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Une quarantaine de malentendants se sont retrouvés à Yverdon pour apprendre la lecture labiale
Les week-ends d’apprentissage intensif de la lecture labiales organisés par FoRom écoute affichent systématiquement complet. Et pour cause, ils permettent d’avancer plus vite grâce à l’apprentissage en groupe.
L’événement fait partie des rendez-vous incontournables que FoRom écoute organise année après année, pour la plus grande satisfaction des participants. Les 14 et 15 octobre dernier, une quarantaine de malentendants de tous âges et en provenance de tous les cantons romands se sont retrouvés au Grand Hôtel des Bains d’Yverdon (VD) pour un week-end entier consacré à l’apprentissage de la lecture labiale.
Organisé de main de maître, une navette a même été prévue pour garantir le transfert des participants qui le souhaitaient, ce week-end avait pour objectif de permettre un approfondissement des compétences en lecture labiale, via un apprentissage en groupe, toujours plus agréable et plus efficient.
« Un bien fou »
« Je retrouve les gens que je connais et aussi les enseignants et cela fait un bien fou », lance un participant. « J’avais déjà suivi un cours il y a une dizaine d’années, ajoute une autre et j’avais vraiment besoin de mettre à jour mes compétences. Ce week-end a vraiment été très utile. Car la lecture labiale est un complément indispensable qui m’aide énormément, soit quand je dois débrancher mon implant cochléaire, soit durant les fêtes et les rencontres à plusieurs où il y a toujours beaucoup de bruit ».
Répartis en plusieurs groupes, les malentendants-apprenants, dont un grand nombre participait pour la première fois à ce type de formation, ont ainsi consacré de nombreuses heures à l’apprentissage de la lecture labiale, sous la supervision attentive et bienveillante d’enseignantes entièrement dévouées à leur tâche. Un apprentissage long et exigeant tant la lecture labiale se fonde sur la suppléance mentale et exige d’importantes facultés de concentration.
Exigeant
« Ce sont des séminaires vraiment très utiles mais quand même bien exigeants, même si nous sommes dans un décor de rêve, conclut un septuagénaire participant manifestement enchanté par l’expérience. Ce matin par exemple, ce n’était pas facile. Il faut donc beaucoup de patience pour avancer et progresser, et surtout multiplier ce type d’événements pour consolider ce que l’on apprend ».
Bonne nouvelles, 2 nouveaux week-ends sont d’ores et déjà prévus, les 2-3 et les 16-17 décembre prochains.
13 octobre 2025
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Aux HUG, un projet innovant pour favoriser le développement de médicaments contre la surdité
Le projet « La plateforme Phoenix, un catalyseur pour le développement de nouvelles thérapies pour la surdité », mené par le Pr Pascal Senn et Rousset Francis, du Département des neurosciences cliniques vient de recevoir le Prix de l’innovation 2023 décerné par la Journée de l’Innovation des Hôpitaux Universitaires de Genève.
« Les cellules Phoenix permettent de tester un grand nombre de molécules dans un format à haut débit, permettant le calcul des caractéristiques pharmacologiques des médicaments. Notre solution permet un accès unique aux premières phases de développement de médicaments contre la perte auditive, sans coûts supplémentaires ni préoccupations éthiques liées aux expérimentations animales ». Tel est le projet, mené par le Pr Pascal Senn chef du service ORL et Rousset Francis du Département des neurosciences cliniques des HUG, et qui vient de se voir décerner le Prix de l’innovation 2023.
A la base de ce projet, une méthode de reprogrammation pour développer les cellules souches auditives de souris in vitro sans compromettre leur capacité à se transformer en neurones sensoriels matures et fonctionnels. Avec pour résultat d’aboutir à la création d’une banque de cellules autorisant le développement de médicaments, le tout en étant complètement indépendant des modèles animaux.
Modèle prometteur
La plateforme Phoenix offre ainsi une alternative solide aux technologies actuelles reposant sur des modèles cliniques obsolètes, qui in fine empêche les nouveaux médicaments d’arriver sur le marché. Alors que les solutions disponibles – appareils auditifs et implants cochléaires – sont onéreuses et ne parviennent pas à restaurer une audition naturelle, elle vise à accélérer les découvertes de nouvelles molécules et, en fin de compte, à créer de nouvelles thérapies causales contre la perte d'audition. A noter que ce très prometteur modèle substitutif a déjà été mis en œuvre dans plusieurs laboratoires aussi bien en Suisse qu’à l’étranger.
Pour rappel, un demi-milliard de personnes dans le monde souffrent de perte auditive, ce qui entraîne des conséquences socio-économiques considérables et ce alors même que le manque criant de modèles efficaces de développement de médicaments se traduit par l'absence de thérapies pour les patients concernés.
13 octobre 2025
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A Ikea Genève, les malentendants peuvent communiquer sans entraves
C’est une première en Suisse. A Genève, la célèbre enseigne de meubles a recours aux services d’une entreprise spécialisée. Tout malentendant ou sourd peut s’adresser à n’importe quel employé et obtenir en temps réel une retranscription écrite ou une interprétation en LSF ou en langage parlé complété.
En Suisse, c’est une première et le Covid n’y a pas été étranger, pour une fois de manière positive. Depuis le début de l’année en effet, Ikea Genève offre une prestation unique aux sourds et malentendants. Dès l’entrée du magasin, mais aussi à chaque poste de travail où officient les employés de la célèbre entreprise, un panneau indique la couleur : « baisse d’audition, sourd ou malentendant ? Afin de faciliter nos échanges, nous avons développé un partenariat avec le service Acceo. Nos collaborateurs peuvent faire appel à ce service sur demande ».
Acceo, déjà décrit dans un précédent article, est un service qui permet à tout malentendant de s’adresser à n’importe quel collaborateur et d’établir une interaction facilitée avec lui, en dépit du handicap auditif. Ce dernier, via son smartphone, établit immédiatement une connexion via à l’application éponyme, et à distance et en temps réel, le malentendant bénéficie grâce à un transcripteur humain, soit d’une traduction en langue des signes ou en langage parlé complété, soit d’une retranscription écrite des propos de son interlocuteur.
Un immense pas en avant pour améliorer l’accessibilité du magasin à toute personne présentant un handicap auditif, d’autant que la majorité des 250 collaborateurs d’Ikea-Vernier été formée à l’utilisation d’Acceo.
Le masque, un déclencheur…
« C’est la période du Covid qui a généré chez nous une véritable prise de conscience, raconte Guillaume Bissiau coordinateur développement durable d'IKEA Vernier, en charge du projet. Avec le masque généralisé, nous avons en effet constaté que nombre de clients étaient malentendants ou sourds et que nous étions impuissants à leur venir en aide ». Et d’ajouter : « L’autre élément déclencheur a été le jour où un de nos collaborateurs a été confronté au cas d’une petite fille qui n’a pas pu aller à la garderie car elle devait assurer la traduction entre nos collaborateurs et ses parents sourds ».
Interpellé, Guillaume Bissiau réfléchit alors à une solution. Ses premières recherches en Suisse sont infructueuses. « Je n’ai pas trouvé chez nous d’outil approprié pour faciliter les échanges entre ce type de clientèle et nos collaborateurs. Je me suis alors tourné vers la France et c’est comme ça que je suis tombé sur Acceo ».
Concours de circonstance, une filiale française d’Ikea a recours au même service, qui renseignement pris, donne entière satisfaction. « A la fin de l’été 2022, j’ai exposé mon projet à la direction puis à notre siège à Zurich qui se sont montrés d’emblée enthousiastes. Acceo a en effet de vraies lettres de noblesses avec, entre autres clients, l’armée française et probablement les Jeux olympiques l’année prochaine ».
Prix modique
Pour un prix modique, de l’ordre du millier de francs par année, l’abonnement à Acceo permet ainsi à Ikea de répondre en bonne partie aux besoins de communication de sa clientèle sourde et malentendante. « C’est un outil fabuleux et facile d’usage, conclut Guillaume Bissiau. Finalement le plus grand défi a été de former nos collaborateurs à son utilisation. D’ores et déjà 80% d’entre eux sont capables de le faire ».
Forte de la réussite de cette première expérience, très encourageante, Ikea Vernier entend étendre la démarche à d’autres prestations. Dès les mois à venir en effet, la possibilité pour les malentendants d’avoir recours à Acceo pour les appels téléphoniques au service client, mais aussi pour les services de planification qui permettent de configurer armoires ou cuisines, sera étudiée avec attention.
13 octobre 2025
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Une Taïwanaise se fait retirer une araignée vivante de son oreille
L’histoire, à proprement parler incroyable, a été relatée le 26 octobre dernier par le journal « The New England Journal of Medicine ». A Taïwan en effet, une femme âgée de 64, et aux antécédents connus d’hypertension artérielle, a consulté parce qu’elle entendant dans son oreille gauche des bruits étranges : des cliquetis, des frottements et des crissements désagréables qui la réveillaient la nuit, au point qu’elle ne parvenait plus à dormir…
3 mm de diamètre
De classiques acouphènes, comme tant de personnes présentant des troubles de l’audition en rapportent fréquemment ? Du tout ! Quelle ne fut pas la surprise des médecins qui l’ont examinée à l’aide d’un otoscope, lorsqu’ils identifièrent, nichée au fond de son conduit auditif gauche, une petite araignée de 3 mm de diamètre et… tout à fait vivante.
Pour extraire le petit insecte dont on peut voir les images sur le compte X (ex-twitter) du New England Journal of Medicine , les spécialistes ORL ont dû avoir recours à une canule et à un petit tube d’aspiration, qui a ramené non seulement la petite araignée, mais également sa coquille de mue, laissant croire dans un premier temps que l’oreille recelait non pas une, mais deux insectes.
Selon les déclarations à la chaine NBC News du Dr Tengchin Wang, directeur d’ORL de l’hôpital de Tainan à Taïwan et auteur de l’étude, la patiente « n’a pas ressenti de douleur en raison de la très petite taille de l’araignée entre 2 à 3 mm ».
A Toulouse, déjà…
Pour spectaculaire qu’il soit, l’événement n’est pas si rare, puisque les insectes représentent en moyenne 15 à 20% des corps étrangers que l’on peut retrouver à l’intérieur de nos oreilles. En 2020 en effet, un médecin ORL de Toulouse (France) réussissait lui aussi à extraire une araignée du conduit auditif d’un jeune patient, à l’aide d’eau oxygénée, l’insecte étant tout simplement ressorti avec… les bulles.
Si, selon un article scientifique publié en 2022, la plupart des cas sont bénins, « un petit sous-ensemble de patients peuvent développer des complications, notamment une infection, une perte auditive et des plaintes vestibulaires liées au corps étranger ».
13 octobre 2025
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Marie-Josée Meuwly : « Il y a toujours un chemin au bout ! »
Malentendante et appareillée à l’âge de 22 ans, Marie-Josée Meuwly est psychologue de formation. Animée par une foi authentique, cette Fribourgeoise est aujourd’hui aumônière pour l’Église catholique vaudoise, une véritable vocation qui lui permet d’être à l’écoute des autres.
Depuis quand êtes-vous malentendante ?
Je suis malentendante depuis la naissance, mais je n'ai pas été diagnostiquée tout de suite. C’est vers l’âge de 9 ans que mon père et mon médecin ont remarqué que j'avais des problèmes d’audition. D’ailleurs, ma mère elle-même en avait, et ma grand-mère aussi.
Quand avez-vous été appareillée ?
Très tard, à l’âge de 22 ans. En arrivant à l’université, j’ai eu beaucoup de mal à suivre les cours, même si tout le monde me disait : « c'est normal, il y a des grandes salles et beaucoup de bruit !». J’ai consulté, avec un résultat très clair : 50% de perte d'un côté et 40% de l'autre !
Une perte très importante tout de même !
Oui, le médecin ORL m’a même dit : « je ne sais pas comment vous avez fait pour vous débrouiller jusque-là ! ». En fait, je ne m’étais pas rendu compte que j’avais un problème et toute ma scolarité, je me suis débrouillée comme je le pouvais, probablement en lisant les sur les lèvres et en travaillant bien plus que les autres. Avec le recul, j’ai quand même compris pourquoi j’avais eu tant de difficultés avec les langues (rires) !
Qu’avez-vous fait comme études ?
J'ai suivi toute ma scolarité obligatoire à Marly, dans le canton de Fribourg. Après ma maturité, j’ai obtenu un bachelor, puis en 2018, un master en psychologie à l’université de Fribourg.
Votre appareillage vous a aidée à l’université ?
Pas au début, car je n’avais pas été très bien appareillée : le réglage des sons était compliqué et j'entendais tous les bruits ! Je pensais que c’était le maximum de ce que l’on pouvait obtenir avec les appareils, jusqu’au jour où une camarade, elle-même malentendante, Solène Perruchoud, m’a conseillé de consulter un autre audioprothésiste. Et là, c’était le jour et la nuit, je pouvais garder mes appareils toute la journée sans souci, et j’ai pu recommencer à envisager une vraie carrière professionnelle !
Que faites-vous après vos études ?
J'ai travaillé au CHUV en tant que psychologue stagiaire et au cours d’un stage, j’ai découvert l'aumônerie. J'ai alors pris conscience que c'était vraiment ce que je voulais faire comme métier. J’ai donc suivi trois ans d’études supplémentaires au Centre catholique romand de formations en Église, une belle manière de concilier ma vocation et ma foi.
Vous êtes donc aumônière ?
Oui, pour l'Église catholique dans le canton de Vaud. L'aumônerie est un vrai carrefour entre la foi et la psychologie et c'est toujours magnifique pour moi de rencontrer des gens qui me confient leurs choix, leurs questionnements et leur foi. En tant que psychologue, on écoute intellectuellement, en tant qu’aumônière, j'écoute avec le cœur. Et puis, je travaille beaucoup avec des personnes âgées qui ont souvent le même handicap que moi. Du coup on se comprend mieux !
Êtes-vous heureuse ?
Oui vraiment ! J'aimerais bien rester le plus longtemps possible dans l'aumônerie mais je ne sais pas ce que Dieu a prévu pour moi, même si j'ai quand même le sentiment que c'est là que je dois être. Je suis très reconnaissante pour tout ce que j'ai reçu dans ma vie. Ne pas entendre, ce n'est pas le plus important car ce qui compte pour moi, c'est de transmettre une Espérance. J’espère surtout que les autres malentendants ne baisseront pas les bras et qu'ils verront qu'il y a toujours au bout, un chemin.
13 octobre 2025
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«Je suis là pour répondre aux besoins des sourds et malentendants»
Depuis deux ans, Tanya Sebaï est infirmière référente pour les patients sourds et malentendants au Service de médecine de premier recours des Hôpitaux Universitaires de Genève. Retour sur une expérience hors du commun, et unique en Suisse.
Quel est votre rôle en tant qu’infirmière référente ?
Ma tâche est très vaste. Mon rôle est d’être un lien entre les personnes ayant un problème d’audition et les personnes entendantes dans le milieu hospitalier et ce afin que l’interaction se passe au mieux et que tout le monde puisse se comprendre. J’agis donc de manière transversale dans les différents services des HUG lorsque s’exprime un besoin dans la communication avec les personnes sourdes ou malentendantes. Je mets à la disposition de ces dernières des outils de communication, je peux aussi les accompagner aux consultations ambulatoires en cas de besoin, leur venir en aide pour les démarches administratives, etc. Enfin, je travaille pour sensibiliser et informer les professionnels des HUG sur toutes les questions en lien avec la surdité.
Quelles sont les qualités pour exercer ce travail ?
Évidemment, il faut beaucoup de patience, ainsi que des capacités d’écoute et d’empathie. Il est aussi très important de bien connaître la culture sourde tant celle-ci recèle des éléments typiques qui ne sont pas ou peu connus. Et puis, il faut bien sûr connaître l’organisation hospitalière pour pouvoir faire le lien avec les patients malentendants et sourds tout en leur expliquant exactement ce qu’ils y vivent. Enfin, en tant qu’infirmières les compétences en santé sont indispensables…
Le fait d’être vous-même sourde vous aide-t-il dans votre tâche ?
C’est sûr, la connaissance intime de la culture sourde, la capacité à comprendre ce que vivent et ressentent les patients et enfin la maîtrise de la langue des signes, m’aident beaucoup dans mon rôle de création de liens entre les soignants et les patients. Et puis enfin, dans un autre registre, une infirmière malentendante, c’est aussi un peu un modèle pour beaucoup de patients eux même sourds ou malentendants qui peuvent voir qu’une professionnelle sourde peut travailler normalement.
Comment avez-vous obtenu ce poste ?
Je travaillais comme infirmière dans un EMS depuis de longues années quand un jour, les HUG, qui ont su que j’étais la seule infirmière sourde du canton de Genève, m’ont contactée dans le cadre d’un projet d’amélioration d’accessibilité pour les personnes sourdes. J’ai tout de suite dit oui sans la moindre hésitation, car c’était à la fois une très belle opportunité pour moi, mais aussi un grand pas pour les personnes sourdes et malentendantes.
Qu’est-ce qui est le plus difficile dans votre travail ?
C’est un métier nouveau et je suis seule à l’exercer. Alors parfois, il faut jongler pour concilier les rendez-vous, d’autant que je ne peux pas être présente sur les lieux 24 heures sur 24 et 7 jours 7. La clé c’est donc d’anticiper, d’établir des priorités et de trouver des solutions en avance, comme par exemple, rédiger au préalable des éléments pour que la personne sourde puisse présenter elle-même aux soignants son motif de consultation. Je peux aussi proposer de prêter une tablette pour pouvoir communiquer par écrit etc.
Qu’est-ce qui vous a le plus surprise ?
Je m’attendais et c’est normal, à ce que les patients expriment de la reconnaissance pour l’aide que je peux leur rapporter. Mais ce qui m’a beaucoup surprise, c’est d’avoir aussi beaucoup de marques de reconnaissance de la part des soignants eux-mêmes qui me disent souvent : « merci pour ta présence, sans toi on n’y serait pas arrivés !». Cela montre à quel point mon rôle est important et indispensable, alors même que ce poste d’infirmière référente surdité n’existait pas il y a deux ans !
Photo Louis Brisset/HUG
13 octobre 2025
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A la découverte de la base lausannoise de la Rega
Le 25 novembre dernier, une trentaine de malentendants en provenance de toute la Romandie se sont donné rendez-vous à la base lausannoise de la Rega, non loin de l’aéroport de la Blécherette. L’occasion de se retrouver entre sourds et malentendants bien sûr, mais aussi d’en apprendre beaucoup sur les spécificités et l’organisation du sauvetage aérien.
De longue date, les sorties organisées par la Commission jeunesse de FoRom écoute sont connues et appréciées pour leur convivialité, avec cette ambiance si particulière qui prévaut lorsque l’on se retrouve entre malentendants et sourds. Bien sûr, celle qui a été organisée le 25 novembre dernier n’y dérogeait pas. Mais elle a eu le mérite d’y ajouter un côté utile qui en a renforcé l’attrait pour la trentaine de jeunes qui avait fait le déplacement, depuis un peu partout dans la Romandie.
C’est en effet à la base lausannoise de la Rega que tout ce petit monde – y compris une famille avec deux petits enfants en bas âge ! – s’est retrouvé en ce début d’après-midi du 25 novembre. « Organiser cette sortie, c’était mon idée, explique Rachel Millo co-organisatrice de l’événement, avec Bastien Perruchoud. Mais il faut dire qu’en réalité nous n’avons fait que répondre à une demande exprimée depuis longtemps par de nombreux jeunes ».
Nombreuses questions
La Rega c’est, comme la plupart des Suisses le savent, une fondation de droit privé de service public qui assure le sauvetage aérien dans tout le pays, grâce à sa flotte d’hélicoptères performants et ses avions médicalisés, dispersés dans 14 bases un peu partout sur le territoire helvétique, y compris à Lausanne, juste à côté de l’aéroport de la Blécherette. « J’avais déjà par le passé visité cette base, se souvient Delphine Quach visiblement très heureuse d’être là. C’était tellement intéressant que j’ai décidé d’y revenir, mais cette fois avec mon mari et mes enfants ! ».
Accueillie par Nathalie Marti, responsable des visites à la base de Lausanne, toute l’assistance a pu bénéficier d’un passionnant exposé, relatant la structure, les missions, l’organisation et le mode de fonctionnement de la Rega. Grâce à une traduction en langue des signes et en langage parlé complété, tout le monde a ainsi pu avoir accès aux importantes informations développées une bonne heure durant. Mieux encore, des questions ont fusé tant, passionnés par le sujet, les nombreux jeunes présents ont joué le jeu. Parmi les interrogations récurrentes, la question de l’accessibilité des services de la Rega aux personnes sourdes et malentendantes, souvent exclues de ce type de prestations.
« Dans ce cas, le meilleur moyen est de télécharger l'application gratuite de la Rega qui est très utile pour soi-même, pour les proches ou même lorsque l’on est témoin d’un accident, a expliqué Nathalie Marti. Elle permet aux personnes sourdes et malentendantes de prendre directement contact avec la centrale. Il ne faut juste pas oublier d’ajouter à côté de son nom de famille la mention : « (SOURD, VIA SMS) ». Nos collaborateurs sauront donc immédiatement qu’il faut vous joindre par ce biais ».
L’hélicoptère arrive…
Soudain, l’oratrice s’interrompt. Elle vient d’être avertie que l’hélicoptère qui vient de terminer une mission de sauvetage entre Gstaad et le CHUV, va se poser sur l’héliport de la base. Ni une ni deux, tout le monde s’engouffre dans l’immense hangar, quand quelques minutes plus tard à peine, se pose le majestueux appareil rouge. A son bord, comme de coutume, une médecin urgentiste, un pilote et un ambulancier. Après avoir réglé rapidement les questions procédurales, tous trois ont d’ailleurs aimablement accepté de se prêter au jeu des questions-réponses, là également très nombreuses, avec à la clé des démonstrations de prise en charge de blessés.
Après cette visite fort instructive et qui a suscité l’unanimité, l’après-midi s’est terminée comme à l’accoutumée par un sympathique apéritif non loin de là, au G Bar du Stade de la Tuilière. Une manière de clore en beauté cette dernière sortie de l’année, brillamment organisée par la Commission Jeunesse de FoRom écoute, avant que tout le monde ne se donne rendez-vous en 2024 pour de nouvelles aventures.
13 octobre 2025
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En Chine, 4 enfants ont retrouvé l’audition grâce à une thérapie génique
Des chercheurs de l'université Fudan à Shanghai ont réussi une performance remarquable : permettre à des enfants souffrant de surdité héréditaire d’entendre… sans leur implant cochléaire.
La nouvelle peut redonner de l’espoir à des centaines de milliers d’enfants qui souffrent de surdité héréditaire dans le monde entier. Selon un article publié dans le magazine MIT Technology Review, 4 enfants sourds ont, en Chine, pu retrouver leur audition, suite à un essai clinique extrêmement prometteur, mené par des chercheurs de l'université Fudan à Shanghai. Et le magazine de raconter, vidéo à l’appui, l’histoire de la petite Yiyi, six ans, qui une fois retiré son implant cochéaire, demeure capable de répondre aux questions de sa mère. La vidéo, dans laquelle on peut la voir mener une conversation sans son implant a été partagée des dizaines de milliers de fois sur le réseau social X, ex twitter.
Et la petite Yiyi n’est pas la seule. Trois autres enfants présentant une surdité héréditaire ont également pu retrouver l’ouïe. La clé de cette véritable première mondiale en forme de petit miracle s’appelle otoferline, une protéine indispensable au fonctionnement des cellules sensorielles de l’audition en leur permettant la transmission des vibrations sonores. « Les patients qui en sont dépourvus n’ont tout simplement pas de signal en provenance des cellules ciliées de l’oreille interne », explique le chercheur Zheng-Yi Chen, professeur associé à Harvard et qui a contribué à l’essai.
Pour l’essentiel, la thérapie génique a consisté à introduire dans l’oreille interne des jeunes patients un vecteur viral désactivé portant le gène fonctionnel de l’otoferline et ainsi de restaurer la transmission des vibrations sonores. La démarche reste délicate car non seulement le gène de l’otoferline est de grandes dimensions, ce qui implique de le diviser en deux, d’introduire les deux parties dans le liquide de l’oreille interne puis de le reconstituer.
Les résultats sont en tout cas très prometteurs puisque sur 5 enfants soignés, 4 ont pu retrouver des capacités auditives très performantes, bien meilleures que celles offertes par un implant cochéaire. « Les implants cochléaires sont la prothèse neuronale la plus performante jamais développée, explique le Pr Chen, mais ils ont leurs limites. Avec un implant on peut entendre la musique, mais les nuances ont totalement disparu et on n’entend que le rythme. C’est la raison pour laquelle notre objectif a plutôt été de chercher à inverser la perte auditive ».
13 octobre 2025
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Audition : l’OMS veut combattre les préjugés
A l’occasion de la Journée mondiale de l’audition prévue le 3 mars 2024, l’Organisation Mondiale de la Santé veut agir pour faire évoluer les représentations sur les surdités. Les préjugés sur la perte auditive représentent en effet un obstacle majeur pour la prise en charge efficiente de la perte auditive.
Depuis 2007, le 3 mars de chaque année, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) organise une Journée mondiale de l'audition. Il s’agit plus précisément d’une campagne à l’échelle mondiale coordonnée par le Programme de la prévention de la cécité et de la surdité de l’OMS. Un peu partout sur la planète mais aussi au siège genevois de l’Organisation, sont organisées des actions de sensibilisation, de prévention de la perte auditive et d’amélioration de la santé auditive.
Pour l’édition du 3 mars prochain, l’organisation internationale souhaite mettre l’accent sur un aspect méconnu de la perte auditive : les préjugés autour des problèmes auditifs. « La perte auditive a souvent été qualifiée de handicap invisible, non seulement en raison de l’absence de symptômes visibles, mais aussi parce qu’elle a longtemps été stigmatisée dans les communautés et ignorée par les décideurs politiques » relève ainsi Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS.
Perceptions erronnées
C’est pour cette raison que la Journée mondiale de l’audition 2024 ambitionne d’œuvrer à surmonter les défis posés par les perceptions erronées de la société et les mentalités stigmatisantes grâce à la sensibilisation et au partage d’informations, destinés au public et aux différents prestataires de soins de santé.
L’OMS a ainsi fixé trois objectifs spécifiques pour le 3 mars prochain : combattre les idées fausses courantes liées aux problèmes d’oreille et d’audition dans les communautés et parmi les prestataires de soins de santé, fournir des informations précises et fondées sur des preuves scientifiques pour changer la perception du public concernant les problèmes d’oreille et d’audition et enfin appeler les pays et la société civile à lutter contre les perceptions erronées et les mentalités stigmatisantes liées à la perte auditive, étape cruciale vers un accès équitable aux soins auditifs et auditifs.
13 octobre 2025
Publié le :

Magazine
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