryngology–Head and Neck Surgery, la revue de l’American Academy of Otolaryngology–Head and Neck Surgery Foundation, révèle en effet que les personnes atteintes de diabète de type 2 sont confrontées à un risque significativement élevé de perte auditive, une complication qui passe souvent inaperçue et n’est même jamais dépistée et explorée. 40 à 70% des diabétiques Selon les résultats de cette méta-analyse qui a compilé les données de 17 études portant sur plus de 8000 participants, les personnes souffrant de diabète présenteraient un risque de perte auditive 4 fois plus important. Selon les chercheurs, 40 à 70% des personnes diabétiques feraient ainsi l’objet d’une perte auditive, le plus souvent non détectée. L'étude, menée par les auteurs Miguel Caballero-Borrego et Ivan Andujar-Lara de l'hôpital Clínic et de l'Universitat de Barcelona en Espagne, révèle en outre que la perte auditive est principalement observée au niveau des fréquences plus élevées, avec des seuils audiométriques moyens de tonalité pure du groupe diabétique, 3,19 dB plus élevés que les contrôles. Plus significatif encore, l’apparition de ces complications auditives semble corrélée à l’ancienneté de la maladie. La prévalence de la perte auditive était en effet significativement plus élevée chez les patients ayant un diagnostic de diabète pendant plus de 10 ans, ces personnes étant confrontées à un risque de 2,07 fois plus élevé que ceux ayant une durée de maladie plus courte. Micro-vaisseaux de la cochlée Pour rappel, le diabète de type 2 apparaît à l’âge adulte et se traduit par un déficit de sécrétion en insuline par le pancréas. Sa survenue est largement liée à des facteurs tels que la sédentarité et l’activité physique, ainsi qu’un régime alimentaire trop sucré. Selon les auteurs de l’étude, le mécanisme de la perte auditive survenant en cas de diabète serait lié à des altérations des micro-vaisseaux sanguins irriguant la cochlée, à l’intérieur de l’oreille interne. « Cette étude objective l’importance de la prévention et du dépistage auditif lorsqu’une personne est atteinte de diabète de type 2, explique un ORL genevois. Comme elle établit un lien entre le risque de survenue de surdité et le taux d’hémoglobine glyquée HbA1c - un indicateur classique de suivi du diabète sur le long terme -, elle montre que le contrôle et la stabilisation du taux de glucose sanguin par le patient permet d’agir pour limiter le risque de perte auditive sur le long terme. Sans oublier évidemment un suivi audiologique régulier pour ce type de patients, jusqu’à présent fort négligé ». 2 février 2026 Publié le : Lire l'article EN VOIR + EN VOIR + Magazine
- Forom Ecoute | fondation romande des malentendants | Av. Général-Guisan 117, 1009 Pully, Switzerland
Forom Ecoute est une fondation romande des malentendants. Conseils, soutien et ressources pour mieux gérer la perte auditive. La fondation des malentendants Lire le Magazine HOTLINE GRATUITE 0800 614 614 Inscrivez-vous à notre newsletter 25e édition de notre congrès annuel sur le thème de l’inclusion des personnes malentendantes dans la société au Lausanne Palace le 30 mai Informations et inscription ici NOS PROCHAINS ÉVÉNEMENTS Diffusion offerte par Forom Ecoute de "ELLE ENTEND PAS LA MOTO" - de Dominique FISCHBACH au cinéma de Bellevaux à Lausanne le 25 Avril Informations et inscription ici IBAN : CH08 0900 0000 2000 5658 5 CCP 20-5658-5 DERNIÈRES NOUVELLES TOUS LES ARTICLES MAGAZINE FoRom écoute devient la Fondation Audition Suisse Aujourd'hui, nous franchissons une nouvelle étape de notre histoire. FoRom écoute devient Fondation Audition Suisse. Cette nouvelle identité reflète avec davantage de clarté notre mission, notre champ d'action et notre engagement auprès des personnes concernées par les enjeux de l'audition, dans toute la Suisse. Si notre nom évolue, notre raison d'être demeure inchangée. Depuis notre création, nous œuvrons avec la même conviction pour informer, accompagner, sensibiliser et défendre les intérêts des personnes malentendantes, devenues sourdes, ainsi que de leurs proches. Notre équipe, nos programmes, nos valeurs et nos engagements restent pleinement les mêmes. Cette évolution s'inscrit dans une volonté de renforcer la lisibilité de notre action et de rendre notre mission plus immédiatement identifiable auprès du grand public, de nos partenaires et des personnes malentendantes qui bénéficient de nos prestations. Au cours des prochaines semaines, cette nouvelle identité sera progressivement déployée sur l'ensemble de nos supports de communication. Vous découvrirez ainsi notre nouveau nom sur notre site internet, nos publications, nos réseaux sociaux et nos documents institutionnels. Nous nous réjouissons de poursuivre cette aventure à vos côtés, désormais sous le nom de Fondation Audition Suisse , avec la même exigence, la même proximité et la même détermination à agir en faveur de toutes les personnes concernées par les enjeux de l'audition. Actualités 1 juillet 2026 Publié le : Lire l'article Auracast: une technologie prometteuse Auracast est une technologie de diffusion audio Bluetooth qui pourrait être intégrée aux prochaines évolutions de la norme SIA 500 en matière d’accessibilité auditive. Plus ouverte et polyvalente que les systèmes traditionnels, elle permet de transmettre un son de qualité directement vers des aides auditives ou des écouteurs compatibles. Notre fondation s’est saisie de cette innovation en acquérant du matériel dès 2025 et en réalisant un premier test d’utilisation lors de son congrès annuel. Pendant des décennies, la boucle magnétique a constitué la principale solution de transmission audio dans les lieux publics pour les personnes malentendantes. Si ce système a rendu d’immenses services, ses coûts d’installation et d’entretien ont parfois freiné son déploiement. A présent, une nouvelle approche se développe avec Auracast, une technologie de diffusion audio par Bluetooth qui ouvre de nouvelles perspectives en matière d’accessibilité, tant pour les personnes malentendantes que pour le grand public. Le principe est à la fois simple et visionnaire: un émetteur diffuse un flux audio Bluetooth que n’importe quel récepteur compatible peut capter instantanément, sans appairage complexe. Ainsi, un nombre illimité de personnes peut recevoir un son clair et direct dans son propre dispositif, qu’il s’agisse d’aides auditives ou de simples écouteurs du commerce. Une technologie à la disposition de toutes et tous C’est ici que réside la force d’Auracast. Contrairement aux systèmes réservés aux seuls porteurs d’appareils auditifs spécifiques, cette technologie fonctionne également avec les casques et écouteurs grand public. Cette ouverture change la donne pour les gestionnaires de musées, gares, salles de conférences et autres lieux publics: choisir Auracast, c’est servir à la fois les personnes en situation de handicap auditif et le grand public, que ce soit pour une meilleure écoute ou pour accéder à des services tels que les audioguides ou la traduction simultanée. L’investissement devient ainsi transversal. De plus, pour les personnes malentendantes légères qui ne portent pas encore d’appareillage, Auracast offre une première marche vers l’accessibilité sans stigmatisation. En première ligne pour tester et faire tester Notre fondation a acquis en 2025 du matériel d’émission et de réception Auracast. L’objectif est double: éprouver la robustesse de cette technologie et permettre aux personnes malentendantes d’en faire une première expérience pour se forger leur propre opinion. Notre démarche s’inscrit également dans un contexte législatif en cours de mutation, avec la révision de la norme SIA 500 «Constructions sans obstacles». Tout indique qu’Auracast deviendra prochainement une solution admissible, voire recommandée, pour répondre aux exigences d’accessibilité dans les constructions ouvertes au public, là où le texte actuel fait principalement référence aux boucles magnétiques. En anticipant cette évolution, nous voulons permettre aux personnes malentendantes de se familiariser avec les systèmes de transmission audio numériques qui leur seront utiles dans un futur proche. Retour d’expérience: notre congrès annuel comme terrain d’essai Lors de notre dernier congrès annuel, nous avons offert à trois participantes malentendantes l’opportunité de tester le matériel Auracast en situation réelle. L’objectif était d’évaluer la simplicité de connexion, la qualité sonore et le confort d’usage. Le verdict sur la prise en main est encourageant. Si Sandra, la plus jeune, a réussi à se connecter seule instantanément, Marlène et Michèle ont eu besoin d’un bref accompagnement. Cependant, toutes s’accordent à dire que quelques explications ont suffi à surmonter les doutes initiaux. Les retours de Marlène et Sandra concernant la qualité audio sont enthousiastes. Elles ont jugé le son «excellent», le volume «parfaitement adapté», permettant de comprendre «beaucoup mieux» les interventions, sans coupures ni interruptions. Michelle a en revanche trouvé la qualité «moyenne» et le réglage du volume perfectible. L’audioprothésiste responsable de piloter cette expérience précise que ces écarts ne sont pas inhérents à la technologie Auracast, mais s’expliquent par la nature d’un test ponctuel: les réglages fins et le suivi de l’adaptation n’ont pas pu être réalisés avec la même précision que pour un appareillage individuel classique. Malgré ces points de vigilance, le sentiment général reste positif. Marlène recommande «absolument» Auracast et attend «avec impatience de pouvoir activer Auracast dans chaque endroit où il y a de l’écoute». Michelle, malgré une certaine déception, a apprécié la démarche: «je vous encourage à recommencer», a-t-elle conclu. Une invitation que nous relèverons sans aucune hésitation. Les retours de cette expérience confirment en tout cas le potentiel d’Auracast et témoignent de l’ouverture des personnes malentendantes à explorer de nouvelles solutions. 💡 Nous reviendrons régulièrement avec d’autres points de situation sur les innovations numériques qui faciliteront l’accessibilité auditive dans le futur. Pour ne rien manquer de nos articles: abonnez-vous à la newsletter ! Photo: lors du congrès, des participant·e·s ont également testé des casques intégrant la technologie Auracast et pouvant être utilisés aussi bien par des personnes malentendantes qu’entendantes. © Sebastien Monachon Solutions 7 juillet 2026 Publié le : Lire l'article Comprendre sans tout entendre: la lecture labiale, une compétence qui s’acquiert Dans le brouhaha d’un restaurant, lors de conversations en groupe ou lors de réunions professionnelles, une personne malentendante peut facilement perdre une partie des échanges. Si les appareils auditifs ou les implants cochléaires aident, ils ne restituent pas toujours les sons de manière nette. C’est ici qu’intervient la lecture labiale. Loin d’être une capacité innée, il s’agit d’une compétence précise qui s’acquiert et se perfectionne par la pratique. Bien que l’on dise couramment qu’il s’agit de «lire sur les lèvres», l’exercice consiste en réalité à observer un ensemble de mouvements qui fournissent une multitude d’indices visuels: le dessin formé par les lèvres, bien sûr, mais aussi la position de la langue et le degré d’ouverture de la bouche. Pourtant, cette observation ne suffit pas toujours, car certaines syllabes se ressemblent terriblement, comme «pa», «ba» et «ma», pour ne citer qu’un exemple. Décoder ce qui est visible et invisible Au-delà de la reconnaissance des images produites par la bouche selon les différents sons, l’enjeu de l’apprentissage consiste aussi à apprendre à combler ces ambiguïtés. Pour y parvenir, le cerveau opère un travail formidable de reconstitution, par ce que l’on nomme la «suppléance mentale». Il s’appuie sur le contexte de la phrase, la logique du discours et les résidus auditifs pour assembler les fragments et retrouver le sens global. Ainsi, l'apprentissage consiste à affiner la reconnaissance des indices visuels de la parole et à développer les capacités d’interprétation, afin de rendre la compréhension plus rapide, plus efficace et moins fatigante. Un accompagnement structuré et accessible Acquérir ces compétences demande un guidage. C’est l’une des missions que nous nous sommes donnés à la fondation FoRom écoute. Chaque année, nous finançons et coordonnons environ 600 heures de cours collectifs, dispensés dans une quinzaine de villes romandes par treize enseignantes spécialisées dont notre fondation a financé la formation spécifique en lecture labiale. Ce soutien permet aux participant·e·s d’accéder à cet apprentissage quels que soient leurs moyens financiers, puisque seule une contribution symbolique leur est demandée. Ces cours sont dispensés sous forme de cycles de 10 séances hebdomadaires ou mensuelles de 2 heures, en petits groupes de 5 à 7 personnes. Cette taille réduite permet aux participant·e·s de bénéficier d’un suivi individualisé, tout en profitant de la dynamique de groupe et des échanges entre pairs. Car au-delà de la technique et des méthodes, il s’agit aussi de rompre l’isolement et de prendre sa place dans les conversations. Un participant le confirme: «J’acquiers de nouvelles compétences et je retrouve confiance en moi dans un climat amical». Une pratique à vivre au quotidien Cette offre, destinée aux adultes, est actuellement déployée à Genève, Lausanne, Vevey, St-Maurice, Martigny, Bulle, Bienne, Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Porrentruy, Delémont, Vicques et Moutier *. Entre les séances, les participant·e·s poursuivent leur apprentissage dans leurs interactions courantes. Nous les y encourageons, car l’articulation varie d’une personne à l’autre par de subtiles nuances: multiplier les expériences avec divers interlocuteurs permet donc de progresser plus rapidement. La lecture labiale complète ainsi utilement les prothèses auditives les plus efficaces, comme en témoigne l’une de nos participantes: «En milieu bruyant, j’arrive désormais à suivre la discussion». Une belle victoire! * La liste des villes dans lesquelles des cours sont disponibles peut évoluer. Nous vous recommandons de consulter la page « Cours de lecture labiale » pour plus de détails sur les cours actuels, ainsi que pour trouver les contacts utiles selon votre région. 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! Photo © Sébastien Monachon Point fort 30 juin 2026 Publié le : Lire l'article TOUS LES ARTICLES Lecture Labiale En savoir + Foire aux questions En savoir + Demander de l'aide En savoir + Appelez-nous 0800 614 614 Email info@ecoute.ch ENTRER EN CONTACT AVEC FOROM ECOUTE
- FoRom écoute devient la Fondation Audition Suisse | FoRom Ecoute
Retour au Magazine FoRom écoute devient la Fondation Audition Suisse 1 juillet 2026 Publié le : Aujourd'hui, nous franchissons une nouvelle étape de notre histoire. FoRom écoute devient Fondation Audition Suisse. Cette nouvelle identité reflète avec davantage de clarté notre mission, notre champ d'action et notre engagement auprès des personnes concernées par les enjeux de l'audition, dans toute la Suisse. Si notre nom évolue, notre raison d'être demeure inchangée. Depuis notre création, nous œuvrons avec la même conviction pour informer, accompagner, sensibiliser et défendre les intérêts des personnes malentendantes, devenues sourdes, ainsi que de leurs proches. Notre équipe, nos programmes, nos valeurs et nos engagements restent pleinement les mêmes. Cette évolution s'inscrit dans une volonté de renforcer la lisibilité de notre action et de rendre notre mission plus immédiatement identifiable auprès du grand public, de nos partenaires et des personnes malentendantes qui bénéficient de nos prestations. Au cours des prochaines semaines, cette nouvelle identité sera progressivement déployée sur l'ensemble de nos supports de communication. Vous découvrirez ainsi notre nouveau nom sur notre site internet, nos publications, nos réseaux sociaux et nos documents institutionnels. Nous nous réjouissons de poursuivre cette aventure à vos côtés, désormais sous le nom de Fondation Audition Suisse , avec la même exigence, la même proximité et la même détermination à agir en faveur de toutes les personnes concernées par les enjeux de l'audition. SUIVANT PRECEDENT
- Auracast: une technologie prometteuse | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Auracast: une technologie prometteuse 7 juillet 2026 Publié le : Auracast est une technologie de diffusion audio Bluetooth qui pourrait être intégrée aux prochaines évolutions de la norme SIA 500 en matière d’accessibilité auditive. Plus ouverte et polyvalente que les systèmes traditionnels, elle permet de transmettre un son de qualité directement vers des aides auditives ou des écouteurs compatibles. Notre fondation s’est saisie de cette innovation en acquérant du matériel dès 2025 et en réalisant un premier test d’utilisation lors de son congrès annuel. Pendant des décennies, la boucle magnétique a constitué la principale solution de transmission audio dans les lieux publics pour les personnes malentendantes. Si ce système a rendu d’immenses services, ses coûts d’installation et d’entretien ont parfois freiné son déploiement. A présent, une nouvelle approche se développe avec Auracast, une technologie de diffusion audio par Bluetooth qui ouvre de nouvelles perspectives en matière d’accessibilité, tant pour les personnes malentendantes que pour le grand public. Le principe est à la fois simple et visionnaire: un émetteur diffuse un flux audio Bluetooth que n’importe quel récepteur compatible peut capter instantanément, sans appairage complexe. Ainsi, un nombre illimité de personnes peut recevoir un son clair et direct dans son propre dispositif, qu’il s’agisse d’aides auditives ou de simples écouteurs du commerce. Une technologie à la disposition de toutes et tous C’est ici que réside la force d’Auracast. Contrairement aux systèmes réservés aux seuls porteurs d’appareils auditifs spécifiques, cette technologie fonctionne également avec les casques et écouteurs grand public. Cette ouverture change la donne pour les gestionnaires de musées, gares, salles de conférences et autres lieux publics: choisir Auracast, c’est servir à la fois les personnes en situation de handicap auditif et le grand public, que ce soit pour une meilleure écoute ou pour accéder à des services tels que les audioguides ou la traduction simultanée. L’investissement devient ainsi transversal. De plus, pour les personnes malentendantes légères qui ne portent pas encore d’appareillage, Auracast offre une première marche vers l’accessibilité sans stigmatisation. En première ligne pour tester et faire tester Notre fondation a acquis en 2025 du matériel d’émission et de réception Auracast. L’objectif est double: éprouver la robustesse de cette technologie et permettre aux personnes malentendantes d’en faire une première expérience pour se forger leur propre opinion. Notre démarche s’inscrit également dans un contexte législatif en cours de mutation, avec la révision de la norme SIA 500 «Constructions sans obstacles». Tout indique qu’Auracast deviendra prochainement une solution admissible, voire recommandée, pour répondre aux exigences d’accessibilité dans les constructions ouvertes au public, là où le texte actuel fait principalement référence aux boucles magnétiques. En anticipant cette évolution, nous voulons permettre aux personnes malentendantes de se familiariser avec les systèmes de transmission audio numériques qui leur seront utiles dans un futur proche. Retour d’expérience: notre congrès annuel comme terrain d’essai Lors de notre dernier congrès annuel, nous avons offert à trois participantes malentendantes l’opportunité de tester le matériel Auracast en situation réelle. L’objectif était d’évaluer la simplicité de connexion, la qualité sonore et le confort d’usage. Le verdict sur la prise en main est encourageant. Si Sandra, la plus jeune, a réussi à se connecter seule instantanément, Marlène et Michèle ont eu besoin d’un bref accompagnement. Cependant, toutes s’accordent à dire que quelques explications ont suffi à surmonter les doutes initiaux. Les retours de Marlène et Sandra concernant la qualité audio sont enthousiastes. Elles ont jugé le son «excellent», le volume «parfaitement adapté», permettant de comprendre «beaucoup mieux» les interventions, sans coupures ni interruptions. Michelle a en revanche trouvé la qualité «moyenne» et le réglage du volume perfectible. L’audioprothésiste responsable de piloter cette expérience précise que ces écarts ne sont pas inhérents à la technologie Auracast, mais s’expliquent par la nature d’un test ponctuel: les réglages fins et le suivi de l’adaptation n’ont pas pu être réalisés avec la même précision que pour un appareillage individuel classique. Malgré ces points de vigilance, le sentiment général reste positif. Marlène recommande «absolument» Auracast et attend «avec impatience de pouvoir activer Auracast dans chaque endroit où il y a de l’écoute». Michelle, malgré une certaine déception, a apprécié la démarche: «je vous encourage à recommencer», a-t-elle conclu. Une invitation que nous relèverons sans aucune hésitation. Les retours de cette expérience confirment en tout cas le potentiel d’Auracast et témoignent de l’ouverture des personnes malentendantes à explorer de nouvelles solutions. 💡 Nous reviendrons régulièrement avec d’autres points de situation sur les innovations numériques qui faciliteront l’accessibilité auditive dans le futur. Pour ne rien manquer de nos articles: abonnez-vous à la newsletter ! Photo: lors du congrès, des participant·e·s ont également testé des casques intégrant la technologie Auracast et pouvant être utilisés aussi bien par des personnes malentendantes qu’entendantes. © Sebastien Monachon SUIVANT PRECEDENT
- «Les médecins ORL devraient penser plus souvent à la lecture labiale» | FoRom Ecoute
Retour au Magazine «Les médecins ORL devraient penser plus souvent à la lecture labiale» 14 juillet 2025 Publié le : Enseignante spécialisée, Claudine Kumar a durant plus de 30 ans formé des dizaines de malentendants à l’art de lecture labiale. Cet indispensable complément aux appareils auditifs est malheureusement trop peu connu des médecins. Comment définiriez-vous la lecture labiale ? J’estime que la définition courante de la lecture labiale, comme étant la « reconnaissance de la parole par le décodage des mouvements des lèvres » est trop restrictive par rapport à la réalité. Pour ma part, j’élargirais le champ en disant plutôt qu’il s’agit d’une aide qui permet à la personne malentendante de participer activement à la vie quotidienne, qu’elle soit familiale, sociale et/ou professionnelle. Et comment s’exprime cette aide ? Aussi bien la déficience auditive que l’appareil auditif ou l’implant cochléaire provoquent des distorsions et des informations auditives souvent déformées, voire méconnaissables. La lecture labiale vient compléter les informations données par les appareils auditifs ou les implants et elle est même dans certaines situations le seul moyen de percevoir et comprendre le langage. Commet s’effectue son apprentissage ? Maîtriser la lecture labiale ne s’improvise pas. La lecture labiale s’apprend, en partant du principe que le but de toute personne sourde, devenue-sourde et/ou malentendante est de comprendre, en temps réel, le discours de son interlocuteur. Cette démarche implique une connaissance intime de la langue et de son fonctionnement, car il n’est pas possible de lire sur les lèvres comme on lit dans un livre. Il y a donc trois objectifs à atteindre : percevoir ce qui peut être vu, interpréter ce que l’on a perçu et compléter ce qui n’a pas été vu car la suppléance mentale joue un très grand rôle. En assemblant les syllabes lues et éventuellement en les modifiant, le malentendant finit par former des mots et des phrases, ce qui lui permet de saisir la pensée de son interlocuteur. Quel est le rôle d’une enseignante en lecture labiale ? Notre rôle ne consiste pas seulement à apprendre à décoder les mouvements des lèvres, mais d’accompagner l’apprenant dans le développement de multiples compétences, comme sa capacité linguistique, sa connaissance du sujet, sa capacité à faire un tout avec des fragments de mots, et sa capacité à substituer des indications visuelles en indications auditives. L’enjeu est ainsi de le conduire sur un chemin qui le mènera à reprendre confiance en lui. Quand faut-il avoir recours à l’apprentissage de la lecture labiale ? Le plus tôt possible, car plus tôt les compétences sont acquises et mieux c’est pour la personne malentendante et sa réinsertion dans la société. Il est dommage que les médecins, en particulier les ORL ne pensent pas plus fréquemment à informer les patients de l’existence de cet outil si utile. Pourtant, sur ordonnance, l’Assurance invalidité rembourse 40 heures d’apprentissage en tant que « frais d’entrainement à l’utilisation d’un moyen auxiliaire ». La condition est que la demande soit effectuée dès le 1er appareillage. SUIVANT PRECEDENT
- Les gilets haute visibilité pour mieux évoluer dans l’espace public | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Les gilets haute visibilité pour mieux évoluer dans l’espace public 16 juin 2026 Publié le : Produits l’année dernière à la demande directe des personnes malentendantes, nos gilets haute visibilité répondent à un double enjeu: plus de sécurité et plus d’harmonie dans l’espace public. Sursauter lorsqu’une trottinette nous double soudainement ou subir l’agacement des cyclistes qui ne comprennent pas notre absence de réaction malgré l’alerte insistante de la sonnette: ces scénarios sont familiers à de nombreuses personnes malentendantes. La multiplication des trottinettes et des vélos a accru ces problématiques lorsque les voies de circulation sont partagées avec les piétons. Pour contrer ces difficultés, FoRom écoute offre gratuitement des gilets haute visibilité conçus pour la communauté malentendante. Un principe simple et efficace Notre gilet, jaune fluo, arbore un pictogramme signalant la malaudition. Il permet d’être vu·e de loin, compensant l’impossibilité d’entendre l’approche d’un véhicule par derrière. Les retours des utilisatrices et utilisateurs sont clairs: l’accessoire rassure, renforce la sécurité et évite les incompréhensions, ainsi que les potentiels conflits. Ces gilets sont disponibles gratuitement pour toute personne malentendante intéressée en nous écrivant à info@ecoute.ch . De la sécurité à l’inclusion La question de la visibilité dépasse le seul cadre de la sécurité sur les trottoirs, routes et chemins. Elle touche à l’inclusion sociale et à la qualité de vie de manière plus large. Comme discuté lors du congrès annuel de FoRom écoute le 30 mai dernier, se rendre visible facilite grandement les échanges au quotidien. Porter un signe distinctif – qu’il s’agisse d’un gilet, d’un badge, d’une prothèse auditive assumée ou encore d’un cordon tournesol – évite d’avoir à «raconter sa vie à chaque nouvelle interaction», comme en a témoigné l’une des intervenantes. D’autres témoins ont relevé que l’attitude des interlocuteurs change immédiatement, passant parfois de l’incompréhension, voire du jugement ou de l’agacement, à plus de bienveillance et de patience. Visibilité et prudence: trouver le juste équilibre Si le consensus au sein de la communauté est que la visibilité est essentielle, une nuance importante a été soulevée lors des débats du congrès. Une participante a relaté s’être fait voler des affaires dans son sac dans les transports, soupçonnant que le badge «malentendant» apposé sur celui-ci ait pu rassurer les voleurs sur son incapacité à percevoir leurs gestes. Ce témoignage invite à une prudence élémentaire, valable d’ailleurs pour tout un chacun dans les lieux bondés: se rendre visible ne doit pas signifier se rendre vulnérable. Il s’agit de garder un œil vigilant sur ses objets de valeur, tout en profitant des avantages sociaux et sécuritaires que procure le fait d’être identifié. ➡️ Pour aller plus loin sur le sujet de la visibilité du handicap auditif, nous vous invitons à consulter d’autres articles parus récemment dans notre magazine en ligne: Cordon tournesol: désormais disponible à tous les guichets CFF (publié le 09.04.2026) Malaudition: et si arrêter de se cacher était le premier pas vers l’inclusion? (publié le 12.05.2026) 💡 Pour ne rien manquer de nos articles: abonnez-vous à la newsletter ! SUIVANT PRECEDENT
- Une quarantaine de malentendants se sont retrouvés à Yverdon pour apprendre la lecture labiale | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Une quarantaine de malentendants se sont retrouvés à Yverdon pour apprendre la lecture labiale 20 octobre 2023 Publié le : Les week-ends d’apprentissage intensif de la lecture labiales organisés par FoRom écoute affichent systématiquement complet. Et pour cause, ils permettent d’avancer plus vite grâce à l’apprentissage en groupe. L’événement fait partie des rendez-vous incontournables que FoRom écoute organise année après année, pour la plus grande satisfaction des participants. Les 14 et 15 octobre dernier, une quarantaine de malentendants de tous âges et en provenance de tous les cantons romands se sont retrouvés au Grand Hôtel des Bains d’Yverdon (VD) pour un week-end entier consacré à l’apprentissage de la lecture labiale. Organisé de main de maître, une navette a même été prévue pour garantir le transfert des participants qui le souhaitaient, ce week-end avait pour objectif de permettre un approfondissement des compétences en lecture labiale, via un apprentissage en groupe, toujours plus agréable et plus efficient. « Un bien fou » « Je retrouve les gens que je connais et aussi les enseignants et cela fait un bien fou », lance un participant. « J’avais déjà suivi un cours il y a une dizaine d’années, ajoute une autre et j’avais vraiment besoin de mettre à jour mes compétences. Ce week-end a vraiment été très utile. Car la lecture labiale est un complément indispensable qui m’aide énormément, soit quand je dois débrancher mon implant cochléaire, soit durant les fêtes et les rencontres à plusieurs où il y a toujours beaucoup de bruit ». Répartis en plusieurs groupes, les malentendants-apprenants, dont un grand nombre participait pour la première fois à ce type de formation, ont ainsi consacré de nombreuses heures à l’apprentissage de la lecture labiale, sous la supervision attentive et bienveillante d’enseignantes entièrement dévouées à leur tâche. Un apprentissage long et exigeant tant la lecture labiale se fonde sur la suppléance mentale et exige d’importantes facultés de concentration. Exigeant « Ce sont des séminaires vraiment très utiles mais quand même bien exigeants, même si nous sommes dans un décor de rêve , conclut un septuagénaire participant manifestement enchanté par l’expérience. Ce matin par exemple, ce n’était pas facile. Il faut donc beaucoup de patience pour avancer et progresser, et surtout multiplier ce type d’événements pour consolider ce que l’on apprend ». Bonne nouvelles, 2 nouveaux week-ends sont d’ores et déjà prévus, les 2-3 et les 16-17 décembre prochains. SUIVANT PRECEDENT
- Faire du sport aide à préserver l’audition | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Faire du sport aide à préserver l’audition 15 septembre 2023 Publié le : Moins on entend et moins on fait du sport. C’est ce que laisse entendre une étude britannique publiée en juillet dernier. Pourtant, la pratique régulière d’une activité sportive aide à maintenir les cellules auditives en bonne santé. Les malentendants pratiquent-ils moins de sport que les normo-entendants ? Une étude britannique intitulée « How are hearing loss and physical activity related? Analysis from the English longitudinal study of ageing», publiée dans la revue Preventive Medicine, le laisse en tout cas entendre. Entamée en 1998-2000 dans le cadre d’une recherche sur le vieillissement, l’étude a assuré le suivi durant 20 ans d’environ 11'000 participants âgés de plus de 50 ans. Si les résultats de l'étude ont objectivé qu’initialement l'activité physique n'était pas associée à une plus grande fréquence de déficience auditive, elle a montré qu’au fil du temps, elle a diminué plus rapidement chez les personnes malentendantes que chez les personnes non malentendantes. Soutenir les malentendants… « Ces résultats soulignent l’importance d’aborder la problématique de l’activité physique chez les adultes d’âge moyen et plus âgés qui souffrent de perte auditive , expliquent ainsi les auteurs de l’étude. L’activité physique étant un comportement qui peut réduire le risque de développer des problèmes de santé chroniques, les personnes malentendantes pourraient donc avoir besoin d’un soutien supplémentaire et personnalisé pour être plus actives physiquement ». Une chose est sûre cependant : une pratique régulière du sport intervient pour freiner l’apparition de la presbyacousie, cette diminution de l’audition liée à l’âge. L’explication réside dans le fait qu’une activité sportive contribue à maintenir un apport sanguin optimal à l’intérieur de l’oreille en particulier la cochlée, dont les cellules ciliées conservaient ainsi un fonctionnement optimal. Attention aux appareils… Quel que soit votre âge, il n’est donc pas trop tard pour entamer une activité physique régulière. Vos oreilles, mais aussi votre corps, vous en remercieront. Reste qu’après 60 ans, il est important de recueillir un avis médical avant de vous lancer, tout en gardant à l’esprit que le port d’appareils auditifs, s’il ne contre-indique pas la pratique du sport, implique parfois de les retirer auparavant : la transpiration, si elle est intense, peut en effet les détériorer. SUIVANT PRECEDENT
- Quand la peur du jugement prétérite les malentendants | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Quand la peur du jugement prétérite les malentendants 13 octobre 2025 Publié le : Une enquête internationale révèle que les croyances stéréotypées et les expériences de discrimination ont un impact sur la divulgation de la perte auditive et l’utilisation des aides auditives par les malentendants. Ainsi, un adulte sur trois de plus de 50 ans garde secrète sa perte auditive, souvent parce qu’il craint d’être jugé. Une étude majeure publiée en août dernier par l'International Journal of Audiology révèle que près d'un tiers des personnes souffrant de perte auditive et âgées de plus de 50 ans choisissent de dissimuler leur trouble, par crainte d’être jugées. Ce programme de recherche international mené à grande échelle précise en outre que la perte auditive est toujours liée à des stéréotypes sur le vieillissement et le handicap, ce qui a pour conséquence d’empêcher les malentendants de demander de l'aide. Intitulée « Dire ou de ne pas dire ? Explorer le processus social de la stigmatisation pour les adultes souffrant de perte auditive et leur famille », cette étude qui a été menée en deux phases par la Dr Katie Ekberg (Flinders University) et la Pr Louise Hickson (University of Queensland), a porté sur plusieurs centaines d’individus malentendants âgés de plus de 50 ans ainsi que leurs proches, interrogés en Australie, aux États-Unis et en Grande Bretagne. Son objectif ? Explorer la manière dont la stigmatisation est vécue par les adultes souffrant de perte auditive et leur famille, la manière dont ils gèrent celle-ci dans leur vie quotidienne et les modalités selon lesquelles ces expériences influent sur leur décision de porter ou ne pas porter d’aides auditives. Moindre recours aux aides auditives Et les résultats sont sans équivoque : bien que les aides auditives modernes soient globalement perçues de manière positive - « discrètes et efficaces » selon les termes de l’étude -, les personnes ayant une perte auditive associée ou non au port d’appareils font l’objet de stéréotypes négatifs portant sur le vieillissement et l'invalidité. Environ 60 % des participants, déclarent avoir été moqués ou pris à la légère, les laissant « mal à l'aise et frustrés », et 25 % ont même déclaré avoir choisi de ne jamais divulguer leur perte auditive, empêchant l’usage des aides auditives et accentuant ainsi leur mal-être et leur sentiment d’isolement. « Dans l’ensemble, nos résultats indiquent que les adultes atteints de perte auditive vivant en Australie, au Royaume-Uni et aux États-Unis continuent d’associer la perte auditive et les aides auditives aux stéréotypes négatifs associés au vieillissement et au handicap », écrivent les auteurs de l’étude qui estiment qu’accepter d’engager la conversation serait un pas crucial pour les malentendants : ceux qui osent parler leur handicap ont ainsi plus facilement recours à l’appareillage auditif que ceux pour lesquels la perte auditive constitue un tabou. Différence de perspective Mais ce premier pas reste souvent le plus difficile. Pour briser ce tabou, les chercheurs proposent des outils pratiques, comme des infographies à utiliser en consultation par les spécialistes de l’audition. Et pour cause : l’une des conclusions les plus frappantes de la recherche est la différence de perspective entre les personnes ayant une perte auditive et les professionnels qui les traitent. Alors que les cliniciens se concentrent sur la stigmatisation des appareils auditifs, les adultes malentendants se déclarent quant à eux, en premier lieu préoccupés par la stigmatisation de la perte auditive elle-même. « Plus les soignants en sauront, et mieux ils pourront aider les malentendants à se sentir en confiance, à demander de l’aide et à communiquer ouvertement, conclut la Dr Ekberg. En outre, pour les familles et la population dans son ensemble, la sensibilisation de la population à la perte auditive acquise – qui commence souvent à partir de 50 ans – peut aider à contester les stéréotypes dépassés qui s’associent à la perte auditive et à la vieillesse. » SUIVANT PRECEDENT
- Une jeune Valaisanne conçoit un kit pour aider les enfants sourds à la piscine | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Une jeune Valaisanne conçoit un kit pour aider les enfants sourds à la piscine 1 décembre 2025 Publié le : Âgée de 23 ans, Claudia Dussex, sourde implantée, a conçu « Minô va à la piscine ». Son objectif ? Aider les maîtres-nageurs et les enseignants à accompagner les jeunes enfants sourds pendant leurs cours de natation. « Tout le monde ne connaît pas la langue des signes ou la langue parlée complétée, c’est pour cela que j’ai essayé de créer un moyen de communication basé essentiellement sur des images et un peu de texte, et donc accessible à tout le monde ». Ce moyen de communication original et créatif, c’est tout simplement un kit pédagogique visuel, intitulé « Minô va à la piscine » et destiné à accompagner les enfants sourds en cours de natation. Et son auteure est à peine âgée de 23 ans. Née sourde des deux oreilles, implantée à gauche à l’âge d’un an et demi, Claudia Dussex est détentrice d’un bachelor en communication visuelle qu’elle vient de décrocher, après 3 ans de formation à la Haute Ecole d’Art et de Design (HEAD) de Genève. Mémoire de fin d’études L’idée de son kit lui est venue lorsque, dans le cadre de son mémoire de fin d’études, elle s’intéresse aux outils de communication destinés aux sourds et malentendants et présents dans les lieux publics. « J’ai analysé différents endroits, cinémas, piscines, écoles, musées, etc. et j’ai constaté qu’il n’y avait rien dans les piscines. Et immédiatement, cela a fait écho à l’expérience de l’enfant que j’étais, et qui avait tant de mal à communiquer avec ceux qui l’accompagnaient à la piscine ». Aussitôt, alliant son vécu de sourde et ses compétences en graphisme, elle se lance dans l’élaboration du prototype de « Minô va à la piscine », si utile aux enfants qui à la piscine, doivent se séparer de leurs implants ou de leurs appareils auditifs. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Destiné aux enseignants et aux maîtres-nageurs dispensant des cours de natation aux enfants de 6 à 10 ans, ce kit se compose en premier lieu de deux fiches informatives à utiliser avant le cours de natation, l’une présentant les règles générales de la piscine, et l’autre, les 9 étapes - et autant de consignes -, qui encadrent le déroulé du futur cours, avant et après le « plouf » dans l’eau. Ces étapes sont du reste, résumées en pictogrammes dans un bracelet en silicone que l’enfant pourra prendre ensuite avec lui à l’intérieur de la piscine. En outre, et pendant le cours, l’enseignant ou le maître-nageur dispose d’un sac contenant des cartes illustrées destinées à préciser visuellement les consignes aux enfants sourds, afin de leur permettre de suivre l’activité comme les autres enfants. Minô le chat Fil conducteur de l’ensemble, le personnage de Minô, le chat que l’on retrouve sur tous les supports du kit. « J’ai moi-même un chat, explique Claudia. Et comme les chats ont peur de l’eau, j’ai utilisé cette contradiction pour créer un personnage qui permet à l’enseignant de montrer que même un chat qui craint l’eau est capable de nager. C’est donc rassurant et encourageant pour les enfants » Très complet, « Minô va à la piscine » a valu la superbe note de 5.5 à sa conceptrice qui n’a pas ménagé ses efforts pour l’élaborer, suivant une classe genevoise durant ses cours de piscine, et testant le prototype auprès d’enfants sourds et de maîtres-nageurs qui l’ont adoubé et plébiscité. Élaboré, pensé, fabriqué, testé et primé, « Minô va à la piscine » est désormais fin prêt pour une nouvelle vie, en dehors du cadre de la formation professionnelle. « Je suis désormais tout à fait prête à le commercialiser, explique Claudia Dussex qui ne manque pas de suite dans les idées. Mon plus grand souhait, ce serait d'avoir une petite entreprise dédiée à Minô, en le déclinant sous forme de goodies (petits objets promotionnels, ndlr). L’étape suivante, ce serait bien sûr de décliner le kit dans d’autres contextes que celui de la piscine, comme par exemple les camps de vacances, le ski, la plage, etc ». www.instagram.com/mino_va_a_la_piscine SUIVANT PRECEDENT
- «Suriflo» le livre qui accompagne les enfants atteints de déficience auditive | FoRom Ecoute
Retour au Magazine «Suriflo» le livre qui accompagne les enfants atteints de déficience auditive 21 juin 2024 Publié le : A l’occasion de son 50ème anniversaire, l’association suisse de parents d’enfants déficients auditifs a édité « Suriflo » un joli livre d’objets cachés dans lequel les enfants atteints de déficience auditive, mais pas seulement, peuvent se reconnaître. Voici un joli petit livre que tous les malentendants sourds, ou proches devraient avoir dans leur bibliothèque. A l’occasion de son 50e anniversaire, l’ASPEDA, l’association de parents d’enfants déficients auditifs vient en effet de publier un livre d’objets cachés, dessiné par le célèbre dessinateur et illustrateur de Globi, Walter Pfenninger. «C’est une idée que j’avais de longue date, car j’ai toujours trouvé qu’il manquait des livres dans lesquels les enfants déficients auditifs puissent se reconnaître et par là même trouver leur place dans la société, explique Eva Mani co-directrice de l’ASPEDA, une des personnes impliquées dans ce projet. Quant aux familles, l’idée était qu’elles puissent trouver des outils pour préparer avec leur enfant, les rendez-vous d’hôpital, de tests auditifs etc…» Les enfants, les familles, mais pas seulement. «Suriflo», tel est son titre, tant l’animal suricate y tient la vedette, représente également un excellent outil de sensibilisation à l’intention des écoles et des jardins d’enfants, ceci d’autant que d’autres handicaps y sont représentés. Sept tableaux… Fort de sept tableaux qui mettent en scène le quotidien des enfants (au zoo, à la maison, à l’hôpital, à l’école etc.), cet ouvrage bénéficie du délicat et très minutieux coup de crayon de Walter Pfenniger qui confère à l’ensemble une tonalité résolument sensible et affectueuse. «Contacté par notre rédactrice Ursula Kohler, qui a une bonne expérience de l’édition, il s’est prêté au jeu avec beaucoup de plaisir, au point même de se livrer à de nombreuses recherches et de venir participer à notre congrès pour mieux s’immerger dans l’univers de la déficience auditive» note Eva Mani. Avec un tel engagement, le résultat est visuellement et graphiquement superbe, un point d’autant plus important que Suriflo est… neutre sur le plan linguistique. Pour des raisons financières en effet – difficile de financer un même ouvrage en 3 langues -, le choix a été fait de se restreindre à un livre d’images et sans mots. Avec un résultat inattendu et somme toute, très heureux: non seulement les aventures de Suriflo parlent d’elles-mêmes grâce aux images, mais elles peuvent aussi être racontées dans toutes les langues: français, allemand, italien etc., sans compter la langue des signes ou la langue parlée complétée. « Avec ce livre, il est finalement possible de raconter n’importe quelle histoire. C’est une grande force car il laisse une grande place à l’imagination de tous ceux qui veulent le découvrir » , s’enthousiasme Eva Mani. Dans les salles d’attente… Imprimé à 1500 exemplaires et financé grâce à une recherche de fonds active, par des dons de nombreux cantons et fondations, «Suriflo» est disponible en librairie ou directement sur le site web www.suriflo.ch . Et sa vie ne va pas se résumer à cela. L’ASPEDA entend également à très court terme le distribuer dans les salles d’attentes de lieux de soins spécialisés dans le handicap auditif. «Nous avons environ 200 adresses d’audioprothésistes, de médecins ORL spécialisés en pédiatrie etc, conclut Eva Mani. Ce sont des lieux parfaits pour que cet ouvrage si particulier poursuivre son travail de sensibilisation». SUIVANT PRECEDENT
- L’optogénétique, une nouvelle piste prometteuse pour améliorer les implants cochléaires | FoRom Ecoute
Retour au Magazine L’optogénétique, une nouvelle piste prometteuse pour améliorer les implants cochléaires 7 janvier 2024 Publié le : Utiliser la lumière plutôt que l’électricité pour activer les neurones auditifs… Tel est le projet d’implant cochléaire futuriste sur lequel travaille une équipe de chercheurs en Allemagne. Le scientifique genevois Fadhel El May, lui-même implanté cochléaire, en fait partie. Appareil éprouvé depuis de longues années et qui équipe plusieurs centaines de personnes en Suisse, l’implant cochléaire est un dispositif de haute technologie qui permet, grâce à des électrodes, de transformer les ondes sonores en influx électriques destinés à stimuler le nerf auditif, et ainsi restituer l’audition. Cette restitution sonore est cependant imparfaite – il est ainsi difficile de suivre une conversation dans une ambiance bruyante ou d’écouter de la musique - et de nombreuses équipes dans le monde, travaillent à tenter d’en améliorer la qualité. Tobias Moser… Basé en Allemagne à Göttingen, le médecin ORL et professeur en neurosciences auditives Tobias Moser, également fondateur de l’Institute for Auditory Neuroscience de l’University Medical Center Göttingen, est ainsi à l’origine d’une innovation qui pourrait se révéler décisive pour de très nombreux sourds ou malentendants, innovation fondée sur une nouvelle technologie, l’optogénétique. Dans ce projet, l’objectif est de stimuler le nerf auditif de la cochlée non par des impulsions électriques mais par de la… lumière. « L’actuelle stimulation par des électrodes est disons, assez grossière, explique le chercheur genevois Fadhel El May lui-même équipé d’un implant cochléaire et qui effectue son doctorat dans l’équipe du Pr Moser. La lumière elle en revanche, contourne toute conductivité électrique et peut être façonnée comme un rayon laser afin d'être dirigée avec beaucoup plus de précision, ce qui autoriserait grâce à des fréquences mieux sélectionnées, une bien meilleure restitution sonore » . Problème : les cellules de la cochlée ne sont, de manière naturelle, pas sensibles aux rayons lumineux. Afin d’y remédier, et c’est là que l’optogénétique intervient, les chercheurs introduisent dans l’oreille, grâce à des virus inactivés, un matériel génétique qui permettra de produire des protéines photosensibles, qui seront ensuite capables de réagir aux stimulations lumineuses induites par les futurs implants cochléaires optiques. « Aujourd’hui, nos travaux se développent sur deux axes. Ils visent à vérifier l’efficacité de la thérapie génique utilisée transférant des protéines sensibles à la lumière dans le nerf auditif d’une part, et l’efficacité du dispositif implantable d’autre part », explique Fadhel El May. Une efficacité qui peut se mesurer par l’étude du comportement des petits rongeurs implantés à titre expérimental - des gerbilles-, ainsi que par le recours à des enregistrements cérébraux. Avec de premiers résultats pour l’heure très encourageants. « Au vu des premiers résultats, la précision des stimulations enregistrées dans le cerveau des gerbilles semble meilleure que pour l’implant électrique » se réjouit encore Fadhel El May. Chemin encore long Évidemment, le chemin est encore bien long avant de pouvoir espérer, un jour, faire bénéficier les patients sourds ou malentendants de ce type d’implantation. Les recherches s’effectuent à plusieurs niveaux et en explorant de multiples pistes. Ainsi de nombreux vecteurs viraux, de promoteurs (comme une adresse postale) et de candidats de protéines sensibles à la lumière font l’objet d’évaluations, ainsi que l’implant cochléaire optique lui-même est un projet d’ingénierie majeur en soi. Sans compter bien sûr, les différentes et complexes procédures administratives réglementaires qui encadrent toujours ce type de recherches et les essais cliniques. « Il reste beaucoup à faire mais nous espérons démarrer un premier essai clinique chez l'homme en 2027 », conclut Fadhel El May qui, après l’obtention de son doctorat fin 2024, espère quant à lui bien pouvoir continuer ses recherches dans ce domaine qui le concerne à plus d’un titre. SUIVANT PRECEDENT
- Restaurer l’audition grâce à un «aqueduc secret» situé dans la cochlée | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Restaurer l’audition grâce à un «aqueduc secret» situé dans la cochlée 6 août 2023 Publié le : Alors que jusqu’à présent seule la chirurgie permettait d’administrer une thérapie génique susceptible de restaurer l’audition chez les jeunes souris, une équipe internationale vient de trouver un nouveau moyen d’administrer cette thérapie, grâce à un très fin et méconnu canal osseux. C’est un vieux rêve qui prend peu à peu réalité, au fur et à mesure des différentes recherches cliniques : redonner vie aux cellules ciliées de la cochlée, celles-là mêmes qui permettent de transmettre les vibrations sonores au nerf auditif, et partant, d’entendre. Depuis des décennies les chercheurs du monde entier s’y attèlent avec à chaque fois de modestes succès qui laissent augurer un jour, d’un grand pas en avant. Incapables de se régénérer spontanément lorsqu’elles sont détruites, ces cellules ciliées peuvent à l’heure actuelle, être plus ou moins réparées grâce aux thérapies géniques, mais uniquement chez des souris qui viennent de naître. Et pour cause, à cet âge-là, la cochlée qui n’est pas encore enserrée dans l’os temporal, peut facilement être atteinte par voie chirurgicale pour s’y voir délivrer le traitement génique adéquat. Nouvelle méthode Seulement voilà : les résultats d’une étude menée par équipe internationale de chercheurs et publiée dans la revue Science Translational Medicine en juin dernier, laissent planer l’espoir de parvenir à délivrer des thérapies géniques également chez des adultes, et ce grâce à une nouvelle méthode qui permet d’administrer des médicaments dans l’oreille interne sans passer par la chirurgie. Selon les chercheurs, il existe dans la cochlée un petit canal osseux très fin, appelé aqueduc cochléaire qui jouerait un rôle dans l’équilibrage des pressions. Mais pas seulement, puisque cet « aqueduc » permettrait le passage du liquide céphalo-rachidien présent dans l’oreille interne vers le reste du cerveau, afin d’éliminer les déchets toxiques. Virus adéno-associé « Nous nous sommes dit que malgré sa petite taille équivalente à l’épaisseur d’un cheveu, nous pourrions utiliser ce conduit afin de délivrer une thérapie génique dans l’oreille via une injection au niveau de la cisterna magna, et ainsi conserver intacte l’intégralité de ses structures » explique dans une interview accordée au journal Le Temps le chercheur allemand Christopher R. Cederroth co-auteur de l’étude. Injecté en effet dans la citerne magna, un grand réservoir de liquide céphalo-rachidien situé à la base du crâne, un virus porteur d’un gène sain a trouvé son chemin dans l’oreille interne via l’aqueduc cochléaire, et a délivré une thérapie génique qui a permis aux cellules ciliées de transmettre le signal et de sauver l’audition chez des souris sourdes adultes. « Si l’utilisation de virus peut permettre de cibler des cellules de l’oreille de manière très précise, conclut le chercheur dans la même interview, on pourrait améliorer de manière vraiment significative la vie des gens atteints de troubles de l’audition – et pourquoi pas même un jour remplacer les implants cochléaires ? » SUIVANT PRECEDENT
- A Lausanne, une Journée à thème particulièrement réussie | FoRom Ecoute
Retour au Magazine A Lausanne, une Journée à thème particulièrement réussie 7 juin 2024 Publié le : Consacrée à l’épineuse question du remboursement des appareils auditifs, la 23ème Journée à thème de FoRom écoute a eu lieu le 1er juin dernier à l’Hôtel Royal Savoy de Lausanne, en présence d’une soixantaine de convives. Pédagogie, dialogue, échanges et attention. La 23ème Journée à thème de FoRom écoute s’est déroulée ce samedi 1er juin, comme toujours dans une ambiance studieuse et concentrée, en présence d’une soixantaine de convives venus de toute la Suisse romande. Technique et parfois même complexe, la thématique retenue cette année «Appareils auditifs, comment se faire rembourser ?» impliquait en effet une attention soutenue pour saisir les nuances et les subtilités des propos développés tout au cours des six interventions présentées. Comme à l’accoutumée, c’est par un convivial café-croissant d’accueil offert que la journée a commencé, suivi par e mot de bienvenue de Laurent Huguenin, le président de FoRom écoute, qui a succinctement rappelé l’action et les projets mené par la fondation en faveur des malentendants. C’est ensuite Laurence Calcagno, responsable du Service des moyens auxiliaires de l’Office AI-Vaud qui a largement détaillé le processus de remboursement des appareils auditifs ainsi que le cadre légal dans lequel il s’inscrit. Sa collège Anne-Claude Diserens a dans la foulée expliqué à l’assistance le nouveau processus numérique de demande de remboursement mis en place sur la plateforme web de l’office AI, et qui a permis de raccourcir notablement la durée des procédures. Aides disponibles Cette plateforme numérique, l’intervenante suivante, l’audioprothésiste Letizia Doganieri l’utilise d’ailleurs au quotidien pour aider ses patients à enregistrer leurs demandes. L’acousticienne a également précisé le rôle des audioprothésistes dans la procédure de remboursement des appareils. «L'aspect financier en matière de remboursement est sûrement important, mais cela ne doit pas être la seule dimension à prendre en compte par les liens humains sont importants, a-t-elle lancé. J'estime en outre que malheureusement, des critères en termes de choix du centre auditif de la part d’autres organes compétents qui participent à l’achat des appareils auditifs peuvent nous échapper». Au cours du débat qui a suivi en fin de matinée, Laurence Calcagno a tenu à préciser avec quelle rigueur son office AI traite les dossiers qui lui sont soumis en respectant scrupuleusement le cadre fixé par le législateur, ses collaborateurs demeurant en outre systématiquement disponibles pour les assurés en cas de besoin ou de questions. Que faire en revanche lorsqu’un ou une malentendante a besoin d’aide pour venir à bout de procédures qui demeurent somme toutes ardues? Outre les fonctionnaires des offices AI et les audioprothésistes, de nombreuses associations sont à la disposition des malentendants qu’il s’agisse de les soutenir dans le processus de demande, particulièrement rébarbatif lorsqu’il s’agit de cas de rigueur, mais également pour d’éventuelles aides financières. C’est ainsi que Vanessa Fouquet et Françoise Fragnière assistantes sociales de pro-infirmis ont pu exposer, via des exemples très concrets la manière dont leur organisation accompagnait les malentendants dans leurs démarches. Projet de recyclage FoRom écoute également n’est pas en reste, puisque la fondation a mis en place en collaboration avec Smita Gogniat de l’association RecupAudioSolidarité, un original et novateur projet de recyclage d’appareils auditifs, reconditionnés puis mis à la disposition, après expertise d’un audioprothésiste partenaire, des malentendants qui n’en auraient pas les moyens. «Le concept n’est pas fermé ou exclusif. Nous menons des négociations pour établir des partenariats avec d'autres audioprothésistes qui pourraient faire la même activité afin de pouvoir toucher toute la Suisse romande, a déclaré Laurent Huguenin. Le projet est en chemin et est encore en cours d'amélioration. C'est notre contribution pour améliorer la situation en matière d'accès financier aux appareils auditifs.» Quant à ceux qui n’ont pas pu accéder à un appareil reconditionné faute de disponibilité ou d’adéquation audiométrique, FoRom écoute a mis en place un fonds de soutien, alimenté par des dons privés et destiné à leur venir en aide. Bénévole à FoRom écoute et membre de son conseil de fondation, Jérome Equey a ainsi au cours de la dernière intervention de la journée explicité les critères d’éligibilité et la procédure à suivre par les personnes concernées. L’ensemble des conférences et débats sont disponibles sur notre chaîne youtube . SUIVANT PRECEDENT
- « Les enfants malentendants ou sourds sont à la fois uniques et semblables aux autres » | FoRom Ecoute
Retour au Magazine « Les enfants malentendants ou sourds sont à la fois uniques et semblables aux autres » 6 avril 2025 Publié le : Auteure de nombreux supports pédagogiques destinés à faciliter et à encourager l’ouverture à l’autre, très engagée pour soutenir les droits des personnes en situation d’exclusion, la Fribourgeoise Mary Wenker vient de publier en collaboration avec l’illustratrice Amélie Buri, un superbe album consacré à la surdité et intitulé « Juma écoute avec les yeux ». A qui est destiné cet album ? D’abord aux entendants ! En fait, cet album s’inscrit dans la logique de la collection dans laquelle il a été publié et qui traite de la thématique de la différence. L'idée est de donner à ceux qui le lisent des clés pour mieux communiquer avec des personnes qui ne fonctionnent pas comme eux. Depuis quand remonte votre intérêt pour les questions de surdité ? Depuis longtemps. Il y a 30 ans, à l’université, j'avais rencontré une jeune fille malgache Mirana, qui dirigeait une troupe de danseurs sourds à Madagascar et qui m’a marquée. Suite à cette rencontre, une fondation, qui existe toujours, a été créée pour soutenir les sourds dans ce pays. C’est aussi parce que je l’ai connue que j’ai écrit ce livre… Quelles ont été vos autres motivations à écrire « Juma écoute avec les yeux » ? Plus récemment, je suis allée présenter un de mes précédents livres consacré à la migration à l’institut Saint-Joseph de Fribourg (école spécialisée dans la surdité, ndlr). C'est à cette occasion que m’est aussi venue l'idée de consacrer un ouvrage à la thématique de la surdité… Le deuxième élément déclencheur, c'est lorsqu’un jour, j’ai écouté un jeune chercheur en neurosciences implanté cochléaire, Fadhel El May, qui racontait dans l’émissions Signes de la RTS à quel point c'était pratique pour lui d'éteindre ses implants pour « se déconnecter »… Cela m’avait alors permis de mesurer l’importance du rapport au silence… A-t-il été facile de convaincre une maison d’édition de publier Juma ? De longue date, je travaille avec les éditions Loisirs et Pédagogie pour lesquelles je rédige des dossiers pédagogiques. Je les ai approchées pour un premier projet, « Camille aux papillons », l’éditrice a tout de suite été séduite. « Juma » est mon troisième album pour enfants. C’est un vrai plaisir pour moi et pour l’illustratrice Amélie Burri de travailler avec elle tant l’interaction est féconde ! Justement, comment Amélie Burri a-t-elle adhéré à ce projet ? Elle a tout de suite dit oui ! Notre collaboration est excellente, elle connaissait déjà le monde de la surdité et a considéré que c'était chouette de repartir sur un nouvel album ! Juma raconte l’histoire d’un enfant sourd qui décide de monter un spectacle… Pourquoi cette histoire ? Pour moi, ce livre n’est pas un livre sur la surdité mais un livre qui met en scène un enfant sourd, avec pour objectif de montrer qu’il est à la fois différent et semblable à tous les autres enfants. L'idée est donc de ne surtout pas stigmatiser mais de montrer à quel point malgré les différences, nous sommes tous pareils ! C'est d’ailleurs la démarche que j'ai adoptée pour tous mes albums en impliquant et en interpelant le lecteur en cours de lecture afin qu’il se sente concerné et qu’il porte ensuite un regard différent sur la problématique abordée. Pour rédiger Juma, vous avez collaboré avec des professionnels de la surdité… J’ai pour habitude quand je rédige un ouvrage qui n'est pas dans ma spécialité de toujours m'associer à des spécialistes. Je l'avais fait par exemple pour l’identité de genre, de même que pour la migration, même si j'avais déjà une expertise dans cette dernière problématique. C'est important car cela donne de la crédibilité à ce que l’on écrit, d’autant que dès que je me suis lancée, on m'a très vite mise en garde sur le risque d’écrire sur les sourds et les malentendants sans vraiment les connaître… Cet album évoque également avec délicatesse les deux dimensions, médicale et aussi socio-culturelle et identitaire, qui ont longtemps agité le monde de la surdité… Oui c’est important car à mes yeux, aucune des deux n’est meilleure que l’autre. Et il était judicieux pour moi de les concilier afin que les tenants de l’une s’abstiennent de juger et apprennent à respecter l’autre. C’est l'essence même de tout le travail que je mène depuis 30 ans par rapport à l'altérité et au respect de la différence… Un bel album, une belle histoire… Aussi délicat dans son texte que dans sa « patte graphique » douce et tendre, « Juma écoute avec les yeux » raconte l’histoire de Juma, un enfant comme les autres qui va en classe et partage de jolis moments en famille et avec ses amis tout en étant… différent : Juma est sourd, depuis toujours. C’est avec son corps, avec ses mains surtout qu’il s’exprime. C’est avec ses yeux qu’il appréhende le monde. Ce n’est pas toujours simple pour lui de communiquer avec les autres. Et cela demande beaucoup d’attention et ça fatigue. Au point que parfois, il a besoin de s’isoler pour se reposer… Lorsque sa troupe de danse décide de monter un spectacle, il propose de raconter l’histoire de son grand-père Ismaghil. « Juma écoute avec les yeux » écrit par Mary Wenker pédagogue curative et illustré par Amélie Buri. Editions Loisirs et Pédagogie. www.editionslep.ch SUIVANT PRECEDENT
- Un grand week-end entre malentendants à Gand | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Un grand week-end entre malentendants à Gand 6 juillet 2023 Publié le : Durant l’Ascension, une dizaine de malentendants et sourds romands se sont déplacés en Belgique pour un long week-end d’échanges et de découvertes. L’ambiance et le plaisir étaient au rendez-vous. « Le fait de faire les choses entre malentendants change tout. On se comprend tellement, on sait ce que c’est que d’être sourds, et on fait toujours en sorte de se comprendre entre nous. Franchement, le seul fait de se balader ensemble est succulent ». C’est forts de ce constat, qu’une dizaine de jeunes malentendants et sourds, originaires de toute la Suisse romande et même de France voisine, se sont retrouvés le 18 mai dernier à l’aéroport de Genève pour quelques jours de vacances bien méritées, en plein week-end de l’Ascension. Direction Bruxelles, puis par train, la belle ville de Gand en Belgique. « J’ai toujours eu l’habitude de voyager en famille et cela faisait un bon moment que j’avais envie de faire quelque chose entre amis, avec des personnes du même monde que moi, explique la Française Sonia Schwerdtel établie en Valais et qui a organisé le voyage, secondée par la Genevoise Rachel Millo. C’est en septembre 2022 que j’ai commencé à faire circuler l’idée dans mon groupe d’amis. » « Gestion de groupe » Très vite évidemment, l’idée séduit. L’idée est de choisir un pays où la plupart des participants ne sont jamais allés et la Belgique s’impose rapidement. « Nous avons voté et c’est la Belgique qui a été retenue parmi plusieurs propositions », explique Rachel Millo. Résultat : tout ce petit monde débarque à Gand en ce 18 mai. Tous ? Pas vraiment, parce qu’un des participants a tout simplement oublié… sa pièce d’identité. « Le plus compliqué dans ce genre de voyage, c’est la gestion de groupe, rigole Rachel. La preuve, le dimanche jour de notre retour, deux d’entre nous ont également oublié de se réveiller, le vol partant très tôt. Ils en ont été quittes pour se racheter un autre billet ». Heureusement, le séjour ne s’est pas résumé à ces impondérables, et le plaisir a largement été au rendez-vous. Et pour cause : Gand est une ville superbe. Port situé au nord-ouest de la Belgique, à la confluence de la rivière Lys et du fleuve Escaut, elle fut durant le Moyen-Âge, une cité-État de premier plan, marqué par un centre à l’architecture médiévale qui perdure encore aujourd’hui. « Je suis moi-même architecte d’intérieur et cette architecture incroyable est clairement ce qui m’a le plus plu dans cette ville, d’ailleurs le nombre de photos que j’ai prises est incroyable », s’extasie encore Sonia Schwerdtel qui, en bonne organisatrice, avait concocté un programme varié. « Pour faciliter la compréhension, j’ai en effet préparé à l’avance un programme assorti d’images. Comme nous étions 9 au total, j’ai fait en sorte qu’il ne soit pas trop chargé afin de pouvoir faire face à l’imprévu ». Balade en bateau Visites et balades se succèdent donc au fil des jours avec, cerise sur le gâteau, un superbe tour en bateau qui via les canaux, offre un superbe aperçu de la ville. « Sonia avait prévenu de notre arrivée raconte Rachel Millo et ils ont eu la gentillesse de nous préparer une fiche expliquant tous les propos du guide ». « En outre, mon copain, le seul entendant du groupe, et qui a appris à coder, codait en parallèle pour tous, ajoute Sonia, si bien que tout le monde pouvait tout comprendre ce qui se disait ! » Évidemment, avec un tel séjour, si réussi, mais si court, l’envie d’organiser un nouveau voyage pointe très vite son nez. Rendez-vous est donc pris pour le mois d’octobre, pour autre périple entre sourds et malentendants. Destination ? La Grèce ! SUIVANT PRECEDENT
- Concerts et spectacles vivants: des expériences à vivre et à partager | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Concerts et spectacles vivants: des expériences à vivre et à partager 19 mai 2026 Publié le : La musique est un langage universel, une source d’émotion capable de transcender les barrières. Pourtant, pour les personnes malentendantes, l’accès aux salles de concert et aux spectacles vivants reste souvent semé d’embûches. Pour briser ces obstacles, des dynamiques vertueuses existent grâce à des partenariats entre acteurs engagés. Au-delà du concert: le droit à la culture Participer à une sortie culturelle ne se résume pas à occuper un siège dans un auditorium. Pour une personne malentendante, c’est l’occasion de partager un moment de complicité, de ressentir les vibrations d’un orchestre et de s’immerger dans une atmosphère unique. Trop souvent, la difficulté à suivre les conversations ou à percevoir les sons subtils conduit à un retrait social involontaire. Les spectacles accessibles constituent dès lors une opportunité précieuse pour rompre cette solitude et recréer du lien. Un partenariat exemplaire avec le Menuhin Festival Gstaad Pour la quatrième fois, nous renouvelons cette année notre collaboration avec le Menuhin Festival Gstaad. Ce rendez-vous incontournable anime les Alpes bernoises de mi-juillet à début septembre avec plus de 60 concerts classiques et des artistes de renommée internationale. Grâce au soutien généreux d’une fondation donatrice souhaitant garder l’anonymat, nous organisons deux sorties pour les personnes malentendantes, les 15 et 16 août prochains, avec un total de plus de 100 billets offerts. La force de cette initiative réside dans sa prise en charge globale. En offrant non seulement la gratuité des billets, mais aussi le transport en car depuis Lausanne et l’apéritif dînatoire sur place, nous éliminons les contraintes logistiques pour que les participant·e·s se concentrent sur le plaisir du spectacle et la richesse des échanges. Les retours des éditions précédentes sont unanimes: bien plus qu’une simple sortie, ces soirées deviennent des souvenirs qui restent gravés dans la mémoire. La technologie au service de l’inclusion L’accessibilité auditive nécessite des équipements technologiques adéquats. Dans le cadre de ce partenariat, FoRom écoute prend en charge l’installation d’une boucle magnétique dans la Tente du Festival. Ce dispositif permet aux personnes utilisant des appareils auditifs équipés de la position «T» de recevoir le son directement, avec une clarté exceptionnelle et sans les interférences des bruits ambiants. La présence de telles installations dans les salles n’est pas un luxe, mais une nécessité. Elle garantit une qualité d’écoute fine, permettant de percevoir les nuances des œuvres, du pianissimo d’un solo à la puissance d’un tutti orchestral. Un réseau de partenaires engagés Cette opération à Gstaad illustre parfaitement le type d’action que nous menons. Elle n’en constitue cependant qu’une facette. Tout au long de l’année, nous promouvons l’accessibilité culturelle en relayant des offres spéciales et en collaborant avec des institutions majeures telles que le Théâtre de Vidy, le Septembre Musical Montreux-Vevey, ainsi que de nombreuses salles de cinéma et théâtres en Suisse romande. Grâce à ces partenaires, la culture devient un véritable terrain de rencontre et de partage, même pour les événements les plus prestigieux. 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! 🎟️ Envie de vous joindre à nous pour le Menuhin Festival Gstaad? Rendez-vous sur la billetterie en ligne pour vérifier si des places sont encore disponibles. La réservation est soumise au dépôt d’une caution. Photo du chef d’orchestre Alexander Shelley avec le Gstaad Festival Orchestra (GFO), qui se produiront le 15 août 2026, l’une des deux soirées auxquelles auront le plaisir de participer les personnes accompagnées par FoRom écoute. Photo mise à disposition par le Menuhin Festival Gstaad. SUIVANT PRECEDENT
- Inclusion dans la société: quand l’attente laisse place à l’action | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Inclusion dans la société: quand l’attente laisse place à l’action 5 mai 2026 Publié le : Trop souvent, l’inclusion des personnes malentendantes, comme celle des personnes en situation de handicap de manière plus générale, est attendue comme une concession de la société, pilotée par les organisations de défense et les acteurs politiques. Pourtant, la clé d’une véritable inclusion réside ailleurs: dans la capacité des personnes concernées elles-mêmes à sortir de leur réserve pour devenir actrices de leur environnement. Concrètement, cette dynamique invite à dépasser la posture passive – celle où l’on espère que les institutions combleront les besoins – pour embrasser une approche volontariste. C’est tout l’enjeu de l’«empowerment»: passer du «je subis» au «j’agis». Pour les organisations de défense de la cause, l’enjeu est alors de ne pas faire à la place des personnes, ni de les cantonner à un rôle de bénéficiaires, mais de les encourager et leur fournir les outils pour qu’elles prennent elles-mêmes en main leur destin. L’objectif est de créer une alliance où la personne entreprend et l’organisation facilite. Cet «empowerment» ou, autrement dit, cette prise de pouvoir sur sa propre vie, devient le moteur de l’inclusion. Il ne s’agit plus de considérer le handicap comme une raison d’attendre une solution externe, mais comme un point de départ pour changer. Transformer son expérience vécue en force d’action: voilà comment les avancées les plus significatives ont souvent vu le jour, portées par celles et ceux qui ont choisi de devenir architectes de leur environnement plutôt que simples occupants. Etre proactif, c’est précisément cela: identifier un obstacle et porter le projet qui le lèvera. Imaginez une collaboratrice malentendante responsable d’équiper son lieu de travail en systèmes d’aide auditive: en menant ce projet à bien, elle devient un catalyseur de changement pour ses collègues et ses clients. Pensez à cet entrepreneur malentendant qui, fort de son parcours, crée un fonds d’aide pour la génération suivante, en partenariat avec notre fondation: avec cette initiative, il apporte concrètement son soutien à l’intégration des jeunes dans la société. Ce sont des témoignages comme ceux-ci qui redéfinissent le paysage de la malentendance. Ils nous rappellent que l’inclusion n’est pas un don fait par la société, mais une construction commune où chacune et chacun a un rôle à jouer. Etre proactif, c’est donc aussi s’engager pour la communauté. C’est comprendre que sa propre expérience vécue constitue une expertise unique, indispensable pour concevoir des solutions pertinentes. C’est aussi prendre la parole, non pas pour raconter sa souffrance, mais pour partager ses réussites, brisant ainsi les préjugés et inspirant l’entourage, entendant ou malentendant. C’est autour de ces réflexions et de parcours inspirants que FoRom écoute vous invite à échanger lors de son prochain congrès annuel. Comment passer de la résignation à l’action? Comment trouver les ressources en soi pour aller de l’avant? Ces questions et bien d’autres seront au cœur de nos discussions le samedi 30 mai 2026. Nous y accueillerons des interventions diverses mettant en lumière cette dynamique d’action: du monde professionnel à l’engagement citoyen, en passant par la culture et le soutien par les pairs. Si ce sujet résonne en vous, rejoignez-nous pour cette journée d’échange et d’inspiration. Rendez-vous le samedi 30 mai 2026, de 9h15 à 16h, à Lausanne: cliquez ici pour en savoir plus et vous inscrire 💡 Pour ne rien manquer de nos articles et de nos offres: abonnez-vous à la newsletter ! Photo: Sierra Koder sur Unsplash SUIVANT PRECEDENT
- L’ASPEDA, 50 ans d’engagement en faveur des familles d’enfants sourds ou malentendants | FoRom Ecoute
Retour au Magazine L’ASPEDA, 50 ans d’engagement en faveur des familles d’enfants sourds ou malentendants 10 février 2024 Publié le : Fondée en 1974, l’Association suisse de parents d’enfants déficients auditifs fédère pas moins de 13 organisations régionales dans toute la Suisse et environ 500 familles. Sa force ? Organiser un partage d’expérience particulièrement précieux et utile à tous ceux qui sont confrontés à la surdité de leur enfant. Dès le départ, la démarche a rencontré un franc succès. Et pour cause : comme toujours, l’union fait la force, encore plus lorsqu’en tant que parents, on doit gérer la prise en charge et l’éducation d’un enfant déficient auditif, malentendant ou sourd. Il y a 50 ans en effet, nous étions en 1974, 4 associations de parents d’enfants déficients auditifs de Berne, d’Argovie-Soleure, de Lucerne et de Zurich, rejointes une année après par Genève, décidaient de fonder une association faitière : l’ASPEDA, l’association suisse de parents d’enfants déficients auditifs. « Très rapidement, l’ASPEDA a fédéré plus de 300 familles membres, via les associations régionales, ce qui montre que l’idée de regrouper ses forces au sein d’une faîtière avait tout de suite suscité l’adhésion » explique Eva Mani co-directrice de l’association. Quelque 50 ans plus tard, l’ASPEDA regroupe bon an mal an pas moins de 400 à 500 familles à travers toute la Suisse via ses 13 organisations locales, les « groupes régionaux », dans toutes les régions linguistiques du pays. Nombreux événements Ses objectifs ? La défense des intérêts des enfants malentendants ou sourds, mais aussi la coordination d’une entraide entre familles pour la prise en charge des enfants, sur une base apolitique, indépendante et neutre. L’ASPEDA organise ainsi chaque année de nombreux événements, des journées des groupes régionaux avec un programme familial, des événements locaux tout au long de l'année, ainsi qu’un congrès annuel des parents, planifié sur deux jours. « Notre congrès annuel des parents, c’est comme un virus, sourit ainsi Eva Mani : si on le chope, on ne peut plus s’en passer, car c’est un événement phare qui réunit tout le monde depuis l’ensemble de la Suisse. Et ce qui compte beaucoup pour nous, c’est qu’il implique énormément les parents y compris dans les choix des thématiques et des conférenciers ». Et puis, au-delà des événements organisés, il y a l’échange d’informations entre parents et entre familles, désormais considérablement démultiplié et simplifié par les moyens de communication modernes : site internet, emails, newsletters et même un groupe WhatsApp de parents romands, se sont au fil des années ajoutés au traditionnel et antique « Bulletin » papier de l’ASPEDA. Évidemment, les demandes d’informations ne manquent pas, quotidiennes, portant bien sûr, sur les appareils auditifs, les choix d’éducation et de langue à privilégier, d’école et d’enseignement, sans parler des dimensions médicales ou même juridiques. Regard spécifique… Dans ces échanges, la valeur ajoutée de l’ASPDA, unique, est celle du regard spécifique et de l’expérience vécue par des parents, tous confrontés aux mêmes questionnements : « Le regard des parents apporte toujours une autre perspective parce qu'ils ont un vécu quotidien avec leurs enfants, ce qui leur permet d’apporter aux autres parents, des réponses, des astuces ou des stratégies très concrètes et éprouvées par leur propre expérience, explique Eva Mani. Ce type d’échange est vraiment indispensable et irremplaçable ». En 50 ans d’existence l’ASPEDA a désormais fait sa place dans le monde de la surdité romand et suisse. Sa légitimité, aujourd’hui incontestable, est le fruit d’années d’engagement qui la conduisent à se développer progressivement en proposant à chaque fois, de nouvelles prestations. Seul bémol, comme toujours : le financement, véritable nerf de la guerre. L’association qui ne compte que très peu d’employés, vit en effet grâce au travail des bénévoles et aux ressources obtenues par les cotisations et via une subvention accordée par l’OFAS, l’Office fédéral des assurances sociales. Le reste, en particulier le financement des projets, doit être assuré par un effort permanent de recherches de fonds auprès de fondations et autres donateurs privés. « Jusqu’à présent nous y sommes toujours arrivés, même si cela reste fragile, observe Eva Mani. Mais nous devons y consacrer chaque année un énorme travail qui mobilise des ressources au détriment de tâches plus concrètes en faveur des familles et des enfants déficients auditifs ». Afin de fêter ses 50 ans, l’ASEPDA organise en 2024 une série d’événements à découvrir sur le lien : www.aspeda.ch/enfant-malentendant/320- 50-ans-aspeda SUIVANT PRECEDENT
- Peut-on dormir avec ses appareils auditifs ? | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Peut-on dormir avec ses appareils auditifs ? 31 janvier 2024 Publié le : D’une manière générale, dormir avec ses appareils auditifs n’est pas conseillé. Deux exceptions : soulager les acouphènes et permettre aux mamans malentendantes d’entendre leur bébé la nuit. C’est une question que beaucoup de malentendants, jeunes ou moins jeunes se posent fréquemment : est-il possible ou même recommandé de dormir avec ses appareils auditifs ? Pour Emma par exemple, c’est comme une évidence : « J’ai un bébé de trois mois, et je souhaite pouvoir l’entendre la nuit. C’est pour cette raison que depuis sa naissance je porte mes appareils auditifs pour dormir, cela me permet de rester en alerte pour intervenir en cas de besoin, et du coup je dors bien plus tranquille ». « Il est en effet fréquent que des mamans appareillées fassent cette demande dans le but d’entendre les pleurs de leur bébé ou de leur enfant la nuit, confirme Olivier Gaches, audioprothésiste à Lausanne. Mais en dehors du besoin tel que cité ci-dessus, il n’y a pas d’argument incitant à recommander le port des appareils auditifs la nuit lorsque l’on dort ». S’il est en effet possible de dormir avec son appareil auditif, la démarche n’est d’une manière générale par recommandée par les audioprothésistes. Effet Larsen… Deux écueils peuvent en effet rendre l’expérience éprouvante : d’abord un effet Larsen peut se produire lorsqu’en dormant sur le côté, on pose son oreille appareillée sur l’oreiller. Dans ce cas, le son qui était censé entrer dans l’appareil auditif sera orienté vers le microphone et de nouveau amplifié, avec à la clé des sifflements qui seront très vite désagréables. « Dans certains cas, l’audioprothésiste pourra éventuellement procéder à des ajustements en réalisant un programme spécial pour l’appareil afin de limiter l’effet Larsen, ajouter Olivier Gaches. En outre, le ou la malentendante peut également aménager sa position de couchage ». L’autre problème est tout simplement mécanique : l’appui de l’appareil sur l’oreiller, lorsqu’il est volumineux peut en effet, selon la position, induire une gêne physique et parfois une douleur sur le pavillon de l’oreille et réveiller ou empêcher le malentendant de dormir. Acouphènes Reste cependant un cas où le port des appareils auditifs la nuit peut être conseilé, cette fois pour des raisons médicales : les acouphènes. « ll m’est arrivé de conseiller de garder les appareils la nuit à un patient souffrant d’acouphènes, observe Raphaël Furioux, audioprothésiste à Yverdon-les-Bains. Cela lui a permis de s’endormir et de passer une nuit correcte. Il faut en tout cas en discuter avec son audioprothésiste, le but étant de soulager la personne tout en lui évitant une éventuelle blessure ». SUIVANT PRECEDENT

















