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Les chiens d’assistance écouteurs, une aide bienvenue pour les malentendants

3 mai 2024

Publié le :

En France, une association éduque des chiens pour venir en aide aux malentendants et sourds dans leur vie quotidienne. Inspirée d’expériences similaires en Grande-Bretagne et en Amérique du Nord, la démarche rencontre un franc succès. 

On connaissait les chiens d’assistance pour aveugles, les chiens de soutien émotionnel pour les victimes de violences… Mais peu de gens connaissent l’existence de chiens d’assistance écouteurs pour personnes sourdes ou malentendantes. 


En France depuis une dizaine d’années, l’association « Les Chiens du Silence », située dans les Hautes-Pyrénées forme et met à disposition des malentendants des animaux spécialement éduqués à leur venir en aide au quotidien. 


Tout a commencé il y a un peu plus d’une dizaine d’années lorsque les deux fondateurs de l’association, Cathy et Frédéric, apprennent, lors d’un séjour au Canada, l’existence de ces chiens d’assistance, couramment utilisés en Amérique du Nord et en Grande Bretagne, mais pas du tout en France. Séduits, ils fondent de retour chez eux, « Les Chiens du Silence » avec pour objectif de combler ce manque. 


Aide concrète… 

« Comme les chiens pour aveugles viennent suppléer un sens manquant, les chiens écouteurs viennent remplacer l’ouïe lorsqu’elle est défaillante ou absente » explique Mickaël Ros le chargé de communication de l’association. 


Concrètement, ces chiens ont pour tâche d’apporter aux malentendants un soutien dans les actes ordinaires de la vie quotidienne. En intérieur, ils sont éduqués pour réagir et avertir leur maître lorsqu’un téléphone ou un micro-onde sonne, un bébé pleure etc. Et en extérieur, leur apport est encore plus vital : « Il y a un aspect ''mise en sécurité'' lorsque le malentendant évolue hors de chez lui, observe Mickaël Ros. Ainsi, si une voiture surgit, le chien pourra soit stopper son maître soit même le décaler pour éviter une collision. Et cet aspect est fondamental car même les appareils les plus puissants ne permettent pas toujours de bien entendre ou de localiser l’origine d’un son ». 


Pour arriver à de telles performances, ces chiens particuliers devront avoir été dressés pendant au moins deux années par des éducateurs spécialisés, dont la propre formation aura elle-même exigé deux à trois ans. C’est dire si un tel projet implique un investissement conséquent – la formation d’un chien écouteur coûte environ 20’000 francs -, et l’association les Chiens du Silence, financée exclusivement pas des dons privés, parvient grâce à ses 4 éducateurs, à former et remettre chaque année une quinzaine d’animaux. 


Dossier à fournir 

Une goutte d’eau pour un pays grand comme la France qui explique que, pour espérer obtenir un chien d’assistance écouteur, il faut, si l’on ose dire, montrer patte blanche et fournir un dossier complet. « Pour attribuer nos chiens, nous examinons plusieurs dimensions, explique Mickaël Ros. Il y a le type de besoin exprimé par la personne bénéficiaire bien sûr, mais aussi son mode de vie car elle devra pouvoir sortir et prendre soin du chien qui lui sera confié » Deux types d’animaux sont actuellement formés par « Les Chiens du Silence ». 


En premier lieu, le berger australien, chien par excellence pour l’assistance d’écoute : il s’attache facilement et surtout sait très bien trier les sons. En revanche, son besoin d’exercice le rend peu approprié pour d’éventuels bénéficiaire plus sédentaires. Ceux-là se verront donc plutôt remettre un labrador ou un Golden retriever, un peu moins performants en termes d’identification des sons, mais qui suffiront aux besoins des moins actifs. 


En dix ans d’exercice, et avec une moyenne de carrière de 8 ans pour les chiens écouteurs qui sont systématiquement mis à la retraite à l’âge de 10 ans en raison de l’importante charge de travail qu’ils auront consentie, l’association a enregistré une multitude de retours très positifs, au point que de nombreux bénéficiaires la sollicitent à nouveau lorsque leur animal a été mis à la retraite. 


Aide départementale 

« Il y a deux types de bénéficiaires qui sont particulièrement satisfaits. Les jeunes de 14-15 ans qui par exemple ont vu leurs terreurs nocturnes liés à leur surdité disparaître grâce à la présence du chien, mais aussi les personnes très isolées qui n’osaient pas sortir à cause de leur handicap auditif, récapitule Mickaël Ros. Pour ce type de publics, les chiens écouteurs ont encore plus fait la preuve de leur utilité car ils changent la vie de ceux qui en ont vraiment besoin ». 


Une fois remis à son maître, le chien est à la charge de celui-ci, même si en France les Maisons départementales du handicap accordent une subvention mensuelle de 50 euros qui permet de couvrir une partie des frais, nourriture et vaccins par exemple. Forte de son succès et en dépit de ses difficultés chroniques à financer ses activités l’association « Les Chiens du Silence » entend continuer à se développer. « Nous espérons recruter et former encore 2 ou 3 éducateurs pour ouvrir d’autres centres d’éducation en France et doubler le nombre de chiens mis à disposition, conclut Mickaël Ros. Ce sera encore peu par rapport aux besoins exprimés, mais ce serait déjà un énorme progrès ».

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