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Comprendre sans tout entendre: la lecture labiale, une compétence qui s’acquiert

30 juin 2026

Publié le :

Dans le brouhaha d’un restaurant, lors de conversations en groupe ou lors de réunions professionnelles, une personne malentendante peut facilement perdre une partie des échanges. Si les appareils auditifs ou les implants cochléaires aident, ils ne restituent pas toujours les sons de manière nette. C’est ici qu’intervient la lecture labiale. Loin d’être une capacité innée, il s’agit d’une compétence précise qui s’acquiert et se perfectionne par la pratique.


Bien que l’on dise couramment qu’il s’agit de «lire sur les lèvres», l’exercice consiste en réalité à observer un ensemble de mouvements qui fournissent une multitude d’indices visuels: le dessin formé par les lèvres, bien sûr, mais aussi la position de la langue et le degré d’ouverture de la bouche. Pourtant, cette observation ne suffit pas toujours, car certaines syllabes se ressemblent terriblement, comme «pa», «ba» et «ma», pour ne citer qu’un exemple.


Décoder ce qui est visible et invisible


Au-delà de la reconnaissance des images produites par la bouche selon les différents sons, l’enjeu de l’apprentissage consiste aussi à apprendre à combler ces ambiguïtés. Pour y parvenir, le cerveau opère un travail formidable de reconstitution, par ce que l’on nomme la «suppléance mentale». Il s’appuie sur le contexte de la phrase, la logique du discours et les résidus auditifs pour assembler les fragments et retrouver le sens global. Ainsi, l'apprentissage consiste à affiner la reconnaissance des indices visuels de la parole et à développer les capacités d’interprétation, afin de rendre la compréhension plus rapide, plus efficace et moins fatigante.


Un accompagnement structuré et accessible


Acquérir ces compétences demande un guidage. C’est l’une des missions que nous nous sommes donnés à la fondation FoRom écoute. Chaque année, nous finançons et coordonnons environ 600 heures de cours collectifs, dispensés dans une quinzaine de villes romandes par treize enseignantes spécialisées dont notre fondation a financé la formation spécifique en lecture labiale. Ce soutien permet aux participant·e·s d’accéder à cet apprentissage quels que soient leurs moyens financiers, puisque seule une contribution symbolique leur est demandée.


Ces cours sont dispensés sous forme de cycles de 10 séances hebdomadaires ou mensuelles de 2 heures, en petits groupes de 5 à 7 personnes. Cette taille réduite permet aux participant·e·s de bénéficier d’un suivi individualisé, tout en profitant de la dynamique de groupe et des échanges entre pairs. Car au-delà de la technique et des méthodes, il s’agit aussi de rompre l’isolement et de prendre sa place dans les conversations. Un participant le confirme: «J’acquiers de nouvelles compétences et je retrouve confiance en moi dans un climat amical».


Une pratique à vivre au quotidien


Cette offre, destinée aux adultes, est actuellement déployée à Genève, Lausanne, Vevey, St-Maurice, Martigny, Bulle, Bienne, Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Porrentruy, Delémont, Vicques et Moutier *. Entre les séances, les participant·e·s poursuivent leur apprentissage dans leurs interactions courantes. Nous les y encourageons, car l’articulation varie d’une personne à l’autre par de subtiles nuances: multiplier les expériences avec divers interlocuteurs permet donc de progresser plus rapidement.


La lecture labiale complète ainsi utilement les prothèses auditives les plus efficaces, comme en témoigne l’une de nos participantes: «En milieu bruyant, j’arrive désormais à suivre la discussion». Une belle victoire!



* La liste des villes dans lesquelles des cours sont disponibles peut évoluer. Nous vous recommandons de consulter la page «Cours de lecture labiale» pour plus de détails sur les cours actuels, ainsi que pour trouver les contacts utiles selon votre région.



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Photo © Sébastien Monachon

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