Malentendance et formation: quand les conditions d’apprentissage font la différence

1 septembre 2026
Publié le :
En ce début d'année scolaire et à l'approche de la rentrée universitaire, les conditions dans lesquelles on apprend ont toute leur importance. Selon une récente étude, 42% des personnes malentendantes rencontrent des limitations dans le suivi d’une formation. L’occasion de se rappeler que des ajustements parfois simples peuvent déjà faire une grande différence.
Un chiffre donne la mesure de l'enjeu: selon l'Indice d'inclusion 2026, 21% des personnes dont le handicap principal est auditif se disent fortement limitées et 21% plutôt limitées lorsqu'il s'agit de suivre sans problème une formation initiale ou continue. Publiée en mai 2026, cette étude réalisée par Grünenfelder Zumbach sur mandat de Pro Infirmis repose sur les réponses de 2'207 personnes en situation de handicap âgées de 16 à 64 ans et domiciliées en Suisse.
Apprendre, c'est aussi suivre les échanges
Suivre un cours ne consiste pas simplement à entendre l'enseignante ou l'enseignant. Il faut aussi comprendre les questions posées depuis différents endroits de la salle, prendre des notes tout en écoutant, suivre les interventions des autres ou encore participer à des travaux de groupe. Autant de situations dans lesquelles la façon dont l'information circule peut faciliter ou compliquer l'apprentissage.
C'est précisément ce que souligne aussi l'Indice d'inclusion 2026. Parmi les personnes en situation de handicap qui rencontrent des limitations dans le domaine de la formation, 31% indiquent que les conditions d'apprentissage ne sont pas suffisamment adaptées à leurs besoins, par exemple en ce qui concerne les outils pédagogiques ou le type d'enseignement. Cet obstacle est également mentionné par les personnes présentant un handicap auditif.
Mieux entendre, voir et suivre
Pour faciliter l'accès à l'information, différents leviers peuvent être mobilisés selon les situations: une bonne qualité acoustique, la réduction des bruits de fond, la visibilité du visage de la personne qui parle, des prises de parole organisées, des supports écrits, le sous-titrage ou certaines technologies d'aide.
Le projet «Voir pour comprendre», auquel participe notre fondation, rappelle plusieurs bonnes pratiques très concrètes. Parler face à la personne malentendante, avec le visage bien éclairé, prendre la parole à tour de rôle ou encore écrire les noms propres et les termes techniques peut considérablement faciliter les échanges. Dans une discussion de groupe, identifier rapidement qui parle est essentiel. Et lorsqu'une information importante est également disponible par écrit, elle ne dépend plus uniquement de ce qui a pu être entendu à un instant donné. Un autre détail compte en classe: éviter de parler en écrivant au tableau ou sur un flip-chart, lorsque le visage n'est plus visible.
Ces pratiques sont simples, mais encore faut-il les connaître. Une meilleure compréhension de la déficience auditive et des moyens d'améliorer la communication joue donc un rôle important. Notre fondation propose d'ailleurs des formations et sensibilisations destinées aux professionnels en contact avec des personnes malentendantes dans le cadre de leur activité.
Des moyens techniques et des aides
Les aides auditives et autres moyens techniques constituent naturellement une autre dimension importante. S’ils permettent de mieux accéder à la parole, ils ne compensent jamais entièrement les déficiences auditives et fonctionnent d'autant mieux que l'environnement et les pratiques de communication sont favorables.
Pour soutenir les jeunes dans leur parcours, notre fondation dispose notamment du Fonds Jean-Bernard Lathion, qui peut accorder une aide financière aux jeunes malentendants de 16 à 30 ans qui résident et suivent une formation en Suisse romande.
Reconnaître les difficultés, mais aussi les réussites
S'intéresser aux difficultés rencontrées est essentiel pour identifier des solutions, sensibiliser et améliorer concrètement la situation des personnes malentendantes. Mais il est tout aussi important de mettre en valeur les réussites.
Depuis 2004, notre fondation distingue chaque année des jeunes ayant mené à bien leur formation. En 2026, nous avons ainsi remis un prix à 32 jeunes issus de parcours scolaires, gymnasiaux et professionnels variés.
Cette distinction reconnaît les efforts accomplis et met en lumière les parcours de jeunes malentendants qui ont franchi avec succès une étape importante de leur formation.
Pour aller plus loin:
- Voir pour comprendre: conseils pour faciliter la communication avec les personnes malentendantes.
- Formations et sensibilisations de la Fondation Audition Suisse: sensibilisation à la déficience auditive et à la communication adaptée.
- Indice d'inclusion 2026: étude sur l'inclusion des personnes en situation de handicap en Suisse, Grünenfelder Zumbach, sur mandat de Pro Infirmis, mai 2026.
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Photo de Sincerely Media sur Unsplash