Point fort
«Suriflo» le livre qui accompagne les enfants atteints de déficience auditive
A l’occasion de son 50ème anniversaire, l’association suisse de parents d’enfants déficients auditifs a édité « Suriflo » un joli livre d’objets cachés dans lequel les enfants atteints de déficience auditive, mais pas seulement, peuvent se reconnaître.
Voici un joli petit livre que tous les malentendants sourds, ou proches devraient avoir dans leur bibliothèque. A l’occasion de son 50e anniversaire, l’ASPEDA, l’association de parents d’enfants déficients auditifs vient en effet de publier un livre d’objets cachés, dessiné par le célèbre dessinateur et illustrateur de Globi, Walter Pfenninger.
«C’est une idée que j’avais de longue date, car j’ai toujours trouvé qu’il manquait des livres dans lesquels les enfants déficients auditifs puissent se reconnaître et par là même trouver leur place dans la société, explique Eva Mani co-directrice de l’ASPEDA, une des personnes impliquées dans ce projet. Quant aux familles, l’idée était qu’elles puissent trouver des outils pour préparer avec leur enfant, les rendez-vous d’hôpital, de tests auditifs etc…» Les enfants, les familles, mais pas seulement. «Suriflo», tel est son titre, tant l’animal suricate y tient la vedette, représente également un excellent outil de sensibilisation à l’intention des écoles et des jardins d’enfants, ceci d’autant que d’autres handicaps y sont représentés.
Sept tableaux…
Fort de sept tableaux qui mettent en scène le quotidien des enfants (au zoo, à la maison, à l’hôpital, à l’école etc.), cet ouvrage bénéficie du délicat et très minutieux coup de crayon de Walter Pfenniger qui confère à l’ensemble une tonalité résolument sensible et affectueuse. «Contacté par notre rédactrice Ursula Kohler, qui a une bonne expérience de l’édition, il s’est prêté au jeu avec beaucoup de plaisir, au point même de se livrer à de nombreuses recherches et de venir participer à notre congrès pour mieux s’immerger dans l’univers de la déficience auditive» note Eva Mani.
Avec un tel engagement, le résultat est visuellement et graphiquement superbe, un point d’autant plus important que Suriflo est… neutre sur le plan linguistique. Pour des raisons financières en effet – difficile de financer un même ouvrage en 3 langues -, le choix a été fait de se restreindre à un livre d’images et sans mots. Avec un résultat inattendu et somme toute, très heureux: non seulement les aventures de Suriflo parlent d’elles-mêmes grâce aux images, mais elles peuvent aussi être racontées dans toutes les langues: français, allemand, italien etc., sans compter la langue des signes ou la langue parlée complétée. « Avec ce livre, il est finalement possible de raconter n’importe quelle histoire. C’est une grande force car il laisse une grande place à l’imagination de tous ceux qui veulent le découvrir », s’enthousiasme Eva Mani.
Dans les salles d’attente…
Imprimé à 1500 exemplaires et financé grâce à une recherche de fonds active, par des dons de nombreux cantons et fondations, «Suriflo» est disponible en librairie ou directement sur le site web www.suriflo.ch. Et sa vie ne va pas se résumer à cela. L’ASPEDA entend également à très court terme le distribuer dans les salles d’attentes de lieux de soins spécialisés dans le handicap auditif. «Nous avons environ 200 adresses d’audioprothésistes, de médecins ORL spécialisés en pédiatrie etc, conclut Eva Mani. Ce sont des lieux parfaits pour que cet ouvrage si particulier poursuivre son travail de sensibilisation».
13 octobre 2025
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Actualités
Les résultats de l’une des plus grandes études jamais menée sur les acouphènes viennent d’être rendus publics
Portant sur 160'000 personnes, une gigantesque étude sur les acouphènes menée par la société apple permet, grâce aux données démographiques obtenues, d’ouvrir des pistes de prise en charge.
« Jamais une étude en lien avec les acouphènes n’a porté sur un tel nombre de personnes, s’enthousiasme un épidémiologiste genevois. 160'000 personnes, c’est énorme et seule une entreprise avec une puissance de calcul comme apple avait les moyens de la mener. Et avec en plus des résultats tout à fait significatifs ». Lancée en 2019 et toujours en cours, cette étude dite « Apple sur l’audition », est l’une des trois études de santé publique de l’application Recherche sur iPhone.
Menée en collaboration avec l’Université du Michigan, elle a permis de recueillir, via des tests sonores, environ 400 millions d’heures de niveaux sonores ambiants, complétées par des enquêtes sur le mode de vie. Son objectif ? Analyser la manière dont l’exposition sonore affecte l’audition, le stress et les autres aspects de la santé liés à l’audition. Elle s’est en outre basée sur les réponses des participants à un questionnaire sur les acouphènes, dont des questions visant à les faire caractériser par ceux qui déclaraient en souffrir.
Résultats inédits
Les résultats de cette étude sont tout à fait inédits car ils objectivent que pas moins de 77,6 % des participants ont souffert d'acouphènes au cours de leur vie, dont et c’est un chiffre énorme, 15% quotidiennement. Des chiffres significatifs qui montrent à quel point ce phénomène relativement bénin, mais pouvant être très désagréable à vivre, a jusqu’à présent été sous-estimé. Même si la majorité des participants à l’étude a estimé leurs acouphènes comme étant faibles, 34,4 % d’entre eux les ont qualifiés de perceptibles, et 8,8 % les ont même caractérisés comme étant « très forts voire ultraforts ». 10% ont en outre reconnu que leurs acouphènes perturbaient modérément ou totalement leur capacité à entendre distinctement.
L’étude a également objectivé une corrélation avec l’âge : il apparaît ainsi que les personnes âgées de 55 ans et plus sont trois fois plus susceptibles d’entendre des acouphènes quotidiennement que les personnes âgées de 18 à 34 ans. En outre, la proportion de participants masculins ayant déclaré souffrir d’acouphènes au quotidien est supérieure de 2,7 % à celle des participantes féminines. Toutefois, les hommes sont 4,8 % plus nombreux à déclarer n’avoir jamais eu d’acouphènes.
Mieux orienter les efforts
Que faire de tels résultats ? « Les acouphènes peuvent avoir un impact considérable sur la vie d’une personne. Les tendances qui se dégagent de l’étude Apple sur l’audition sur l’expérience des gens en matière d’acouphènes peuvent nous aider à mieux identifier les groupes les plus exposés, afin d’orienter les efforts visant à réduire les impacts associés à ce phénomène, explique Rick Neitzel, professeur en sciences de la santé environnementale à l’École de santé publique de l’Université du Michigan qui a copiloté la recherche avec la célèbre firme de Cupertino. Cette étude nous permet d’améliorer notre compréhension des acouphènes en fonction des catégories démographiques, ce qui n’était pas possible auparavant. Nous pouvons ainsi contribuer aux connaissances scientifiques actuelles qui peuvent, à terme, améliorer la prise en charge des acouphènes. »
Au cas par cas…
« Cette étude présente deux intérêts majeurs, analyse un ORL indépendant, installé à Neuchâtel. D’une part elle permet d’objectiver la part très importante de la population qui ressent des acouphènes, bien plus élevée que ce que l’on évaluait, mais surtout elle a permis d’obtenir des résultats très spécifiques à de nombreux groupes de population, selon l’âge, l’activité professionnelle, le profil de santé etc. Ce n’est pas pour demain, certes, mais les données obtenues devraient permettre de passer d’une prise en charge uniforme des acouphènes à une prise en charge personnalisée au cas par cas ».
13 octobre 2025
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Point fort
L’association genevoise des malentendants fête son siècle d’existence
Fondée en 1924, et malgré des difficultés chroniques de financement, l’association genevoise des malentendants a réussi à traverser les décennies et garantir ses prestations en faveur des malentendants et devenus sourds.
C’est une centenaire qui porte encore beau et espère passer, un jour le cap des 110 ans. Fondée en 1924, l’association genevoise des malentendants (AGM) fête en effet cette année ses 100 ans. Un siècle au service des malentendants genevois, un siècle de péripéties et de belles aventures, avec au bout, la satisfaction d’avoir, vaille que vaille, survécu et maintenu ses prestations, et ce alors qu’aujourd’hui l’engagement associatif connaît une crise sans précédent.
« Malgré les années, l’AGM est toujours parvenue à remplir ses trois missions historiques, c’est-à-dire le maintien de services sociaux pour les malentendants, la défense de leurs droits et de leurs intérêts, ainsi que la sensibilisation et la formation en santé auditive, se réjouit Yolande Bosshard, vice-présidente de l’association. Mais c’est vrai qu’avec l’avènement des réseaux sociaux et l’évolution de la société, les problèmes de relève se posent aujourd’hui. Même si nous avons une nouvelle présidente, Solange Nahum depuis 2023, c’est un des enjeux majeurs auxquels nous devrons faire face ».
Nerf de la guerre
Autre enjeu et non des moindres : le financement, véritable nerf de la guerre, comme toujours. « Le plus grand défi dans toute l’histoire de l’AGM a toujours été d’œuvrer pour maintenir les ressources financières de l’association et garantir ainsi ses prestations, confirme Françoise Perdichizzi, coordinatrice et employée de l’AGM depuis… 28 ans. Il a régulièrement fallu consentir beaucoup d’efforts et de travail de persuasion pour chercher et imaginer des solutions afin de stabiliser la situation financière de l’association, chroniquement fragile… »
Fondée en 1924, par le professeur Edouard Junod, spécialiste en orthophonie et responsable d’un foyer pour enfants sourds dans le quartier de Montbrillant, l’Amicale genevoise des sourds, c’était son nom à l’époque, avait pour objectif de favoriser les rencontres et faire connaître la lecture labiale, les fameux cornets acoustiques étant à l’époque largement insuffisants pour apporter un réel soutien aux malentendants. Grâce à l’action de nombreux bénévoles et à son affiliation à la Société romande pour la lutte contre la surdité (SRLS), l’Amicale a offert très tôt un large éventail de prestations variées : cours et formations, informations, conseils etc.
Nouvel élan
Dans les années 50, l’Amicale prend un nouvel élan avec l’arrivée des premiers appareils auditifs dont elle œuvre à faire découvrir les fonctionnalités aux sourds et malentendants. Logiquement, elle devient dès 1983, l’Amicale Genevoise des Sourds et Malentendants puis en 1986 l’Association Genevoise des Malentendants avec dans la foulée l’ouverture d’un premier (demi) poste de travail de consultation sociale, première pierre du futur service social à part entière qui sera mis en place en 1992. Quinze ans plus tard, elle crée, et c’est une première romande, et une prestation encore unique à ce jour, un poste de conseillère en appareils auditifs qui permet à une infirmière spécifiquement formée de sillonner les EMS genevois et de contrôler le bon fonctionnement des appareils auditifs de leurs résidents.
Besoins énormes
Aujourd’hui reconnue et inscrite dans le paysage social genevois, l’AGM multiplie les partenariats avec les autorités locales, l’Office fédéral des assurance sociales ainsi que d’autres organisations d’aide aux personnes handicapées. Mais le combat est loin d’être gagné. « Actuellement, les sourds occupent beaucoup l’attention, observe Françoise Perdichizzi. C’est bien, mais cela ne doit pas se faire au détriment des malentendants dont les besoins sont énormes. A titre d’exemple, 90% des nouvelles situations que l’on doit gérer aujourd’hui correspondent à des besoins de financement pour des appareils auditifs. C’est dire si de nombreux défis restent à relever et à quel point nous devons inlassablement nous impliquer dans l’action auprès des politiques pour les sensibiliser à ces enjeux ».
Association genevoise des malentendants : www.agdm.ch
13 octobre 2025
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Dans les cantons
Magique randonnée aux Gastlosen
Le 29 juin dernier, une quinzaine de sourds et malentendants se sont retrouvés pour une superbe randonnée aux Gastlosen (FR), organisée conjointement par la Commission jeunesse de FoRom écoute et l’association Randosourd. Récit d’une très belle journée.
On ne change pas une formule qui fonctionne ! Après une sortie très réussie l’année dernière à Derborence (VS), la Commission jeunesse a de nouveau collaboré avec l’association Randosourd pour co-financer et organiser conjointement, avec le soutien de FoRom écoute, une deuxième randonnée, cette fois aux Gastlosen (FR), ces montagnes surnommées les « Dolomites suisses » en raison de leurs vertigineuses parois de calcaire.
« L’année dernière, c’était le Valais. Cette année, nous recherchions une nouvelle destination, mais dans laquelle il était possible d’organiser deux niveaux de randonnées pour permettre à tous de participer. C’est comme cela que notre choix s’est porté sur les Gastlosen » explique Delphine Quach du comité de Randosourd qui ajoute : « L’idée, c’était de changer de canton pour permettre à d’autres publics de participer ». « Pour moi, c’était aussi une belle occasion de découvrir un autre canton », ajoute le Valaisan Bastien Perruchoud de la Commission jeunesse de FoRom écoute.
De partout…
En cette matinée du 29 juin, ce sont donc une quinzaine de sourds et de malentendants, venus de tous les cantons romands, et même de… Paris, et avec parfois même leurs enfants, qui se sont retrouvés à l’arrêt de bus « Jaun, Bergbahnen » pour grimper ensuite vers les cimes grâce au télésiège. « Au départ, nous affichions complets avec une vingtaine de personnes inscrites, explique Bastien. Mais 5 personnes s’étaient désistées en raison des condition météo incertaines. D’ailleurs la veille, nous-même avons fait un point sur la météo, car on hésitait à maintenir la sortie en raison des orages qui s’annonçaient ».
Finalement, point d’orages, mais une journée couverte, chaude et humide malgré l’altitude et qui a permis le déroulement d’une très agréable sortie de randonnée, avec bien sûr la découverte d’une nature magnifique et sauvage, mais aussi et surtout, une belle occasion d’échanger entre sourds et malentendants tout au long des 10 km de parcours. « C’est vraiment le but principal de ces rencontres, détaille Delphine Quach. Que les malentendants et sourds puissent se rencontrer. La formule est simple mais efficace et c’est d’autant plus important qu’un des handicaps liés à la surdité, est l’isolement social! »
Pique-nique convivial
Pour se sustenter à midi, le groupe a privilégié l’option pique-nique, l’ensemble de l’en-cas et des boissons ayant été convoyé par Bastien Perruchoud depuis… le Valais. « Quand on a voulu réserver, il n’y avait plus de place au restaurant, explique Rachel Millo également membre de la Commission jeunesse de FoRom écoute. Et finalement ce n’était pas plus mal que ça, le pique-nique niçois permettant d’être flexible et d’avoir un cadre naturel ». « C’est vrai, c’était bien plus pratique parce que c’était plus rapide que le restaurant et qu’en plus, on pouvait choisir le lieu et l’heure du repas en fonction de la météo » renchérit Bastien Perruchoud.
Mener à bien une telle randonnée implique des capacités d’organisation, avant, mais aussi pendant la journée. Alors que Bastien a évolué en tête du groupe, Delphine et Rachel se relayées à l’arrière pour « faire le balai », expression consacrée qui désigne la tâche compliquée de récupérer les retardataires, perdus dans leurs pensées ou leurs conversations. C’est aux alentours de 16 heures que ce magnifique tour des Gastlosen s’est terminé, à la grande satisfaction de ses organisateurs. « La richesse de ce genre de sortie c’est vraiment le partage autour d’une activité dynamique et d’entraide, donc évidemment que l’on va continuer à en organiser » conclut Rachel Millo, manifestement ravie de la journée. Rendez-vous est donc d’ores et déjà fixé au 28 septembre prochain pour une sortie à Genève consacrée à une visite du célèbre CERN, le Centre d’études et de recherches nucléaires.
13 octobre 2025
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Actualités
Les ventes d’appareils auditifs ont explosé en 2023
En 2023, les entreprises membres de l'Association Européenne des Fabricants d'Instruments Auditifs (EHIMA) ont venu plus de 21,81 millions d’appareils auditifs à travers le monde. Ce chiffre traduit une augmentation significative de 7,7 % par rapport à 2022.
«L'impact de la perte auditive sur la qualité de vie des personnes est évident, et les derniers chiffres globaux montrent que la sensibilisation et l'action pour rechercher des soins auditifs augmentent régulièrement», explique dans un communiqué publié en juin dernier, Arnd Kaldowski, le président de l'EHIMA, qui ajoute : «C’est grâce à nos membres et à nos partenaires, telles que les organisations médicales, professionnelles et de patients, que des millions de personnes peuvent en bénéficier dans le monde entier». Au-delà des chiffres de cette dernière année, les ventes d’appareils auditifs sont continuellement en hausse depuis 2014, avec une nette et unique inflexion en 2020, année qui correspond à l’acmé de la pandémie de covid 19.
90'000 appareils en Suisse
En Suisse, selon Akustika l’association faîtière l’association faîtière des audioprothésistes suisses, environ 90’000 appareils auditifs ont été vendus en 2022, contre 61'000 appareils en 2014. «Les ventes sont en hausse ces dernières années. La branche profite de l’évolution démographique en raison de la croissance du nombre de seniors et de personnes très âgées, explique Julia Schopp, membre du comité directeur d’Akustika.
Toujours plus de gens savent maintenant à quel point un appareil auditif peut faire la différence». Selon l’association EHIMA, 96 % des utilisateurs d'appareils auditifs interrogés en France, au Royaume-Uni et en Allemagne en 2022 rapportent une meilleure qualité de vie après avoir été équipés d'appareils auditifs. Pour 92 %, d’entre eux, les appareils auditifs sont utiles dans leur travail et 62 % regretteraient même de ne pas avoir adopté les appareils auditifs plus tôt.
Les Suisses moins appareillés
Alors que ces études objectivent une prise de conscience accrue des avantages d’une prise en charge auditive adéquate dans différents pays, les dernières données concernant la Suisse remontent à 2022 et révèlent, sur la base d’un échantillon d’environ 15'000 personnes plusieurs points intéressants sur la perte auditive et l'utilisation des appareils auditifs.
Ainsi, en Suisse, 7,4 % de la population déclare une perte auditive, ce qui est inférieur à la moyenne européenne de 11,1 %. L'étude montre en outre que seuls 39 % des personnes ayant une perte auditive en Suisse utilisent des appareils auditifs. Un chiffre inférieur à celui d’autres pays européens, mais en amélioration par rapport aux années précédentes. Débutées en 2009, les études EuroTrak menées tous les trois ans par la European Hearing Instrument Manufacturers Association (EHIMA), ont pour objectif de comparer l’état de la déficience auditive et l’usage des appareils dans différents pays d’Europe.
13 octobre 2025
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Point fort
A Genève, l’EMS Les Mouilles s’adapte à ses résidents malentendants et sourds
Sensibilisation et formation du personnel, adoption d’une signalétique appropriée… Depuis le début de l’année, cet EMS qui accueille près de 80 résidents, a mis en place une série de mesures destinées à faciliter l’interaction avec les seniors malentendants.
Dans le monde du 4ème âge et des EMS, la question se pose depuis de très nombreuses années, tant problématique de la solitude et de l’isolement des aînés sourds et malentendants en maison de retraite revêt une acuité particulière. Pour y remédier, différents projets, dont l’idée de créer un EMS romand qui leur serait destiné, ont été esquissés puis abandonnés. A Genève, à l’EMS Les Mouilles, c’est depuis le début de l’année, un projet de petite ampleur, mais très prometteur qui a vu le jour.
« Nous sommes et restons un EMS généraliste et ouvert à tous, mais qui désormais propose une sensibilité particulière à la question de la malentendance. Grâce à notre ergothérapeute, nous étions déjà sensibilisés aux questions d’accessibilité d’une manière générale, mais nous avons fait un pas en avant supplémentaire pour tout ce qui relève de l’audition » explique Laurent Beausoleil directeur général de la maison de retraite (à droite sur la photo), située dans le quartier du Petit-Lancy.
Accompagnement
Ce pas en avant particulier se traduit par la mise en place de plusieurs dispositifs d’accompagnement pour les seniors sourds et malentendants. « L’ensemble de nos collaborateurs dans tous les services, soit près de 80 personnes tout de même, suivent régulièrement une courte formation de sensibilisation à la langue des signes de base, en attendant d’autres mode de communication, détaille Pascale Covin, la responsable des soins (à gauche sur la photo). En outre, nous avons fait l’acquisition de tablettes pour permettre la communication écrite, tout en adaptant la signalétique dans l’ensemble de notre établissement ».
Et ce n’est pas tout, puisque l’établissement envisage également d’engager une animatrice malentendante qui viendra assurer, quelques heures par semaine, des activités ouvertes à tous. Comme souvent, ce projet a commencé par un concours de circonstances, lié à la présence d’une infirmière elle-même sourde, Tanya Sebaï devenue dans l’intervalle référente surdité aux Hôpitaux Universitaires de Genève.
« C’est elle qui nous a soufflé l’idée qu’offrir la possibilité à des seniors sourds ou malentendants de se regrouper pour vivre et d’échanger dans un seul et même EMS pouvait représenter un énorme gain de qualité de vie pour eux, se souvient Pascale Covin. On a tout de suite adhéré au projet et c’est grâce à sa collaboration et celle de Françoise Rickli, interprète, que cette belle aventure a pu voir le jour ».
Pas d’unité spécialisée
Petite nuance de taille : l’EMS a tenu à ne pas mettre en place d’unité spécialisée réservée uniquement aux malentendants et sourds. « Non seulement nous sommes adeptes de la mixité et du vivre-ensemble, commente le directeur Laurent Beausoleil, mais nous privilégions aussi les projets de petite envergure que nous pouvons financer sur nos fonds propres. C’est du reste la raison pour laquelle nous nous sommes contentés de diffuser l’information auprès de la fédération suisse des EMS, des services sociaux et des associations pour que les personnes sourdes ou malentendantes puissent prendre connaissance de la spécificité de ce que nous offrons en matière de perte auditive ».
13 octobre 2025
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Point fort
« Le monde politique est plus ouvert que le monde du travail »
Âgé de 52 ans, Vincent Guyon est le premier sourd-malentendant à siéger dans un exécutif en Suisse. Depuis 2021, cet homme au parcours hors norme est municipal à Rances (VD) où il gère les routes, les pompiers et l’éclairage public. Depuis quand êtes-vous malentendant ?
En fait, je suis sourd de naissance. Je suis né en Afrique, et quand nous sommes tous rentrés en Europe - j’avais deux ans-, mes parents se sont rendu compte que je n’entendais pas et que quelque chose n’allait pas. Au service d’ORL du CHUV, on a alors posé le diagnostic de surdité totale des deux oreilles. D’après ces tests, je ne percevais que quelques sons aigus. A l’âge de 4 ans, je ne parlais pas, mais ma maman communiquait avec moi en mimant. Puis, tout a changé lorsque mes parents ont appris le langage parlé complété.
Avez-vous été appareillé ?
Oui vers l’âge de 7-10 ans, mais cela ne servait à rien, donc je n’en porte pas depuis longtemps.
Sans appareils, comment faites-vous pour comprendre aussi bien tout ce que l’on vous dit ?
Grâce à la lecture labiale ! Je ne comprends pas tout, mais environ 80% des propos !
Comment se fait-il que vous oralisiez si bien et soyez capable de communiquer sans avoir recours à la langue des signes ?
Mon père qui est français, avait un cousin sourd qui a grandi dans un petit village de France où il avait pu s’intégrer sans la langue des signes. C’est pour cette raison que mes parents étaient favorables à la méthode oraliste qu’ils jugeaient meilleure pour mon intégration. Cela dit, à l’âge de 18 ans, un peu par curiosité, j’ai quand même choisi d’apprendre la langue des signes.
Comment s’est déroulée votre scolarité ?
J’ai fait toute ma scolarité obligatoire pas loin de Rances, à Valleyres et à Chavornay, puis en école privée à Lausanne... Et il m’a fallu énormément travailler. Mais comme je suis quelqu’un de très persévérant et que je viens d’une famille de battants, c’est un peu une tradition (rires)… Et puis bien sûr, la logopédie et le soutien de ma mère m’ont beaucoup aidé. Une anecdote pour l’illustrer : à l’âge de 10 ans, j’ai eu un grave accident de vélo qui m’a valu des semaines de coma et l’oubli de tout ce que j’avais appris à l’école. A peine rétabli, ma mère m’a remis au travail et je consacrais toute mes vacances, y compris d’été, à rattraper ce que j’avais perdu !
D’où vous vient cette force de caractère ?
Probablement de cette tradition familiale et de ma foi chrétienne qui m’ont beaucoup poussé et soutenu.
Qu’avez-vous fait après l’école obligatoire ?
J’ai raté d’un demi-point l’entrée au gymnase, alors que mon rêve était de faire l’université pour devenir archéologue. J’ai donc dû me résoudre à faire une école de commerce, puis je suis devenu employé de bureau.
Pourquoi avez-vous décidé de vous engager en politique ?
Je me suis toujours intéressé à la politique suisse et, habitant à Rances, je me suis un jour dit : pourquoi pas ? La première fois que je me suis présenté, j’ai eu une voix, c’était la mienne (rires), la deuxième fois 4 voix, celles de mes amis. Et puis quatre ans plus tard en 2020, je me suis présenté à la Municipalité lors d’une élection complémentaire, mais sans vraiment y croire. Quand on est venu me féliciter, j’ai répondu : « Vous vous foutez de moi ? ». Et en effet, j’avais bel et bien été élu au 1er tour avec 95 voix !
Comment expliquez-vous cette élection ?
J’habitais depuis 23 ans dans le village, tout le monde me connaissait et comme je m’impliquais beaucoup dans la vie locale, je devais avoir une certaine popularité.
Quel dicastère occupez-vous ?
Les routes, l’éclairage public, les collecteurs et les pompiers. Cela fait un gros 25% de travail, parfois beaucoup plus lorsque l’on sort d’une période de gros orages comme celle-ci.
Comment se déroulent les séances du conseil communal et de la municipalité ?
Cela se passe bien grâce à l’interprète en langage parlé complété dont je peux disposer, même si cela crée un décalage dans la communication. Pour être honnête, j’ai parfois de la frustration car il est souvent difficile de s’imposer quand on doit lever la main pour intervenir. Cela peut être très fatiguant, surtout quand les séances s’étirent en longueur, parfois jusqu’à 4 heures.
En 2022 vous avez été réélu. Cela veut donc dire que vous avez bien travaillé ?
Cela veut surtout dire que les gens me font confiance et j’en suis très heureux. Je me suis présenté aussi en 2022 au Grand conseil vaudois car c’est un lieu où on peut agir plus, puisqu’on y fait les lois. Je n’ai pas été élu faute de quorum. Enfin, j’ai même été candidat aux fédérales car je pense que dans le monde où l’on vit, la démocratie doit vraiment être défendue.
Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans votre parcours ?
Franchement, cela a été et c’est toujours d’ailleurs, de trouver du travail. Étonnamment, le monde politique est plus ouvert que le monde du travail et malgré mon CV et mon parcours dans les fédérations internationales de sport pour les sourds, je n’arrive pas à en trouver. Peut-être est-ce dû également à mon âge. J’espère qu’avec un peu de chance, je trouverai la bonne occasion au bon moment et que quelqu’un me fera confiance.
Tout de même, êtes-vous conscient d’être un modèle ?
Je sais que voir un sourd élu et siéger a suscité des vocations parmi les personnes sourdes et malentendantes. C’est peut-être la chose dont je suis le plus fier.
13 octobre 2025
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Actualités
Le port d’appareils auditifs limite le risque de démences
Une étude de la célèbre revue The Lancet confirme le rôle de la perte auditive en tant que facteur de risque prépondérant pour l’apparition de démences. Plus que jamais, l’appareillage s’annonce comme un remède efficace.
La célèbre revue scientifique médicale hebdomadaire britannique The Lancet a rendu publique le 31 juillet dernier lors d’une conférence à Philadephie (USA) une vaste étude consacrée à la démence, qui affecte près de 100 millions de personne dans le monde. Le groupe de travail international à l’origine de cette recherche, qui est une actualisation d’une précédente étude entamée en 2017, a recensé 14 paramètres ayant une influence mesurable sur l’apparition de la maladie. « Dans l’ensemble, environ 45 % des cas de démence sont potentiellement évitables en s’attaquant à 14 facteurs de risque modifiables à différentes étapes de la vie » peut-on ainsi lire en préambule de cette étude.
Corrélation
Parmi ces facteurs de risque évitables, on retrouve donc la déficience auditive d’ailleurs déjà identifiée précédemment et qui trône au milieu d’autres facteurs, tels que le taux de cholestérol, la perte de vision, la dépression, l’hypertension, le diabète, l’alcool ou encore la pollution. Selon cette étude, le risque de démences, en particulier de maladie d’Alzheimer, augmente avec l’importance de la perte auditive et ce alors que plusieurs pistes sont esquissées pour expliquer l’existence de cette corrélation. « Des facteurs psychosociaux, tels que la solitude, la dépression et l’isolement social, pourraient être impliqués observent les auteurs de l’étude. D'autres mécanismes incluent une réserve cognitive réduite due à une diminution des stimuli environnementaux, une augmentation des ressources cognitives nécessaires à l'écoute et une interaction de ces risques avec une pathologie cérébrale ».
Pouvoirs publics
« Les résultats de cette étude ne sont pas nouveaux, constate un épidémiologiste bernois. Mais c’est une confirmation bienvenue de l’existence d’un lien entre et démence et perte auditive, ce qui renforce la pression sur les pouvoirs publics pour une prise en charge plus efficace de cette dernière. Et cela implique aussi bien un dépistage précoce qu’un équipement par des appareils auditifs adéquats et performants, le tout pour des coûts bien moins élevés que ceux induits par les démences ».
« Les preuves selon lesquelles le traitement de la perte auditive diminue le risque de démence sont encore plus fortes qu’à l’époque où notre précédent rapport a été publié confirment encore les auteurs de l’étude. L’utilisation des appareils auditifs semble être particulièrement efficace pour les personnes qui présentent une perte auditive ainsi que des facteurs de risque supplémentaires pour la démence. De nouvelles données suggèrent également que le traitement de la dépression et l’arrêt du tabac pourraient également tous deux réduire ce risque ».
13 octobre 2025
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Point fort
La 6ème journée romande des familles ASPEDA aura lieu ce 31 août
Les rencontres organisées par l’Association des parents d’enfants déficients auditifs sont l’occasion de partager en toute convivialité les expériences autour de l’éducation de ces enfants pas tout à fait comme les autres. La prochaine journée des familles aura lieu au Signal de Bougy (VD).
Pour les familles, les malentendants et leurs proches, c’est un peu un rendez-vous obligé. Et pour cause, ces rencontres annuelles organisées par l’ASPEDA, l’Association des parents d’enfants déficients auditifs sont toujours riches en échanges et fertiles en connaissances. « L’idée de ces rencontres est de permettre un passage de témoin entre les familles qui ont vécu l’expérience et le parcours d’avoir un enfant sourd ou malentendant, et celles que ce parcours attend, avec un enfant dont on vient de découvrir la surdité ou la perte auditive, explique Eva Mani co-directrice de l’ASPEDA. Le but de ces journées est vraiment de permettre un échange convivial et décontracté entre familles, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’elles ne sont pas ouvertes aux professionnels ».
Conférence
Pour sa 6e édition, la journée romande des familles ASPEDA se déroulera donc cette année le samedi 31 août, une fois de plus au sein du magnifique Parc Pré Vert du Signal de Bougy (VD). Rendez-vous est donc donné dès 9h30 au parking, côté Lausanne, vers le Parc Aventure, pour une matinée consacrée à un riche programme d’activités destinées aux enfants et aux jeunes, avec de l’accrobranche pour les enfants à partir de 4 ans (accompagnés par les moniteurs), des places de jeux et un parc animalier pour les plus petits (chaque enfant de 0 à 4 ans devra être accompagné par un parent ou un grand-parent).
En parallèle, les parents pourront se retrouver à 10h30 à la salle « Rolle » pour assister et participer à une conférence intitulée « Scolarité des enfants avec un handicap auditif : partage d’expériences », animée par Anne-Catherine Crisinel-Merz et enrichie de nombreux témoignages de parents d'enfants sourds ou malentendants.
Sondage
« Nous avons procédé à un sondage auprès de nos membres afin d’identifier le thème à traiter pour la conférence de cette année, explique Eva Mani. Et le résultat a été sans ambiguïté puisque c’est clairement l’école et la question scolaire qui ont émergé très vite. Ce n’est d’ailleurs pas très surprenant, car de longue date, la scolarité est une préoccupation récurrente aussi bien des familles que de leurs enfants ». A partir de 12h30, la conférence laissera place à un convivial pique-nique canadien sur l’herbe du superbe parc du Signal de Bougy, tandis que l’après-midi sera librement consacrée à des échanges informels entre familles ainsi qu’à des activités pour les plus jeunes.
6ème édition de la Journée romande des familles ASPEDA, samedi 31 août dès 9h30 au Signal de Bougy (VD).
Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 25 août.
Toutes les familles concernées, membres ou pas de l’ASPEDA sont bienvenues. Grands-parents, tantes, oncles, et même voisins sont également invités !
13 octobre 2025
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Point fort
Corinne Béran : « BoulevardSanté répond à un besoin »
Actif à Lausanne depuis 2019, BoulevardSanté lieu d’accueil qui réunit des professionnels de la santé formés ou sensibilisés à la surdité et à la malentendance vient de se doter d’une association éponyme destinée à promouvoir et à sensibiliser à la santé auditive. Rencontre avec sa fondatrice, Corinne Béran. BoulevardSanté existe depuis 5 ans. Quel bilan en tirez-vous ?
Le premier constat évident est que BoulevardSanté répond vraiment à un besoin: partout, de tous les cantons romands, et même de Berne ou de France voisine, des personnes viennent nous voir parfois au prix de plus d’une heure de trajet.
Quel est le profil de ces personnes ?
Il s'agit majoritairement de personnes sourdes, mais un tiers sont des personnes qui oralisent en français, de tous âges, puisque nous avons aussi des enfants et des personnes âgées. Au total en 5 ans, ce sont plus de 150 personnes sourdes ou malentendantes qui sont venues chez nous, soit l’équivalent de plusieurs milliers de consultations, ce qui est loin d’être négligeable. Ce qui est intéressant, c’est qu’environ 20% des personnes qui font appel une première fois, reviennent pour consulter un deuxième, voire un troisième professionnel de soins.
Comment expliquez-vous ce succès ?
A BoulevardSanté, les patients n’ont pas besoin d’expliquer ce que c’est que d’être sourd ou malentendant. Ils sont accueillis par des professionnels qui sont sensibilisés et tiennent compte de leurs besoins spécifiques. Une boucle magnétique est disponible, on est attentif à leurs besoins particuliers de communication, à la sensation de fatigue qu’ils peuvent éprouver, etc. C’est tout l’intérêt de proposer un centre spécifique qui les accueille en abordant les problématiques de santé dans leur globalité.
Pourquoi en plus de BoulevardSanté Sàrl qui propose des prestations de soin, avez-vous décidé de fonder BoulevardSanté Association ?
BoulevardSanté Sàrl est une structure identifiée comme un lieu de ressources pour les personnes sourdes et malentendantes: les thérapeutes y ont un statut d'indépendant et ils sont sensibilisés à la surdité et à la malentendance pour exercer leur métier de soin. L'association vient en plus, avec l’objectif d’effectuer un travail de sensibilisation, de prévention et de formation des patients et dans le futur de formation des professionnels de santé aux spécificités de la prise en charge des patients sourds et malentendants. Elle organise aussi bien des conférences que des cours, des conseils et des lieux d'accueil et d'échanges, avec un message clair: se soigner c'est bien, devenir acteur de sa santé c'est mieux !
Comment est financée cette association ?
Nous avons obtenu un sous-contrat de prestations OFAS, via la Fédération Suisse des Sourds, pour organiser des conférences, des cours etc... Mais nous sommes aujourd'hui à la recherche de fonds pour, par exemple, former des professionnels de santé à la problématique de la surdité, avec l’idée qu’un jour, nous pourrons mettre en place un véritable centre de soins communautaires consacré à la surdité.
Comment expliquez-vous que ce type de démarche relève de l’initiative privée ?
En France, où ils ont un peu plus de 30 ans d'avance sur nous, ce type de prestations est parti de l’initiative individuelle d’un médecin. En Suisse, et plus spécifiquement dans le canton de Vaud, cette thématique a été proposée au Service de la Santé Publique par la Fédération Suisse des Sourds et moi-même en 2015. Depuis, Unisanté et le CHUV se sont lancés dans un processus de réflexion et de recherche, dans une démarche académique. Mon rythme à moi étant celui d’une professionnelle de terrain, je n'ai pas souhaité attendre plus longtemps et j'ai mis en place BoulevardSanté.
Cela dit, nous collaborons très bien avec Unisanté avec des approches complémentaires et à terme, nous pourrions bien aboutir à des initiatives communes. En 2019, ouvrait à Lausanne BoulevardSanté, une structure de soins fondée par Corinne Béra, psychothérapeute FSP spécialisée en surdité, destinée à réunir dans un seul et même lieu des professionnels de la santé sensibilisés spécifiquement aux questions de surdité et de malentendance.
L’équipe pluridisciplinaire qui anime BoulevardSanté, et dont la plupart des membres sont capables de communiquer en langue des signes LSF et/ou en langue parlée et complétée LPC, offre ainsi une très large palette de soins orientée en direction des personnes en situation de handicap auditif: psychothérapie, physiothérapie, sexologue, thérapeute d'apprentissage, etc. Sans but lucratif, l’Association BoulevardSanté, a été créée le 20 mars 2023, et oeuvre dans le domaine de la santé (physique, mentale, sexuelle, et psycho-sociale) pour les personnes sourdes et malentendantes. Elle développe ses actions d’une part auprès du public cible, du réseau surdité et malentendance et d’autre part auprès des professionnels de santé.
Un lieu de soin et une association
13 octobre 2025
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Point fort
L’initiative pour l’inclusion sera déposée à Berne le 5 septembre prochain
Au début du mois de juillet, ce texte réunissait déjà plus de 105'000 signatures. Les Suisses devront donc très probablement se prononcer pour une meilleure intégration sociale et professionnelle des personnes handicapées, y compris les malentendants.
Le 5 septembre prochain dès 14 heures, les signatures de « l'initiative pour l'inclusion » seront déposées à la Chancellerie fédérale, à Berne. Plus de 1000 personnes sont attendues pour la grande manifestation en faveur en faveur de l'inclusion et de l'égalité des personnes avec et sans handicap qui sera organisée en parallèle de la remise de signatures.
Pour rappel, depuis deux décennies, la Constitution suisse garantit un certain niveau de protection contre les discriminations fondées sur un handicap physique, cognitif ou psychique. La Suisse dispose ainsi d’une loi sur l’égalité des personnes handicapées (LHand) et a ratifié la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées (CDPH). Reste que ces droits humains fondamentaux sont mis en œuvre de façon extrêmement hésitante, voire pas du tout, notamment sur le plan cantonal où de nombreuses insuffisances subsistent.
Réseau interpartis
Face à ce constat, un large réseau interpartis regroupant des personnes handicapées, la société civile, des organisations spécialisées et des associations, dont FoRom écoute, soit plus de 1000 soutiens, ont lancé une récolte de signatures pour exiger l’égalité en droit et dans les faits des personnes handicapées.
« La Suisse dispose d’une loi sur l’égalité des personnes handicapées mais celle-ci demeure largement incomplète pour permettre une pleine intégration sociale et professionnelle, constate Laurent Huguenin, président de FoRom écoute, la fondation romande des malentendants. Pour les malentendants par exemple, les mesures de soutien, que ce soit sous forme d’assistance, de moyens auxiliaires ou d’autres mesures d’adaptation sont insuffisantes. C’est la raison pour laquelle FoRom écoute soutient pleinement cette initiative ».
L’initiative, intitulée «Pour l’égalité des personnes handicapées (initiative pour l’inclusion)» demande ainsi une modification de la constitution fédérale afin qu’y soient ajoutés les articles suivants :
¹ La loi pourvoit à l’égalité de droit et de fait entre les personnes handicapées et les personnes non handicapées dans tous les domaines de la vie. Les personnes handicapées ont droit, dans le cadre de la proportionnalité, aux mesures de soutien et d’adaptation nécessaires à cet effet, notamment à une assistance personnelle et technique.
² Les personnes handicapées ont le droit de choisir librement leur forme de logement et l’endroit où elles habitent et ont droit, dans le cadre de la proportionnalité, aux mesures de soutien et d’adaptation nécessaires à cet effet.
« Cette initiative vise à améliorer l’accessibilité dans tous les domaines de la vie, comme par exemple l’accès à la culture (que les acteurs des milieux culturels étoffent leur offre et prennent mieux en compte les besoins des personnes déficientes auditives, avec le sous-titrage, l’interprétation en LPC et/ou en LSF), ou encore dans le monde du travail (moins de discrimination à l’embauche, meilleure ouverture sur le marché de l’emploi, meilleure connaissance de notre handicap par les services publics, employeurs, instituts de formation et écoles, mise en place simplifiée d’adaptations sur la place de travail, etc.) explique Hadja Fatim a Marca-Kaba déficiente auditive et membre du comité d’initiative. Par ailleurs, elle entend corriger le tir, suite au rapport de la CDPH qui a relevé un très important retard et de nombreuses lacunes dans la mise en place par la Suisse des engagements qu’elle a pris en signant cette Convention. Enfin, que notre expertise soit reconnue et que nos décisions ne soient pas prises par autrui, mais par nous ou alors avec notre pleine collaboration.
13 octobre 2025
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Actualités
Pourra-t-on soigner les surdités grâce aux nanoparticules?
À l’aide de nanoparticules aimantées, un chercheur américain ambitionne de pouvoir transporter les médicaments directement à l’intérieur de l’oreille interne. Son projet de recherche révolutionnerait ainsi la prise en charge médicamenteuse des pertes auditives.
Voici une piste de traitement suffisamment prometteuse pour que le chercheur qui s’y adonne reçoive une bourse d’un million de dollars, versée par l’Institut national américain sur la surdité et les troubles de la communication. Directeur de la division d’oto-neurologie et professeur titulaire à l’université de Cincinnati (USA), spécialisé dans les troubles de l’audition et de l’équilibre, le Pr Daniel Sun ambitionne en effet d’avoir recours à des nanoparticules magnétiques pour traiter la surdité.
Mais de quoi s’agit-il exactement? Déjà largement utilisées pour le diagnostic et le traitement de certains cancers, les nanoparticules magnétiques sont des dispositifs de taille nanométrique qui s’insèrent au cœur des cellules et y importent leurs propriétés physiques, ici en l’occurrence leur caractère aimanté. Détectables, et manipulables à distance, elles sont donc stimulables par un champ magnétique extérieur, leur déplacement leur permettant ainsi de faire office de véritable transporteur des substances thérapeutiques vers la cible escomptée.
Et c’est là que leur intérêt réside en matière de traitement des surdités, puisque ces nanoparticules peuvent convoyer et déposer les molécules médicamenteuses actives directement au cœur des cellules cibles de l’oreille interne.
Vrai potentiel « De nombreux médicaments dotés d’un vrai potentiel pour soigner la perte auditive et la retarder ou même l’inverser sont actuellement en cours d’élaboration. Mais jusqu’à présent, nous n'avions pas de moyens efficaces et non invasifs de les introduire dans l'oreille interne. Les nanoparticules magnétiques pourraient donc servir à les transporter pour les livrer dans l’oreille, ce qui ouvrirait un nouvel horizon de prise en charge et de traitement des surdités » explique le Dr Sun qui ajoute : « Nous cherchons à comprendre comment ces particules pénètrent réellement la membrane qui sépare notre oreille moyenne de l'oreille interne et comment ces particules se dirigent vers les zones de l'oreille interne où nous avons besoin qu'elles se rendent. A moyen terme, nous aimerions nous orienter vers un avenir où les gens, quels que soient leur âge ou leur état de santé, pourront suivre en toute sécurité ces traitements avec ces médicaments prometteurs d'une manière peu invasive et efficace pour traiter leur perte auditive »
En dehors des corticostéroïdes, il n’existe actuellement aucun médicament capable de traiter la perte auditive et qui soit approuvé par la Food and Drug Administration, l’agence américaine des médicaments.
13 octobre 2025
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Actualités
Pourquoi les malentendants et sourds n’ont pas participé aux Jeux paralympiques?
Les sourds et malentendants ont leurs propres Jeux olympiques appelés Deaflympics, accessibles à toute personne dont la perte auditive est supérieure à 55 décibels. Une spécificité qui remonte à 1924, liée pour l’essentiel à l’histoire du mouvement sourd.
Alors que les Jeux paralympiques de Paris se sont terminés ce dimanche, les plus observateurs auront sans doute remarqué l’absence de tout malentendant ou sourd dans les compétitions. S’agit-il d’un ostracisme ? Pas du tout ! L’explication réside ailleurs, plus exactement dans le fait que les sourds et malentendants ont… leurs propres jeux olympiques.
Pour comprendre cette spécificité, il faut remonter à 1924, soit 36 ans avant les tout premiers Jeux paralympiques qui ne datent eux que de 1960. C’est au début du 20e siècle en effet que furent fondés les premiers Deaflympics, à l’époque appelés « International Silent Games », destinés exclusivement aux sportifs sourds et malentendants. Leur fondateur est un certain Eugène Rubens-Alcais, un militant sourd français surnommé « Le Coubertin sourd » qui avait consacré une large part de sa vie à la défense de la langue des signes, alors largement ostracisée et marginalisée.
Prendre son destin en main
« Le point de départ de la création de ces jeux, c’était l’idée qu’il appartenait aux sourds et malentendants de prendre eux-mêmes leur destin en main, y compris dans le domaine sportif, explique un spécialiste du mouvement sourd. Cela s’inscrivait également dans la revendication du fait que la surdité n’était pas un handicap, encore moins en matière de pratique sportive, mais une culture linguistique minoritaire ». Un point de vue largement confirmé par le Comité international des sports des sourds, -officiellement reconnu par le Comité international olympique et non le Comité paralympique international-, et dont la position est explicite : « Les sourds ne se considèrent pas comme des handicapés mais plutôt comme faisant partie d’une minorité culturelle et linguistique. (…) Au sein de la communauté des sourds, le soutien à des Jeux séparés est prépondérant ». « De manière très pragmatique, l’autre raison de la séparation entre Deaflympics et Jeux paralympiques est financière, ajoute notre expert. Avec leurs propres Jeux, les athlètes des Deaflympics sont capables de communiquer entre eux, ce qui implique un bien moindre recours aux interprètes, très onéreux ».
Signaux lumineux
Seule condition pour participer aux Deaflympics : avoir un seuil d’audition inférieur à 55 décibels dans la meilleure des deux oreilles, et surtout ne pas porter d’appareillage auditif durant la compétition, au cours de laquelle s’appliquent d’ailleurs exactement les mêmes règles sportives que pour les Jeux olympiques ordinaires. Seule différence notable : l’usage de signaux lumineux stroboscopiques pour marquer le départ des différentes épreuves. Une trentaine de disciplines dont l’athlétisme, la natation, le curling, le ski etc figurent au programme de ces Jeux qui se tiennent tous les deux ans, en alternance entre jeux d’été et jeux d’hiver. La principale difficulté réside aujourd’hui dans la faiblesse des recettes publicitaires, quasi-inexistantes, et qui ne suffisent pas à en assurer le financement. Quant à la Suisse, elle a participé à l’aventure des Deaflympics quasiment depuis leurs débuts, dès 1928, avec des délégations allant d’une trentaine d’athlètes au début des années 2000, à 8 athlètes seulement, âgés de 18 à… 63 ans qui ont participé à la dernière édition en mars dernier, à Erzurum en Turquie.
13 octobre 2025
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Point fort
Appareils auditifs: une application mobile pour s’entraîner à entendre!
Élaborée aux HUG et gratuite, AudioRehab+ est une application mobile qui permet aux sourds et malentendants nouvellement appareillés de réaliser un entrainement auditif destiné à améliorer leur compréhension de la parole.
Porteurs d’un appareil auditif, d’un implant cochléaire, d’un BAHA ou de toute autre prothèse auditive, cette application pour smartphones est sans aucun doute pour vous. Disponible gratuitement sur l’AppStore et Google Play depuis le mois d’avril dernier, AudioRehab+, c’est son nom, est une solution d’entrainement auditif destinée aux personnes sourdes et malentendantes à qui elle propose plus de 150 exercices permettant de s’entraîner la compréhension de la parole. Trois niveaux de difficulté, plusieurs voix et rythmes de parole, mais aussi des parcours d’entraînement libre ou guidé selon le besoin, l’offre est multiple et variée…
« Notre longue expérience de la rééducation avec les implantés cochléaires, pour lesquelles la rééducation auditive est indispensable et obligatoire, nous a beaucoup inspirés, explique Angelica Perez Fornos patronne du Centre universitaire romand d’implantation cochléaire (CURIC) aux HUG et coresponsable, avec l’assistante de recherche Maëlys Le Magadou, de ce projet unique dans le monde francophone. Pour les porteurs d’appareils auditifs, qui ne bénéficient d’aucun programme officiel, la rééducation est importante pour réapprendre à entendre avec la prothèse. Or pour eux, rien n’était disponible en français. C’est la raison pour laquelle nous avons élaboré AudioRehab+, une solution spécifiquement destinée à répondre à ce besoin et qui permet à chacun de s’entrainer n’importe où et à n’importe quelle heure ».
4 années de recherches
Élaborée durant plus de 4 années de recherches grâce à l’expertise des professionnels de l’audition du CURIC (logopédistes, ingénieurs, spécialiste des jeux) et avec la collaboration de patients très tôt intégrés dans sa conception, son développement et sa validation, AudioRehab+ a pour objectif de permettre aux nouveaux porteurs d’appareils de devenir, via des exercices ciblés, les acteurs de leur propre rééducation auditive.
« Depuis le mois d’avril, et sans campagne de promotion, cette application, que nous avons voulue la plus universelle possible puisque nous l’avons doublée d’une application web, a été téléchargée près d’un millier de fois sur les stores Apple et Android se réjouit Angelica Perez Fornos. Et les retours que nous avons eus, aussi bien des professionnels de l’audition que des patients eux-mêmes sont très positifs. On peut même ajouter très constructifs, car ils nous ont permis de détecter des points d’amélioration très intéressants».
Améliorations à venir
Et c’est un peu là que le bât blesse. Réalisée grâce à un financement unique de la Fondation Privée des HUG, AudioRehab+ va devoir au cours des mois et années à venir, faire en effet l’objet de plusieurs ajustements et améliorations. D’une part pour faire face aux mises à jour successives des systèmes d’exploitation qui équipent les smartphones, mais aussi pour implémenter de nouvelles fonctionnalités.
Or tout cela a un coût : « Aujourd’hui, le principal challenge d’AudioRehab+, c’est au fond le financement, résume Angelica Perez Fornos. L’enjeu principal à venir sera donc de trouver des fonds pour les indispensables réactualisations, mais aussi pour que l’application soit améliorée pour par exemple permettre des interactions avec les logopédistes et autres professionnels, qui pourront ainsi proposer des exercices ciblés à chaque patient ».
13 octobre 2025
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Actualités
C’est officiel, Apple est devenu un fabricant d’aides auditives
Aux Etats-Unis, l’agence américaine du médicament vient de délivrer une autorisation pour que les écouteurs sans fil AirProd Pro 2 soient reconnus comme aides auditives. Cette fonctionnalité, destinée aux pertes auditives légères ou modérées, sera déployée en Suisse dans les semaines à venir.
La société Apple vient de franchir un pas de plus vers un véritable usage médical de ses écouteurs. Jusqu’ici réservés à un usage courant, les voici en effet en train de se muer progressivement en véritables appareils auditifs. La Food and Drug Administration, la puissante agence américaine des médicaments, vient de délivrer une autorisation pour les écouteurs sans fil AirProd Pro 2 qui peuvent donc désormais être officiellement utilisés comme de véritables appareils auditifs. Une autorisation qui s’inscrit dans le prolongement d’une nouvelle règlementation qui en 2022 a autorisé aux Etats-Unis, la vente d’appareils auditifs sans prescription médicale ou même réglage par un audioprothésiste.
« En prenant cette décision et en changeant l’usage potentiel des AirPods Pro 2, la FDA vient de mettre d’un coup sur le marché des dizaines de millions d’appareils auditifs, observe le représentant d’un fabricant d’appareils basé en Suisse et qui a souhaité garder l’anonymat. Au vu de la diffusion massive de ces écouteurs dans le monde entier, et dont le prix est de surcroît largement abordable, c’est une énorme concurrence qui se met en place sur un marché très disputé ».
Pour réussir ce petit miracle, avec affirme-t-elle une « prestation de qualité clinique », la célèbre firme de Cupertino n’a en effet pas besoin de commercialiser de nouveaux modèles d’écouteurs. Elle a simplement recours à… une mise à jour logicielle, dont le déploiement a été effectué la semaine passée lors du passage à iOS 18, le système d’exploitation qui équipe les iPhone. « Les fonctionnalités logicielles révolutionnaires que nous intégrons aux AirPods Pro font la part belle à la santé auditive et offrent des moyens inédits de dépister une éventuelle perte auditive et de recevoir l’aide nécessaire » explique ainsi la Dʳᵉ Sumbul Desai, vice-présidente de Health d’Apple.
Test auditif en 5 minutes
Dès lors et à condition d’être dans un environnement calme, tout porteur d’AirPods pro pourra activer un « mode malentendant » et effectuer sur son iPhone un test auditif en quelques minutes. Un résumé sera ensuite disponible et pourra si besoin être partagé avec des professionnels de l’audition pour analyse. Et ce n’est pas tout : les écouteurs pourront ensuite, en fonction de ces résultats, « amplifier » les sons, et l’utilisateur pourra affiner leurs réglages en modulant en temps réel et automatiquement certaines fréquences pour améliorer son audition et mieux entendre. Pour l’heure, cette nouvelle fonctionnalité s’applique, selon l’entreprise, uniquement aux personnes âgées de plus de 18 ans et souffrant d’une perte auditive « légère à modérée », avec à la clé, des résultats qui seraient extrêmement probants.
Selon la FDA, un essai clinique mené auprès de 118 personnes a montré que celles-ci bénéficiaient d’un « perçu similaire aux personnes ayant bénéficié d’ajustements par un professionnel sur le même appareil ». Dans l’attente de la délivrance des autorisations sanitaires locales, cette fonctionnalité qui devrait être disponible dans les prochaines semaines dans une centaine de pays, y compris en Suisse, ne semble pas émouvoir les professionnels du monde de l’audition. Cité par le journal Le Temps, le groupe suisse Sonova qui possède Phonak explique ainsi : «Bien que nous ne connaissions pas encore toutes les fonctionnalités et capacités de l’AirPod Pro 2 d’Apple, Sonova a toujours été favorable aux moyens nouveaux et innovants de sensibiliser le grand public à l’importance de la santé auditive. En général, nous accueillons favorablement tout développement qui permet aux personnes souffrant de perte auditive de bénéficier d’un accès facile aux solutions». « Aussi performants qu’ils puissent être un jour, les Airpods ne remplaceront jamais l’accompagnement et le suivi que seul un professionnel de l’audition spécifiquement formé peut apporter, explique un audioprothésiste contacté par forom écoute. En revanche, leur faible coût, comparé à celui des aides auditives actuellement sur le marché, représente un avantage comparatif qui pourrait bien en séduire beaucoup, et ce malgré leurs évidentes insuffisances ».
13 octobre 2025
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Point fort
Jeunes malentendants: voyage aux confins de l’univers
Le 28 septembre, à l’invitation de la Commission jeunesse de FoRom écoute, une vingtaine de jeunes malentendants se sont retrouvés au célèbre CERN, le l’organisation européenne pour la recherche nucléaire de Genève pour une après-midi consacrée… à la recherche des secrets de l’univers.
La meilleure manière de percer les mystères de l’univers est de se rendre là où les chercheurs du monde entier se retrouvent pour faire avancer la science. En ce samedi 28 septembre, ce sont donc une vingtaine de malentendants en provenance de toute la Romandie qui se sont retrouvés à Genève et plus exactement au CERN.
Le CERN, c’est la célèbre Organisation européenne pour la recherche nucléaire, où du reste fut inventé le web, mais qui est surtout un des plus grands et des plus prestigieux laboratoires scientifiques du monde. Situé à cheval sur la frontière franco-suisse, il a, fort de ses milliers de chercheurs, la vocation d’explorer la physique fondamentale, ainsi que la découverte des constituants et des lois de l’Univers.
L’idée de cette sortie hors norme revient à Rachel Millo, membre avec Annabelle Coquoz et Bastien Perruchoud, de la Commission jeunesse de FoRom écoute. « Je suis moi-même Genevoise et j’étais déjà venue ici il y a longtemps, raconte Rachel. Alors je me suis dit : pourquoi ne pas organiser une sortie ici, cela peut-être à la fois sympa et très instructif !».
Grande affluence
Sur le principe, l’idée est simple. Mais la mettre en pratique a été ardu, en raison de l’extrême affluence observée au CERN, l’institution attirant énormément de visiteurs. « Les réservations se font quasiment six mois l’avance. A la base, j’avais une première fois tenté de réserver en septembre 2023 pour le printemps suivant, mais c’était déjà plein, explique Annabelle Coquoz. Alors dès que les réservations ont été à nouveau ouvertes, je me suis précipitée pour avoir des places pour ce samedi, les visites en week-end étant d’ailleurs encore plus courues. »
C’est à 11h15 que tout le groupe s’est retrouvé au Big Bang Café du CERN, pour la distribution des badges ainsi que les consignes dispensées par Bastien Perruchoud. Contrairement à ce qui prévalait dans le passé et en raison des progrès techniques, il est désormais possible d’approcher les immenses champs magnétiques qui accélèrent les particules, sans avoir besoin de se séparer de ses implants cochléaires ou de ses appareils auditifs. Une précaution inutile car en ce jour, l’accélérateur et collisionneur de particules est en fonctionnement et personne ne peut avoir accès aux puits qui y conduisent, essentiellement en raison de la radioactivité qui peut y être potentiellement enregistrée.
Visite virtuelle
C’est donc à une visite virtuelle que les jeunes de FoRom écoute auront accès, scindés en deux groupes, après un passage en bus de la frontière, l’un suivant la traductrice LPC et l’autre celle officiant en langue des signes. Visite virtuelle, mais très réaliste, tant la sensation de rejoindre les profondeurs en ascenseur est bluffante, en particulier grâce à des écrans défilants et la reproduction des galeries souterraines, très proche de la réalité. Mais l’essentiel est en fait ailleurs, car le discours des deux guides réservés pour l’occasion a été passionnant, même si la vulgarisation scientifique reste un art difficile, et expliquer le fonctionnement du Grand collisionneur de hadrons, le plus grand et le plus puissant collisionneur du monde, évidemment complexe.
Big bang 
Mais faisons simple : grâce aux plus puissants aimants jamais construits et dont la puissance excède de 200'000 fois celle du champ magnétique terrestre, il est possible, via des anneaux enfouis à 100 mètres de profondeur et dont le plus grand mesure 27 km de circonférence, de propulser et de faire collisionner frontalement des particules frôlant la vitesse de la lumière, avec pour conséquence la production de… nouvelles particules. Un phénomène qui, dans un grand mouvement allant de l’infiniment petit à l’infiniment grand permet aux chercheurs de trouver des explications sur l’origine de l’univers, depuis le célèbre big bang. En fin d’après-midi, et après une visite du centre de contrôle du CERN, suivi d’une riche séance de questions, tout le groupe s’est retrouvé autour d’un sympathique dernier verre, histoire de faire le point, dans la bonne humeur, des bons moments d’une journée particulièrement riche en enseignements.
13 octobre 2025
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Actualités
En Suisse, le bruit au travail cause 1000 maladies professionnelles chaque année
La perte auditive est la première cause de maladie professionnelle en Suisse. Dans certains milieux professionnels, en particulier l’industrie, une prévention adaptée est indispensable.
Organisée par l’association Journée nationale de l’audition, aux activités desquelles FoRom écoute s’est à plusieurs reprises associé, la 9ème édition de la Semaine de la Santé Auditive au Travail démarre ce 14 octobre. Destinée prioritairement aux acteurs de la santé, de la prévention et de la sécurité au travail, mais aussi au grand public, cette Semaine invite à mieux prendre en compte la prévention auditive dans la qualité de vie au travail, en mettant en particulier l’accent sur les nuisances du bruit.
Responsabilité des employeurs
Selon la SUVA, la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents, qui procède chaque année à des contrôles du bruit dans plusieurs centaines d’entreprises, quelque 200’000 personnes en Suisse sont exposées à un niveau sonore supérieur aux valeurs limites pendant leur travail tandis que les lésions auditives consécutives représentent la maladie professionnelle la plus fréquemment reconnue, avec plus de 1000 nouveaux cas enregistrés chaque année.
« Beaucoup de collaborateurs, en particulier les artisans et les employés de l’industrie, travaillent dans un environnement où ils sont exposés à un niveau sonore élevé, ce qui peut endommager l’ouïe à moyen terme », explique l’organisation, principal assureur-accidents de Suisse qui précise que la protection des employés « relève de la responsabilité des employeurs ». « La particularité de l’exposition auditive excessive sur le lieu de travail est que les lésions et les pertes auditives, souvent irréversibles, surviennent souvent des décennies après la période d’exposition, explique un épidémiologiste genevois spécialiste de la santé publique. C’est la raison pour laquelle les employeurs ont parfois du mal à prendre en compte les questions de protection contre le bruit excessif sur les lieux de travail. Or dans cette perspective, la prévention est pourtant essentielle ».
Protection auditive recommandée
« Dans la pratique, on considère que toute personne exposée à un niveau sonore supérieur ou égal à 85 dB doit porter une protection auditive même lorsque l’exposition est de courte durée. De plus, dès les premiers signes de lésion auditive, il est nécessaire de procéder rapidement à une évaluation » avertit la SUVA qui propose sur son site, des conseils de protection adaptées à chaque cas ainsi que de nombreux modules de prévention.
13 octobre 2025
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Les jeunes ont la parole
«Soyez forts et n’acceptez pas quand on vous dit que c’est impossible!»
Âgée de 39 ans, Sofia Da Assunçao Martins est malentendante depuis sa plus tendre enfance. Retour sur l’incroyable parcours, depuis le Portugal jusqu’à la Suisse, d’une jeune femme résiliente et dotée d’une volonté hors norme. Depuis quand êtes-vous malentendante ?
Depuis l’âge de trois an et demi. J’ai perdu l’audition des deux oreilles en même temps, en raison de la consommation d’un antibiotique. Mais parents ne s’en sont pas rendu compte car je parlais et j’évoluais normalement. Et c’est à la crèche au Portugal, qu’une maîtresse a compris que quelque chose n’allait pas. Mes parents m’ont donc amenée à consulter un ORL qui a diagnostiqué que j’étais sourde, même s’ils ne l’ont pas cru ! (rires)
Pourquoi ne l’ont-ils pas cru ?
Parce que comme j’avais appris à lire sur les lèvres toute seule, j’interagissais très bien et répondais quand ils me parlaient. Évidemment, le 2e ORL consulté a abouti au même diagnostic : perte auditive à 80% des deux côtés ! (rires)
Comment s’est déroulée votre scolarité ?
Plutôt bien, j’étais assiste juste à côté de l’enseignante pour pouvoir lire sur ses lèvres, car j’en avais besoin malgré mes appareils auditifs. Ce qui était plus difficile en revanche, c’étaient les moqueries et le harcèlement, pas faciles à vivre. Au collège, puis au lycée également, j’ai obtenu de bonnes notes, même si bien sûr je travaillais beaucoup le soir, une fois rentrée chez moi. Et puis, il faut dire aussi qu’en lieu et place de mes cours d’anglais, j’avais des cours de soutien en portugais et en mathématiques.
Que faites-vous après l’école obligatoire ?
L’université ! Je voulais devenir vétérinaire mais mon père n’a pas voulu car cela impliquait de quitter ma ville natale d’Aveiro. Alors, comme je voulais absolument faire des études, j’ai choisi le bachelor en biologie. Je suis d’ailleurs la première de la famille à avoir fait des études universitaires et j’en suis très fière parce que toute petite, un enseignant avait dit à mes parents : « Ce sera très compliqué pour elle de devenir quelqu’un ! ».
Avez-vous été soutenue dans votre parcours ?
Pas vraiment, je me suis toujours débrouillée toute seule en puisant mes forces en moi-même, même si je suis ce que je suis grâce à mes parents, que je remercie malgré leur tendance à trop me protéger (rires).
Tout de même, l’université, ce ne devait pas être facile !
Pas facile du tout ! Il fallait tout écrire, reprendre les notes le soir, vérifier que les infos que j’avais prises était justes, faire des fiches… c’était un travail énorme !
Que faites-vous après l’uni ?
J’ai rejoint mes parents qui venaient de s’installer en Valais. C’était en 2011, j’avais 25 ans, et il a fallu tout recommencer à zéro. J’ai commencé par trouver un job comme femme de ménage et fille au pair et j’ai pris des cours de français que je ne parlais pas du tout à l’époque.
Comment la situation s’est-elle débloquée pour vous ?
Je voulais avancer. Alors un jour, je suis allée voir l’AI en disant : « je ne veux surtout pas d’argent mais je veux que vous m’aidiez à trouver un travail !». Et là, un conseiller m’a proposé de tenter l'Ecole des métiers du laboratoire à Genève. J’ai passé l’examen d’entrée, et trois ans plus tard en juin 2017 j’étais diplômée en tant que technicienne en analyses biomédicales ! Et comme j’avais suivi mon stage aux HUG, j’y ai été embauchée 6 mois plus tard au laboratoire de bactériologie. J’y travaille toujours !
Travailler dans un laboratoire, ce n’est pas trop compliqué pour une malentendante ?
Ce n’est pas toujours évident bien sûr, mais avec le temps mes collègues ont appris à s’adapter et surtout j’adore mon travail ! Il faut dire aussi que depuis que j’ai été implantée, il y a six ans, les choses sont devenues plus faciles, même si bien sûr tout n’est pas parfait. L’implant a changé beaucoup de choses, je peux répondre au téléphone, entendre les alarmes et j’ai moins besoin d’avoir recours à la lecture labiale, même si à la fin de la journée, je reste très fatiguée. Rendez-vous compte : avant les implants, je ne savais pas que le papier toilette pouvait faire du bruit ! (rires)
En travaillant à 100% vous reste-t-il du temps pour des hobbies ?
Oui bien sûr. Je voyage beaucoup car j’adore ça, je fais du fitness et surtout de la randonnée qui me permet de me ressourcer !
D’où vous vient cette incroyable volonté de réussir, et finalement ce destin hors norme qui vous a fait triompher de toutes les difficultés ?
Partout où j’ai été depuis toute petite on m’a toujours dit : « ce n’est pas pour toi, c’est trop compliqué » etc… Même durant mon premier stage aux HUG une enseignante m’a dit « Vous n’êtes pas faite pour ce métier ». C’est de là me vient cette rage de réussir et de montrer que je peux tout faire comme les autres et avancer ! Si j’ai un conseil à donner aux autres malentendants, c’est celui-ci : « soyez forts et n’acceptez pas quand on vous dit que c’est impossible ! »
13 octobre 2025
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Actualités
Régler soi-même ses appareils auditifs serait performant…
Selon une étude sud-africaine publiée en juillet dernier, ajuster soi-même les réglages de son appareil auditif serait, en cas de surdités modérées ou légères, aussi performant que ceux opérés par un audioprothésiste.
Voici une étude dont les résultats sont tout à fait décoiffants. En mars 2023, FoRom écoute s’était fait écho d’une information importante venant des Etats-Unis. Là-bas depuis plus d’une année, il est tout à fait possible d’obtenir librement et sans ordonnance des appareils auditifs en cas de perte auditive légère ou modérée.
L’objectif de cette nouvelle règlementation était bien évidemment de faire diminuer le coût des appareils auditifs pour les faire passer d’une moyenne de 5000 dollars la paire, soit l’équivalent en francs, à environ la moitié.
Une démarche qui avait suscité le scepticisme de nombreux audioprothésistes en Suisse dont Raphaël Furioux audioprothésiste indépendant à Yverdon-les-Bains (VD) qui avait déclaré : « Ce que les patients doivent savoir, c’est que la pose d’un appareil auditif doit être suivie d’une réhabilitation car c’est le cerveau du patient qui apprend. Et je ne vois pas comment on peut adapter un appareil sans examens audiométriques, ni réglages ensuite ».
Pas de différence
Seulement voilà : une étude de l’Université de Pretoria (Afrique du Sud), publiée en juillet dernier dans le journal JAMA Otolaryngology Head Neck Surgery, vient jeter un sacré coup de pied dans la fourmilière. Selon les résultats obtenus en effet, il n’y aurait tout simplement pas de différences entre un réglage effectué par un audioprothésiste et un réglage effectué par… l’utilisateur lui-même.
Pour aboutir à ces résultats, les chercheurs ont comparé la qualité de la correction auditive chez deux groupes de personnes équipées d’un même modèle d’appareils, le Lexie Lumen. Dans l’un, les malentendants avaient effectué eux même le réglage de leur appareil, dans l’autre les ajustements avaient été le fait d’un audioprothésiste.
« Cette étude de recherche comparative a démontré que les aides auditives auto-ajustées en vente libre peuvent offrir des avantages à long terme comparables aux aides auditives adaptées par un audiologiste pour les personnes souffrant de perte auditive légère à modérée » peut-on ainsi lire en conclusion de l’étude qui reconnait néanmoins les limites de l’exercice : « Des appareils moins performants auraient pu produire des résultats avec différents niveaux de satisfaction des utilisateurs. Il faudrait mener de nouvelles recherches en utilisant une plus grande diversité d’appareils et de modèles pour confirmer les résultats généralement positifs obtenus ici », conclut la publication.
Pays du Sud
« Avec les progrès technologiques et informatiques, il faut s’attendre en effet à ce que l’auto-ajustement des appareils soit de plus en plus aisé et de plus en plus performant, analyse un audioprothésiste neuchâtelois.
Pour des pays développés, à forte densité d’audioprothésistes, ce n’est pour l’instant pas une option, tant le suivi par un professionnel reste à mon avis bien plus efficace. Mais pour des pays du Sud, les résultats de cette étude, s’ils venaient à être confirmés, représentent une possibilité de mieux entendre pour des dizaines de millions de personnes ».
13 octobre 2025
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Dans les cantons
A Genève, des spectacles surtitrés sur des tablettes
Depuis l’année passée, le Théâtre de Carouge (GE) propose à ceux qui le souhaitent le surtitrage de ses spectacles via un système de tablettes. Une démarche plébiscitée par le public malentendant.
Depuis de nombreuses années, le Théâtre de Carouge à Genève s’implique pour faciliter l’accessibilité de ses spectacles à tous les publics, y compris ceux présentant un handicap ou une déficience sensorielle. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en matière de handicap auditif, les efforts sont conséquents. Le théâtre met ainsi à disposition du public une dizaine de colliers magnétiques à réserver au moment de l’achat des billets. Compatibles avec les appareils auditifs en position T, ces derniers utilisent un système intitulé « listen everywhere » qui permet également aux personnes qui le souhaitent, de capter le son des spectacles directement avec leur appareil auditif, via une application à télécharger sur leur téléphone portable.
Et ce n’est pas tout. En complément des colliers, le théâtre propose également à ceux qui ne sont pas équipés d’appareils auditifs ou ne disposent pas de la position T sur leurs appareils, une vraie offre de surtitrage de ses spectacles. Avec une particularité : depuis environ une année, ce surtitrage est exclusivement proposé via des tablettes mises à disposition du public malentendant.
Usage généralisé
« Au départ, le surtitrage était proposé via une projection au-dessus du plateau, explique Olga Timofeeva, responsable de l’accessibilité au Théâtre de Carouge et à l’origine de ce projet. C’était une solution adéquate surtout pour les personnes qui étaient en haut de la salle tandis que les spectateurs malentendants situés aux premiers rangs bénéficiaient déjà des tablettes. L’année dernière, nous avons choisi d’en généraliser l’usage car nous estimons qu’il s’agit d’une solution presque idéale : les spectateurs peuvent se placer n’importe où dans la salle, le surtitrage peut être choisi en français ou en anglais et surtout les tablettes peuvent être utilisées pour n’importe quelle scénographie, car elles sont peu lumineuses et donc très discrètes ».
Et les résultats sont là : proposé pour chaque spectacle lors de deux séances spécifiques, l’une en semaine l’autre en week-end, le surtitrage permet à chaque fois à une quinzaine de sourds ou de malentendants d’accéder à la culture en toute facilité. « Je suis enchantée des tablettes pour malentendants mises à disposition par le Théâtre de Carouge. Je suis très sourde et cela me transforme la vie, car je comprends chaque mot des acteurs. De plus, les tablettes sont d’un maniement facile et cela ne m’empêche pas de voir le spectacle » s’enthousiasme ainsi Béatrice, une alerte nonagénaire et fidèle du théâtre. « Ce travail est vraiment précieux pour des personnes qui ont toujours l'impression d'avoir manqué quelque chose, en raison de leur déficience auditive », ajoute Bertrand, également très friand de l’offre de surtitrage. « Grace à nos prestations d’accessibilité pour les malentendants, des personnes qui depuis au moins une vingtaine d'années ne pouvaient plus aller au théâtre reviennent aujourd'hui, se réjouit Olga Timofeeva. Et nous avons d’excellents retours : elles sont ravies de cette offre, font l’effort de venir et d’utiliser les tablettes, en particulier les personnes âgées pour lesquelles c’est un véritable confort. Enfin, à ceux qui le souhaitent, nous proposons également une offre plus personnalisée comme leur envoyer le texte de la pièce à l'avance ».
Pionnier
Avec un total de 30 tablettes mises à la disposition du public sur simple demande, y compris d’ailleurs aux non malentendants et non francophones qui souhaiteraient obtenir une traduction surtitrée de certains spectacles, le Théâtre de Carouge fait office de pionnier. Au prix d’un travail considérable. « C’est un gros effort et j’y consacre facilement 40 à 50 % de mon temps puisque c’est moi-même qui procède au surtitrage des spectacles, admet Olga Timofeeva. Et à la différence de ce que l’on peut avoir au cinéma, les modalités du surtitrage de spectacles vivants sont particulières, car par exemple, le texte doit être lisible d’un seul regard. Mais pour le Théâtre de Carouge qui a fait de l’inclusivité une priorité, le jeu en vaut vraiment la chandelle ».
Prochains spectacles surtitrés: Giselle à la Petite salle le 19 novembre et La crise, à la Grande Salle les 14 et 17 décembre 2024.
13 octobre 2025
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Point fort
Que faire quand un objet est bloqué à l’intérieur de l’oreille?
Bien plus souvent que l’on ne pense, il arrive que des corps étrangers soit coincés à l’intérieur de nos oreilles, un cas particulièrement fréquent chez les enfants. La meilleure chose à faire dans ces cas-là et afin de ne pas compliquer davantage la situation, est de consulter rapidement un ORL.
« Mon enfant a quelque chose qui lui bouche l’oreille de l’intérieur. Non seulement il entend moins bien, mais c’est extrêmement désagréable. J’espère qu’ils vont pouvoir le lui retirer rapidement ». L’inquiétude d’Adeline rencontrée aux urgences pédiatriques des HUG en compagnie de son fils Brian âgée de 5 ans est palpable, en ce week-end automnal. Et pour cause : aussi improbable que cela puisse paraître, la présence d’un corps étranger à l’intérieur de l’oreille est un motif fréquent de consultation en ORL ou aux urgences, qu’il s’agisse d’un enfant ou d’un adulte du reste. Un coton tige enfoncé trop profondément, un petit caillou coincé, un insecte, un jouet, une pile, des aliments, des petits bijoux… les exemples sont légion, en particulier chez les enfants, rarement conscients du risque qu’ils encourent.
Au départ peu de symptômes
Dans la grande majorité des cas, la présence d’un corps étranger à l’intérieur de l'oreille ne produit au départ peu de symptôme, raison pour laquelle les parents ou les enfants ne se rendent pas immédiatement compte du problème, même si la présence de ceux-ci peut être gênante et entrainer une baisse de l’audition en raison de l’obstruction du conduit auditif.
C’est souvent avec le temps qu’apparaissent des symptômes plus graves, souvent liés à une infection et qui peuvent si l’on ose dire, mettre la puce à l’oreille : perte d’audition donc mais aussi douleurs, démangeaisons, ou même saignements. Plus surprenant encore, il peut arriver que la présence d’un insecte encore vivant à l’intérieur du conduit auditif se traduise par des bourdonnements, des grésillements ou d’autres sensations désagréables et très déstabilisantes.
Que faire dans ce cas-là ?
Premier principe : un corps étranger doit toujours être retiré du conduit auditif externe et même en urgence lorsqu’il s’agit de piles, source de corrosion chimique, ou de tout autre objet de nature à dégager des substances toxiques.
Deuxième principe : ne jamais, jamais avoir recours à un coton tige pour tenter de retirer l’objet incriminé, au risque de l’enfoncer encore plus profondément dans le conduit auditif et d’aggraver le problème. « Chez l'adulte, il faut qu'une personne de l'entourage examine le conduit auditif externe à l'aide d'une source lumineuse et si l'objet est proche de la sortie, le retirer délicatement avec une pincette fine, explique le Dr Pierre Liard ORL à Genève et ancien président de l’association genevoise des malentendants. S'il est plus profondément implanté, on peut essayer, au moyen d'une seringue, si on en dispose, et de sérum physiologique, de rincer délicatement le conduit. L'eau va le "lubrifier" et permettre parfois de le faire glisser vers la sortie où on peut le retirer. Si cela ne fonctionne pas, il faut avoir recours à un spécialiste ORL. »
Consultation systématique pour les enfants
Chez l’enfant en revanche, le recours à l’ORL doit être systématique : « Chez l'enfant, l’objet est souvent un petit jouet ou une pièce d'un jeu comme un lego et je déconseillerais qu'un membre de la famille tente de le retirer, avertit encore le Dr Liard. L'enfant a peur, bouge et vouloir absolument le retirer pourrait nettement aggraver la situation. Dans ce cas, il faut plutôt s’adresser à un médecin ORL qui est le plus apte à retirer ce corps étranger. C’est d’ailleurs parfois tellement difficile, parce que l'enfant bouge constamment et qu'un œdème s'est formé autour du corps étranger, que le spécialiste devra avoir recours à un sédatif, voire à une mini-anesthésie générale ».
13 octobre 2025
Publié le :





















