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- Longue marche au bout de soi-même | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Longue marche au bout de soi-même 15 septembre 2014 Publié le : 291 kilomètres le long du Chemin de Compostelle, munie d’un sac à dos et d’un sac de couchage ! C’est le périple qu’a effectué cet été en compagnie d’une amie, Sophie Hucher, une sourde lausannoise âgée de 23 ans. L’objectif de cette habituée des randonnées : se ressourcer au contact vivifiant de Dame Nature. C’est bien connu. Les pèlerinages sont en réalité d’abord un voyage intérieur. Une quête profonde de soi-même, une volonté de ressourcement. C’est en tout cas le sens que Sophie Hucher a voulu donner à son « petit » Chemin de Compostelle, effectué entre le 19 juin et le 5 juillet derniers. Au total, un peu plus de deux semaines et 291 kilomètres de marche depuis Seyssel, un petit village français à cheval entre l’Ain et la Haute-Savoie, et le célèbre Puy-en-Velay. Pour cette jeune Franco-Allemande de 23 ans, née en Suisse et vivant à Lausanne, sourde profonde et appareillée d’une oreille, c’est un petit passage à vide, comme on en rencontre souvent dans la vie, qui est à l’origine de ce périple estival. « Je traversais une mauvaise période et j’avais besoin de renouer avec mon monde intérieur » , raconte celle familière de l’introspection. « Pour moi, marcher a toujours été une forme de thérapie personnelle, et le contact avec la nature m’aide toujours à mieux réfléchir. En plus, je dois commencer à la rentrée une Haute école sociale pour devenir éducatrice, et c’était aussi pour moi une manière de préparer cette échéance ». Sans préparation particulière Alors bien sûr, lorsque l’on est dans cet état d’esprit, Compostelle s’annonce presque comme une évidence, même si la dimension religieuse passait au second plan. « J’aime la France, ajoute Sophie. Plusieurs amis m’avaient déjà parlé du Chemin de Compostelle, alors j’avais vraiment envie de tenter cette expérience ». Comme toujours, restait alors à trouver un compagnon de pèlerinage, vite identifié en la personne d’une amie Suisse-allemande, rencontrée au cours d’un précédent voyage au Canada. « Je lui ai confié mon projet et elle s’est d’emblée montrée intéressée » , raconte Sophie. « C’était parfait pour moi, car je ne serais pas partie avec n’importe qui : je savais que les rythmes de marche de cette amie étaient parfaitement accordés aux miens ». Et pour la famille de la jeune femme, aucun souci de la voir partir ainsi, à l’aventure, pour une longue marche de près de 300 km. Et pour cause : avec un papa Pyrénéen, Sophie est une habituée des randonnées, effectuées dans des conditions pas toujours faciles, que ce soit dans les célèbres Pyrénées « qu’elle connaît mieux que les Alpes », ou au Canada. Du coup, les deux amies ont pu aborder ce petit Compostelle sans avoir vraiment eu besoin d’une préparation spécifique. « Je ne suis pas vraiment une citadine et c’est une habitude pour moi d’aller en randonnée, car j’ai remarqué que dans la vie, plus on monte en hauteur, plus les personnes sont ouvertes et intéressantes » , raconte Sophie avec un humour empreint de gravité. « Je me suis donc contentée de préparer mon sac, qui au total pesait tout de même 11 kg ! » A l’aventure Sitôt les sacs prêts, voilà donc les deux amies parties, en ce 19 juin - le jour de la Fête-Dieu ! - pour plus de 15 jours de marche. Avec un parti pris : partir à l’aventure « un peu sauvagement », munies d’un simple réchaud pour cuisiner, sans tente, et avec un simple sac de couchage pour dormir, si possible à la belle étoile. Commence alors une longue marche avec une moyenne de 20 km chaque jour, entrecoupés d’une ou plusieurs pauses, selon les aléas météorologiques. Une marche exaltante, et particulièrement exigeante sur le plan physique. Heureusement, pour ces habituées, pas d’ampoules, ni de courbatures. « Chaque fin de journée, je faisais du stretching, afin d’éviter les courbatures » , explique sobrement Sophie. « Ce qui ne m’a pas empêchée d’avoir des soucis aux pieds, douloureux à cause du poids de mon sac. Je devais chaque soir les masser avec des pommades pour me soulager » . Il y a les inévitables bobos, mais il y a aussi la magie de ce type d’aventure. La joie, pour cette contemplative, de découvrir au petit matin, les beautés de la nature et de d’observer les lièvres, lapins et animaux sauvages qui s’éveillent. « Mon plus beau souvenir, c’était un soir d’orage » , s’enthousiasme Sophie. « On s’était abritées dans une maison en construction. On a juste eu le temps de nous préparer à manger et à peine avions-nous commencé à nous endormir que l’orage a éclaté avec une violence inouïe. Pour moi sourde profonde, l’expérience était incroyable car c’était la première fois que je pouvais « tout entendre la nuit ». Cette longue marche a d’ailleurs permis à mon amie de prendre réellement conscience de ce qu’était la surdité au quotidien ». Belles rencontres Au-delà de la communion avec la nature, ce Chemin de Compostelle a aussi été l’occasion de belles rencontres. « Nous avons croisé deux pèlerins, incroyables et sympathiques, l’un qui venait depuis Munich et l’autre depuis l’Autriche, avec la ferme intention d’arriver jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle. Et puis, les soirs où nous ne parvenions pas à trouver d’abri, ce sont les familles d’accueil jacquaires qui nous hébergeaient volontiers. Leur ouverture, leur gentillesse, leur volonté de nous faire découvrir l’histoire et les traditions culinaires de leurs villages étaient très touchantes! » Après dix-huit jours de crapahutage sur le Chemin de Compostelle, les deux jeunes femmes arrivent enfin au Puy-en-Velay. « J’aurais bien continué encore » , regrette un peu Sophie. « Mais je devais rentrer à Lausanne en raison de mes obligations. Mais ces deux semaines m’ont permis de me ressourcer, de cultiver le temps présent, et de me libérer. C’est fou ce que l’on réfléchit mieux lorsque l’on marche ! » ChA SUIVANT PRECEDENT
- Christelle Montavon, nouvelle présidente de l’Amicale des malentendants de La Chaux-de-Fonds | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Christelle Montavon, nouvelle présidente de l’Amicale des malentendants de La Chaux-de-Fonds 15 mars 2014 Publié le : Transition en douceur à la présidence de l’amicale des malentendants de la Chaux-de-Fonds. Elue le 15 février dernier à l’unanimité, Christelle Montavon remplace Yves Borboën qui a souhaité passer le relais après plusieurs années de présidence. Jeune et atypique, pleine d’énergie et forte du soutien de son comité, Christelle Montavon espère renforcer les liens entre les membres de son amicale mais aussi avec les autres associations de malentendants. Christelle Montavon, qui êtes-vous ? Eh bien c’est tout simple, j’ai 32 ans, je suis originaire du Jura, en couple avec ma compagne depuis quatre ans et ensemble nous élevons ma belle-fille. Après avoir longtemps travaillé comme aide-infirmière, je suis malheureusement actuellement à l’AI, en raison d’une très grosse dépression que j’ai eue il y a plusieurs années, ainsi que d’autres problèmes de santé. D’ailleurs, je dois dire que c’est l’apprentissage de la langue des signes qui m’a sauvée de la dépression ! Êtes-vous sourde ou malentendante ? Ni l’un ni l’autre, et plutôt hyperacousique (rires) ! Mais j’ai grandi avec un père malentendant et acouphénique. J’ai très tôt su que si on ne lui parlait pas en face, on avait droit à des réponses « à la professeur Tournesol » ! Mais dans ce cas, d’où vous vient cet intérêt pour la langue des signes ? Gamine, j’ai eu une camarade d’école sourde. Et je ne comprenais pas pourquoi il n’y avait rien pour elle en langue des signes, alors qu’elle avait un grand potentiel. Je me suis alors dit: « un jour, j’apprendrai la langue des signes ! » C’est ce que je fais depuis que je suis à l’AI. La combativité et la motivation des personnes sourdes m’ont motivée et aidée à m’en sortir. Elles savent si bien faire une force de leur handicap ! Comment êtes-vous passée du monde des sourds à celui des malentendants ? C’est tout simple: en cherchant à rencontrer des personnes sourdes via la Société des sourds Neuchâteloise, je suis tombée sur l’Amicale des malentendants de la Chaux-de-Fonds. J’ai pris contact avec Yves Borboën et je me suis retrouvée à l’amicale. Très vite, c’était il y a trois ans, on m’a proposé de faire partie du comité, et même de devenir vice-présidente. Pourquoi avoir souhaité reprendre la présidence ? Yves Borboën qui souhaitait partir me l’a suggéré. Mais j’ai hésité pendant toute une année, car avec mes cours de langue des signes, avec mes soucis de santé qui me conduisent à me déplacer à Berne pour me soigner, ce n’était pas une décision évidente. Cela vous a-t-il fait peur ? Non, mais c’est une vraie responsabilité. Heureusement, le comité est derrière moi et me soutient, ce qui est très rassurant. Lysiane Wicky, elle-même ancienne présidente de l’amicale, me conseille et m’aide beaucoup. Et malgré votre profil atypique à plus d’un titre, vous avez été élue à l’unanimité ! C’est bien la preuve que notre amicale est très ouverte ! Ma fibre pour l’engagement et le soin donné aux autres a dû faire le reste… Tout mon parcours de vie a fait que j’aime m’occuper des autres. En plus, j’ai toujours été très sensible au monde de la malaudition. Quels sont désormais vos projets en tant que présidente ? Dans un premier temps, je souhaite renforcer les liens entre les comités des différentes amicales et associations romandes. Ainsi, mon premier pas a été d’inviter les présidents des autres amicales à notre assemblée générale. Et moi-même, je vais assister à celle de Lausanne. L’idée bien sûr est que par la suite, les liens entre les malentendants se renforcent aussi. Qu’attendez-vous de cette démarche ? Je crois qu’il est important que les amicales et associations soient soudées pour mieux soutenir l’action de forom écoute, qui de ce fait, sera encore mieux écoutée par les autorités. Plus forom écoute sera entendue, plus les malentendants auront toute leur place dans la société ! C’est la raison pour laquelle au niveau de notre ville, je souhaiterais entrer en contact avec les orthophonistes et autres acteurs de la santé pour leur distribuer brochures et documentation de sensibilisation. Et pour la vie de l’amicale, qu’entendez-vous faire ? Il ne s’agit pas du tout de faire une révolution, mais de continuer à faire vivre l’amicale ! Avec le comité, on va se rapprocher encore plus des amicaliens pour essayer de mieux connaître leurs besoins et envies et tenter d’y répondre, surtout en matière de sorties. Mon souhait, c’est que les membres restent dans notre amicale, et si possible qu’on en attire de nouveaux, surtout des jeunes et des adolescents, qui malheureusement, deviennent malentendants de plus en plus tôt. Il s’agit donc de trouver des activités à la fois pour chaque catégorie d’âge, mais aussi pour que tous les amicaliens puissent se retrouver tous ensemble ! SUIVANT PRECEDENT
- Culture et inclusion | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Culture et inclusion 20 décembre 2018 Publié le : Copyright Laténium / Manesse La 5ème rencontre des musées inclusifs, qui se déroulera le 28 janvier prochain, a pour but d’optimiser durablement les conditions d’accès à la culture pour le public en situation de handicap La culture au sens large permet de développer ses facultés intellectuelles, d’acquérir des connaissances dans un ou plusieurs domaines, et de développer sa créativité. Plus encore, c’est un ensemble des structures sociales et des manifestations intellectuelles, artistiques, etc, qui définissent une civilisation, une société. Au sens large, elle constitue également un ensemble des formes acquises de comportement de l’être humain et bien évidemment l’action de cultiver pour se nourrir. Du latin cultura, son étymologie date du 7e siècle et signifie SOIN. Un mot fort, saisissant, relatif à tout être humain. Ainsi, chacun a le droit d’accéder la culture. Pour les personnes en situation de handicap en Suisse, le Service Culture inclusive de Pro Infirmis accompagne les institutions culturelles qui développent l’inclusion de personnes en situation de handicap. Il est notamment soutenu par l’Office fédéral de la culture, le Bureau fédéral de l’égalité des personnes handicapées, ainsi que la Loterie Romande. Pro Infirmis et son label Le Service Culture inclusive de Pro Infirmis créé en 2016 octroie un label de processus aux institutions culturelles qui développent l’inclusion de personnes en situation de handicap, de personnes non-francophones, désavantagées par le système éducatif, issues de l’immigration ou encore avec des enfants. Les porteurs de label définissent des mesures à développer sur une durée de quatre ans. Pour ce faire, ils suivent deux principes d’action. D’une part développer des mesures inclusives qui mêlent les publics avec et sans handicap pour favoriser les rencontres et une accessibilité bénéficiant à l’ensemble des publics. Un musée qui propose une visite tactile d’objets tirés de ses réserves intéressera bien entendu les publics aveugles et malvoyants. Il interpellera aussi toute personne désireuse de réaliser une visite passant par un autre sens que la vue. [caption id="attachment_4850" align="alignnone" width="640"] Copyright Paola Pitton Service Culture inclusive[/caption] D’autre part, les porteurs de label réalisent leurs mesures avec des partenaires des réseaux du handicap. Ainsi, ils intègrent non seulement les besoins, mais aussi les compétences de leurs partenaires. Les points forts avec Nicole Grieve, responsable pour la Suisse romande chez Pro Infirmis. Quelles sont les mesures prises pour les personnes malentendantes ? Dans un théâtre par exemple, il ne suffit pas de mettre en place une boucle magnétique pour les personnes malentendantes. Encore faut-il qu’elle soit en état de fonctionner, avec une personne de référence qui conseille et accueille les spectateurs. Pour sensibiliser un théâtre à cette mesure d’accès aux contenus, Culture inclusive les dirige vers la Fondation romande des malentendants, forom écoute. Se développent-elles à l’échelle nationale ? Le label est pensé comme un accélérateur à inclusion culturelle et le Service Culture inclusive n’octroie ni ne sollicite de soutien financier. En revanche, il conseille et met en réseau des acteurs de la culture et du handicap et promeut les avancées de ses porteurs de label. Plus de cinquante institutions culturelles de Suisse alémanique y ont adhéré. En Suisse romande, vingt processus sont en cours. Le Tessin, quant à lui, rejoindra le projet d’ici 2020. Une newsletter bilingue et des rencontres nationales et régionales rendent visibles les projets et leurs acteurs. La 5e rencontre des musées inclusifs se déroulera le 28 janvier prochain, concrètement, qu’est ce qui a été mis en place lors des 4 premières ? Les rencontres ont été lancées dans le cadre du projet-pilote « Kunst ohne Barrieren » du Musée des enfants Creaviva au Centre Paul Klee. Ce projet avait pour objectif de constituer le réseau des musées inclusifs de Suisse alémanique, de les conseiller pour mettre en place une accessibilité au public en situation de handicap et de promouvoir les projets inclusifs des musées partenaires. Les rencontres ont été mises en place pour permettre l’échange de pratiques et partager des outils. La documentation de « Kunst ohne Barrieren » est en ligne sur https://www.creaviva-zpk.org/de/kunst-ohne-barrieren . Ce projet-pilote a également abouti à une publication en langue allemande intitulée « inkl. - Praxishandbuch für ein inklusives Museum ». Les auteures (femmes ?) de ce guide ont aussi réalisé le guide trilingue « Des musées accessibles à tous », en téléchargement libre sur le site de l’Association des musée suisses AMS (https://www.museums.ch/fr/publications/standards/accessibilite.html ). Après la clôture de « Kunst ohne Barrieren », les rencontres ont été reprises dans le cadre du Service culture inclusive. Du côté législatif La loi fédérale sur l'élimination des inégalités frappant les personnes handicapées (LHand), entrée en vigueur le 1er janvier 2004, porte sur certains domaines de la vie publique, comme par exemple les transports. Si elle offre un cadre légal bienvenu, sa mise en œuvre reste difficile, car elle est sujette à interprétation. [caption id="attachment_4851" align="alignnone" width="640"] Copyright Paola Pitton Service Culture inclusive[/caption] La Suisse a par ailleurs ratifié la Convention de l'ONU relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), également entrée en vigueur en 2014. Par son adhésion, la Suisse s'engage à éliminer les obstacles auxquels sont confrontées les personnes en situation de handicap, à les protéger contre les discriminations et à favoriser leur inclusion, leur égalité et leur autonomie sociale. Les associations nationales Agile, faîtière des personnes en situation de handicap et Inclusion Handicap, faîtière des réseaux liés aux handicap, se battent au quotidien pour une pleine inclusion de personnes en situation de handicap à la société. Rencontre au sommet Rendez-vous est donc pris le 28 janvier 2019 au musée Paul Klee avec des personnes engagées dans les domaines handicap, social, culture et musées. Présentation de projets et table ronde mettront en évidence les compétences et structures nécessaires, les modalités de collaboration qui ont un impact, les ressources nécessaires et la pérennité. L’après-midi, un « marché aux projets » présentera des outils indispensables à l’accès culturel des musées. La journée se déroulera simultanément en français et en allemand, avec une interprétation en langue des signes allemande. Les politiques seront-elles présentes ? Lors de la table ronde, la responsablee l’unité Publics et programmation du Département de la culture et du sport de la Ville de Genève, Véronique Lombard, qui y assistera, évoquera les défis et opportunités d’un soutien public durable aux projets d’inclusion culturelle. « Après 10 ans d’implantation des projets Handicap et Culture, nous n’avons plus besoin d’accompagner les acteurs culturels qui sont depuis longtemps engagés. Plusieurs dispositifs ont été mis en place pour faciliter par exemple l'accès des personnes sourdes ou malentendantes dans les bibliothèques, musées, salles de spectacles et théâtres à l’aide de boucles magnétiques, surtitrage, visites en langue des signes ou vidéoguides », ajoute Véronique Lombard. Figure d’exemplarité, la manifestation « Rousseau pour Tous », qui s’est déroulée en 2012. Le site https://culture-accessible.ch invite à découvrir les programmes culturels à l’aide d’outils dédiés aux personnes aveugles ou malvoyantes, sourdes ou malentendantes et avec un handicap mental. Cette journée devrait permettre de mettre en lumière les conditions nécessaires pour transformer un musée en une institution, qui inclut les visiteurs avec et sans handicap sur la durée. Elle sera ouverte à toute personne intéressée. Il est conseillé de s’inscrire rapidement. Tous les acteurs de cet événement seront invités dans les ateliers du Musée des enfants Creaviva au Centre Paul Klee à Berne, un clin d’œil à la notion d’apprentissage par l’expérimentation ! Qu’escomptez-vous de cette journée ? Il s’agit de la première rencontre bilingue des musées inclusifs. Nous espérons constituer le réseau national des personnes actives dans ce domaine et leur donner des outils et des arguments pour faire avancer la cause de l’inclusion culturelle au sein de leur institution. Nous recevons des témoignages positifs et des recommandations pour améliorer une offre ou un service. Un exemple concret ? Nous octroyons le label à des prestataires culturels, qui font bénéficier les institutions de leur expertise. A cet effet, l’association vaudoise « L’Art d’inclure » (www.lartdinclure.ch) se constitue d’amateurs de musées en situation de handicap visuel. Elle contacte les musées qu’elle souhaite visiter, les conseille très concrètement sur le développement des mesures d’accès, de services et d’offres de médiation inclusives, bénéfiques tant au public en situation de handicap visuel qu’au grand public. Ainsi, une visite qui décrit les formes, matériaux et contenus visuels d’un tableau et propose une reproduction à toucher est un formidable outil pour apprendre à regarder et à interpréter une œuvre d’art. Rendez-vous est donc pris le 28 janvier prochain, afin de promouvoir un accès à la culture durable dans les musées de Suisse. A bon entendeur ! 5ème rencontre des musées inclusifs 28 janvier 2019 au Musée des enfants Creaviva du Centre Paul Klee Public cible : acteurs des musées, de la culture, du handicap et du social Traduction simultanément en français, en allemand et en langue des signes allemande En français : visites et vidéoguides en LSF ou interprète (vois détails sur le site) Inscriptions jusqu’au 10 janvier 2019 : urs.rietmann@zpk.org Programme : https://www.kulturinklusiv.ch/fr/page-draccueil/actualites/prochaine-rencontre-du-28-janvier-2019-195.html Le label « Culture inclusive » Création : 2016 But : inclusion culturelle des personnes handicapées. Public cible : institutions culturelles s’engageant à mettre en oeuvre des mesures inclusives dans cinq champs d’activités : prestations culturelles, accès aux contenus, accès architectural, offres d’emploi, communication. Plus d’infos sur : https://www.kulturinklusiv.ch Contact : grieve@kulturinklusiv.ch SUIVANT PRECEDENT
- Vaud : Le Repuis, des formations professionnelles sur mesure | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Vaud : Le Repuis, des formations professionnelles sur mesure 30 novembre 2016 Publié le : Plus grand centre de formation professionnelle spécialisée de Suisse romande, le Repuis offre une possibilité de formation à ceux qui ne peuvent l’acquérir selon un processus traditionnel. Situé à Grandson, il forme en outre chaque année des apprentis malentendants ou sourds, pris en charge selon leurs besoins spécifiques. Peu de malentendants ou de familles de malentendants le connaissent. Et pourtant, le centre de formation professionnelle spécialisée le Repuis offre une possibilité de formation pour de nombreux jeunes en situation de surdité qui n’auraient pas pu intégrer une formation traditionnelle. Forte de 200 collaborateurs, l’institution, qui dispose également d’annexes à Lausanne, Genève, Neuchâtel, Fribourg et en Valais, accueille ainsi pas moins de 380 jeunes en formation. Parmi eux, chaque année, une moyenne de 5 jeunes sourds ou malentendants. Au fil des ans en effet, le Repuis a acquis une solide expérience et expertise dans le suivi et l’encadrement de jeunes souffrant de ce handicap aux spécificités particulières. « Le Repuis connait bien la problématique de la surdité , explique Michèle Lovis, répondante surdité au sein de l’institution. Les jeunes que nous accueillons sont des adolescents comme les autres, mais ils ont en même temps des besoins très spécifiques en lien avec la communication au sens large . Ainsi, lors des cours professionnels pour les formations qualifiantes (AFP, CFC) nous nous sommes rendu compte à quel point il fallait expliquer et réexpliquer ce qu’était la surdité dans les différents centres professionnels, où les enseignants sont rarement au courant. Expliquer par exemple pourquoi un sourd ou un malentendant est plus vite fatigué, pourquoi il peut lui manquer du vocabulaire, etc. » Respect du choix de la langue Dans sa démarche de formation et de réinsertion, le Repuis respecte le choix de la langue du malentendant ou du sourd, qu’elle soit orale ou gestuelle, tout en mettant à son service l’ensemble des compétences d’une équipe pluridisciplinaire inscrite dans le réseau du monde de la surdité et très au fait des conséquences sociales, psychiques et scolaires de ce handicap particulier. Concrètement, tout jeune intéressé doit prendre contact avec son conseiller AI, qui le mettra ensuite en relation avec le service d’admission du Repuis. Comme tous les autres candidats, le jeune souffrant de surdité sera ensuite reçu en entretien individuel afin d’évaluer au plus près ses difficultés, son profil, ses besoins et ses objectifs de formation. « L’objectif est de cheminer dès le début avec le jeune, détaille Michèle Lovis. On procède donc à une évaluation de ses compétences et de ses besoins : a-t-il recours au langage parlé-complété, à la langue des signes, quel niveau de maitrise en a-t-il, quel niveau a-t-il en français écrit, etc. Oraliser ne signifie pas automatiquement tout entendre, ni bien comprendre le sens de ce qui est dit » . Un stage probatoire d’une semaine est ensuite proposé afin d’affiner la connaissance de ses compétences et ses aptitudes. Il suivra ensuite un parcours très personnalisé – « nous faisons un véritable travail de dentelle pour permettre à chacun d’atteindre la plénitude de son potentiel » , explique Michèle Lovis – qui devrait le conduire à atteindre ses objectifs. Des objectifs qui peuvent être modulés et réévalués en cours de formation, en fonction des réussites de l’apprenti. « A la fin, et comme dans la formation générale, 80 % de nos jeunes ressortent avec une place de travail », se réjouit Luc Lambert, directeur-adjoint du Repuis. La clé de cette réussite ? Sans conteste le concept de formation adopté par l’institution, fondé sur trois dispositifs, choisis en fonction des besoins d’accompagnement des apprentis : formation en atelier au sein des structures du Repuis, formation en entreprise, et formation en partenariat-entreprise. A ce titre d’ailleurs, des collaborations sont ainsi établies avec le CHUV pour les apprentis en intendance, avec les Serres de la Ville de Lausanne pour les apprentis horticulteurs, avec l'entreprise de peinture Cardinale & Cie SA à Crissier pour les apprentis peintres en bâtiment et avec la Migros de Crissier pour les apprentis du commerce de détail. Solutions d’hébergement « Chaque apprenti suivra un niveau de formation adapté à ses compétences, en tenant compte de son potentiel d’évolution , et allant de la « Formation pratique interne » au CFC, en passant par l’AFP, l’attestation fédérale de formation professionnelle , explique Luc Lambert. Le croisement du niveau de l’apprenti, l’accompagnement mis en place en fonction de ses besoins et les objectifs diplômants constituent une sorte de Rubik’s cube qui nous permet de définir à chaque fois des parcours très personnalisés » . Sur le plan des infrastructures enfin, le Repuis offre également des solutions d’hébergement adaptables à chaque cas particulier, avec des places en internat, en lieux de vie décentralisés ou même en milieu de vie ouvert. Les formations proposées sont également très diverses : horticulture, menuiserie, mécanique, maçonnerie, paysagisme, peinture en bâtiment, carrosserie, cuisine, intendance, pas moins de 17 métiers sont ainsi proposés aux jeunes. « L’AI nous fixe des objectifs de rendement que nous devons atteindre, conclut Luc Lambert, le directeur-adjoint. Le terme est un peu froid et économique, c’est vrai , mais au final quand je vois les jeunes sortir de chez nous plus heureux, je me dis que les objectifs humains sont bien atteints. Et c’est bien là l’essentiel ». Le Repuis, Centre de formation professionnelle spécialisée. Chemin de Coudrex 1, Grandson (VD). www.lerepuis.ch SUIVANT PRECEDENT
- En Europe, les ventes d’appareils auditifs explosent… | FoRom Ecoute
Retour au Magazine En Europe, les ventes d’appareils auditifs explosent… 12 août 2022 Publié le : Après une année 2020 en forte baisse en raison de la pandémie, en Europe, les ventes d’appareils auditifs ont repris leur croissance en 2021. Malgré des chiffres encourageants, de nombreuses personnes vivent pourtant avec une perte auditive non appareillée. Alors que le Covid avait plombé les ventes auditives durant l’année 2020, l’EHIMA , (Association européenne des fabricants d’aides auditives ), vient de rendre publics des chiffres très encourageants pour l’année 2021. L’année dernière, donc, les fabricants membres de l'Ehima ont ainsi vendu au total près de 19 millions d’appareils en Europe, soit une augmentation de 33% par rapport à l’année précédente. « La croissance de l'année dernière montre que la demande de solutions auditives de haute qualité ne faiblit pas. Même lorsque les contacts étroits dans les magasins d'audiologie ont été temporairement limités, en raison de la pandémie, l'innovation des produits s'est poursuivie et le dévouement de tous les employés est resté exceptionnellement élevé » , a expliqué Eric Bernard, le président de l’association faîtière. Croissance globale Plus intéressant encore, l’année 2021 marque une croissance de près de 10% par rapport à 2019, alors que le Covid n’avait pas encore infecté l’ensemble de la planète. Un chiffre qui confirme donc la nette tendance à la hausse observée au cours des dix dernières années. « Malgré la difficulté causée par la pandémie, en collaborant avec nos clients, audioprothésistes et audiologistes, nous avons su gérer avec succès l'impact de la pandémie sur l'industrie », se réjouit encore Eric Bernard. Une véritable performance, le Covid-19 ayant entraîné une pénurie de composants et d’importantes perturbations sur l’ensemble des chaînes logistiques de production. Malgré cette croissance fulgurante, plus de 20 millions de personnes en Europe vivent toujours avec une perte auditive non traitée, tient à rappeler l’association de fabricants qui estime le coût annuel de ce sous-équipement à 185 milliards d’euros. Pourtant, aides auditives et implants cochléaires aident à réduire les risques de co-morbidité, tout en permettant aux malentendants de rester indépendants et de participer à la société jusqu’à un âge avancé. SUIVANT PRECEDENT
- Sport et fun | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Sport et fun 31 juillet 2019 Publié le : Journée sportive pour les jeunes malentendants de Suisse romande, organisée par la Commission jeunesse et prévention, Comm’s Jeun’s, afin de marquer la fin de l’année scolaire et les grandes vacances ! Les jeunes ont pu se défouler le 29 juin dernier dans le cadre d’une journée sportive organisée par la Comm’s Jeun’s de forom écoute. Au menu : Volleyball et Badminton. Une quinzaine de jeunes malentendants et quelques sourds venus de toute la Suisse romande se sont donné rendez-vous à la gare de Lausanne pour se rendre à Vidy et partager un repas canadien. Le centre omnisports de la Vallée de la Jeunesse a gracieusement prêté ses salles, afin que la belle équipée s’échauffe avant de réaliser quelques matches pour leur plus grand plaisir. Ambiance bon enfant, esprit de compétition et surtout rencontres et échanges ont permis aux jeunes de passer une excellente journée. La Comm’s Jeun’s a la chance de compter avec des jeunes malentendants plein d’entrain, d’idées et de dynamisme. Ainsi, tout au long de l’année, des activités adaptées à la saison se déroulent et sont sponsorisées par la fondation. A ne pas manquer donc et à suivre sur le site et les réseaux sociaux ! www.ecoute.ch https://www.facebook.com/fondationmalentendants/ https://www.instagram.com/foromecoutesuisse/ https://www.youtube.com/channel/UCP9iayLBGplsQHh7luuOXiQ Copyright Matthieu Sabot SUIVANT PRECEDENT
- Forum sur les droits des personnes handicapées | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Forum sur les droits des personnes handicapées 15 juillet 2019 Publié le : L’article 30 de la Convention de l’ONU permet-il aux malentendants valaisans de profiter pleinement de la culture ? Réponses suite au forum « Culture et Droits », qui s’est déroulé récemment à Sion. Le 21 mars dernier, paraissait l’article « Culture et Droits » dans notre rubrique « Dans les cantons ». Celui-ci annonçait un forum en Valais portant sur les droits des personnes handicapées dans la vie culturelle. Cette journée s’est déroulée le 16 mai dernier et a vécu un vif succès. Pour rappel, la Fondation Emera et la filière Travail Social de la HES-SO Valais ont lancé le rendez-vous annuel EMERA-HETS en 2016 ; ce dernier poursuit trois objectifs : sensibiliser le monde politique et l’opinion publique aux droits des personnes en situation de handicap, informer et responsabiliser les personnes concernées, partager des expériences et des solutions pratiques inspirantes. Ainsi, chaque année, le forum aborde une thématique issue de la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées, entrée en vigueur en Suisse en 2014. Il est animé en français, en allemand et en langue des signes. La troisième édition a permis à plus de 300 participants et invités de faire le point sur les mises en œuvres d’accès à la culture pour tous. Une dizaine de chercheurs et experts se sont exprimés notamment sur l’article 30 de la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées. Pour Pierre Margot-Cattin, professeur à la HETS, cet article est fondamental : « Le droit à la culture touche à l’identité et à la participation sociale. Il nous permet de sortir de la vision habituelle du handicap, souvent axée sur les soins et la réadaptation ». Concrètement que fait-on pour rendre accessible la culture pour les malentendants en Valais ? Le Service Social Handicap de la Fondation Emera fait le point. L’article 30 constitue-t-il une réalité ? Les personnes concernées, ainsi que les responsables des milieux du handicap et de la culture, s’accordent à dire qu’il reste encore du chemin à parcourir en Valais. Sortir dans des lieux non-aménagés représente aujourd’hui encore un véritable défi. Le coût du produit culturel, le transport, les barrières architecturales, l’absence de technologies adaptées et le poids du regard social font partie des principaux obstacles constatés. Quant aux projets artistiques individuels, ils sont souvent rendus possibles par l’intermédiaire d’institutions spécialisées et d’associations. Quel message fort ressort de cette journée ? Le forum EMERA-HETS a permis de mettre en lumière plusieurs actions existantes, qui visent à rendre la culture plus accessible. Pionniers et exemplaires, ces projets ont fait leurs preuves et mériteraient d’être davantage soutenus, repris, voire généralisés. Du nouveau pour les personnes malentendantes ? Un exemple : le Musée du Grand Saint-Bernard, avec ses bornes vidéos, fournit des explications en langue des signes aux personnes sourdes. Et Nicole Grieve, responsable du label «Culture inclusive» de Pro Infirmis, de préciser : « ces programmes sont intéressants parce qu’ils sont inclusifs, c’est-à-dire qu’ils cherchent à intégrer tous les publics. L’inclusion devient exclusion lorsqu’on se focalise sur un seul groupe de personnes. Il faut favoriser la participation culturelle des personnes avec et sans handicap ». Les solutions qui semblent émerger du terrain peinent-elles à s’affirmer sur le plan politique ? Oui, car la Stratégie culture 2018 du canton du Valais ne fait pas spécifiquement référence aux personnes en situation de handicap. C’est pourquoi l’association Forum Handicap Valais souhaite la mise en place d’une stratégie cantonale spécifique qui considère tous les types de handicap, et a proposé des mesures concrètes au Canton : valorisation des institutions culturelles qui s’engagent à adapter leurs infrastructures, développement des services d’accompagnement, réduction de tarifs pour les bénéficiaires AI, égalité de traitement dans le soutien aux créations artistiques. Une sensibilisation qui porte ses fruits ? Oui, car le Service de la culture de l’Etat du Valais, par son chef Jacques Cordonier, a fait bon accueil à ces propositions et a convié les responsables de Forum Handicap Valais à un cycle de rencontres pour examiner ces pistes. Il s’agit de voir dans quelle mesure et sous quelle forme elles peuvent être prises en compte dans notre démarche basée sur les objectifs de la culture inclusive. Sur cette base, nous pourrons, de manière conjointe, mettre en place un suivi des actions convenues. Pour les organisateurs du forum, cette invitation au dialogue est un résultat précieux. « L’un des buts de cet événement est de sensibiliser les autorités. Sur cette thématique, cela a fonctionné au-delà de nos espérances, c’est très positif », se réjouit Olivier Musy, directeur du Service Social Handicap de la Fondation Emera. Le prochain forum EMERA-HETS se tiendra en automne 2020, sur le thème de l’emploi. Plus d’infos sur : https://www.emera.ch/ Copyright Jacques Cordonier Forum SUIVANT PRECEDENT
- Nom de code : codeuse LPC | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Nom de code : codeuse LPC 24 novembre 2017 Publié le : Les apprenties codeuses LPC passeront leur diplôme en mai prochain. Rencontres lors d’un stage en montagne organisé par l’association pour la Langue Parlée Complétée, ALPC. C’est sous la première neige de novembre que l’Eurotel Victoria à Villars a abrité le stage LPC, organisé par le « Team-Valais » de l’association pour la Langue Parlée Complétée, ALPC. Christophe Darioli et son équipe étaient heureux d’accueillir des personnes sourdes, malentendantes, familles, enfants, professionnels de la branche, bénévoles et futurs codeurs-interprètes en LPC, pour l’essentiel des femmes. Une vingtaine d’entre elles ont pu traiter plus à fond leurs connaissances en vue de leur diplôme en juin 2018. La Fondation a capella organise leur formation en partenariat avec l’Ecole d’études sociales et pédagogiques, EESP , reconnue dans le domaine de la formation de base et continue en vue du certificat de codeur-interprète en LPC. S’il suffit d’un week-end pour appréhender les bases du codage LPC, la formation dure deux ans, à raison d’un samedi de formation par mois. Et la pratique est de mise, en témoigne Sandrine Gabriel, maman d’une jeune adolescente sourde, implantée, qui ont toutes deux participé au week-end LPC des 18 et 19 novembre dernier dans la station des Alpes vaudoises. « Il est nécessaire de beaucoup pratiquer ; lorsqu’on débute en parallèle avec son enfant, lui-même en apprentissage de la communication, c’est très enrichissant. La communication est quelque chose de spontané transmise avec de l’émotion. Le LPC s’appuie sur l’oral et l’enfant peut se faire une image d’un mot qui s’enregistre plus facilement dans son cerveau » : le LPC rend visible le message oral en complétant l’image labiale. Sans LPC, seulement 30% du message peut être lu sur les lèvres ». Suivant des thématiques, les stages LPC incluent, en pratique comme en théorie, les domaines de la surdité, appareillage et implant cochléaire, développement et psychologie de l'enfant sourd, aspects linguistiques et phonétiques, rôle et déontologie du codeur-interprète en LPC, etc. Sandrine, qui a choisi le thème du lien social des enfants sourds au sein d’une classe pour son travail de diplôme, précise encore : « nous assistons également à des conférences menées par des psychothérapeutes en surdité, abordant des situations de vie du quotidien comme la fratrie, par exemple, touchant la corde sensible de l’affectif ». « Week-end de stages LPC » Les salles de l’hôtel réservées pour l’occasion, se sont muées en ateliers diversifiés. Quelque 270 personnes venues y participer ont pu suivre des cours de base du langage parlé complété, cours approfondis des connaissances du LPC, décodage en français, initiation au décodage en anglais et allemand. Des activités telles percussions et rythmique, loisirs en intérieur et en extérieur étaient dédiées à la jeunesse bien présente, supervisée par les plus de 16 ans. Ces stages biannuels permettent aux parents de se rencontrer et de partager leurs problèmes communs liés à la malentendance. Ils permettent aussi aux enfants sourds et aux fratries de se revoir, de se sentir compris par d’autres, vivant les mêmes difficultés. Les professionnels de la surdité, quant à eux, sont sur le terrain tout en apprenant le LPC et les divers organismes et fondations, sont porte-parole pour se faire entendre, car le langage parlé complété est encore peu connu et reconnu dans notre société. Informations et inscriptions pour le stage de printemps les 5 et 6 mai 2018 : www.alpc.ch . SUIVANT PRECEDENT
- Mon Chemin de Compostelle | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Mon Chemin de Compostelle 15 juillet 2013 Publié le : Sourde depuis sa plus tendre enfance, profondément croyante, Catherine Matrod a marché jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle en mai 2012. Sa ténacité et sa foi lui ont permis de venir à bout de 3 mois de pèlerinage, dans la joie et la bonne humeur, malgré la difficulté de l’entreprise. Quand, au tréfonds de l’âme, certains appels se font sentir, il est difficile d’y résister. C’est ce qui est arrivé à Catherine Matrod. Sourde depuis l’âge de 18 mois suite à une méchante otite, cette quinquagénaire française qui vit dans la région d’Annecy, très croyante, n’a pas hésité une seconde. Un jour, alors qu’elle se rend comme à l’accoutumée à l’église, - nous sommes en novembre 2010 -, elle tombe par hasard sur une documentation précisant les détails du chemin de Compostelle. « C’était très bizarre, se souvient-elle. J’ai aussitôt ressenti un besoin, comme une voix qui me disait: vas-y, fais-le, pars, c’est bon pour toi ! Et comme en tant que chrétienne, la foi a toujours été importante pour moi… » Volontaire et décidée, notre jeune retraitée, aussi rayonnante qu’organisée, n’hésite pas. Elle s’adresse aussitôt à l'Association Rhône-Alpes des amis de Saint-Jacques. La rencontre est décisive puisque les membres de l’association lui fournissent le soutien moral et logistique indispensable à une telle entreprise. Une entreprise d’autant plus ardue que notre Savoyarde ne porte pas d’appareil auditif et lit sur les lèvres pour comprendre ce que dit son entourage. En revanche, elle est particulièrement méthodique, jusqu’à préparer à l’avance sur un petit carnet, des phrases écrites en français et en espagnol, même si, dans le pays de Cervantès, la communication a été plus facile, « tout le monde y parlant avec des gestes ». Et puis, il y a le volet physique également, car on ne s’attaque pas à… 1850 kilomètres de marche sans préparation: choix des vêtements, recours à des bâtons d’appui pour limiter les problèmes d’équilibre, entraînement intensif à la marche avec un sac de près de 10 kg, et enfin maîtrise de la signalétique qui ponctue, jusqu’à Santiago, le célèbre chemin de Compostelle. A son rythme En dépit des réticences de son vieux père, un peu inquiet devant les difficultés de l’aventure, là-voilà qui, le jeudi 3 mai 2012, fin prête, confie sa chatte de 16 ans à son entourage, ferme la porte de sa maison, et commence son pèlerinage. Les 500 premiers kilomètres, jusqu’au Puy-en-Velay, puis Conques, se déroulent avec la compagnie de membres de l’Association des amis de Saint-Jacques, qui veilleront à ce que tout se déroule harmonieusement. Le reste du pèlerinage, et jusqu’à l’arrivée, Catherine le fera seule, marchant à son rythme, ou escortée de compagnes et de compagnons rencontrés au gré des différentes étapes. Avec les paysages, d’une beauté et d’une diversité à couper le souffle, ces rencontres représentent incontestablement une des grandes richesses de ce pèlerinage unique. Marc le Québécois, Michèle la Parisienne, Corinne la Versaillaise, Isabelle Langer la Lausannoise, codeuse-interprète de profession, et bien d’autre encore, ont ainsi émaillé ces longs mois de marche assidue. Partout, l’accueil est chaleureux, et la solidarité s’exerce à plein. Portée par sa foi et son opiniâtreté, cette femme qui, toute sa vie, a fait de la résilience et de la joie de vivre une vertu cardinale, grignote chaque jour environ 25 km de son pèlerinage et chaque soir, dans un gîte différent, la célèbre assiette du pèlerin, accompagnée d’un bon vin rouge. La progression se fait régulièrement, et Catherine s’endort tous les soirs épuisée, pour se réveiller le matin, pleine d’entrain et d’enthousiasme. Difficultés Bien sûr, tout n’est pas toujours rose sur le chemin de Compostelle. Il peut arriver que l’on croise un faux pèlerin plus ou moins mal intentionné, une ou deux vipères, un chien pas très avenant, et même… que l’on chute, une mésaventure qui a valu à Catherine huit « jolis » points de suture sur le front. Et puis enfin, il y a les aléas de l’usure physique, les tendinites, les petites douleurs, et les ampoules aux pieds, même si Catherine n’en a eu qu’une seule, ayant porté la même paire de chaussures durant… les trois mois de marche. Le dimanche 5 août, c’est Santiago qui pointe enfin le bout de son nez. C’est le bout du voyage, avec un intense sentiment de joie pour Catherine qui, d’émotion, fond aussitôt en larmes. « C’était le plus beau jour de ma vie », avoue-t-elle, avec le sentiment d’avoir surmonté un extraordinaire défi et surtout d’avoir répondu à l’appel spirituel qui s’est imposé à elle. « Vous m’aidez beaucoup » Mais le pèlerinage ne se termine pas à Santiago, ni même après le retour en avion à la maison. Non, Catherine a le cœur plein de souvenirs, l’ordinateur plein d’un millier d’extraordinaires photographies, sans compter une multitude d’adresses de personnes rencontrées tout au long de ce voyage exceptionnel. Beaucoup sont même restées en contact avec elle: Isabelle Langer, la codeuse-interprète lausannoise, qui s’est gentiment prêtée à l’exercice de la traduction pour rendre cet article possible, mais aussi Marc le Québécois, qui lui a fait parvenir une magnifique missive. « Je veux juste vous dire que je vous admire pour votre courage », lui a-t-il écrit quelques semaines après la fin du pèlerinage, concluant avec gratitude: « vous m’aidez beaucoup ». Ch.A. SUIVANT PRECEDENT
- « 15 jours après mon intervention, je retrouvais 100% de mon audition!» | FoRom Ecoute
Retour au Magazine « 15 jours après mon intervention, je retrouvais 100% de mon audition!» 7 octobre 2020 Publié le : Âgée de 16 ans, née à Delémont et habitant Develier dans le canton du Jura, Eloïse Renaud a une particularité : malentendante pendant 15 ans, elle a retrouvé la plénitude de ses capacités auditives il y a un an, grâce à une intervention chirurgicale. Témoignage. A quel âge êtes-vous devenue malentendante ? Depuis ma naissance ! Et comment votre problème auditif a-t-il été découvert ? En fait, mes parents se sont rendu compte que j’avais du souci à entendre, parce que par exemple, il fallait monter le son de la télévision très fort. Du coup, le pédiatre m’a envoyée chez l’ORL qui m’a fait passer des tests de l’ouïe. Et le verdict ? Oreille droite intacte et perte auditive de 30% à l’oreille gauche. Quelle était la cause de cette perte ? Le diagnostic n'a pas été formellement identifié soit c'était une malformation soit j'ai pu avoir un choc accidentel. (Avec à la clé une probable une perte auditive de type conductive, ndlr) Avez-vous été appareillée ? Non ! On ne me l'a pas proposé car, n’ayant pas de souci à l'école, cela n’avait pas semblé nécessaire. Comment s’est déroulée votre vie d’enfant avec la déficience auditive ? Mes parents ont toujours demandé à ce que je sois bien positionnée en classe afin que je puisse entendre avec l'oreille droite, ce qui n'a d’ailleurs pas toujours été compris par les enseignants. En revanche, hors de la classe avec mes amis, c'était parfois difficile de toujours bien les comprendre car quand il y avait, par exemple du bruit dans les couloirs, je ne comprenais pas tout ce qu'ils me disaient et je leur demandais plusieurs fois de répéter. D’ailleurs, parfois quand je n'entendais pas, je répondais à ce qu'ils me disaient plus par intuition que par compréhension. Et vos résultats scolaires ? J'avais de la facilité à l'école, alors les choses se sont plutôt bien déroulées. Et dans votre famille ? Ah, dans la famille, mes parents faisaient toujours attention afin de bien parler fort et distinctement. Ils avaient aussi toujours la patience de me répéter les choses ! Il y a un peu plus d’une année, vous aviez 15 ans, vos parents décident de consulter un autre ORL… Oui, ils voulaient un deuxième avis. Et contrairement à mon premier médecin, celle-ci a souhaité agir en me proposant soit un appareillage, soit une intervention chirurgicale. Qu’avez-vous choisi ? L’intervention, même si le résultat était incertain. L’idée de porter un appareil me dérangeait et j'étais plutôt contente d'avoir une chance de bien entendre de manière définitive. Et finalement, en juin 2019, vous êtes donc opérée à Bâle… Oui, le chirurgien a remplacé un de mes osselets, et ça a marché ! Je suis sortie le lendemain de l'opération et 15 jours après, lorsque l’on m’a enlevé le pansement que j’avais à l’oreille, j’entendais : j’ai retrouvé une audition à 100% ! Cela faisait tout drôle d’entendre, tous les sons me paraissaient plus forts, et surtout ma famille a dû s'adapter à parler moins fort (rires) ! Actuellement, où en êtes-vous de vos études? Je suis au lycée de Porrentruy et je passe les examens de maturité dans 2 ans, en juin 2022 ! Et ensuite, vous aimeriez faire quoi? Je ne sais pas encore (rires). J'ai déjà pensé à vétérinaire ou diététicienne, mais l’idée de faire de longues études me fait hésiter ! Vous connaissez désormais les deux mondes, celui des entendants et celui des malentendants. Quel conseil donneriez-vous à un malentendant aujourd’hui ? En fait, je ne me suis jamais vraiment considérée comme malentendante et c'est difficile de me mettre à la place d'une personne qui, contrairement à moi, a des vraies difficultés. J’ai eu la chance de pouvoir faire cette opération, mais si je ne l'avais pas eue, la vie aurait continué et je me serais adaptée. J’ai surtout eu la chance de compter sur le soutien de mes parents, mes amis, et de mon environnement scolaire. SUIVANT PRECEDENT
- Madeleine Nicolier : d’Alexandrie à Blonay, une vie entre humour et résilience | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Madeleine Nicolier : d’Alexandrie à Blonay, une vie entre humour et résilience 15 septembre 2016 Publié le : Malentendante et implantée vers l’âge de 60 ans, Madeleine Nicolier a un parcours à son image : riche, plein d’imprévus, ouvert sur le monde et ô combien passionnant. Actrice de théâtre amateur, cette septuagénaire établie à Blonay écrit désormais des pièces de théâtre. De Miss Marple, la célèbre héroïne de romans policiers d’Agatha Christie, elle a le regard facétieux, le sens de l’humour, et surtout, un subtil regard porté sur le monde qui l’entoure. Malentendante, Madeleine Nicolier est une septuagénaire d’une jeunesse éclatante. Son élixir de Jouvence ? Une joie de vivre incontestable, une soif d’apprendre sans limites. Et son parcours, hors normes, est à l’image de son caractère. Car cette Suissesse, née d’un père Suisse-allemand et d’une mère Slovène, est d’abord une « Egyptienne de cœur », puisqu’elle est née il y a un peu plus de septante ans à Alexandrie. Alexandrie, il y a plusieurs décennies, c’était un melting-pot unique où toutes les religions et toutes les nationalités se rencontraient et cohabitaient en toute harmonie. La preuve ? Son père, envoyé là-bas en 1939 par son entreprise basée à Winterthur, y rencontre sa maman, une jeune Slovène débarquée en Egypte pour y travailler comme fille au pair chez une riche famille juive. La jeune Madeleine y est conçue et nait là-bas quelques années plus tard. Elle y passera les 12 premières années de sa vie, dans une ambiance cosmopolite unique au monde, des années où elle y apprendra « la tolérance ». Avec son père, elle parle le Suisse-allemand, avec sa maman, l’italien, tandis que le couple échange en… français. Riche de cette éducation, des années plus tard, Madeleine suivra de fait une formation de secrétaire multilingue, puisqu’elle parle l’allemand, le suisse-allemand, le français, l’italien, l’anglais… et même quelques mots d’arabe. Quitter Alexandrie… A 12 ans, Madeleine quitte parents et Alexandrie pour arriver dans la région de Zurich : nous somme en 1957, et après la crise de Suez, nombre d’Européens quittent l’Egypte. Résultat : les écoles se vident et l’enseignement doit se poursuivre ailleurs. « C’était un déchirement de quitter Alexandrie, se souvient cette Européenne cosmopolite et ouverte sur le monde. Une ville internationale où l’on parlait le français, avec le soleil, la mer et des rapports humains d’une chaleur exceptionnelle. Je sais que j’ai vécu quelque chose d’extraordinaire là-bas ! » Après Zurich, Madeleine Nicolier suit sa formation professionnelle de secrétaire à Neuchâtel, puis s’installe avec son mari dans la Riviera vaudoise. Ses deux enfants y naîtront et elle mène une vie plus ordinaire de mère au foyer. Sauf qu’en elle, sommeille l’esprit d’une pionnière. Rester inactive n’est pas dans l’esprit de cette femme pragmatique et progressiste, décidée à agir lorsque la situation l’exige. Elle œuvre comme bénévole dans un grand nombre d’associations, et elle est même à l’origine de la fondation du premier service d’accueil pour écoliers de Montreux. « A l’époque, il n’y avait rien pour les enfants. Mais cela n’a pas été évident pour autant. Beaucoup de gens mettaient le pied au mur et on m’a même dit que j’allais favoriser les divorces ! » sourit-elle encore aujourd’hui. Madeleine vit donc sa vie de maman active, lorsqu’à l’âge de 48 ans, alors que rien ne les laissait présager, surviennent les premiers signes de déficience auditive. Et puis peu à peu, par paliers progressifs, la surdité, vraisemblablement d’origine génétique, s’aggrave. « Au départ, comme toute personne qui a un handicap, on est un peu largué. Et puis, à un moment, je me suis dit que je n’avais que deux options : soit me laisser couler, soit m’en sortir. C’est là que j’ai passé l’étape la plus importante : accepter mon handicap pour avancer ». Hélas, ce n’est pas fini. Un soir, alors qu’elle reçoit des amis à dîner, son ouïe disparaît d’un coup, comme si « l’on appuyait sur un bouton pour éteindre ». « Heureusement que j’avais déjà suivi des cours de lecture labiale, raconte Madeleine Nicolier. J’ai même pu continuer la soirée sans que mes amis ne se rendent compte de rien » . Seulement voilà : désormais, à près de 55 ans, Madeleine est totalement sourde, malgré ses appareils auditifs. Comme à l’accoutumée, elle s’adapte, recourt systématiquement à la lecture labiale et surtout aux avantages des nouvelles technologies, sms et internet, qui lui permettent de ne pas sombrer dans le repli et l’isolement. Mieux encore, elle éprouve une sorte de soulagement : « le jour où je suis devenue sourde, j’ai poussé un grand ouf : je n’avais plus besoin de faire semblant d’entendre, ma peur de ne pas comprendre les autres avait complètement disparu et je me suis plongée dans cet océan de tranquillité ! » Implant cochléaire Et puis, il y a une douzaine d’années, sur recommandation de son ORL, elle consulte au CURIC, le Centre universitaire romand d’implants cochléaires, et se fait implanter dans la foulée. « C’est formidable, se réjouit-elle encore : désormais, je considère que je ne suis plus sourde. Grâce à l’implant, j’ai pu de nouveau mener des conversations, passer des téléphones sans souci, reprendre une vie normale, en quelque sorte. Cela m’a sauvée la vie ! » Décidément pleine d’imprévus, la vie de Madeleine a pris en outre un autre cours : non seulement elle travaille à temps partiel dans un kiosque, histoire d’assouvir sa soif de contacts humains et de mettre à profit ses talents linguistiques, mais elle déménage à Blonay. Dans ce petit bourg, pour elle, tout est à refaire en matière de contacts humains. Alors un jour, lorsqu’elle découvre dans sa boîte aux lettres un flyer d’un groupe de théâtre amateur cherchant des acteurs, elle n’hésite pas un instant, y voyant là le meilleur moyen de s’intégrer dans son nouveau village. « J’avais un peu peur que mes problèmes auditifs me posent des soucis, raconte-t-elle. Mais cela s’est très bien passé, j’ai été bien acceptée et j’y ai rencontré des gens formidables, ce qui m’a permis de me ressourcer, y compris auprès des plus jeunes ». Seulement voilà : la vie est faite de deuils successifs, et Madeleine doit peu à peu renoncer au plaisir de monter sur les planches. En raison de la surdité ou de l’âge, elle a de plus en plus de mal à mémoriser ses textes. Alors, qu’à cela ne tienne, elle fait ce qu’elle a toujours fait : elle s’adapte. Au lieu de jouer, elle va… écrire des pièces de théâtre. « On parlait beaucoup à l’époque des personnes âgées qui se faisaient gruger par des soi-disant neveux. Cela m’avait beaucoup interpellée, et en étudiant la question, j’ai eu l’idée d’écrire une pièce pour sensibiliser les personnes. C’est comme cela que ma pièce intitulée « Le neveu d’Australie » est née !» Quelques temps plus tard, décidément inspirée, Madeleine Nicolier dont l’imagination fertile ne faiblit pas, écrit sa deuxième pièce intitulée « Paprika Canelle » une pièce « aigre-douce » en forme de message d’espoir et consacrée à la vie en EMS, également jouée à Blonay. Et ce n’est pas fini : notre écrivaine en herbe, toujours à l’écoute de ce qui l’entoure et des changements de la société contemporaine, est actuellement en train de rédiger une troisième pièce intitulée « seniorsamor.com », consacrée… aux sites de rencontres pour personnes du 3ème âge. Et cette septuagénaire pétillante de conclure avec son inimitable sens de l’humour : « J’ai la grande chance d’être quelqu’un d’optimiste et je n’ai pas peur de mourir. Quelqu’un n’a-t-il pas dit que quand on est sourd, on n’entend pas la mort venir ? » SUIVANT PRECEDENT
- Vaud : Bâtir pour les personnes handicapées | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Vaud : Bâtir pour les personnes handicapées 15 juillet 2011 Publié le : Intervenant sur l’ensemble du canton de Vaud pour promouvoir et contrôler l’accessibilité des bâtiments publics et privés, l’Association Vaudoise pour la Construction Adaptée aux Handicapés (AVACAH) affiche un bilan impressionnant, avec d’innombrables oppositions et contrôles de mises à l’enquête. Principal enjeu pour les malentendants: l’installation de boucles magnétiques dans les édifices destinés au grand public. Fondée en 1991 par la volonté de diverses associations cantonales (Clubs en fauteuil roulant, Pro Infirmis, Pro Senectute, etc.), l’AVACAH s’était d’emblée fixé pour objectif ambitieux de suppléer aux défaillances de la défunte Commission des barrières architecturales, qui ne parvenait pas à imposer la mise en place des normes prévues par la loi en faveur des personnes handicapées. L’objectif de l’AVACAH est donc de permettre aux personnes atteintes de handicaps physiques ou sensoriels d’accéder aux lieux publics, de fréquenter les espaces de vie sociale et culturelle, d’utiliser librement les transports en commun, voire même d’accéder au marché du travail. Conformité « L’idée était de mieux peser sur les pouvoirs publics, en engageant un professionnel capable de contrôler les mises à l’enquête et de vérifier la conformité des installations avec la loi », explique Jean-Michel Péclard, délégué technique à l’AVACAH. Vingt ans après sa création, l’association compte désormais quatre salariés à temps partiel, l’équivalent d’un poste de travail et demi, et affiche un bilan impressionnant: près de 10'000 enquêtes de constructions contrôlées, 5000 oppositions, plus d’un million et demi de kilomètre parcourus, ainsi que d’innombrables heures de conseils techniques assurés par téléphone. « Au début, se souvient Jean-Michel Péclard, les architectes eux-mêmes élaboraient des projets sans tenir compte des normes légales. Il a fallu frapper fort et introduire une trentaine de recours au tribunal administratif ». Avec une limite: l’AVACAH ne disposant pas du droit de recours, elle ne peut, encore aujourd’hui, les intenter que par le biais du Centre suisse pour la construction adaptée aux handicapés, seule instance reconnue sur le plan fédéral. Boucles magnétiques « C’est d’autant plus paradoxal, relève avec humour l’architecte Emmanuel de Tscharner, qui préside l’AVACAH depuis une dizaine d’années, que l’on doit recourir contre des décisions qui ne respectent pas la loi, alors que la norme serait tout de même l’inverse ! En fait, le vrai défi serait que l’on n’ait plus à se battre pour faire respecter des normes fixées par la loi ! » Deuxième paradoxe: les institutions publiques tendent elles-mêmes à ne pas respecter la loi. « Depuis 1975, illustre Jean-Michel Péclard, il existe une loi sur les constructions scolaires qui leur impose une adaptation pour les personnes à mobilité réduite. Pourtant, beaucoup de parents viennent vers nous pour nous dire: mon enfant handicapé doit être scolarisé, mais la commune peine à financer les aménagements, jugés trop coûteux ! Il faut néanmoins admettre qu’aujourd’hui, les choses évoluent de mieux en mieux ! » Pour les personnes souffrant de déficience auditive, l’enjeu se situe évidemment au niveau de l’installation des boucles magnétiques dans les lieux publics. « La législation est claire, explique Simone Jeannet, membre du comité de l’AVACAH et présidente de l’Association des malentendants de la Côte (AMALCO). Toute construction à destination du grand public dont la surface excède les 80 m2 doit être pourvue de boucles magnétiques. C’est ainsi qu’au cours de leurs inspections, les délégués de l’AVACAH vérifient que les boucles sont bien prévues dans les nouvelles constructions. Pour ma part, il m’arrive parfois de me déplacer sur un chantier avec une boucle magnétique portable pour vérifier que tout fonctionne ! » Financement Essentiellement subventionnée par l’Office fédéral des Assurances sociales (OFAS) via le Centre suisse pour la construction adaptée aux handicapés, l’AVACAH, forte d’une centaine de membres individuels et d’une trentaine de membres collectifs, dont forom écoute, souffre d’un problème chronique de financement. « Notre budget est aujourd’hui déficitaire et nous sommes obligés de puiser dans les réserves, annonce son président Emmanuel de Tscharner. Pourtant, il est clair que nous assumons une action d’utilité publique, dont l’ensemble de la collectivité bénéficie. Ceci d’autant qu’au rythme du vieillissement de la société, les personnes âgées vont représenter la majorité de notre société et le nombre d’handicapés physiques ou sensoriels va se multiplier ! » Rens. www.avacah.ch ChA SUIVANT PRECEDENT
- Marie-Lise Richard : «Bienheureux, mon handicap!» | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Marie-Lise Richard : «Bienheureux, mon handicap!» 1 avril 2021 Publié le : Toute sa vie, Marie-Lise Richard l’a consacrée au service des autres. Mais pour cette Genevoise, malentendante sévère de naissance et aujourd’hui âgée de 80 ans, le chemin a été bien long pour arriver, enfin, à exercer le métier de ses rêves : infirmière. Récit d’un parcours hors norme fait de volonté, de foi et de travail acharné. Une incroyable volonté et une foi inébranlable. C’est sur ces deux piliers que Marie-Lise Richard, née il y a près de 80 ans, a fondé toute sa vie. Une vie qui a démarré à Genève, au sein d’une famille modeste mais très aimante. Née prématurée de six mois, la petite Marie-Lise est très malentendante, quasi-sourde de ses deux oreilles. Évidemment son handicap passe d’abord inaperçu, faisant face au scepticisme des médecins et d’une responsable qui s’occupait d’elle au jardin d’enfant. Devant l’évidence, ses parents l’inscrivent à la célèbre Ecole de Montbrillant, consacrée aux « sourds-muets » comme on le disait à l’époque. C’est là qu’avec l’aide bienveillante de la fondatrice de l’école Melle Graf, elle apprend à parler, et surtout à lire sur les lèvres, une aptitude qui lui sera utile toute au long de sa vie. Si ses progrès en termes de capacité à communiquer sont indéniables et considérables, ses parents s’inquiètent en revanche de la faiblesse des autres connaissances acquises. « Et pour cause, tout notre temps était consacré à apprendre à parler, se souvient-elle. Il ne restait pas beaucoup de possibilités pour apprendre autre chose ». Tâtonnements Faisant fi des jugements défavorables, ses parents prennent alors la décision de l’inscrire dans une école privée, l’Externat Sainte-Marie où ne sont scolarisés que des enfants entendants. Malgré l’antique appareil à cordon dont elle est équipée, malgré l’aide de la lecture labiale, son apprentissage est très ardu avec des résultats très décevants : « J’avais beaucoup à rattraper, en grammaire, en mathématiques. C’était très difficile, mais cela a eu un très grand mérite : m’ancrer dans le monde des entendants ». A l’âge de 16 ans, ses parents la placent alors à l’Ecole des Beaux-Arts, aux Emaux de Genève, qu’elle finit en dépit de sa fibre artistique, par arrêter au bout de 3 années, faute de perspectives professionnelles. Et puis il faut le dire clairement, son cœur bat en réalité pour autre chose, pour le monde du soin, elle qui en son for intérieur rêve d’exercer une profession dans le médical ou le paramédical. Elle commence alors à frapper à toutes les portes des écoles d’infirmières, pédicures etc. Invariablement toujours la même réponse. Non à cause de votre surdité et du fait que vous ne détenez pas la maturité. Ses parents lui décrochent alors une place en apprentissage en photographie industrielle, non sans suivre en parallèle, un cours de Samaritain. Sauf qu’un jour, sa mère découvre une lettre dans laquelle elle avouait ne pas aimer la photographie. Très à l’écoute, elle fait alors tout pour inscrire sa fille à Lausanne, dans une formation d’infirmière-assistante. A force de travail, de volonté et de passion, elle en sort diplômée cette fois et classée première : « C’était une première victoire, sourit-elle encore aujourd’hui en y pensant. J’étais tellement heureuse d’avoir réussi cette formation et tout cela grâce à la lecture labiale ». Infirmière, enfin ! Elle travaille ensuite à Yverdon dans un Hôpital spécialisé dans les maladies chroniques, puis au bout de deux ans dans la célèbre clinique de Bois-Cerf, qui gère également une école d’infirmière. Persévérante, la jeune Marie-Lise approche de son but, mais n’y est pas encore. Et comme souvent dans sa vie, c’est une rencontre qui décidera de la suite de son destin : car l’infirmière-chef ainsi deux patients influents dont elle s’est occupée en tant qu’infirmière-assistante intercèdent auprès de la directrice de l’école pour qu’elle y soit admise en formation. Malgré un examen d’entrée aux résultats décevants, faute d’une culture générale dont elle ne disposait pas encore, malgré l’opposition farouche de la Croix-rouge, elle finit par y être admise en 1967, à l’essai pour les six mois. Mais la magie opère. Marie-Lise est cette fois totalement dans son élément et réussit brillamment ses premiers examens, classée 1ère sur 25 élèves. En 1969 la voici donc officiellement infirmière diplômée. « Quand on veut, on peut, et avec la grâce de Dieu, on peut » commente aujourd’hui celle qui attribue sa réussite à une foi sans faille et à la magie de rencontres qui à chaque fois lui ont permis de se frayer un chemin vers son objectif. Sa première expérience à l’hôpital cantonal de Genève en raison des veilles, et des difficultés liées à sa surdité. « Je passais mes nuits à faire les 100 pas dans les couloirs pour voir les alarmes lumineuses, alors même que les chambres communes étaient dénuées d’éclairage. » Elle décide alors de démissionner et de refuser des postes de nuits en soins intensifs et aux urgences à cause, déjà, des masques chirurgicaux. C’est là encore qu’un malade qui lui propose de participer à la construction et la mise en route du futur foyer Saint-Paul pour personnes âgées. Elle se forme et occupe le poste de sous-directrice et d’animations. Foi chrétienne Mais une fois de plus, sa bonne étoile veille sur elle. Sur les conseils de sa famille, elle postule à un poste d’animatrice au Service social de la Ville de Genève. Et non seulement elle y est engagée, mais, sur la foi de ses diplômes, en tant… qu’infirmière-responsable au centre médical du Seujet, un quartier au cœur de Genève. Cette fois, ça y est : Marie-Lise occupe la fonction qui lui convient pleinement, et elle y restera 27 ans, jusqu’à sa retraite. « La surdité est un handicap de la communication et j’ai choisi une profession d’écoute, ce qui me demandait une attention constante, se souvient-elle. Comme je profitais pleinement de mes heures de repos car j’étais épuisée, j’ai été coupée de toute vie sociale. Durant mes 18 dernières années de travail j’ai obtenu de pouvoir réduire mon taux de travail à 90% » Pourtant, cela n’empêche pas cette curieuse de nature de suivre de nombreuses formations en médecines parallèles, mais également durant 3 années, de diriger l’Association Genevoise des Malentendants au service de laquelle elle mettra son énergie, son entregent et sa créativité. Son exceptionnelle réussite, au-delà d’une pugnacité qu’elle attribue à « sa foi et sa spiritualité chrétiennes », cette belle nature qui n’a jamais souhaité fonder de famille pour se consacrer aux autres reconnaît la devoir à des « parents formidables » mais aussi à la chance « d’avoir rencontré les personnes qu’il fallait au moment où il le fallait ». Mais elle va même plus loin : « J’ai 80 ans et je ne regrette rien, je suis pleine de reconnaissance et c’est bien ce qui est apaisant. Bienheureux finalement ce handicap, car si je ne l’avais pas eu, je ne sais pas si j’aurais fait tout ce chemin ». SUIVANT PRECEDENT
- Journée à thème 2019 : inclusion sous toutes ses formes | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Journée à thème 2019 : inclusion sous toutes ses formes 31 juillet 2019 Publié le : Dans le cadre de sa 19ème Journée à thème, forom écoute a accueilli quelque 122 participants venus de toute la Suisse romande écouter et échanger sur l’inclusion. Lors de cette journée, la fondation romande des malentendants a proposé aux participants de se réunir une fois encore au Musée Olympique de Lausanne. L’inclusion sous toutes ses formes a été largement analysée à travers les conférences, le débat public et les discussions, vu son importance dans la société et son influence positive tant dans le domaine social, professionnel, et culturel que privé. Si l’inclusion interpelle et génère une grande mobilisation à travers le monde, chacun devrait en effet pouvoir inclure, s’inclure et être inclus dans le respect des droits fondamentaux. A l’échelle romande, forom écoute est l’«oreille » et le porte-parole des malentendants. Son objectif : éviter de s’isoler de la vie sociale et professionnelle et subir des conséquences psychologiques et physiques importantes. Prévention, information, magazine gratuit en ligne « aux écoutes », conseils, promotion des boucles magnétiques dans les lieux publics, enseignement de la lecture labiale, constituent l’inclusion et permettent de promouvoir l’accessibilité, ainsi que de sensibiliser l’opinion publique. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) chiffre à 466 millions les personnes dans le monde subissant une déficience auditive handicapante, dont 34 millions d’enfants. Un chiffre effrayant. Afin d’anticiper les graves conséquences de la malentendance, spécialistes, professionnels et public ont pu débattre sur ce sujet le 15 juin dernier. Une brochette de conférenciers a mené la discussion, chacun dans son domaine de prédilection. Ainsi, Florence Nater, Présidente de Forum Handicap Neuchâtel, directrice de CORAASP,Coordination romande des associations d'action en santé psychique, députée socialiste au Grand Conseil neuchâtelois a évoqué l’émergence de processus de mesures inclusives dès la petite enfance. « En effet, c’est en mettant les moyens de l’inclusion depuis le plus jeune âge qu’on se donne la possibilité de faire d’un handicap non plus une question d’inclusion, mais une logique d’inclusion », a-t-elle souligné. Emploi Pour Florence Nater, – ce que nous apprenons dès l’enfance se vit ensuite de façon beaucoup plus naturelle tout au long de la vie. Les mesures que nous prenons aujourd’hui ou qui sont encore à prendre, telles que pour développer l’accueil des enfants à besoins spécifiques dans les structures d’accueil extra-familial, ou pour renforcer la formation des enseignants à certaines réalités spécifiques du handicap prises rapidement, seront favorables tout d’abord aux personnes directement concernées. Un enfant malentendant qui aura pu intégrer une structure d’accueil extra-familiale s’intégrera plus naturellement à l’école, dans une place d’apprentissage, dans une formation tertiaire ou académique. Ces mesures seront aussi favorables à la société elle-même. Parce que si l’on intègre dès la petite enfance la différence et la diversité, ce sera plus facile de considérer parfaitement normal d’avoir comme apprenti, collègue de travail, employé, ou supérieur hiérarchique une personne malentendante par exemple. Forum Handicap Neuchâtel est une association cantonale fédérant des associations et institutions actives dans le domaine du handicap et elle a décidé de lancer une motion populaire à Neuchâtel. Déposée en décembre 2014, celle-ci demandait au Grand Conseil « d’enjoindre le Conseil d’État de lui adresser un rapport à l'appui d'un projet de loi concernant la mise en œuvre de l'égalité pour les personnes avec handicap et à mobilité réduite » et « se doter d'un plan d'action visant à promouvoir dans les faits l'égalité, la participation et l'autonomie des personnes en situation de handicap et à mobilité réduite ». Après divers aléas, le Conseil d’Etat, par la voix de l’un de ses services, a constitué un groupe de travail, composé de représentants des différents types de handicap pour construire ensemble le projet de loi « Loi sur l’inclusion des personnes vivant avec un handicap » et pour définir ensemble les priorités du plan d’actions. Ce groupe se réunit activement depuis l’automne 2018 et est à bout touchant du projet de loi et du rapport, lesquels devront ensuite remonter au Conseil d’Etat puis au Grand Conseil avec une bonne probabilité que ce dossier puisse arriver au Parlement à la fin de l’année 2019 encore et un espoir que ce projet soit accepté. Le handicap est une compétence Pour le conférencier Marco Ecclesia venu témoigner sur l’emploi et rebondir sur le discours de Florence Nater, le handicap est une compétence. Bardé de diplômes, notamment en économie et en psychologie, son parcours professionnel a pourtant été difficile. « J’ai postulé pour un nombre inimaginable de postes vacants, de la manutention à un niveau de cadre. J’ai essuyé de nombreux revers. Diplômé ou non, on jugeait davantage mon handicap ». Il s’est donc penché de près sur cette problématique et a réalisé des analyses. Marco avait déjà donné une série de conférences portant sur l’aide psychologique, le renforcement mental, l’intégration et l’autonomie pour arriver à cet état de fait : « au moment où une personne accepte son handicap, elle dispose d’un savoir-faire. Les associations et fondations engagent prioritairement des personnes ayant vécu avec un handicap et grâce à l’évolution de la recherche, des métiers et au gain de son statut, les entreprises pourront voir leur pouvoir d’achat augmenter ». Et de préciser encore : « nous vivons dans un monde socio-économique et fonctionner dans l’économie est une réalité à accepter pour pouvoir gagner sa vie… ». Gagner sa vie, c’est atteindre l’égalité. Le handicap pourra devenir une compétence dans les entreprises car certaines voudront « cibler » les personnes en situation de handicap et elles les engageront pour leurs compétences. Culture Tout aussi conséquents, les impacts positifs de la culture accessible pour tous jouent un rôle éducatif, social et récréatif. Ainsi, Pro Infirmis relève que la Suisse fédéraliste et individualiste manque de politique cantonale, régionale ou nationale d’accessibilité. Il existe peu d’accès aux bâtiments, aux œuvres et aux contenus ; les lieux culturels ont peur du handicap et entretiennent peu de liens avec les réseaux concernés. Les personnes avec un handicap sont « oubliées » et ne se sentent pas invitées ; elle se rendent donc peu au musée, au théâtre, aux concerts et sont donc souvent invisibles. Un constat navrant. Pour Nicole Grieve, responsable du Service Culture inclusive de Pro Infirmis pour la Suisse romande, « les obstacles socioculturels s’ajoutent aux autres obstacles. Les personnes qui n’ont pas été sensibilisées à l’art et à la culture par leur famille n’ont souvent pas de lien spontané. Et les fausses conclusions des institutions culturelles se traduisent par « l’inclusion culturelle concerne peu de personnes ou l’inclusion culturelle coûte cher ». Que nenni ! La Suisse compte 1,8 millions de personnes en situation de handicap, dont 26% avec une incapacité forte. Si 5% sont intéressées par la culture, cela fait 90’000 « clients » potentiels. Une incapacité est durable ou ponctuelle, comme par exemple une jambe cassée ; visible ou invisible, comme par exemple une dépression. L’inclusion est, elle, bonne à prendre. « Une institution culturelle accessible, conviviale, qui accueille et fidélise des visiteurs en situation de handicap, est inclusive pour de nombreux autres groupes : familles, personnes qui ne maîtrisent pas les jargons culturels ou qui aiment les offres faisant appel aux sens, etc. Une personne ne se réduit pas à son handicap ; elle a des intérêts et l’envie de vivre comme elle le veut. Elle a des proches, des amis, donc un réseau qui viendra avec elle au théâtre, au musée, etc. ». La population suisse vieillit et les incapacités augmentent et se combinent ; l’inclusion culturelle est aussi un enjeu de marketing. Pour toutes ces raisons, Pro Infirmis a créé le label « Culture inclusive » en 2014. Ceci pour les institutions culturelles de tous les domaines culturels et des cantons. Le label de processus est donné au début d’une période de quatre ans. Les institutions développent des mesures dans cinq champs d’activités ; des mesures inclusives et co-construites avec des partenaires du handicap, des mesures inscrites dans une convention, sans flux financier. Le Service Culture inclusive conseille, met en lien, évalue et promeut 59 porteurs de label à ce jour, dont 9 francophones et 2 italophones. « Pro Infirmis aimerait également collaborer avec forom écoute pour aider à mettre en place la boucle magnétique dans les théâtres et former le personnel ». Encore méconnue, la boucle magnétique est un excellent moyen d’inclusion. La lecture labiale Enseignante en lecture labiale, secrétaire auprès de l’association suisse pour les Langues Parlées Complétées, ALPC et malentendante, Anoucha Betti est venue témoigner sur son parcours de vie, la manière dont elle vit l’inclusion et sur l’enseignement de la lecture labiale. Les participants ont eu tout loisir de découvrir un film réalisé par forom écoute sur cette pratique et sur ses bienfaits. La table ronde Après un repas gustatif, l’après-midi s’est déroulée autour de la table ronde, avec laquelle le public pouvait interagir. Les orateurs du matin étaient accompagnés par Julia Schaad et Fred Schreyer, responsables de projet de l’Association Cédille. Ces derniers ont évoqué la création du site culture-accessible.ch , un outil performant dédié à la promotion des événements culturels genevois accessibles au public en situation de handicap, et au recensement et conditions d’accessibilité des lieux. Également invitée, une des collaboratrices audioprothésiste de l’entreprise Neolife, Paula Aeschmann, a rappelé l’importance du service auditif à domicile. Un outil qui permet à tout malentendant d’avoir accès à l’appareillage et d’éviter au possible l’exclusion. Du côté du public, de nombreuses mains se sont levées pour à la fois poser des questions pertinentes et s’exprimer sur des expériences personnelles ou des questionnements. La fondation a encouragé une fois de plus les participants à réagir et à continuer de se « battre » pour leurs droits. Cette journée a pu se dérouler dans d’excellentes conditions grâce à aux collaborateurs de forom écoute, du Musée Olympique, du technicien, de la retranscription à distance par le Messageur, des interprètes en LSF et LPC et de la médiatrice du jour. Gageons que la prochaine édition, qui se déroulera le 6 juin 2020 au Musée Olympique, et qui fêtera son vingtième anniversaire, proposera une brochette de sujets importants pour faire évoluer les conditions de vie et d’inclusion des personnes malentendantes. La retranscription écrite intégrale est à découvrir sur : https://ecoute.ch/2019/06/20/retranscription-de-la-journee-a-theme/ Copyright Jean-Pierre Lehmann SUIVANT PRECEDENT
- Tests auditifs itinérants | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Tests auditifs itinérants 9 juillet 2018 Publié le : Drôles d’escapades que celles de Marie-Aurore Smeyers, qui trace les routes pour réaliser des tests auditifs d’appareillage et nettoyages d’appareils à domicile. Un concept innovant en Suisse romande. Audioprothésiste diplômée, Marie-Aurore Smeyers a fondé NeoLife en février 2015. Une de ses assistantes et elle sillonnent individuellement les routes de Suisse romande en voiture, afin de rendre visite aux personnes malentendantes, faire passer des tests auditifs, appareiller, ainsi que nettoyer et entretenir leurs appareils. Dans la petite entreprise, dont le siège social est implanté à Morges, une audioprothésiste assistante complète la fine équipe. «Je peux me permettre de travailler hors des sentiers battus et d’organiser mon emploi du temps comme je le souhaite. Avec ma petite valise qui renferme tout le matériel nécessaire, j’entreprends des échappées belles plusieurs fois par semaine. Mon travail me procure un réel plaisir et une grande satisfaction, il est ponctué de rencontres et partages enrichissants, d’écoute, de bienveillance, de soins et de découvertes de lieux magnifiques qui constituent mon quotidien», s’enthousiasme-t-elle. «Entendre tout simplement» NeoLife est à l’écoute et appréhende les problèmes journaliers de personnes malentendantes. Les ORL de la région encouragent leurs patients à se tourner vers ce service exclusif à domicile, les retours sont très positifs et les demandes croissantes, notamment grâce au bouche à oreille. Après une prise de rendez-vous individuel, une des conseillères se déplace pour réaliser le contrôle auditif et le nettoyage régulier de l’équipement, à raison de deux ou trois fois par année, et pour répondre aux éventuelles questions en suspens. « Il y a un aspect très rassurant pour le patient et a contrario d’un passage éclair dans un magasin où il faut faire vite, nous prenons tout le temps nécessaire et évitons ainsi aux personnes souvent âgées de devoir se déplacer », détaille Marie-Aurore Smeyers, originaire de Belgique où elle a grandi, et pays dans lequel existait ce type de services auparavant. En route Lors d’une escapade dans le Gros-de-Vaud, la fondatrice de NeoLife rend visite à un couple charmant et accueillant. Décontractés autour de la table du salon, dans lequel les conditions sonores atteignent moins de 30db, les intervenants peuvent démarrer le nettoyage de l’appareil et les tests auditifs. « La désertification des campagnes engendre un manque réel de prestations et de services dans les villages. L’offre de NeoLife est vraiment bienvenue », explique Monsieur Curchod, avant de se concentrer pour répéter les mots qu’il perçoit dans le casque relié à l’audiomètre portable. Madame Curchod en profite pour réaliser son premier test. «Je sens que mon ouïe baisse et j’avoue que si je devais me déplacer pour en effectuer un, je n’irais pas. Le fait que NeoLife vienne ponctuellement voir mon mari m’a mis la puce à l’oreille et encouragée à faire le premier pas. Les résultats sont parlants et il ne sert à rien d’être dans le déni. Je profiterai de la prochaine escapade de NeoLife pour me faire poser un appareil», détaille-t-elle. Tests, un, deux... Lors des analyses informatisées en direct, les chiffres et les pourcentages d’audition s’affichent en un clic, puis sont transmis à l’ORL. Si la déficience atteint 25%, le port d’un appareil est conseillé. Les patients peuvent en tester gratuitement et sans engagement. « Si j’estime que la situation est urgente, je contacte moi-même l’ORL », précise l’audioprothésiste. L’empreinte de l’oreille est scannée et envoyée au laboratoire du prothésiste. Dans 85% des cas, on utilise des dômes silicone. « Mon rôle consiste à identifier un éventuel problème et à envoyer les patients vers l’ORL, qui va contrôler à son tour, vérifier qu’il n’y ait pas d’autres problèmes et prescrire l’appareillage si besoin », ajoute encore Marie-Aurore. A l’achat de l’appareil, le prix inclut les consultations de NeoLife, exceptés les piles, les filtres et les produits de nettoyage. Un contrôle minutieux sur l’état et le stock est réalisé lors de chaque rencontre. « Nous créons une relation de confiance et de proximité; les patients comme moi sommes gagnants à travers cette prestation et si je devais retourner travailler en magasin, ce serait réellement très difficile pour moi », conclut-elle. Processus des tests auditifs à découvrir en vidéo sur : www.neolife.ch SUIVANT PRECEDENT
- Passage à l’âge de l’AVS : Comment garantir ses droits acquis | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Passage à l’âge de l’AVS : Comment garantir ses droits acquis 15 novembre 2010 Publié le : La loi suisse garantit à tout malentendant équipé d’un appareil auditif dans le cadre des moyens auxiliaires de l’AI, le maintien des prestations lorsqu’il passe à l’âge AVS. C’est ce qu’on appelle les droits acquis. Mais ces droits doivent impérativement être accordés avant l’entrée à l’âge de l’AVS, faute de quoi la personne malentendante devra passer à la caisse. Certaines mésaventures peuvent occasionner bien des désagréments. Pour Philippe* âgé de 66 ans et malentendant depuis plusieurs décennies, le passage à l’âge AVS aurait pu revêtir un goût amer. Préposé au guichet à la Poste, il est parvenu sans difficultés à poursuivre son activité professionnelle grâce à un appareil auditif de niveau 3 (lire encadré), financé en 1992 par l’AI dans le cadre des moyens auxiliaires. Seulement voilà, l’âge de la retraite a sonné l’heure des déconvenues, puisque suite à une recommandation de l’expert ORL, il se retrouve avec un nouvel appareil, classé de niveau 2, soit un dispositif nettement moins performant que celui dont il disposait durant son activité professionnelle. Heureusement, après quelques mois et suite à l’intervention du conseiller juridique de son association professionnelle, Philippe a pu être rétabli dans ses droits et bénéficier d’un équipement du même niveau que celui qu’il utilisait auparavant. Loin d’être isolé, le cas de Philippe illustre une problématique à laquelle sont confrontés de nombreux malentendants au moment de leur passage à la retraite: comment continuer à faire financer par l’Assurance Invalidité un appareillage de même qualité et de même niveau que celui dont ils disposaient en âge AI ? C’est la fameuse question du niveau d’adaptation audio-prothétique en droits acquis AVS/AI. Dispositions claires Pourtant, les dispositions législatives sont explicites puisque l’article 4 de l’OMAV (Ordonnance du 28 août 1978 concernant la remise de moyens auxiliaires par l'assurance-vieillesse) précise sans ambiguïté: « les bénéficiaires d’une rente de vieillesse domiciliés en Suisse qui bénéficient de moyens auxiliaires ou de contributions aux frais au sens des art.21 et 21 bis de la loi fédérale du 19 juin 1959 sur l’assurance-invalidité au moment où ils peuvent prétendre à une rente AVS, continuent d’avoir droit à ces prestations dans la même mesure, tant que les conditions qui présidaient à leur octroi sont remplies (…) » . De fait, il est clair qu’une personne malentendante bénéficiant de moyens auxiliaires AVANT son entrée à l’âge de l’AVS doit bénéficier au moins du même appareillage que celui dont elle disposait avant sa retraite, pour autant qu’elle en ait encore besoin. « Il ne s’agit en aucun cas de réduire ou de modifier les prestations dès lors que la personne est passée à l’AVS. Si une personne malentendante dispose d’un dossier à l’AI avant l’âge de ses 65 ans, la préservation de ses droits est valable d’office, explique Christian Valenzano, gestionnaire spécialisé dans les moyens auxiliaires AVS et droits acquis à l’Office AI du canton de Vaud. Une fois qu’elle passe à l’AVS, elle aura droit au même matériel et quand on devra remplacer celui-ci, on ressortira son dossier et les droits sont acquis d’office.» Restriction Seule restriction, quand l’assuré n’a plus besoin de son appareillage, lorsque par exemple, pour une raison ou une autre, sa déficience auditive évolue vers une surdité totale qui rendrait… tout appareillage inutile. « Les éléments qui amèneraient une modification des prestations sont en fait liés à l’évolution du handicap, confirme Christian Valenzano. Par exemple, l’adaptation d’une oreille qui a évolué vers la surdité absolue est contre indiquée car elle ne sert à rien. En revanche, lorsque l’appareil devient inutilisable ou lorsque le handicap s’aggrave, l’assuré a droit au moins au même appareil. Et s’il venait à avoir besoin d’un second appareil pour l’autre oreille, l’AI assure le droit acquis pour les deux côtés. » En théorie donc, aucune inquiétude à avoir lorsque l’on passe à l’âge AVS, puisque le droit garantit à tout assuré de bénéficier du même appareillage que celui dont il disposait en âge AI, ou même d’un appareillage plus performant si son handicap avait tendance à s’aggraver. La situation est tout autre en revanche, si une personne malentendante nécessitait de s’appareiller après l’âge de son entrée à l’AVS. Dans ce cas, il ne saurait être question de faire appel aux droits acquis et le rentier AVS bénéficiera de prestations très nettement moins avantageuses que celles dont il aurait disposé s’il avait été équipé avant son passage à la retraite. Car l’AVS n’apporte un soutien financier que pour l’appareillage d’un seul côté, et encore, à hauteur de 75% seulement (Article 2, alinéa 2 de l’OMAV). « L’explication est simple, avance Christian Valenzano. Contrairement à l’AI, l’AVS n’a pas pour vocation de réinsérer les personnes dans le milieu professionnel. L’assuré devra financer de sa poche 25% du prix de l’appareil qu’il va recevoir. En revanche, il en sera propriétaire, contrairement à ceux qui bénéficient du droit acquis, à qui l’AI ne fait que prêter le matériel audio-prothétique ! » Démarches précoces Résultat: il est indispensable, si quelqu’un soupçonne une perte de son acuité auditive, d’entamer les démarches pour se faire appareiller avant l’âge de sa retraite. Faute de quoi, il sera dans l’obligation de financer lui-même une part plus ou moins importante de son appareillage, lorsque celui-ci sera devenu incontournable. « Effectivement, il est plus facile pour le long terme d’avoir déjà eu ses premiers appareils avant l’âge de l’AVS, constate Daniel Hadorn, avocat à la Fédération suisse des sourds. Même si l’AI se prononce sur la base des données médicales de la personne malentendante qui doit remplir les conditions pour l’octroi d’un appareil, je conseillerais d’essayer de se faire appareiller avant la limite d’âge critique ! » Reste qu’il ne faut pas peindre le diable sur la muraille. Même si cela implique des démarches supplémentaires et des tracasseries administratives, une personne âgée qui aurait besoin d’un appareillage auditif sans bénéficier du droit acquis et sans pouvoir en financer elle-même le complément non pris en charge par l’AVS, ne resterait pas livrée à elle-même. « Les personnes dans ce cas de figure peuvent toujours faire appel aux prestations complémentaires de l’AVS, nous explique un conseiller juridique d’une association d’aide aux personnes âgées. La précarité ne doit pas être un prétexte à ne rien faire, et nous assistons volontiers les gens dans leurs démarches ». « Dans nos décisions, lorsque nous suspectons que quelqu’un est dans une situation économique difficile, rappelle Christian Valenzano, nous insérons une information très neutre pour lui ouvrir la possibilité d’avoir recours aux prestations complémentaires. » * Prénom fictif, identité connue de la rédaction Charaf Abdessemed [zone]Une seule exception Les droits acquis représentent une disposition claire et non équivoque de la législation suisse: un malentendant bénéficiaire de moyens auxiliaires continuera à en bénéficier une fois parvenu à l’âge AVS. Il existe néanmoins une exception à ce régime de protection sociale, et dans ce cas l’AI n’entre pas en matière lorsqu’il s’agit de droits acquis: c’est celle des frontaliers qui, travaillant en Suisse, ont bénéficié d’un appareil dans le cadre des moyens auxiliaires et qui, à l’âge de l’AVS ne sont plus assurés sur le sol suisse. « C’est un cas très rare, observe Christian Valenzano de l’Office AI du canton de Vaud. Mais dès l’instant où ces personnes sont retraitées sur le sol français par exemple, et où elles cessent de cotiser et n’entretiennent plus de rapports avec les assurances sociales suisses, elles perdent leur bénéfice aux droits acquis ! »[/zone] Trois niveaux d’adaptation Le fait de bénéficier des moyens auxiliaires ne garantit pas le financement complet de l’appareil auditif dont vous souhaiteriez être équipé ! Selon la nomenclature de l’AI, il existe trois niveaux d’adaptation prothétique. Après évaluation, le médecin expert attribue un certain nombre de points à la déficience auditive dont vous souffrez, points en fonction desquels l’AI déterminera le niveau d’adaptation: simple en dessous de 49 points, complexe entre 50 et 75 points, et très complexe au-dessus de 75 points. D’une manière générale, l’AI attribue pour chaque niveau un montant maximal de remboursement. En clair, si par exemple vous souffrez d’une déficience évaluée comme étant complexe et que pour une raison ou une autre (meilleure qualité d’écoute etc.), vous souhaitez un appareil plus performant, l’AI ne vous financera que le montant lié à votre niveau d’évaluation. Le solde sera à votre charge, pour des sommes qui peuvent parfois atteindre plusieurs centaines de francs. SUIVANT PRECEDENT
- Remboursement des appareils auditifs: un bilan en demi-teinte | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Remboursement des appareils auditifs: un bilan en demi-teinte 19 septembre 2013 Publié le : Depuis le 1er janvier 2011, le remboursement des appareils auditifs se fait sur la base d’un montant forfaitaire. Deux ans après cette réforme voulue par l’OFAS, quel est le bilan des différentes mesures entrées en vigueur ? S’il est encore trop tôt pour se prononcer sur la réduction des coûts escomptée, une chose est sûre: un certain nombre de malentendants sont laissés sur le carreau. C’était il y a un peu plus de deux ans. Le 1er juillet 2011 entrait en vigueur un nouveau système de remboursement des appareils auditifs. Une révolution pour des malentendants habitués à un ancien mode de remboursement beaucoup plus généreux, par lequel l’AI réglait directement à l’audioprothésiste le montant des appareils fournis aux malentendants. Depuis, changement de cap. L’AI concède désormais à chaque malentendant un montant forfaitaire de 840 francs pour un seul appareil, 1650 francs pour deux appareils. Tous les 6 ans, le malentendant se voit ainsi verser cette somme, et à charge pour lui de l’utiliser comme bon lui semble pour acquérir l’appareillage dont il a besoin, y compris à l’étranger s’il le souhaite, et rémunérer un audioprothésiste pour le réglage de ses appareils. Objectif annoncé de cette réforme: faire jouer la concurrence et surtout, faire baisser les coûts pour l’AI, comme l’annonçait en mars 2011, Yves Rossier, alors directeur de l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS). Réserves Alors qu’à l’époque, malentendants, médecins ORL, audioprothésistes et forom écoute avaient fait part de leurs plus vives réserves face aux conséquences prévisibles de cette réforme, quels résultats a-t-on pu observer, deux ans après son entrée en vigueur ? Les objectifs en termes de coûts ont-ils été atteints par l’OFAS ? Le prix des appareils auditifs a-t-il, comme espéré, baissé sous le jeu de la concurrence ? Et enfin, et c’est le plus important, les malentendants ont-il pâti de cette baisse claire du soutien financier qui leur était alloué ? Sans surprise, l’introduction du nouveau système au 1er juillet 2011 s’est d’abord traduite par une véritable explosion des demandes au premier semestre de l’année 2011, la plupart des malentendants ayant très logiquement souhaité bénéficier de l’ancien système de remboursement, juste avant son abrogation. « A cette époque, on a à peu près appareillé tout le monde, constate Stéphane Fourreau, audioprothésiste indépendant et membre du Conseil de fondation de forom écoute. Evidemment, juste après, il y a eu un énorme creux ». Le résultat est simple: alors qu’en Suisse, on vendait au total une moyenne de 70'000 appareils auditifs chaque année, 2011 a connu un important pic, avec plus de 90'000 appareils qui ont trouvé acquéreur, pour la grande majorité au cours du 1er semestre. Evidemment, l’année suivante, en 2012 donc, seuls 50'000 appareils ont été vendus, tandis que les chiffres du 1er semestre 2013 font état de 30'000 appareils commercialisés, laissant augurer d’un progressif retour à la normale après le boom de 2011. Trop tôt Cette évolution très particulière fait qu’en réalité, il est encore trop tôt pour tirer un bilan fiable et définitif des implications de la réforme. « Nous estimons que 2013 sera l’année où la situation va se normaliser et qu’à partir du bilan 2014, nous pourrons suivre l’évolution du nouveau système, observe ainsi Harald Sohns, porte-parole de l’OFAS. L’évolution du nombre de nouvelles demandes reste inconnue ». Difficile de savoir donc si l’objectif de réduction des coûts affiché par l’OFAS semble en passe d’être atteint. Alors que l’enveloppe financière allouée par l’AI en 2010 était de 41 millions de francs, 34 millions ont été concédés pour chacune des années 2011 et 2012, nouveaux cas et cas de renouvellement confondus, comprenant des remboursements selon l’ancien et le nouveau système. A noter que ces chiffres comprennent également les dépenses pour frais complémentaires – réparation, remplacement d’accessoires, etc.-, qui continueront à être remboursés selon l’ancien tarif pendant 6 ans. Etudes en cours Afin d’y voir plus clair, l’OFAS a mandaté deux études pour évaluer la situation, l’une examinant la qualité de l’approvisionnement après l’introduction du nouveau système (résultats attendus en 2015), la seconde évaluant l’effet sur les prix des produits, dont les résultats sont attendus pour le début de l’année 2016. L’autre grande inconnue est en effet l’évolution du prix moyen des appareils auditifs en Suisse, censé être tiré vers le bas par une concurrence accrue. Pour Akustika, l’association faîtière qui fédère les audioprothésistes suisses, l’affaire est entendue: « les effets de la concurrence sont bien là, nous confirme ainsi Nathalie Farner-Harchambois, d’Akustika. Les prix ont baissé de 20 à 30% », un constat que ne partagent pas nombre d’audioprothésistes romands que nous avons contactés et qui affirment n’avoir à ce jour observé aucune diminution significative du prix des appareils commercialisés.[/zone] [zone]Des malentendants globalement insatisfaits Pour les malentendants, l’impact de la réforme de 2011 peut être évalué selon deux axes majeurs interdépendants. D’abord la qualité des prestations, de l’appareillage et des soins reçus, et ensuite bien sûr, selon un volet financier. Si l’on en croit, l’étude « EuroTrak Suisse 2012, L'audition en Suisse » réalisée sur mandat des HSM (Hearing Systems Manufacturers), l’Association suisse des fabricants d'aides auditives, le constat est clair: « les porteurs d’aides auditives se montrent plutôt critiques envers le nouveau système de remboursement, peut-on y lire. Les différentes mesures de réduction de coût sont jugées négativement par la plupart d'entre eux. » « Sans aucun doute, confirme Nathalie Farner-Harchambois, d’Akustika, les malentendants n’ont tiré aucun profit du nouveau système forfaitaire. Le nombre de malentendants pouvant bénéficier d’un remboursement a diminué de manière drastique. Ceci étant dû au relèvement du seuil d’entrée pour être un ayant droit, la perte auditive doit être plus élevée qu’auparavant en âge AI ou AVS. » Quant à ceux susceptibles de bénéficier d’un remboursement, la situation est contrastée. Les nouveaux malentendants à appareiller et qui se voient remboursés d’emblée selon le nouveau système n’ont pas connu autre chose. « On peut dire que ceux-là prennent ce qu’on leur donne, observe l’audioprothésiste Stéphane Fourreau. C’est pour ceux qui ont connu l’ancien mode de remboursement que la donne a changé. » Paradoxalement, certains vont même avoir tendance à mieux s’équiper. En raison de la pression financière, ils vont mieux évaluer leurs besoins, faire la chasse aux devis, et au final obtenir des prestations très en phase avec leur profil personnel. En revanche, ajoute M. Fourreau, « certaines personnes qui avaient l’habitude d’un système généreux vont exprimer leur frustration, faire durer leur équipement plus longtemps, s’adresser à des organisations d’aide comme Pro Infirmis ou Pro Senectute pour essayer d’avoir une aide financière, etc. » Si l’on s’en tient à l’observation stricte des chiffres, et au vu de la stabilité du nombre d’appareils auditifs vendus en Suisse (cf. article plus haut), un constat s’impose: sur le plan financier, la réforme de 2011 se traduit pour l’instant par un report de charges de l’AI/AVS sur le malentendant qui y va de sa poche pour compléter le forfait accordé et se maintenir un appareillage optimal. En clair, et à l’instar des lunettes même si n’atteignent pas des sommes aussi élevées, le pouvoir d’achat élevé des Suisses leur permet de garantir la qualité des prestations en matière d’appareillage. Mais c’est une moyenne. Car pour les personnes dont le revenu est faible, la réforme a en revanche un goût amer, et elles doivent souvent se contenter d’appareils dont les performances sont moyennes, ou inadaptées à leur situation particulière. « Certains malentendants s’orientent vers d’autres filières sauvages qui semblent financièrement plus intéressantes de prime abord, mais n’incluent aucune audiométrie tonale ou vocale, aucune adaptation audioprothétique de l’amplification et de la limitation, aucun suivi et contrôle de l’efficacité, déplore Nathalie Farner-Harchambois. Ces solutions s’avèrent plus onéreuses car non concluantes, non évolutives et dans des mains non compétentes qui peuvent se révéler dangereuses. » Au final, « l’impact de la réforme sur la qualité des prestations fournies aux malentendants est difficile à évaluer. Mais une chose est sûre: ceux qui ont peu de moyens ont tendance à se résigner avec ce qu’ils ont, confirme la doctoresse Dorothe Veraguth, présidente de la Commission d’audiologie et d’expertise de la Société Suisse d’Oto-Rhino-Laryngologie et de Chirurgie cervico-faciale. Et pour ceux qui présentent ce profil, la 2ème visite de contrôle de l’ORL prévue dans l’ancien système, et qui a été supprimée, aurait eu toute sa raison d’être ! » De son côté, Pro Infirmis Vaud confirme être de plus en plus sollicitée par des personnes malentendantes qui ne parviennent pas à payer leurs appareils. « Avant toute chose, nous encourageons les personnes à faire établir au moins deux devis. Beaucoup y sont réticents, mais nous leur rappelons que c’est le législateur qui l’a voulu ! », conseille Monique Richoz, la directrice de l’institution, qui ajoute: « ensuite, nous aidons les personnes qui le souhaitent à introduire des cas de rigueur (voir encadré NDLR), et en cas d’échec, nous entrons en matière pour chercher des financements via des donateurs privés. Des solutions existent ».[/zone] [zone]Des audioprothésistes désorientés S’il est une profession dont l’organisation, le mode d’exercice et même le quotidien ont été profondément modifiés par la réforme du remboursement des appareils auditifs, c’est bien celle des audioprothésistes. « Le paysage actuel dans le domaine de l’audioprothèse est déstabilisant à la fois pour notre clientèle et pour les audioprothésistes, constate Nathalie Farner-Harchambois, d’Akustika, l’association faîtière de la profession. Ces dernières années, beaucoup de magasins d’appareils auditifs ont ouvert et la situation est proche de la saturation, d’autant que les offres parallèles, sans être de véritables solutions, se rajoutent à l’offre globale. Ajouté à cela la baisse des prestations, tout cela crée un climat morose ». « Beaucoup de membres de notre profession ont l’impression d’être devenus des vendeurs, explique un audioprothésiste romand qui souhaite conserver l’anonymat. Avec cette réforme, les audioprothésistes sont tout simplement mis en concurrence et doivent sans cesse vendre leurs produits et leurs prestations. Ils doivent fournir une palette plus complète de services pour se démarquer les uns des autres, ce qui implique de se tenir vraiment à jour, car la clientèle, elle-même sous pression, est beaucoup plus exigeante ».[/zone] [zone]Les achats à l’étranger, plutôt rares C’était l’un des objectifs de la réforme. Faire jouer la concurrence, y compris en poussant les malentendants à aller s’approvisionner sur les marchés étrangers, à priori moins chers qu’en Suisse. Il semble néanmoins que ces cas soient rares, malgré la compétitivité des concurrents étrangers. Et pour cause: à l’instar des soins dentaires, le service après-vente en matière d’audioprothèse est d’une importance prépondérante. Difficile en effet de se précipiter sur le premier TGV en cas de panne, d’urgences, ou de dysfonctionnement de son appareil.[/zone] [zone]Un recours: les cas de rigueur Dans la majorité des situations, le forfait remboursé par l’AI ne permet pas de couvrir le coût de l’appareillage auditif et les services durant les six années requises. La personne malentendante qui exerce une activité lucrative, qui est en formation, en recherche d’emploi ou qui accomplit des « travaux habituels », (éducation d’un enfant et/ou les activités usuelles d’une vie à domicile) peut dans ce cas introduire un cas de rigueur auprès de l’AI. L’octroi d’une prestation pour « cas de rigueur » signifie que l’AI prendra en charge les coûts de l’appareillage qui dépassent le montant forfaitaire pour autant que l’appareillage reste « simple et adéquat ». La procédure est relativement complexe et volontairement décourageante. Résultat: jusqu’au 31 juillet dernier, seuls 41 cas de rigueur ont été remboursés par l’OFAS, selon les critères fixés par le nouveau système.[/zone] SUIVANT PRECEDENT
- René Schwab, 35 ans au service des malentendants | FoRom Ecoute
Retour au Magazine René Schwab, 35 ans au service des malentendants 17 mars 2010 Publié le : Après plus de 30 ans de présidence, René Schwab quitte ses fonctions de président de l’Amicale des malentendants de Neuchâtel. Portrait d’un fils du peuple déterminé dont l’appétit de vivre n’a d’égal que sa générosité. A 82 ans, l’homme fait preuve d’une vivacité, d’un sens de l’humour et d’un appétit de vivre qui feraient pâlir d’envie bien des sexagénaires. Il faut dire que René Schwab est né sous une bonne étoile. Celle des bienheureux, toujours capables, malgré les vicissitudes de la vie, de privilégier le fameux « côté plein de la bouteille ». Pourtant, tout n’a pas été facile pour cet enfant d’une famille ouvrière, veuf depuis une trentaine d’années et entré aux CFF comme conducteur de locomotive en… 1949. « A l’époque, c’était un métier dangereux, se souvient-il. Heureusement tout s’est bien passé, malgré deux ou trois incidents. Mais je voulais absolument faire ce métier, il était pour moi synonyme d’indépendance et de découverte ! » Passion Très vite, après son apprentissage à Yverdon, le jeune René sillonne avec passion le réseau ferroviaire suisse, alors en plein développement. Horaires irréguliers, difficultés de la tâche, rien ne le décourage, puisqu’au final, il aura passé 41 ans au sein de l’ancienne régie fédérale, jusqu’à sa retraite en 1990. « J’aimais ce travail, et plus particulièrement les horaires irréguliers. C’était tellement extraordinaire de ne pas avoir de routine. Et si c’était à refaire, je n’hésiterais pas un instant », rappelle-t-il avec une lueur d’enthousiasme dans le regard. Dans l’intervalle, ce passionné de la vie, curieux de tout et des autres, a en outre trouvé le temps de fonder une famille et d’élever quatre enfants. Une progéniture qui a réussi au-delà de toute espérance et qui fait aujourd’hui la fierté de son géniteur, demeuré aujourd’hui encore très proche de ses enfants. « Mes deux filles sont musiciennes professionnelles, un de mes fils est ingénieur et l’autre est journaliste. Ce qui est fabuleux, c’est que malgré leur réussite, ils n’ont jamais pris de haut leur papa, moi qui n’étais que cheminot. Vous savez, cela ne va pas toujours de soi », se réjouit cet octogénaire, aujourd’hui dix fois grand-père et une fois arrière grand-père. Engagement Mais il y a mieux. Au-delà de son engagement de père et de conducteur de trains, René Schwab cache une deuxième vie, évoquée avec pudeur et discrétion. Celle d’un militant qui a bénévolement consacré de très longues décennies de son existence à l’engagement associatif. Pour les personnes âgées, puisque l’homme est encore aujourd’hui engagé au sein d’un club de loisirs du 3e âge, mais surtout en faveur des personnes souffrant de troubles de l’audition. Rien ne prédestinait pourtant cet homme à une telle vocation. Ni son milieu familial, ni son état de santé, lui-même ne souffrant d’aucun problème de ce type. Seulement voilà : « dans ma vie, évoque René Schwab, j’ai toujours eu la chance de rencontrer des personnes au bon moment et qui ont su m’orienter de manière déterminante. Ma fille jouait du violon. Comme son institutrice appartenait à l’Amicale des malentendants, elle est allée animer les Fêtes de Noël. Un jour, dans les années 70-75, la présidente de l’Amicale de Neuchâtel m’a sollicité pour entrer au comité ». Passionnant Et d’ajouter, dans un grand sourire : « Ma propre belle-mère souffrant de problèmes d’audition, je n’ai pas pu refuser. Ma femme me disait toujours que je ne savais pas dire non ! Heureusement, elle a su me mettre des limites, sinon j’aurais vraiment été de tous les comités et de toutes les combines !» Tout va ensuite très vite. A peine quelques années plus tard, il reprend la présidence de l’amicale, l’ancienne présidente, alors âgée de 84 ans, ayant souhaité se retirer. S’ensuivent alors trois décennies d’engagement déterminé en faveur des personnes malentendantes. « Vous savez, c’est inné, j’ai besoin de donner aux autres. D’ailleurs, en donnant, on récolte beaucoup plus que ce que l’on sème. Tout cela a été passionnant, j’aimais faire ça, organiser des sorties, des rencontres, cela m’a apporté tellement d’amitiés et de moments extraordinaires! Et puis, la malaudition est le plus ingrat des handicaps. Contrairement aux autres, il est caché et ne se voit pas ! » Déclin Après plus de trente ans de bons et loyaux services, René Schwab a décidé l’année dernière de démissionner de ses fonctions pour prendre un repos bien mérité. Avec une ombre au tableau : l’avenir très incertain de l’Amicale de Neuchâtel, pourtant fondée en… 1921. « Jusqu’à présent, personne ne s’est proposé pour reprendre la présidence, déplore-t-il. Cela témoigne du désintérêt général pour la vie associative, il n’y a plus de relève, le monde est devenu beaucoup plus individualiste. Sans compter que l’arrivée d’appareillages très sophistiqués et performants a aussi fait que les malentendants ressentent moins la nécessité de se regrouper ! Au départ, nous comptions plus de 80 membres. Aujourd’hui, il y en a à peine une trentaine, et encore, aux dernières rencontres nous n’étions plus que 5 ou 6. Ce déclin me peine vraiment!» Désormais, René Schwab entend consacrer son temps de retraité à ses hobbies : cinéma, voyages, mais aussi… informatique. « La seule chose qui m’enquiquine vraiment, c’est d’être aussi vieux, conclut-il avec l’enthousiasme qui le caractérise. Il y aurait encore tellement de choses à faire. Mais j’ai un arrière-fond chrétien. Et tous les soirs, je suis reconnaissant d’avoir pu faire tout ce que j’ai fait dans la journée ! » Charaf Abdessemed SUIVANT PRECEDENT
- Rencontre Associations Romandes 2017 | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Rencontre Associations Romandes 2017 3 novembre 2017 Publié le : La rencontre des Associations Romandes 2017 s’est déroulée à Fribourg le 23 septembre dernier. Une journée ensoleillée et riche en échanges. L’Association fribourgeoise des Malentendants, AFM, a organisé cette rencontre dans le but d’échanger sur les activités de chaque association représentant la cause des malentendants. Le président Christophe Lesimple s’est prêté au jeu des questions- réponses. Pour quelle raison, ce type de rencontres est-il important ? Nous avons organisé une journée conviviale et intéressante pour tous les membres des associations et amicales et avons voulu faire découvrir la ville de Fribourg ainsi que nos traditions en partageant le repas de la Bénichon. Ce type de rencontres doit aussi permettre de créer des liens entre les différentes associations locales, ainsi qu’avec forom écoute qui est notre organisation faitière, pour s’intéresser à ce que chacun fait tout au long de l’année. Je pense que c’est important. Quelles sont les démarches concrètes qu’entreprend l’association fribourgeoise? Nous organisons, par exemple, des sorties et animations, nous promouvons et vérifions les boucles magnétiques, encourageons les cours de lecture labiale, offrons des informations relatives aux démarches administratives. Nous cherchons surtout à faire connaître, auprès du grand public, les problématiques liées à la malentendance car beaucoup de personnes sont concernées. C’est donc important de trouver de nouveaux membres et soutiens pour nous encourager dans nos démarches. La rencontre avec les autres associations vous a-t- elle permis d’envisager de nouveaux projets communs? Nous avons avant tout profité de cette journée pour nous détendre. Les questions plus techniques seront abordées ultérieurement. De toute évidence, il est important de pouvoir échanger avec les autres associations des difficultés que nous rencontrons, pour nous aider à progresser. Le soutien de forom écoute est aussi primordial pour pouvoir agir sur certaines questions qui concernent les malentendants, au niveau de la Suisse. Quelles difficultés par exemple ? Toutes les associations et amicales sont confrontées à la difficulté de trouver de nouveaux membres, pour envisager sereinement l’avenir. Bien que le nombre de malentendants augmente en Suisse, il n’est pas toujours aisé de développer des activités qui motivent les personnes concernées par la problématique, à nous rejoindre. Comment agir? Il est impératif d’avoir une vision très claire du rôle de notre association sur le plan local. Nos activités en tant qu'amicale sont essentielles pour créer une cohésion de groupe et développer un esprit d'associations solidaires. Combien d’entre-elles étaient présentes ? Quatre d’entre elles, romandes, et l'amicale française de Pontarlier étaient présentes le 23 septembre. J’ajouterai que les membres du comité se sont beaucoup investis depuis le début [CL2] de l’année pour l'organisation de cette journée. La moutarde de Bénichon offerte à tous les participants a été faite maison dans des bocaux souvenir, pour que l'esprit de cette belle rencontre vive plus longtemps que le temps d'une journée. Visite guidée Grâce à une visite guidée en petit train à travers le vieux Fribourg, les participants ont pu apprécier le patrimoine architectural et les magnifiques bâtiments historiques. Christophe Lesimple et ses amis du cor des Alpes ont joué des airs joyeux avant de déguster un repas typique de la Bénichon au Restaurant Aux Tanneurs, qui a accueilli plus de cent convives pour cette occasion. Avez-vous reçu des retours positifs sur cette rencontre ? Les premiers retours sont très positifs. C'est une belle récompense pour tout le comité. Il faut dire que la météo était de notre côté pour découvrir la vieille ville et ses traditions. C'est aussi un moment très convivial pour tous les participants, car ils se retrouvent pour partager des découvertes. Le concert du cor des Alpes a eu beaucoup de succès, même si on peut se poser la question s’il est approprié de jouer de la musique lors d’une rencontre de malentendants ! Il se trouve que beaucoup d’entre eux ont pratiqué ou pratiquent la musique. Il paraissait évident d’intégrer ce moment de musique traditionnelle. Dans une ambiance bon enfant, cette rencontre, rehaussée par une excellente dégustation, a certainement insufflé de nouvelles idées pour les suivantes. Un grand merci à Christophe Lesimple, lui-même malentendant, qui a soufflé avec aisance dans son instrument de musique. « C'est un peu comme faire du sport avec un handicap, sauf que là, ça ne se voit pas !». SUIVANT PRECEDENT
- Michèle Bruttin, un parcours hors norme, de bénévole à… malentendante | FoRom Ecoute
Retour au Magazine Michèle Bruttin, un parcours hors norme, de bénévole à… malentendante 15 août 2020 Publié le : Pilier bénévole de forom écoute depuis de très longues années, Michèle Bruttin est depuis 2017 employée par la fondation en tant que responsable. Retour sur le parcours hors norme de celle qui, entrée dans le monde de la malentendance sans rien y connaître il y a 30 ans, est devenue elle-même… malentendante. C’est un drôle de paradoxe, un de ces clins d’œil étranges dont le destin et la vie ont seuls le secret : passer trente ans de sa vie au service de la cause des malentendants pour finir soi-même… malentendante. Tel est le parcours de Michèle Bruttin, 65 ans et actuelle responsable de forom écoute. En 2017, c’est au cours d’un examen de routine auprès de son ORL, destiné à explorer un simple mal de gorge, que sa perte d’audition est découverte. Avec un verdict sans appel, 37,5 % de perte dans chaque oreille de celle dont la maman et le grand père étaient eux même devenus malentendants, mais passé 70 ans. « C’est incroyable, je ne m’en étais tout simplement jamais rendu compte. Tout au plus, en y réfléchissant bien après coup, ai-je pris conscience du fait que j’avais peut-être un peu trop tendance à faire répéter les autres », ajoute-t-elle dans un grand sourire. Et bien évidemment, celle qui tout au long de sa carrière a vu tant et tant de gens répugner à avoir recours à un appareillage, n’hésite pas une seconde, et prend immédiatement rendez-vous chez un audioprothésiste : «Je n’allais tout de même pas faire la fine bouche et snober les aides auditives ! Grâce à de nombreux exemples, surtout chez les jeunes, j’avais pu depuis longtemps mesurer à quel point un appareillage pouvait changer la vie, surtout que la technologie permet désormais des performances incroyables ! » Aujourd’hui, bien entendu, ses appareils ne la quittent plus au point « qu’elle ne peut plus s’en passer ». Il faut dire qu’elle n’a pas lésiné, sa longue expérience au service des malentendants l’ayant menée à un constat : toujours privilégier les appareils hauts de gamme, hélas fort coûteux, bien au-delà des maigres 1650 francs consentis par l’AI. L’occasion pour elle, toujours pragmatique et dotée d’un caractère très volontaire, de délivrer un message qu’elle juge particulièrement important : « A l’âge de 55 ans, j’ai contracté une assurance complémentaire pour moins de 30 francs par mois. Au moment où je me suis fait appareiller, 8 ans plus tard, j’ai été bien heureuse de l’avoir, car elle a payé 90% du solde de ce que l’AI ne prenait pas en charge ! » L’autre leçon tirée de son vécu est tout aussi édifiante : prendre des cours de lecture labiale dès sa première année d’appareillage, là également parce qu’ensuite, l’assurance invalidité, dans le canton de Vaud du moins, ne les finance plus. Début des années 90 Pour Michèle Bruttin, tout a commencé il y a 30 ans, au tout début des années 90, par une petite annonce parue dans le journal lausannois 24 Cités. Jeune maman ayant arrêté de travailler pour élever ses enfants, elle cherche alors une activité caritative pour s’engager au service de la société. L’amicale des malentendants de Lausanne, présidée alors par Marie-Marcelle Rampin est à la recherche de bénévoles pour les postes de secrétaire et de trésorière. Michèle Bruttin devient illico secrétaire et met un pied dans un monde dont elle ignorait tout et où 30 ans après, elle évolue encore. De fil en aiguille et au fil des engagements, elle s’intègre aussi dans la vie de la SRLS, la Société romande pour la lutte contre les effets de la surdité et ancêtre de l’actuelle forom écoute. « Très vite la présidente Nicole Guillermin m’a proposé de siéger, toujours bénévolement, d’abord au comité central puis carrément au sein du bureau directeur », raconte-t-elle. L’année 2001 marque ensuite un grand tournant, puisque la SRLS se transforme en fondation au service des malentendants, l’actuelle forom écoute. Michèle Bruttin en devient aussitôt une des 2 vice-présidentes et y prend de plus en plus de responsabilités. Après trois ans d’intérim de la présidence, alors vacante, elle devient la présidente en titre, plus par devoir que par ambition, «faute de candidatures, précise-t-elle et à l’injonction du registre du commerce qui exigeait une présidence définitive ». Passer le flambeau Une présidence qu’elle quitte en 2016, passant le flambeau à Laurent Huguenin, tout en continuant à siéger au conseil de fondation, en espérant pouvoir passer le relais à la relève « dès que possible ». C’est pourtant le contraire qui se produira, - encore un clin d’œil du destin - quand en 2017, au vu de son expérience, Laurent Huguenin lui propose de prendre directement la responsabilité exécutive de la fondation, dont le poste était alors vacant. Michèle Bruttin ne réfléchit pas longtemps et accepte la proposition après avoir démissionné de son poste de secrétaire à l’établissement Charles-Ferdinand Ramuz où elle travaillait depuis… 17 ans ! Après près de 3 décennies de bénévolat, elle devient donc employée de forom écoute le 1er mai 2017. « C’était une étape un peu folle de ma vie, observe-t-elle encore un brin éberluée. Jamais je n’y aurais cru si on m’avait dit, il y’a trente ans que je finirais comme responsable de forom écoute mais aussi malentendante ! » Et d’ajouter : « Je n’ai vraiment aucun regret car c’est un monde unique où j’ai énormément appris et auquel je dois beaucoup. J’y ai rencontré des personnes admirables qui ont une perte auditive bien plus importante que la mienne. J’ai beaucoup donné après des années de bénévolat, mais j’ai aussi reçu au centuple au retour. J’en veux pour premier exemple que je n’aurais jamais accepté ma perte auditive aussi facilement si je n’avais pas fréquenté ce monde assez extraordinaire ». SUIVANT PRECEDENT


















